TEMPÉRATURE DU SOLEIL
momètre solaire = 72 degrés. Ce résultat peut paraître surprenant^ mais il résulte déboutes les expériences faites.
Plus on 8*élève dans TAtmosphère^ plus la différence est grande. Au sommet du mont Blanc^ M. Soret a trouvé 21 ^J 3. Ce qui donne pour la température du soleil 1=21,13x183 960=3987075 degrés centigrades^ c'est-à-dire près de 4 millions de degrés. Mais ce nombre est évidemment trop petit, fait remarquer le P. Secchi, car il faut tenir compte de Vabsorption atmosphérique. Pour cela, en appliquant les lois connues, on doit ajouter à la différence trouvée le nombre 7",89. Alors nous avons pour Finstrument 29* au lieu de 21*, ce qui conduit à admettre pour la température du Soleil le chiffre de 5334840 degrés, ou, en nombres ronds ^ 5 millions et un tiers.
Les radiations ainsi évaluées sont celles qui ont traversé Tatmosphère solaire, dont Tabsorption totale éteint la moitié des rayons émis par la masse incandescente; aussi, en donnant 5 millions de degrés aux rayons qui sortent de Tatmosphère solaire, on doit considérer la température même de la masse incandescente de lastre comme élevée à 10 millions de degrés! (Secchi, le Soleil.)
Telle est la colossale et inimaginable température du foyer radieux autour duquel gravitent les planètes habitées.
C*est cette chaleur qui les soutient et les 'féconde; et, pour notre planète en particulier, la chaleur intérieure du globe ne parait plus avoir aucune action sur les phénomènes de la vie qui s'accomplissent à sa surface.
Un mot aussi sur cette chaleur intérieure.
Mairan^ Buffon, Bailly évaluaient , pour la France, la chaleur qui s'échappe de l'intérieur de la terre, à 29 fois en été, et à 400 fois en hiver, celle qui nous vient du Soleil. Ainsi, la chaleur de Tastre qui nous éclaire ne formerait qu'une très-petite partie de celle du globe. Cette idée a été développée avec une grande éloquence dans les Epoques de la nature ; mais Tingénieux roman auquel elle sert de base, s'est dissipé comme un fantôme devant la sévérité des calculs mathématiques.
Fourier ayant découvert que lexcès de la température totale de la surface terrestre sur celle qui résulterait de la seule action des rayons solaires, a une relation nécessaire avec Taccroissement des températures à différentes profondeurs, a pu déduire de la valeur expérimentale de cet accroissement une détermination numérique de Texcès en question, c'est-à-dire de Teffet thermométrique que
la chaleur centrale produit à la surface; or^ au lieu des grands nombres donnés par Mairan, Bailly^ BufTon, qu*a trouvé le savant calculateur? — la trentième partie d'un degré!
La surface du globe qui^ àTorigine des choses^ était probablement incandescente^ s'est refroidie dans lé cours des siècles, de manière à conserver à peine une trace sensible de sa température primitive. Cependant on sait que la chaleur s*accroU à mesure qu'on descend dans l'intérieur^ en raison de 1 degré par 35 mètres environ y et que cette chaleur est colossale aux racines des volcans. Le temps apportera de grandes modifications dans ces températures intérieures. A la surface (et les phénomènes de la surface sont les seuls qui puissent altérer ou compromettre l'existence des êtres vivants) tous les changements sont accomplis à un trentième de degré près. L'affreuse congélation du globe dont BufTon fixait l'époque au moment où la chaleur intérieure se sera totalement dissipée, est donc un pur rêve !
Maintenant, quelle est la température de f espace?
Cette question a fait, depuis le commencement de ce siècle surtout, le sujet d'un nombre assez considérable de recherches différentes, qu'il est intéressant de résumer ici en quelques mots.
Que l'espace infini soit vide dans les régions intrastellaires^ ou (ce qui est plus probable) qu'il soit occupé par un milieu de nature inconnue extrêmement ténu, qu'on est convenu d'appeler éther, et si léger que tout ce qui tient dans ce système planétaire ne pèse pas 1 kilogramme! — ce qu'il y a de certain, c'est que les étoiles qui sont autant de soleils, émettent des rayons lumineux et calorifiques, et que l'espace n'est pas absolument froid.
La Terre même traverse de siècle en siècle des régions dont la température varie. Poisson supposé même que la chaleur du globe peut provenir de là.
Le géomètre Fourier avait trouvé la température de l'espace au sein duquel gravite actuellement le système planétaire de 50 à 60 degrés au-dessous de zéro. Le thermomètre ayant été observé au fort Reliance à — 57 degrés, Arago en concluait (Institut, 1836 que la température de l'espace est notablement inférieure à <v chiffre, et entre — GO et — 70.
Par des expériences faites à l'aide de l'actinomètre, Pouillet concluait cette température à — 140 degrés au-dessous de zéro, et, bizarre consécjuence, le même physicien disait que cette chaleur équivaut aux f de la chaleur solaire et serait capable de fain* fondre par an sur notre globe une couche de glace de 2G mètres!