PRESSION ATMOSPHÉRIQUE GÉNÉRALE
de 768 millimètres. Entre la pression au 33'' degré et celle au 64""^ il y a donc 12 millimètres de différence.
Je résume ces observations^ et j'en trace la courbe suivante (fig. 17) d après les mémoires de Humboldt^ sir John Herschel^ capitaine Beechey^ Poggendorf et Erman.
Ces variations dans la pression atmosphérique sont probable-
Fig. 17. — • Variation de la pression atmosphérique au niveau de la mer^ de Téquateur
au pôle.
ment dues aux alises et aux courants supérieurs^ qui soulèvent légèrement la masse entière de l'Atmosphère.
On conçoit facilement que la latitude puisse avoir une influence sur la pression de Tair^ puisque les conditions de température, de pesanteur et de mouvement rotatoire varient avec elle. On s'explique moins facilement celle de la longitude. Cependant elle existe. A latitude égale^ la pression moyenne de l'Atmosphère est
48 ■ PRESSION ATM03PHÊR IQUE GÉNÉRALE.
de S'^'^^S plus forte sur l'océan Atlantique que sur l'océan Pacifique.
La hauteur du baromètre change à chaque instant. Cependant en examinant les hauteurs moyennes, on peut construire une carte des ligues isobares à la surface de notre planète. C'est le travail que
LAuiiaipfcérr
Lu-'IÎ-d^'f.'-l'
Fi'-T, IH. — r.'frîe (!fs îii:iics i>(ili;iirs dr l;i FrniiLV.
lîerghaus donne pour h» glolx' eiiliiîr;, et que neutre savant collègue de la Sociélé lurtéorologiqiie, M. Reuou, a entrepris pruirla France.
On connaît à peu près, depuis longtemj)s, la distribution de la pression de rAlmosplière sur l'océan Atlantique et sur Tensemble des côtes.
La carte des lignes isobares en France a été construite d'après
un certain nombre de séries faites avec de bons iastruments h des altitudes bien connues. Ces points y sont indiqués avec les hauteurs baromélriques réduites au niveau de la mer : pour faire cette réduction^ Fauteur s'est servi des températures telles qu*elles résultent du tracé des isothermes .de la France. Il a tenu compte de toutes les corrections de variation de la pesanteur en latitude et altitude; comme partout il s*agit de plateaux^ la correction a été réduite au 5/8 de celle qui correspondrait à des hauteurs en baJ- Jon^ d'après les calculs de Poisson.
Ce travail est l'analogue de celui que A. de Humboldt a donné pour la distribution de la température à la surface du globe^ il y a cinquante ans.
Les lignes d'égale pression ou isobares sont d'abord assez régulièrement distribuées quand on va du N. au S.; elles se dirigent de O.S.O. à E. N. E. ; la ligne isobare de 7G1 millimètres passe par le midi de l'Angleterre et des Pays-Bas; celle de 702°*", 50 près de Tours et de Nancv; mais le centre de la France offre une ligne de pression maximum très-remai^uable; la ligne isobare de 768 millimètres traverse diagonalement la France, en passant près de Strasbourg^ Chaumont^ Dijon, Clerraont et Toulouse; de l'autre côté, vers le S. E., la pression diminue, et elle atteint un minimum non moins remarquable sur le golfe de Gênes, où la pression se réduit à 701 """^SO environ.
La courbe de 762 millimètres est formée, et son tracé assez bien connu y à cause des points assez nombreux où l'on a fait de bonnes obser\'ations. L'isobare de 764 millimètres qui «passe tout près d'Oran et un peu plus loin d'Alger se prolonge nécessairement dans ro. à peu près parallèlement à la précédente.
Sur l'Atlantique on trouve un maximum de pression à 35° de latitude N. et un minimum de pression vers l'Islande, on rencontre un minimum de pression à 5* au nord de l'équateur, un maximum de pression considérable à 16*^ de latitude S. vers Sainte-Hélène, puis le minimum principal du monde au S. du cap Horn; la pression n'y dépasse pas 745 millimètres.
Sur le continent asiatique, la distribution est absolumest différente, et la Sibérie offre un maximum de 768 millimètres ou environ entre Nertchinsk et Bernaoul.
