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TEMPÉRATURE DE L'ESPACE

Il a fallu attendre jusqu*à la création toute récente de Tune des branches les plus fécondes de la physique moderne, la théorie mé • conique de la chaleur, pour avoir sur ce point si discuté une réponse mathématique. Grâce aux principes fixés par cette science, nous savons maintenant d'une part que rabaissement indéfini de la température est une pure fiction; d autre part, qu'il existe un zéro absolu où toute chaleur a disparu des corps, et que ce zéro pour tous les corps de l'univers est de 273 degrés au-dessous de la glace fondante

Imaginons un instant que la Terre ne soit plus chaufTée ni par les rayons solaires , ni par aucun autre rayon calorifique, et sui- >ons tes phénomènes qui en résulteraient.

Toutes les molécules de Tair atmosphérique rayonneraient leur chaleur dans tous les sens et se refroidiraient de plus en plus, car leurs pertes ne seraient point réparées; leur densité augmentant, elles tomberaient vers la terre, tandis que d'autres molécules monteraient pour aller se refroidir à leur tour.

Après quelques siècles, toute la chaleur du globe, tant la chaleur centrale et primitive que la chaleur superficielle et maintenue par le Soleil, se trouverait dissipée dans l'espace; mais cette dissipation serait plus ou moins prompte dans les divers pays, suivant que la surface du sol serait plus ou moins rayonnante et la conductibilité des couches intérieures plus ou moins parfaite.

Les astres lumineux innombrables qui occupent les diverses régions du ciel ne sont pas dépourvus de chaleur; les espaces célestes sont donc à une certaine température, qui doit être de 273 degrés au-dessous de zéro, comme nous venons de le dire, et notre globe, suspendu au milieu de ces espaces avec l'Atmosphère pour enveloppe diathermane, cesserait de se refroidir lorsqu'il serait mis en équilibre avec cette température.

Mais cette « chaleur » serait un véritable froid, incomparablement plus rude que tous ceux des glaces du pôle, et aurait éteint la vie terrestre jusque dans ses racines.

Ni la température de l'espace, ni celle du globe n'ont donc d'influence sensible actuellement à la surface de la terre, et c'est la chaleur solaire qui organise la circulation des airs, des eaux, des éléments, de la vie entière, comme nous allons le constater mieux encore dans le chapitre suivant.

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