CHAPÎTRE XV
LA COMPLAINTE DE TAJ^lTrZ^BGK
•- ÂrraoÙ, atraoû.
^^^uement^ je sortis dn demi-sommeî!r atxqtfèl ^avate lînt par succomber. Mes yeux s*feîïtr^itwîrcDt. Je me rejetai brusquement en arrière.
— Arraoû,
A deux pieds de ma figure, ït y avait' le mutie jïiune,. pointiHé dfe noir, d*Hiram-Roi. Le guéparé asdsfoit à mon réveit, sans grand' iiilérft d*allleurs, car iï bftifkiiti sa gueule carmin somte^d^ où luisaient les liteaux, crocs Nanc«,, s*t>nvrftlt et se fermait paresseusement.
Aq, mêo^e inçtant, j'entendis um éclat dt rfr.e.
(Tétait kl petite T&nit-Zerga, Hte se tenait ^cciroupée sur vtn coussin, près du divan où jMtate moi-mêvia allongé; et surveiHtiit curieusement ma jBonfrontettoti avec le guépard.
— Hiram-Roi s'ennuyait, — çrul-elle bon de m'expliquer. — Je l'ai amené.
— C'est bon, — maugréai-je. — Mais, dis-moi, ne pourrait-il aller s'ennuyer ailleurs?
— Il est tout seul, maintenant, — dit la petite, — On l'a chassé. Il faisait du bruit en jouant.
Ces mots me rappelèrent les événements de la yeille.
— Si tu veux, je vais lé faire partir, — dit Janit-Zerga.
— Non, laisse-le.
Je regardai le guépard avec sympathie. Notre commune infortune nous rapprochait.
Je caressai même le front bombé. Hiram-Roi marqua scm contentement en s'étirant de toute na longueur et en exhibant ses énormes griffes d'ambre. La natte du sol eut en cette seconde prodigieusement à souffrir.
— Il y a aussi Gale, — fit la petite fille.
— Gale! Qu'est-ce encore?
En même temps, j'aperçus sur les genoux de fTanit-Zerga un bizarre animal, de la taille d'nn gros chat, aux oreilles plates, au museau allongé. Sa fourrure gris pâle était rugueuse.
Il me dévisageait avec de drôles de petits yeux jroses.
— C'est ma mangouste, — expliqua Tanit-Zerga.
— Dis donc, — fis-je avec humeur, — estnce iout?
Je devais avoir un air si rechigné et ridicule que Tanit-Zerga se mit à rire* Je ris aussi.
l'atlan^de 237
— Gale est mon amie, — dît-elle, quand son sérieux lui fut revenu. — C'est moi qui lui ai sauvé la vie. Elle était alors toute petite. Je te raconterai cela un autre jour. Regarde comme elle est aimable.
Ce disant, elle déposait la mangouste sur mesi^ genoux.
— C'est gentil à toi, Tanit-Zerga, d'être venue me faire une visite, — fls-je lentement, en passant ma main sur la croupe de la bestiole. — Quell0 heure est-il donc?
— Un peu plus de neuf heures. Vois, le soleil est déjà haut. Laisse que je baisse le store.
L'ombre emplit la pièce. Les yeux de Gale se firent plus roses. Ceux d'Hiram-Roi devinrent verts.
— C'est très gentil, — répétai-jé, poursuivant^ mon idée. — Je vois que tu es libre aujourd'hui. Jamais encore tu n'étais venue de si boiï matin.
Une ombre passa sur le front de la petite fille»
— Je suis libre, en eflfet, — fit-elle, presque^ durement.
Je regardai alors avec plus 3'attention Tanit- Zerga. Pour la première fois, je m'aperçus qu'elle était belle. Ses cheveux, qu'elle portait répandus sur ses épaules, étaient moins crépelés qu'ondulés,, Ses traits étaient d'une pureté remarquable : ne;^ très droit, petite bouche aux lèvres fines, menton volontaire. Le teint était cuivré et non noir. Lé iporps mince ^t souple n'avait rien de commun aveq
jB8 1/ ATLANTIDE
les ig&ôbles boudins ^FaissenK que dUmettn^it lés «orps des ndkrs bien signés.
Un lâige <ercle de cuivre Idisidt autour de sdi froHt et ^e ses cheveux une lourde ferrottuière. Elle avait quatre bracelets, plus larges encore, aux poignets et aux chevilles» et, comme T@iement, une tunique de soie verte, échancrée en prâate, «ottlachée d'or. Vert, broiue, or«
— Tu es Sonrhsiî, Tanît Zei^? — fis-je d«i- (^rneût.
