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LES SAISONS MÉTÉOROLOGIQUES

temps^ des mois de mars^ avril et mai; TÉté^ de juin^ juillet et août; r Automne^ de septembre , octobre et novembre.

Sur rhémisphère austral^ les saisons sont inverses des nôtres. A notre solstice d*hiver^ au 21 décembre^ le soleil arrive là-bas à sa plus grande hauteur: cV-st leur solstice d'été. A notre solstice d'été^ au 21 juin^ le soleil arrive pour eux à son minimum de hauteur audessus de leur horizon : ce sont leurs jours les plus courts et leur hiver. Quand nous avons Tautomne nos antipodes ont le printemps et rire versa. On se rend facilement compte de cette inversion en considérant l'inclinaison constante de Taxe de rotation terrestre et la translation annuelle du globe autour du Soleil.

C'est à la succession harmonique des saisons que la Terre doit son éternelle parure et sa vie impérissable. Chaque printemps apporte la résurrection à la surface de la planète rayonnante^ qui rajeunit dans une adolescence sans fin sous les fécondes caresses dont l'enveloppe le radieux Soleil. « Saisons, filles chéries de Jupiter et de Thémis », s'écriait déjà il y a trois mille ans le premier poëte Orphée, « vous qui nous comblez de biens 1 saisons verdoyantes, fleuries, pures et délicieuses! saisons aux couleurs diaprées répandant une douce haleine! saisons toujours changeantes : accueillez nos pieux sacrifices, apportez-nous le secours des vents favorables qui font mûrir les moissons. »

Ainsi sont maintenant déterminées les causes qui donnent naissance aux variations de température suivant le cours de Tannée. Après en avoir ainsi esquissé le mécanisme astronomique, nous allons entrer dans les détails et apprécier les chiffres exacts des mouvements thermométriques.

Figurons-nous la Terre accomplissant en un an sa course autour du Soleil , et revenant à la même position après avoir présenté successivement ses deux pôles aux rayons de Tastre de la lumière et de la chaleur. Si nous partons du printemps, nous voyons les neiges qui ont recouvert une grande partie des continents septentrionaux disparaître pour faire place à une active végétation ; les arbres se couvrent de verdure, et les plantes que l'hiver a fait périr renaissent de leurs graines pour rivaliser de feuillage avec les végétaux permanents; les fleurs, les graines, les rejetons assurent la reproduction, et les espèces sociales, tant les plantes que les arbres, envahissent le sol, par le seul bénéfice de la force d'association. C'est ainsi que nous observons d'immenses forêts de pins, de chênes et de hêtres, et des plaines sans bornes couvertes exclusivement de chardons, de trèfle et de bruyères. Une des plus eu-

rieuses conséquences de la marche bien observée des saisons^ c'est que les riches moissons qui alimentent en Europe le quart du genre humain sont^ quant à leur cause, dues à Thiver tout autant qu*au printemps, qui développe les céréales, et à Tété, qui les mûrit. En effet, si le blé n'était pas astreint à périr dans l'hiver, si ce n'était pas, suivant l'expression des botanistes, une plante annuelle, elle ne monterait pas en épis et ne produirait pas les utiles récoltes qui, depuis Cérès et Triptolème, ont assuré l'alimentation des populations nombreuses de TEurope, et même ont donné naissance à ces populations. Pour se convaincre de cette vérité, il n'y a qu'à descendre plus au midi, dans l'Afrique, dans l'Asie et dans l'Amérique. Dès que l'on arrive dans un climat où l'hiver ne tue point nécessairement les céréales, la plante devient vivaee comme l'herbe l'est chez nous; elle se propage en rejetons, reste constamment verte et ne fait ni épis, ni grains. Là, ce sont d'autres végétaux, comme le millet, le maïs, le doura et diverses racines, qui donnent les fécules nutritives.

A la fin du printemps et au commencement de Tété, le soleil, qui s'est avancé vers le nord , fait pulluler dans notre hémisphère et jusqu'auprès du pôle toutes les espèces animales, comme il fait naître et se développer les espèces végétales. Quadrupèdes, oiseaux, poissons, amphibies, insectes, mollusques, animaux microscopiques, peuplent les terres et les mers septentrionales, soit par naissance locale, soit par immigration.

Si nous suivons le soleil dans sa marche rétrograde vers le sud, nous voyons la chaleur de la saison baisser avec la hauteur du soleil à midi, les jours de douze heures reparaître, puis l'automne finissant avec des jours de huit heures et des nuits de seize heures, et enfin l'hiver, dont les jours sont de même grandeur que ceux d'automne, mais qui, succédant à une saison froide, est pour cette raison encore plus froid que l'automne, de même que Télé, dont les jours sont semblables à ceux du printemps, est bien plus chaud que celui-ci, parce qu'il verse ses rayons sur une terre déji échauffée.

A peine les jours sont-ils arrivés à leur plus grande durée, qu'ils diminuent rapidement; à peine la jeunesse a-t-elie brillé que l'automne de la vie s'annonce. Mais aussi à peine les jours ont-ils raccourci qu'ils grandissent de nouveau : nous n'en pouvons espérer autant sur cette terre, pour nos jours d'hiver, dont la destinée est de s'éteindre dans les glaces du tombeau.

Dans les chapitres qui vont suivre, nous étudierons la marche

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