La principale difficulté, dans le calcul des altitudes, est la connaissance du niveau moyen de la mer. L'équilibre n*estpas absolu à la surface des mers; leur niveau est influencé par plusieurs causes : la force centrifuge dans la zone équatoriale, les vents, la
pression barométrique et la température; ajoutons la configuration (les cotes, qui <lonne à l'action des vents et à celle de la marée un ciïeî différent. Tout le monde sait que la mer monte plus vite qu'elle ne descend ; quand les golfes sont resserrés, cet effet est plus j)ron()ncé : le long des cotes, la mer doit être plus haute qu'à une CiU'taine distance.
Le niveau de la mer à Marseille est plus bas de 80 centimètres que le niveau moyen de TOcéan sur nos côtes. La Méditerranée doit être un plan incliné (|ui s'abaisse du détroit de Gibraltar jusqu'aux (•(Mes de Syrie. Le dernier nivellement effectué en Egypte, de la xMéditerranée à la mer Ronge, a montré que cette dernière est plus haute que la Méditerranée. Il est bien facile de voir que ces mers, recevant boaucouj) moins d'eau qu'elles n'en laissent évaporer, doivent tendre à s'abaisser, et qu'elles ne s'alimentent que par les détroits qui les réunissent à rOc(''an.
(le premier tableau général du poids de l'air et de sa pression sur la surface sphérique du ghdje doit s arrêter à cette es(juisse. (]'est en quelque sorte la statique. Nous arriverons bient(jt à la dynamique. L'Atmosphère est sans cesse en mouvement, par ses (l('q)lacements [)artiels, horizontaux, verticaux et obliques, à la surlace du globe. 11 en résulte que le poids de Tair sur un lieu donné, ou la hauteur du baroniètn^ vaiie sans cesse. La chaleur solaire donne naissance à des variations diurnrs et à des variations mcnsuclh's régulières, dont l'intensité diffère suivant les latitudes. Le (lé[)lacemenl des grands courants donne naissance à des variations étendues sur une vaste échelle. Le changement de temps s'annonce par ces tluctuations liées à la pression générale.
Toutes ces \ariations dans la pression bai'ométrique seront présentées et analysées dans notre septième Livre, qui couronnera cet ouvrage par l'exposé de l'état actuel des d('ductions de la science relatives au grand problème pratique de la [)révision du temps.
A propos du poids général de l'Atmosphère, nous ne pouvons cependant clore ce chapitre sans signaler ce poids numérique lui-même.
Sous ce titre : Combien pesc la masse entière de tout Vair qui est au monde y Pascal a écrit, au moment où il s'adonnait à ses célèbres expériences sur la pression atmosphérique, un petit travail aussi sinq)le (pie curieux, preniicVe ('^baïU'hede tout ce qui a été composé depuis sur ce sujet, et qui contient dès le principe la réponse absolue à la question que nous venons de souligner.
« Nous apprenons par ces (expériences, dit il, que l'air qui est sur
le niveau de la mer pèse autant que Teau à la hauteur de 31 pieds 2 pouces; mais parce que Tair pèse moins sur les lieux plus élevés^ et qu'ainsi il ne pèse pas sur tous les points de ]a Terre également; on ne peut pas prendre un pied fixe qui marque combien tous les lieux du monde sont chargés; mais on peut en prendre un par conjecture^ bien approchant du juste : comme^ par exemple, on peut faire état que tous les lieux de la terre en général, considérés comme également chargés d*air, le fort portant le faible, en sont autant pressés que s*ils portaient de Teau à la hauteur de 31 pieds; et il est certain qu'il n*y a pas un demi-pied d'eau d'erreur en celte supposition.
« Or, nous avons vu que l'air qui est au-dessus des montagnes hautes de 500 toises pèse autant queTeau à la hauteur de 26 pieds 1 1 pouces. Par conséquent, tout l'air qui s'étend depuis le niveau de la mer jusqu'au haut des montagnes hautes de 500 toises pèse à peu près la septième partie de la hauteur entière.