Elle répliqua, avec une sorte de fierté dure i
«— Je suis SiArhaî^
« Bizarre petite »^ pensaî-jé.
VisiUefflent, il y avait un |»t)int sur le^iUel fPaint^Z^rga n'entendait pas laisser dévier la conyersation. Je me rappelai Tair presque de souffrance quand elle m'av£»t dît qu'on avait chassé Ifiiram'-Roi, avec lequel elle avait prononcé ce on^
— Je suis Sonrhaï, — répéta-t-elle. — - Je suis iiée à Gâo, sur le Niger, l'antique capitale sonrhai.. Mes pères ont régné sur le grand empire maniiingue. Si je suis ici comme esclave, il ne faut pas me mépriser.
Dans un rayon de soleil, Galé^ as^se sur son petit derrière, lustrait ses nousiaches luisantes avec ses patte de devant; Hiram^Roi, vautré sur la. natte, dormait, poussant, de<H, de->là« un gro*g&em^it plaintif*
— H rêve, -— dit Tanît-Zergà, iiii A)i^ isttr Ie| lèvres, i
•*- Il iïy à que les Jaguars qui rêvent, ***- fis-jé»
-^ Les gué^âirds râve&f ausis!, «^ iNSpofiâit-éBt^ îgraTemeni, sans paraître sai^r le moiâS dii pnoads le sel âe ce^e facétie parnas&ieaxie^
M 7 eut un moment de Mlence. Puis elle xlft :
— Ta dois avoir faim. Et je pense qiie tu û^ém* fais pas de plaisir à manger avec les antîeà.
•^ Je Jie répondis pas.
— H faut manger» — repi^it^Ue. — Si ttt le permets, je Tais alier tdierdïer à manger, po<^ toi et pour moi. J'apport^r^ii aussi le dtner d*Hlram-Roi ^t de Gb1& <;^and on a du chagrin, il ne faut pas rester seuL
Et la petite fée verte et dorée^ sortit, sans avoir altendu ma réponse*
r C'est ainsi que se nouèrent mes relations vrac l'amt-Zerga. Chaque matin, elle arrivait dans ma chambre avec les deux bétes. Il était rare qu'-elle me parlât d'Antinéa, et toujours de façon indirecte. La question qu'elle voyait sans cesse fe mes lèvres semblait lui être insupportable, et je la sentais fuir tous les sujets sur lesquels j'osais moi-même ramener la conversation.
Pour mieux les éviter, comme une petite perruche fiévreuse, elle parlait, parlait, parlait.
Je fus malade, et soigné comme on ne Ta jamaÎB été par cette sœur de charité de soie verte et en bronze. Les d^ix fauves, le grand et le petit, étaient là, de chaque côté de ma couche, et, idhirant mon délire, je voyais, fixées sur moi^ kmm tristes prunelles mystérieuses.
De sa voix chantante, Tanit-Zer^a me contait.
24u l'àtlantide
ses belles histoires, parmi lesquelles celle qu'elle jugeait la plus belle, Thistoire de sa vie.
Ce n'est que plus tard, tout d'un coup, que je me suis rendu compte à quel point cette petite barbare avait pénétré dans la mienne. Où que tu sois à l'heure actuelle, chère petite fille, quel que soit le rivage apaisé d'où tu assistes à ma tragédie, jette un regard sur ton ami, pardonnelui de ne t'avoir pas accordé, de prime abord, Fattention que tu méritais tant.
— Je garde de mes années enfantines, — disaitelle, — l'image d'un jeune et rose soleil montant, parmi les buées matinales, sur un grand fleuve roulant par larges ondes lisses, le fleuve qui a de Veau, le Niger. C'était... Mais tu ne m'écoutes pas.
— Je t'écoute, je te le jure, petite Tanit-Zerga.
— Vraiment, je ne t'ennuie pas? Tu veux que je parle?
— Parle, Tanit-Zerga, parle.
— Eh bien, avec mes petites compagnes, pour lesquelles j'étais très bonne, nous jouions au bord du fleuve qui a de l'eau, sous les jujubiers, frères du zeg-zeg, dont les épines ensanglantèrent la tête de votre prophète, et que nous appelons l'arbre du paradis, parce que c'est sous lui, a dit notre prophète à nous, que les élus du paradis feront leur séjour ^, et qui est parfois si grand, si grand, qu'un cavalier ne peut, en un siècle, traverser l'ombre qu'il projette.
