TEMPÉRATURE DU SOL
coocevoir^ au-dessous du sol^ deux couches limites^ l'une pour les ^-ariatioDs diurnes et l'autre pour les variations annuelles du thermomèlre.
Il existe bien peu d^observations suivies sur la température de la terre a diverses profondeurs; et la plupart de celles que nous avons ne présentent peut-être pas toutes les garanties désirables. Les physiciens qui se sont occupés de ces sortes de recherches ont 60 général adopté le même mode d observation^ qui consiste à suivre la marche d'un thermomètre dont les boules plongent en terre à des profondeurs plus ou moins grandes et dont les tubes sont assez longs pour que l'échelle des degrés se trouve placée audessus de la surface du sol. Ce n'est que dans ces derniers temps que Ton a commencé à avoir égard à la différence des températures que doit nécessairement prendre le thermomètre à ses deux eitrémités, ce qui exige une correction d'autant plus grande que la capacité de la boule est moindre par rapport à celle du tube.
Le plus aacien observateur connu qui se soit occupé^ d'une manière suivie^ des températures de la terre^ est le marchand Ott de Zurich^ qui, à partir de 1762^ fit des recherches pendant quatre années et demie, a\ec 7 thermomètres placés à diverses profondeurs. Une autre série d'observations^ non moins importante que celle de Zurich, a été faite à Leith, près d'Edimbourg, pendant les années 1816 et 1817. Divers observateurs consciencieux ont depuis étudié attentivement cette question.
En résumant toutes ces observations sous le rapport du temps employé par la température à pénétrer successivement à des profondeurs plus grandes, Pouillet a été conduit aux conclusions suivantes :
!• Au mois d'août, la température de la terre va en décroissant d'une manière à pfu près uniforme depuis la surface du sol jusqu'à la couche mvariable ;
2" Pendant le mois de septembre, la température est à peu près uniforme depuis la surface du sol jusqu'à la profondeur de 15 à 20 pieds; plus bas, elle décroît on peu et lentement jusqu'à la couche invariable ;
3» Pendant les mois d'octobre et de novembre, la température va en croissant, depuis la surface du sol jusqu'à une profondeur de 15 à 20 pieds; plus bas, elle se trouve à peu près égale à la température de la couche invariable ;
4» Pendant les mois de décembre, de janvier et de février, la température va en cTois$ani d'une manière à peu près uniforme, depuis la surface du sol jusqu'à la couche invariable ;
5» Pendant les mois de mars et d'avril, la température va en décroissant trèsrapidement jusqu'à la profondeur de 1 ou de 2 pieds; plus bas, elle décroît moins vite et finît par devenir croissante ;
6^ Pendant les mois de mai, juin et juillet, la température est encore décrois-
santé, mais moins rapidement et jusqu'à une profondeur plus grande; puis elle redevient encore un peu croissante, pour regagner la température de la couche invariable.
Des diverses séries d'observations qui ont été faites pour constater la marche annuelle de la température au-dessous de la surface du sol^ la meilleure me paraît être celle de TObservatoire de Bruxelles, de 1834 à 1842, organisée par 31. Quételet. Je choisis dans cette série trois années, qui mettent bien en évidence cet effet thermométrique selon les profondeurs. Dans la figure H 2 la première ligne représente la marche du thermomètre placé à 19 centimètres en terre; la seconde, celle du thermomètre enterré à 45 centimètres; la troisième, celle de la profondeur de 75 centimètres. On voit qu^à partir de cette limite les petites oscillations cessent de se faire sentir. La quatrième ligne est la courbe de la température à 1 mètre. La cinquième courbe est celle de 3",90; et la sixième, celle qui a été donnée par le thermomètre enfoncé à 7'°,80 de profondeur. Les mois des 3 années successives reproduites ici sont indiqués par leurs initiales. Ces constatations se résument ainsi :
1" La vitesse moyenne pour la transmission de la chaleur à partir de la surface du sol a été de 144 jours pour 7", 80, ce qui donne 3 décimètres parcourus en six jours;
2® En comparant les observations de Paris, Strasbourg, Zurich et Bruxelles, on trouve que les variations annuelles sont nulles à une profondeur de 25 mètres;
3® La vitesse avec laquelle les variations diurnes des températures se transmettent à l'intérieur de la terre est de 3 heures environ pour une couche de terre d'un décimètre d'épaisseur;
4*" Les variations diurnes peuvent être considérées comme à peu près nulles à la profondeur de 1 ",3, c'est-à-dire à une profondeur dix-neuf fois moindre que celles où s'éteignent les variations annuelles.
La température moyenne de l'année peut se déduire de celles du sol en ayant recours à l'une des trois méthodes suivantes :
1* Par une seule observation, en prenant la température de la terre à une vingtaine de mètres et en la corrigeant de l'élévation de température en raison de cette profondeur, ^ne l'on peut éraluer à 1 degré pour 35 mètres;
2* Par les observations de deux mois séparés d'une demi-an*^ née, en prenant la température à quelques mètres de profondeor seulement ;