« Nous voyons aussi de là que, si toute la sphère de l'air était pressée et comprimée contre la terre par une force qui, ia poussant par le haut, la réduisit en bas à la moindre place qu'elle puisse occuper, et qu'elle la réduisît comme en eau, elle aurait alors la hauteur de 3 1 pieds seulement. On peut considérer toute la masse de l'air, de la même sorte que si elle eût été autrefois comme une masse d'eau de 31 pieds de haut, qui eût été raréfiée et dilatée extrêmement, et convertie en cet état où nous l'appelons air, auquel elle occupe, à la vérité, plus de place, mais auquel elle conserve précisément le même poids.
ft Et comme il n'y aurait rien de plus aisé que de supputer combien l'eau qui environnerait toute la terre à 31 pieds pèserait de livres, et qu'un enfant pourrait le faire, on trouverait, par le même moyen, combien tout l'air de la nature pèse, puisque c'est la même chose; et si on en fait l'épreuve, on trouvera qu'il pèse à peu près huit millions de millions de millions de livres.
« J'ai voulu avoir ce plaisir, et j'en ai fait le compte en cette sorte : En multipliant le diamètre de la terre par la circonférence de son grand cercle, on trouve qu'elle a en toute sa superficie spbérique 16495200 lieues carrées.
« C'est-à-dire, 103095000000000 toises carrées.
1» C'est-à-dire, 3711420000000000 pieds carrés.
« Et parce qu'un pied cube d'eau pèse 72 livres, il s'ensuit qu'un prisme d'eau d'un pied carré de base et de 31 pieds de haut pèse 2232 livres.
pression baroiiuHrique et la lempératurc; ajoutons la configuration (les cotes, qui donne h Taetion (les vents et à celle de la marée iin elTeî tlifférent. Tout le monde sait que la mer monte plus vile qu'elle ne descend; quand l(*s golfes sont resserrés, cet effet est plus prononcé : le long des cotes, la mer doit (*tre plus haute qu'à ime ((îrtaine distance.
Le niveau de la mer à Marseille est plus l)as de 80 centimètres (|ue le niveau moyen de l'Océan sur nos côtes. La .Méditerranée doit (*tre un plan incliné (|ui s abaisse du détroit de Gibraltar jusfju'aux cotes de Svrie. 1-e dernier ni\ellement effectué en Egypte, de la Méditerranéen la mer Uoiigc, a montré que cette dernière est plui^ baule que la Méditerranée. II est bien facile de voir que ces mers, recevant beaucoup moins d'eau qjrelb's n'en laissent évaporer, doi\ent tendre à s'abaisser, et rpiellcs ne s'alimentent que j)ar les détroits (|ui les léunissent à l'Océan.
(le premier tabb^au général du poids de l'air et de sa pression sur la surface spliérique du globe doit s arrêter h cette esquisse. (Test en quelque sorte la stiiti([U(». Xous arriverons bient(H h la dynamique. L'Atmosphère est sans cesse en mouvement, par ses (b'j)lacements parti(»ls, horizontaux, V(»rticau\ et obliques, à la sïirface du globe. Il en résulte que le poids de l'air sur un lieu donné, ou la hauteur du baromètre, \aiie sans cesse. La chaleur solaire donne naissance à des varialions diurnoH et à des varialions mcnsucllrs régulières, dont l'intensité diffère suivant les latitudes. Le dé])lacement des grands courants donne naissance à (les variations étendues sur une vastes échelle. Le changement de temps s'annonce par ces fluctuations liées à la pression générale.
Toutes ces \ariations dans la pression barométrique seront présentées et analysées dans notre septième Livre, (|ui couroimera cet ouvrage par Texposé d(» l'état actuel d(\s déductions de la science relatives au grand problème praticpie de la |)révision du temps.
A ])ropos du poids général(le rAtmos[)hère, nous ne pouvons cependant clore ce chapitre sans signaler ce poids numérique lui-même.
Sous ce titre : Combien phsr la massr enlihre de tout l'air qui est aufnonde^ Pascal a éitrit, au moment où il s'adonnait à ses célèbres ex[)ériences sur la [)ression atmosphérique, un petit travail aussi sinq)le ([lU) curieux, pi'eniière ébauche de tout ce cpii aété composé depuis sur ce sujet, et (pii contient dès le j)rincipe la réponse absolue à la qu(îstion que nous venons d(» souligner.