1, Coran, chapitre 66, verset 17 (Note de M. Leroux).
9 C'est là que nous tressions de belles guirlandeSy avec des mimosas, des fleurs roses de câprier et des nigelles blanches. On les jetait ensuite aux eaux vertes, pour conjurer le mauvais sort, et nous riions comme de petites folles lorsqu^un hippopotame sortait en reniflant sa bonne grosse tête mafflue, à le bombarder sans méchanceté jusqu'à ce qu'il replongeât au milieu d'une pluie d'écume.
« Cela, c'était pour le matin. Puis s'étendait sur Gâo grésillant la mort de la rouge sieste. Puis, quand elle était finie, nous retournions au bord du fleuve, pour voir, parmi les nuées dé moustiques et d'éphémères, les énormes caïmans blindés de bronze s'élever petit à petit sur les berges et s'enliser traîtreusement dans les boueal jaunes des marigots mitoyens.
c< Alors, nous les bombardions encore, bominé les hippopotames du matin, et, pour fêter lé soleil qui était en train de décroître derrière les branches noires des douldouïs, nous faisions, frappant des pieds, puis des mains, la ronde rituelle, en chantant l'hymne sonrhaï.
« Telles étaient nos occupations ordinaires dé petites filles libres. Mais tu te tromperais cependant à nous croire uniquement frivoles, et je té raconterai, si tu veux, comment, moi qui té parle, j'ai sauvé un chef français, qui devait être beaucoup plus que toi, à en juger par le nombre des rubanâ dorés qu'il avait sur ses manches blanches.
-^ Raconte, petite Toniï^Ztxgs^ -^ 4isais-je, les yeux, ailleurs.
— Tu as tofft de sourire» —- • poursuirail^eBt un |>eu froissée» — et de ne pas me prêter attentiou davantage. Mais qu'importe] C'est pour moi que je raconte ces choses, à cause du -souvemr. Eh bien» en amont de Gào^ le Nig6r fait un cDudo. Il y a dans le fleuve un petit cap» tout changé d'énormes gommiers. C'était un soir d'août, et le soleil allait mourir» puisque» -dans la forêt environnante, il n'y avait plus un oiseau qui ne £6t perché» immobile, jusqu^au lendemaiiau Soudaiii, vers Touest, nous entendîmes un bruit biconnfi,
bomn-^boum, boum'banaboum, beum-^boum, qm igrandissait» — boum-bounif bùum^mraboum, et ee fut brusquement un vol extraordinaire d'oiseaux aquatiques, aigrettes, pélicans, canards àrmte et sarcelles, qui s^éparpiHait au-dessus des ^mmiers, suivi San« Pair d'une colonne de fumée lioîrc à peine infléchie par la brise qui naissaît.
« C'était une canonnière qui tournait le cap, iKmlevant, de chaque côt^ du fleuve, des remous ^î faisaient tressauter les broussailles pendantes. A son arrière, on voyait, traînant dans Veau, tellemeiit la soirée était chaude, lé Srapeau blelE'blanc-rouge.
« Elle vînt aborBef àû petit môle de boîs. Vné l^hàlaupe fut descendue, avec deux laptots qui Semaient et trois chefs qui, bientôt, tentèrent isur le sol.
« Le plus vieux, un marabout français, avec un
L ATLANTrot 248
iglrand burnous blane, ^î eonnalssaii à merveflle notre langue, demanda à jparler au Cheikh Sonni- 'Azkia. Mon père s'était avancé et ayant dit que «*étaitlui, îe marabout lui raconta que le commandant du cercle de Tombouetou était très en colère, qu'à un mille de là,* la canonnière venait de donner •dans une digue tevisîbîe de pilotis, et qu'il y avait des avaries, et qu*eHe ne pouvait continuer ainsi fKm voyage Tcrs Ansango.
« Mon père répondit que les Français, proteeteurs des pauvres sédentaires contre les Touareg, étaient les bienvenus; que ce n'était pas par ma* lice, "mais à cause du poisson et de la nourriture 4u*àvait été construit le barrage et qu'il mettait •â la ffisposîtion du chef français ioutes les res- ^isources de Qâo, dont une forge, pour la réparation de la canonnière.
