LES SAISONS ASTRONOMIQUES
canses accidentelles^ la première semaine de janvier qui est la plus froide de Tannée. A partir de cette époque^ et jusqu'au 1 5 juillet suivant, la température va toujours en augmentant^ ainsi que nous lavons déjà expliqué^ en prenant le 21 mars pour point de départ. Toute cette série de raisonnements s'appliquerait à Tborizon d'un lieu situé dans Thémisphère sud^ comme Paris est situé dans Thémisphère nord. Seulement nous trouverions^ et ce résultat est conforme aux observations^ que les mois les plus chauds dans rhémisphère nord seraient les plus froids dans Thémisphère sud^ et réciproquement.
Voltaire tournait en dérision notre globe^ parce qu'il se présente au soleil de biais et gauchement. M. Babinet remarque que le ridicule qu'il jette sur notre pauvre planète est moins fondé qu*il ne semble l'admettre, car cette position gauche qu'il critique est précisément ce qui porte la vie chaque année aux deux pôles opposés. Sans elle, cette vie terrestre ne serait pas ce qu'elle est.
Rien n'est plus utile que de porter un regard d'ensemble sur les opérations de la nature^ de s'élever au-dessus des idées étroites de ceux qui n'ont point perdu de vue leur clocher natal, pour étendre ses regards sur le pays et même sur la partie du monde qu'on habite. L'Europe, fière de sa population de 250 millions d'hommes, avec sa puissance intellectuelle et guerrière, occupe la zone tempérée, et par les deux caps extrêmes de l'Espagne et de la Grèce natteint même pas le 36*" parallèle, laissant encore toute l'Afrique septentrionale et toute l'Egypte entre elle et lazonetorride. Aussi, d'après la tendance naturelle qui nous porte à donner une importance exclusive à ce qui nous entoure, il nous semble toujours bizarre d'entendre parler des chaleurs intolérables de décembre et de janvier qu'éprouvent les habitants de l'autre hémisphère, au cap de Bonne-Espérance, dans l'Australie ou dans le Chili. Les froids de juillet et d'août, dans les mêmes contrées, ne nous paraissent pas moins étranges. Cependant, puisque les saisons sur la Terre offrent déjà bien des circonstances extraordinaires, combien n'en trouverions nous point, non pas en allant de notre pôle européen asiatique et américain, au pôle opposé, mais bien en allant de la région ardente où la planète Mercure se meut sous les feux d'un soleil sept fois plus chaud qu'il ne l'est pour la Terre, jusqu'aux confins du système solaire, où Neptune occupe provisoirement la dernière place, recevant des rayons neuf cents fois plus froids que ceux qui, pour notre Europe, font ces grandes divisions de Tannée: le printemps, l'été, l'automne et l'hiver, dont les productions
sont si capitales pour rhomme^ tandis que rien de semblable n'existe dans les latitudes intertropicales !
Les saisons astronomiques sont comptées à partir des équinoxes et des solstices. Le printemps commence le 20 mars, leté le 21 juin, Tautomne le 22 septembre et Thiver le 21 décembre. Ce sont toujours là, pour chaque année, à un jour près, les époques astronomiques du commencement des saisons.
Évidemment ces époques ne devraient pas être appliquées aux saisons météorologiques, qui sont, en définitive, pour nos impressions et nos appréciations directes, les véritables saisons. Elles devraient être établies de part et d'autre à égale distance du maximum et du minimum moyens de la température.
Ainsi, à Paris, le jour le plus froid est en moyenne le 2 janvier, et le jour le plus chaud le 19 juillet. Il en est de môrne, à très-peu près, à Bruxelles. A Bordeaux, c'est le 5 janvier et le 23 juillet. A Montpellier, c'est le 5 janvier et le 26 juillet. A Marseille, c'est le 5 janvier et le 23 juillet, etc. En réalité, pourParb. SI Ton compte les saisons du quart de Tannée ou de 90 jours, Thiver devrait ëire compté à partir de kb jours avant le maximum général du froid et jusqu'à ^5 jours après ce môme point, autrement dit, du 19 novembre au 17 février. L'été réel, la période de plus haute température, devrait être compté, par la même raison, W jours avant le 19 juillet jusqu'à 45 jours après, c'est-à-dire du 5 juin au 3 septembre. Le printemps serait formé par la période qui sépare le 17 février du 5 juin, et l'automne par la période qui sépare le 3 septembre du 19 novembre.
On peut objecter à ce mode de classification qu'il ne s'appliquerait pas à toutes les localités et manque de la précision nécessaire à la pratique. Sans doute. Mais on ne saurait disconvenir qu'il ne réponde mieux à la marche de la température que la classification astronomique. Et, en fait, depuis longtemps les météorologistes se bornent à considérer la méthode astronomique comme moyen de comparaison générale, et se sont peu à peu accoutumés par la pratique à faire commeo* cer l'hiver avant le 21 décembre et l'été avant le 21 juin.
Pour établir une concordance plus directe entre les saisons atmosphérique^ et les saisons météorologiques, on pourrait convenir de placer les solstices au milieu de l'hiver et de l'été, au lieu de les placer au commencement. Ainsi le 21 décenibre serait le milieu de l'hiver (commençant le 7 novembre et finissant le 4 février. Le 21 juin serait le milieu de l'été [commençant le IS mai et finissant le 5 août,. On aurait ainsi les mêmes saisons; seulement la seconde moitié de chacune d'elles serait plus accusée que la première, celle de l'hiver plus froide et celle de l'été plu*^ chaude, le maximum du froid comme le maximum de la chaleur arrivant après les solstices. Ce serait là une manière plus exacte de compter les saisons, qui pourrait s'appliquer non-seulement à tous les points de la France, mais encore à toute l'Europe et à tout notre hémisphère.
La classification la plus simple et qui se trouve en même temps suffisamment adaptée à la marche moyenne de la température, est celle que la plupart des météorologistes emploient aujourd'hui. L*année se divise en quatre périodes de trois mois pleins. L'Hiver se compose des mois de décembre^ janvier et février; le Prin-