« Nous apprenons par ces expériences, dit il, que l'air qui est sur
le niveau de la mer pèse autant que Teau à la hauteur de 31 pieds 2 pouces; mais parce que Tair pèse moins sur les lieux plus élevés^ et qu'ainsi il ne pèse pas sur tous les points de la Terre également^ on ne peut pas prendre un pied fixe qui marque combien tous les lieux du monde sont chargés; mais on peut en prendre un par conjecture^ bien approchant du juste : comme, par exemple, on peut faire état que tous les lieux de la terre en général, considérés comme également chargés d'air, le fort portant le faible, en sont autant pressés que s'ils portaient de Teau à la hauteur de 31 pieds; et il est certain qu'il n'y a pas un demi-pied d'eau d*erreur en celte supposition.
a Or, nous avons vu que l'air qui est au-dessus des montagnes hautes de 500 toises pèse autant queTeau à la hauteur de 26 pieds 1 1 pouces. Par conséquent, tout l'air qui s'étend depuis le niveau de la mer jusqu'au haut des montagnes hautes de 500 toises pèse à peu près la septième partie de la hauteur entière.
« Nous voyons aussi de là que , si toute la sphère de l'air était pressée et comprimée contre la terre par une force qui, ia poussant par le haut, la réduisit en bas à la moindre place qu'elle puisse occuper, et qu elle la réduisit comme en eau, elle aurait alors la hauteur de 31 pieds seulement. On peut considérer toute la masse de l'air, de la même sorte que si elle eût été autrefois comme une masse d'eau de 31 pieds de haut, qui eût été raréfiée et dilatée extrêmement, et convertie en cet état où nous l'appelons air, auquel elle occupe, à la vérité, plus de place, mais auquel elle conserve précisément le même poids.
« Et comme il n'y aurait rien de plus aisé que de supputer combien l'eau qui environnerait toute la terre à 31 pieds pèserait de livres, et qu'un en&nt pourrait le faire, on trouverait, par le même moyen, combien tout l'air de la nature pèse, puisque c'est la même chose; et si on en fait l'épreuve, on trouvera qu'il pèse à peu près huit millions de millions de millions de livres.
« J'ai voulu avoir ce plaisir, et j'en ai fait le compte en cette sorte : En multipliant le diamètre de la terre par la circonférence de son grand cercle, on trouve qu'elle a en toute sa superficie sphérique 16495200 lieues carrées.
u C'est-à-dire, 103095000000000 toises carrées.
• Cest-à-dire, 3711420000000000 pieds carrés.
« Et parce qu'un pied cube d'eau pèse 72 livres, il s'ensuit qu'un prisme d*eau d'un pied carré de base et de 31 pieds de haut pèse 2232 livres.
l. PmIDS r»E r/ ATMOSPHÈRE.
p;^"'-ri«»n l»ir •^i^'•^^i'Jîu* r\ la tt^rnp^raMirr*: •i;«»fi^ons li 0"Qti-:urarinQ <le> <:ô-,r*!», qui »'<»nrie \i 1 ,irMi»ri il«"? vr-nt^i r*t à ri^à*^ tjt* la mai^'-e uq i-lT--' «litT^-r-nî. ÏMiit U^ rnorult* sait que la mer iii>>:itt^ p!:is vite qrj rll-' ru* ^l^•-f••^'l'l : <[»:.in«l |r*s i:ijItV'> >nn^ rës:?érr>^s. cet elTet e<i [îij.s (-r«»riM:trr : !- Innu* «K-s rôt» s, la mer «Init r^rê plus haute qu'à i.n • '• -i taine .li'.t.in' ê.
I.»' ni^'-au 'lé la m^^-r a Mar>»-ille est plus f'js Je SO oenti[nèî.n?5 que le nivr-.'ju nio^fn «le l'Of-ran >ur nos rôtes. La Méditerranée <loit être un [»l.iu ificline qui ^ ahai-.-'e «lu «Ir'mit «le Gibraltar jusqu'aux eûtes lie Svrie. \j^ «hTiiier ni\ fljeui^n^ etTertué eii Eirxpv, .je 11 ^Ié•lI^•n^mée à li Irl^•r Rmu^v., ^ mi.n^ré que cet^* dr'rniere est plus li;iuie que ! i .^[e'll' -rranée. Il e.-t l»ien f.u ile «le v«»ir que ee^^ mers, re<>"v int îi'.tuenuj) ui»)iii> «leiuquelK-s n en laissent e\a[iorer, (inivriit t»*:i«li'^* a > ahai:?-er. et quelles ne s alirnenteat que par les 'Irtiiuîs qui le:^ réuni-:*ent a 1 Orran.
