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LES VARIATIONS DE LA TEMPERATURE

Le froid périodique du mois de mai est une tradition populaire ; les bortrculteurs appellent les trois saints de glaccy saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais, dont les anniversaires ont lieu les U, 12 et 13 mai. Il y a là une coïncidence bien remarquable.

Pour février, mêmes allures générales, seulement d'une manière plus décidée. La chute, après le 7 février, est très -brusque et va directement au 12, qui ne présente qu'un seul minimum au centre même des saints de glace de février.

Comme février représente en nos climats les climats du nord, tout y sera extrême, Fascension comme la chute : en août, au contraire, qui introduit en quelque sorte ici le climat tropical, tout est ménagé, beaucoup moins brusque; et le petit mouvement sensiblement parallèle à celui du 10 au 14, en mai, ou, si Ton veut, des saints de glace d'août, s'y prolonge jusqu'au 16.

En novembre comme en août, on voit la pente, naturellement décroissante, de la température lutter avec les influences qui tendent à un réchauffement anormal, les points de rebroussement correspondent parfaitement h ceux des trois autres mois, et l'un des derniers donne, le H, Nté de la Saint-Martin,

La considération d'un grand nombre d'années montre à Londres et à Berlin, comme à Paris, qu'il y a une certaine solidarité entre les quatre jours de même date, combinés dans leur température moyenne.

M. Ch. Sainte-Claire-Deville a pu constater que ces curieuses périodes se retrouvent dans les plus anciens documents météorologiques connus, par exemple dans les observations textuelles des élèves de Galilée et de l'Académie del Cimento. Ces observations se répartissent sur quinze années (1655-1670). On retrouve le minimum des saints de glace, qui tombe le 12 avec une netteté étonnante, et l'on saisit des rapports frappants entre les inflexions de la courbe et celle des périodes parisiennes.

il est certain que depuis deux siècles, et dans la portion de l'Europe que nous habitons, les anomalies périodiques de la température, dont quelques-unes étaient proverbiales chez nos ancêtres, se sont manifestées avec les caractères précisés plus haut.

Le mode de coordination qui rend le plus frappante la solidarité des perturbations périodiques des quatre mois est celui qui rapproche les jours, non d'après les positions équidistantes du soleil en longitude, mais plutôt d'après l'égalité des temps écoulés. Combiner quatre à quatre les jours de même date dans cette période revenait, à très-peu près, à combiner ensemble quatre jours placés sur l'orbite terrestre à des distances igaks en temps. Cette combinaison montre avec évidence qu'il y a une solidarité d'un cerlain ordre entre les quatre jours qui sont placés, sur l'orbite terrestre, à des distances égales. — Pour cette constatation, M. Deville a discuté cent soixante jours répartis sur quatre périodes opposées de quarante jours chacune, au centre desquelles se trouvent placées les échéances singulières de février, de mai, d'août et de novembre.

Quelques astronomes, et entre autres Erman et Petit, ont attribué ces phénomènes frigorifiques x masses d'astéroïdes qui s'interposent parfois entre le Soleil et la Terre, et qui suivent dans l'espace, comme nous l'avons vu page 261, des orbites qui peuvent les amener à passer entre le Soleil et la Terre.

L action du Soleil produit donc dans la température de Tair ces variations selon les heures du jour et selon les mois de Tannée^ que nous constatons par nos sensations directes^ et que le thermomètre note d*une manière plus précise. Cette même action solaire produit une variation diurne et une variation mensuelle

du baromètre qu'il importe d'étudier ici, puisqu'elle est uue coaséquence de la température.

L'Atmosphère s'élève et s'abaisse chaque jour deux fuis dans unrh\tlime dont le Soleil marque lui-même la mesure. Le baromètre, qui donne le poids de la masse aérienne, monte graduellement de quatre heures à dix heures du matin. Cette marée atmosphérique n'est pas due, comme celle de la mer, à l'attraction de la Lune et du Soleilj puisqu'elle arrive tous les jours à la même heure et ne suit pas le cours de la Lune. Elle est due à la dilatation produite par la chaleur solaire et à l'augmeDtation de la vapeur d'eau produite également par cette même chaleur.

Cette variation barométrique n'est pas énorme, car elle n'atteint jamais 3 millimètres seulement.

C'est vers l'année 1722 que les variations diurnet du baromètre furent constatées d'une manière cerUiine par les obsenations d'un Hollandais dont le nom reste inconnu. Depuis celte époque, plusieurs observateurs ont essayé d'en déterminer retendue et les périodes pour différents lieux de la terre. A. de Humboldt a démontré, par de longues séries d'observations très-précises, que, sous l'Equateur, le maximum de hauteur correspond à neuf heures du matin ; passé neuf heures, le baromètre descend jusqu'à quatre heures ou môme trois heures et demie de l'aprèsmidi, où il atteint son minimum; ensuite il remonte jusqu'à onze heures du soir, où il arrive à un second maximum, et il redescend enûn jusqu'à quatre heures du matin. Ainsi, chaque jour il passe par les deux minimums de quatre heui'es du matin et de quatre heures du soir, et par les deux maximums de neuf heures du matin et de onze heures du soir. Les mouvements sont si réguliers qu'on peut, à la simple inspection du baromètre, déterminer l'heure, surtout pendant le jour, sans avoir à craindre, en moyenne, une erreur de quinze à dix-sept minutes; elle est si permanente, que ni la tempête, ni l'orage, ni la pluie, ni les treiiiblemenls de terre ne peuvent la troubler; elle persiste dans les chaudes régions du littoral du Nouveau-Monde, comme sur les plateaux élevés de plus de 4000 mètres, où la température mi)vennu descend à 7°.

L'amplitude des oscillations diminue à mesure que la latitude augmente, daos les mêmes limites que la température moyenne d'un lien eàl, en générai, d'autant plus élevée que ce lieu est plus voisin de l'équateuF.

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