« Pendant qu*ils parlaient, le dhef français me 1*egardait, et je le regardais aussi. C'était un Ixomme dé^à âgé, aux épaules fortes un peu ^oû- 'tées, aux yeux bleus aussi clairs que la source ^ont je porte le nom.
« — Viens ici, petite, — fît-îl d'une voix qu'il avait douce.
« — Je suis la fille de Cheikh Sonni-Arkia, et IJe fais ce que je veux, — répondis-je, vexée de Itent de désinvolture.
« — Tu as raison, — reprit-il en souriant, — ear tu es jolie. Veux-tu me donner les fleurs que ^ as au cou.
:« C*étaît un grand colKer â*hibuscus pourpres*
Je le lui tendis. Il m'embrassa. La paix était faîte,
« Pendant ce tempâ/dous la direction de mon père, les laptots et les hommes les plus forts de la tribu avaient halé la canonnière dans une anse du fleuve.
« — Il y en a pour toute la journée de demain» mon colonel, — dit le chef mécanicien qui revenait d'inspecter les avaries. — Nous ne pourrons repartir qu'après-demain matin. Et encore faudra-t-il que %es fainéants de laptots ne boudent pas à la tâche.
« — Quelle scie I — grommela mon nouvel ami.
:.i Mais son humeur ne resta pas longtemps mauvaise, tant je mis avec mes petites compagnes d'ardeur à le distraire. II écouta nos plus belles chansons, et, pour nous remercier, nous fit goûter aux très bonnes choses qu'on avait descendues du bateau pour son dhier. Il dormit dans notre grande case, que mon père lui avait cédée, et moi, très longtemps, à travers les branches des murs de la case où je m'étais retirée avec ma mère, je vis, lavant de m'endormir, le fanal de la canonnière trembloter, en vrilles rouges, à la surface des {lots assombris.
« Cette nuit, je fis un rêve effrayant. Je vis mon ami, l'officier français, sommeillant en paix, tandis qu'un grand corbeau planait au-dessus de sa tête en croassant : crââ, crâà, l'ombre des gommiers de Gâo — crââ, crââ, ne vaudra rien la nuit prochaine . »— crââ, crââ, au chef blanc, ni à son escorte.
« L'aube naissait à peine <Iûë J'allai trouver; les laptots. Us étaient étendus sur le pont de la^ canonnière» profitant de ce quei les })lançs Jirepapaient encore pour fainéanter^
(c J'avisai le plus vieux» et lui parlai avec autsH tiié.
« — Ecoute» j'ai vu cette nuit en rêve le çor^ beau noir. Il m'a dit que l'ombre des arbres dQ ^ào serait fatale la nuit qui vient à votre chef...
« Et, comme ils restaient tous immobile ïillongés» ic"^ yeux au ciel» sans mi^e l'air d'ayoii} entendu, j'ajoutai :
« — Et à son escorte.
« Il était l'heure du plus haut soleil, et le colobel était en train de manger dans la case, ave^ les autres Français, quand le mécanicien entra.
« — Je ne sais ce qui a pris aux laptots. liai travaillent comme des anges. S'ils continuent ainsi* mon colonel, nous pourrons repartir ce soir.
« — Tant mieux, — dit le colonel, — mais qu'ils iië sabotent pas la besogne par trop de hâte. Nous n'avons pas besoin d'être à Ansango avant la fin de la semaine. Il vaut mieux repartir au jour.
« Je frémis. Suppliante, je m'approchai de lui et lui contai l'histoire de mon rêve. Il écouta, avec un sourire étonné, puis, à la flin, il me dit gravement :
« — C'est entendu, petite Tanit-Zerga, nous!
^repartirons ce soir, puisque tu le yeux,
« Et il m'embrassa.
ce L*ombre était déjà tombée quand la canon-* niëre réparée sortit dé son anse. Les Français, au milieu desquels je voyais mon. ami, nous^ saluèrent longtemps en agitant leurs casq[ue3, tant que nous pûmes les apercevoir; et, restée, seule, srar la jetée vacillante, je demeurai ainsi, à regarde^ couler le fleuve, jusqu'aéu moment où le bcuit dtt vaisseau de fumée, baoum-baiaboant, se fut évanoui dai.>3 la nuit \
Tanit-Zerga fit une pause.