Te [►p'-uiier taMeau i:énéral du p'»i'ls d»^ 1 air et de sa pression >ur la >urfaee sjdrérique du i:l'd,e d«'if s arrès-r à cette esipiisse. (re>t en quelque Sorte ]a >taMque. Vous arriverons bient«'»t à la dxuaiuiqu'*. l/Atmo>pliere v>\ sans res>e en mouvement, jïar ses déj)laccrnerits partiels, horizontaux, vertieauv et obliques, à la >urrae«' du tilohe. Il en ré>idtM que le jHiids de l'air sur un lieu donné, u\\ la h;iut»Mu* du baromètre, \arie sans cesse. La chaleur .-olai'-e «lonrie uai^^ine» ji (b*s r/irifitions (linrnfs et à des varia- /ions ntf'ftsif^'lh's régulières, dont liîilensité tliffere suivant les iatituder,. Le déplaerruenl ries irrand.^ enuran's donne naissance à des \ariations éterirlue> >ui" une vaste érhelle. Le chanirement de temps s annoner» par ees tluetuatious liées à la pression iiénérale.
Toutes ees \arialious dans la pi-ession barométrique seront pré- >eutér> et anaivsées dans notn* stqjtième Livre, qui couronnera cet ouvra;L:e [)ar rc\|)Osé de létal aeturd des déductions de la science relatives au frrand problème pratique de la prévision du temps.
A i)ropos du poids ^^énéral ile rAtmosphère, nous ne pouvons cep(»ndant clore ce chapitre sans siirnaler ce poids numérique lui-même.
Sous ce titre : (jniihien p>sp la masse rntirre de tout l'air qui est fiumomlf'^ Pascal a écrit, au moment (ùi il s'adonnait à ses célèbres e\[)^'riener's sur la pression atmosphérirpie, un petit travail aussi simple rpu! curieux, premiènMd)au(die de tout ce qui a été composé <lcpuis >ur ce sujet, et qui couti(»nt dès le principe la réponse absolue à la question qu(» nous venf»ns de souliijrner.
« Nous ap[>n!nonH par ces expériences, dit il, que Tair qui est sur
le niveau de la mer pèse autant que Teau à la hauteur de 31 pieds 2 pouces; mais parce que Tair pèse moins sur les lieux plus élevés, et qu'ainsi il ne pèse pas sur tous les points de la Terre également, on ne peut pas prendre un pied fixe qui marque combien tous les lieux du monde sont chargés; mais on peut en prendre un par conjecture, bien approchant du juste : comme, par exemple, on peut faire état que tous les lieux de la terre en général, considérés comme également chargés d*air, le fort portant le faible, en sont autant pressés que s*ils portaient de Teau à la hauteur de 31 pieds; et il est certain qu'il n*y a pas un demi-pied d'eau d'erreur en celte supposition.
« Or, nous avons vu que l'air qui est au-dessus des montagnes hautes de 500 toises pèse autant que Teau à la hauteur de 26 pieds 1 1 pouces. Par conséquent, tout l'air qui s'étend depuis le niveau de la mer jusqu'au haut des montagnes hautes de 500 toises pèse à peu près la septième partie de la hauteur entière.
(c Nous voyons aussi de là que, si toute la sphère de l'air était pressée et comprimée contre la terre par une force qui, 4a poussant par le haut, la réduisit en bas à la moindre place qu'elle puisse occuper, et qu'elle la réduisit comme en eau, elle aurait alors la hauteur de 31 pieds seulement. On peut considérer toute la masse de l'air, de la même sorte que si elle eût été autrefois comme une masse d'eau de 31 pieds de haut, qui eût été raréfiée et dilatée extrêmement, et convertie en cet état où nous l'appelons air, auquel elle occupe, à la vérité, plus de place, mais auquel elle conserve précisément le même poids.
