LES SAISONS DANS L'INTÉRIEUR DU SOL
Le maximum de température s'est donc présenté, vers la surface du sol, un peu arant 1 heure; à 2 décimètres de profondeur, il y a un retard de 5^,1/4 ; à 4 décimètres de profondeur, le retard est de 12^,25, et à 6 décimètres, de 17 heures environ.
ile qui donne, terme moyen, 2^,40" pour la durée de la transmission du maximum de température, à travers une couche de 1 décimètre d'épaisseur; la couche où les maxima de température arriveraient aux mêmes instants qu'à la surface du ^ol. se trouverait à la profondeur de 8 décimètres et demi.
Bravais et Martins^ par les observations qu'ils ont faites sur le Faulhorn^ en 1841, ont trouvé un résultat semblable à la hauteur de 2683 mètres au-dessus du niveau de la mer. « Nos observations sur la température du sol, dit Bravais, m*ont prouvé que les maxima et minima de chaleur diurne emploient environ 2 heures 54 minutes pour traverser une couche de terrain épaisse (l'un décimètre. La concordance de ce résultat avec ceux obtenus par M. Quételet, à l'Observatoire de Bruxelles, est remarquable. »
A ces recherches, ajoutons celles que M. Becquerel fait depuis ph: sieurs années au Jardin des Plantes sur la distribution de la chaleur et ses variations dans le terrain parisien.
Arago a admis que la température des caves de l'Observatoire, situées à 28 mètres au-dessous du sol, et qui est de 1 r,7, n'ayant éprouve aucun changement depuis trois quarts de siècle, représente celle de la couche invariable ; tel a été son point de départ dans les déterminations de température qu'il a faites dans les puits artésiens.
Le thermomètre électrique permet d'étudier avec précision la distribution de la chaleur au-dessous du sol, les anomalies qu'elle éprouve et la possibilité de reconnaître avec exactitude la position de la couche invariable.
Un puits foré a été creusé à cet eflfet au Jardin des Plantes eu 1863, dans lequel on a descendu un câble thermométrique composé lui-même de plusieurs autres, et renfermé dans un mât de bois évidé à l'intérieur et goudronné. Les câbles partiels ont permis d'observer sans interruption depuis le sol jusqu'à 36 mètres au-dessous. Le puits a été rempli en partie de béton pour éviter le contact du mât et par suite du câble avec les eaux provenant des infiltrations. La température est donnée avec exactitude et ne peut être en erreur que de 1 dixième de degré au maximum. La température moyenne constatée a été de :
1 mètre.
li«
21 mètres
Parmi ces huit stations espacées de 5 en 5 mètres^ il y en a trois ^ celles de 21^ de 31 et de 36 mètres^ dont les températures n'éprouvent pas de variations dans le cours de Tannée; elles se comportent donc sous ce rapport comme la couche invariable, située dans nos climats vers la profondeur de 25 mètres. Ces stations se trouvent^ la première dans le calcaire^ et les deux autres dans une argile sableuse.
Quant aux autres stations^ situées à 1 mètre^ 6 mètres et 2G mètres ^ les températures sont soumises aux variations suivantes :
l» A 1 mètre au-dessous da sol, la température moyenne ra en augmentaot de rhiver à Pété comme dans Pair ; la différence entre le maximum et le minimum est de 6^,92, tandis qu'elle est de 1S®,17 dans l'air.
2® A 6 mètres, les variations suivent une marche inverse, le maximum ayant lieu en hiver ; la différence est d'environ 1 degré.
S^' A 11 mètres, la variation, qui n'est que de 0%3, indique encore que le maximum est en hiver et le minimum entre le printemps et Tété.
(fto A 16 mètres, la marche de la température est comme dans Pair; l'amplitude de la variation est de 0^,25. .
Enfin à 26 mètres, la marche est encore la même : la variation est de 0*,53.
Or, de 21 à 36 mètres, la température croissant de 0^,12, et à chacune de ces stations ayant été constante pendant les années 1S64, 1665 et 1666, on croit pouvoir en conclure que Taccroissement de température est de 1 de§^ par 40 mètres environ. Si l'on commence à supputer Taccroissement à partir de 21 mètres, où se trouve la première couche constante, on trouve le même résultat.
Depuis 6 mètres jusqu'à 11 mètres, les températures ne varient pas comme dans l'air ; les maxima et les minima sont en sens inverse ; tandis qu'à 16 et à 26 mètres, elles suivent les mêmes périodes que dans l'air.
Cet état de choses prouve que dans certaines localités^ au-dessous du sol^ des couches sont en relation avec lair^ dont elles partagent les vicissitudes ; quoique à un degré beaucoup moindre. Cette relation dépend des infiltrations d*eaux pluviales soumises à une marche régulière^ lesquelles apportent une perturbation dans la distribution de la chaleur.
En effet, les eaux météoriques qui tombent sur le sol pénètrent à llntérieiir de la terre, dans laquelle elles s'infiltrent en obéissant à l'actioix de la pesaoteor ; elles s'accumulent sur les couches imperméables , où elles forment des nappes d'eau souterraines. Pour le puits foré du Jardin des Plantes, la carte hydrologique montre qu'à la profondeur de 16 mètres on pénètre déjà dans la nappe d'e&a qui alimente les puits ordinaires au Jardin des Plantes. Celte nappe s'écoule sans oess^ vers la Seine et reçoit directement les eaux atmosphériques, en sorte qu'elle doit participer à leurs variations de température. A la profondeur de S6 mètres, on atteint une deuxième nappe qui prend naissance sur Targile plastique. On conçoit donc que les variations de température puissent atteindre 0*,53 à cette profondeur de 26 mètres. Les nappes souterraines qui sont alimentées direckemeot par des eaux. venues de la surface doivent nécessairement reproduire, en les attê*