-~ Cette miît-là fut la dernière de Gâo. Comin^. je dormais et que la lune était encore baute sur la forêt, un chien cria, mais pas longtentps. Puis ce furent des hurlements d^hommes, puis de f euHnes» des ci?is, vois-tu, qu'on ne peut plus jamais oublier quand on les a entendus une Ibis. Lorsque le soleil se leva, il me trouva, toute nue, avec mes petites, compagnes, courant, en trébuchant» vers le nord, k cause de la vitesse des chameaux montés par les- Touareg qni nous escortaient. Derrière, les femmes de la tribu, dont ma mère, deux par deux^ la fourche au cou, suivaient. Il n^y avait que peu d'hommes. Pres(pie tous étaient restés, avec mon père, le brave Sbnnî-Azkîa, égorgés sous les décombres de chaume de Gâo, de Gâo rasé une 9oi& de plus par une bande d'Âoue*
1. Cf. les eonpt^s veu^mB «t 1» Bulletin de la SoHéfé d#« 0é9ff?aphw de Pafi€ (lfi97>, ipovr !•« «i-oUièroa 0ttr I« Nigj^ du commandant de )a ré^bn «Te TotribôucttHi, ié ciAotui J«^?tt, des lienfeââ«ct^B«Bâ^^.diliSet tttdaJBÀni HailplHg^ de ls{ Congrégation cIm Pdreft ]^«n««e (Note de M. httmtUBf^
L'ATLANlimi
liftdden acooûrfts pour massacrer lès. FigSçais dé^ la canonnière.
« ifoœteaant» (es-Tonai^g aous pressaient^ nou$ pfmsatent» «car ils ar^raieot peur dfâtte pcar^iiivi^, N'dKti^ ait^S^ôS ainsi environ dix joues ei, k mesura', que disparai^aient le mil et le chanvre^ te J&ai?cbe> (tevenail plus affreuse. Enfin, près éla»keryenv dans îe paystîi5 kidal, les Touareg xkws veardirenb à une caravane de Maures Htwc^et qui a^fentr <fe Mabrottk à Rîiât. D'abord, parée <fa*&fi m«^ ehait moins vite, je t^rus que e^élaft te be^nÈfeuc» Mâi^,. soudain, le désert se fit de durs cailfeMix ai} les femmes commencèrent à tomber. Leshommes^ il y avait, longtemps que le dernier éfai* mfori SOUS; lé bâton pour avoir refusé d'aller plus hm.
« J'avais la force die trotter encore, et mêffi# aussi en avant cpie possible, pour essayer de né ©as entendce lé cri de mes petites amies; quand unef a'elles était tombée sur la route, et qu'il était visible qu'elle ne se relèverait pas, un des gardiens descendaic de chameau et îa traînait un peu sur le côté de la caravane pour f égorger. Mais, tm Jour, j'entendis un cri qui me força à me retour^ »er. C'était ma mère. Elle était agenouillée et me tendait ses pauvres bras. En un instant, je fus près d'elle. Mais un grand Maure, vêtu tout dé blanc, nous sépara. Il avait, pendu au cou par un chapelet noir, une gaine de maroquin rouge d'où il retira son coutelas. Je vois encore la lame bleue sur la peau brune. Un autre cri, horrible. L'instant d'après, chassée à coups de matraque, je
248 t'ATLANTroE
.trottinais en avalant mes petites larmeis pour rat* jtraper ma place dans la caravane.
<( Du côté des puits d'Asiou, les traitants ^laures lurent attaqués par un parti de Touareg Kel-Tazhôlet, serfs de la grande tribu Kel-Rhelâ, qui donne ses lois au Hoggar, et massacrés à leur !|our jusqu'au dernier. C'est ainsi que je fus conduite ici et offerte en hommage à Antinéa» à qui je plus, et qui fut depuis toujours bonne pour moi. C'est ainsi que tu as aujourd'hui» pour bercer ta fièvre par des histoires que tu n'écoutes même pas» non une esclave quelconque, mais la dernière descendante des grands empereurs sonrhaï, de S(Xini-Ali^ le destructeur d'hommes et de pays, de Mohammed-Azkia, qui fit le pèlerinage de la Mecque, emmenant avec lui quinze cents cavaliers jet trois cent mille mithkal d'or, alors que notre puissance s'étendait sans conteste du Tchad au HTouat et à la mer occidentale, et que Gâo élevait jau-dcssus des autres villes sa coupole, sœur du (ciel, plus haute parmi les coupoles, ses rivales, jque ne l'est le tamaris parmi les humbles plants, ije sorgho. »