« Et comme il n'y aurait rien de plus aisé que de supputer combien l'eau qui environnerait toute la terre à 31 pieds pèserait de livres, et qu'un enfant pourrait le faire, on trouverait, par le même moyen, combien tout l'air de la nature pèse, puisque c'est la même chose; et si on en fait l'épreuve, on trouvera qu'il pèse à peu près huit millions de millions de millions de livres.
« J'ai voulu avoir ce plaisir, et j'en ai fait le compte en cette sorte : En multipliant le diamètre de la terre par la circonférence de son grand cercle, on trouve qu'elle a en toute sa superficie spbérique 16495200 lieues carrées.
w C'est-à-dire, 103095000000000 toises carrées.
« C'est-à-dire, 3711420000000000 pieds carrés.
ce Et parce qu'un pied cube d'eau pèse 72 livres, il s'ensuit qu'un prisme d'eau d'un pied carré de base et de 31 pieds de haut pèse 2232 livres.
pression barométrique et la température; ajoutons la configuration des côtes, qui donne It Taetion des vents et à celle de la marée un eflet différent. Tout le monde sait que la mer monte plus vite qu'elle ne descend; quand les golfes sont resserrés^ cet effet est plus prononcé : le long des côtcS| la mer doit être plus haute qu'à une certaine distance.
Le niveau de la mer à Marseille est plus bas de 80 centimètres que le niveau moyen de TOcéan sur nos côtes. La Méditerranée doit être un plan incliné qui s abaisse du détroit de Gibraltar jusqu'aux côtes de Syrie. Le dernier nivellement effectué en Egypte, de la Méditerranée à la mer Rouge, a montré que cette dernière est plus haute que la Méditerranée. Il est bien facile de voir que ces mers, recevant beaucoup moins d'eau qu'elles n'en laissent évaporer, doivent tendre à s'abaisser, et qu'elles ne s'alimentent que par les détroits qui les réunissent à l'Océan.
Ce premier tableau général du poids de l'air et de sa pression sur la surface sphérique du globe doit sarréter à cette esquisse, (^'est en quelque sorte la statique. Nous arriverons bientôt à la dynamique. L'Atmosphère est sans cesse en mouvement, par ses déplacements partiels, horizontaux, verticaux et obliques^ à la surface du globe. II en résulte que le poids de l'air sur un lieu donné, ou la hauteur du baromètre, varie sans cesse. La chaleur solaire donne naissance à des variations diurms et à des variations mensuelles régulières, dont l'intensité diffère suivant les latitudes. Le déplacement des grands courants donne naissance à des variations étendues sur une vaste échelle. Le changement de temps s'annonce par ces fluctuations liées à la pression générale.
Toutes ces variations dans la pression barométrique seront présentées et analysées dans notre septième Livre, qui couronnera cet ouvrage par l'exposé de l'état actuel des déductions de la science relatives au grand problème pratique de la prévision du temps.
A propos du poids général de l'Atmosphère, nous ne pouvons cependant clore ce chapitre sans signaler ce poids numérique lui-même.
Sous ce titre : Combien pèse la masse entière de tout t*air qui est au tnonde, Pascal a écrit, au moment où il s'adonnait à ses célèbres expériences sur la pression atmosphérique, un petit travail aussi simple (jue curieux, première ébauche de tout ce qui a été composé depuis sur ce sujet, et qui contient dès le principe la réponse absolue à la question que nous venons de souligner.
« Nous apprenons par ces expériences^ dit -il, que l'air qui est sur
le niveau de la mer pèse autant que Teau à la hauteur de 31 pieds 2 pouces; mais parce que Tair pèse moins sur les lieux plus élevéSy et qu'ainsi il ne pèse pas sur tous les points de la Terre également^ on ne peut pas prendre un pied fixe qui marque combien tous les lieux du monde sont chargés; mais on peut en prendre un par conjecture^ bien approchant du juste : comme^ par exemple^ on peut faire état que tous les lieux de la terre en général^ considérés comme également chargés d*air^ le fort portant le faible^ en sont autant pressés que s*ils portaient de Feau à la hauteur de 31 pieds; et il est certain qu'il n*y a pas un demi-pied d'eau d'erreur en celte supposition.
« Or^ nous avons vu que Tair qui est au-dessus des montagnes hautes de 500 toises pèse autant queTeau à la hauteur de 26 pieds 1 1 pouces. Par conséquent^ tout l'air qui s'étend depuis le niveau de la mer jusqu'au haut des montagnes hautes de 500 toises pèse à peu près la septième partie de la hauteur entière.
u Nous voyons aussi de là que^ si toute la sphère de l'air était pressée et comprimée contre la terre par une force qui^ ia poussant par le haut^ la réduisit en bas à la moindre place qu'elle puisse occuper^ et qu'elle la réduisît comme en eau^ elle aurait alors la hauteur de 31 pieds seulement. On peut considérer toute la masse de l'air^ de la même sorte que si elle eût été autrefois comme une masse d'eau de 31 pieds de haut^ qui eût été raréfiée et dilatée extrêmement, et convertie en cet état où nous l'appelons air, auquel elle occupe, à la vérité, plus de place, mais auquel elle conserve précisément le même poids.
« Et comme il n'y aurait rien de plus aisé que de supputer combien l'eau qui environnerait toute la terre à 31 pieds pèserait de livres, et qu'un enfant pourrait le faire, on trouverait, par le même moyen, combien tout l'air de la nature pèse, puisque c'est la même chose; et si on en fait l'épreuve, on trouvera qu'il pèse à peu près huit millions de millions de millions de livres.
« J'ai voulu avoir ce plaisir, et j'en ai fait le compte en cette sorte : En multipliant le diamètre de la terre par la circonférence de son grand cercle, on trouve qu'elle a en toute sa superficie sphérique 16495200 lieues carrées.
w C'est-à-dire, 103095000000000 toises carrées.
« C'est-à-dire, 3711420000000000 pieds carrés.
« Et parce qu'un pied cube d'eau pèse 72 livres, il s'ensuit qu'un prisme d'eau d'un pied carré de base et de 31 pieds de haut pèse 2232 livres.
« Donc^ ôi la Terre était couverte d'eau jusqu'à la hauteur de 31 pieds, il y aurait autant de prismes d'eau de 31 pieds de haut qu'elle a de pieds carrés en toute sa surface.
« Et partant elle porterait autant de 2232 livres d'eau qu'elle a de pieds carrés en toute sa surface.
aDonc cette massed'eau entière pèserait 8 283 889 440 000 000 000 livres. Et tout l'air qui est au monde pèse ce même poids, c'està-dire huit millions de millions de millions, deux cent quatrevingt-trois mille huit cent quatre-vingt-neuf millions de millions, quatre cent quarante mille millions de livres. »
Ce curieux calcul de Pascal n'est pas essentiellement modifié par les mesures contemporaines. Nous pouvons arriver à la même détermination par un autre procédé.
La pression atmosphérique est de 1 kilog. 33 grammes par centimètre carré, ou de 1 03 kilog. par décimètre carré, ou de 1 0330kilog. par mètre carré.
Une surface de 10 mètres carrés, supportant un poids d'air cent fois plus grand que le précédent, représente I 033 000 kilog. Une surface de 100 mètres carrés supporte 103300000; et une surface de 1000 mètres carrés 10330000000: dix milliards 330 millions de kilog. d'air.
Or la surface totale de la terre est d'environ 510 millions de kilomètres carrés. En multipliant le nombi*e précédent par 510 millions, on obtient le poids colossal de 5 quintillions 2G8 quatrillions de kilogrammes. A cause des platt^aux qui s'élèvent sensiblement au-dessus du niveau de la mer, nous devons admettre 5 quintillions (Pascal n'avait trouvé que 4 quintillions). C'est le poids réel de toute l'atmosphère terrestre.
Le poids de la Terre étant de 5875000 quintillions de kilog. on voit que le poids de l'Atmosphère est à peu près la millionième partie du pojds de la planète, ou, plus exactement, la onze cent millième partie.
Si toute cette masse d'air se trouvait agglomérée en une seule boule, elle pèserait autant qu'une boule de cuivre massive de près de 100 kilomètres de diamètre, ou de 75 lieues de tour!
On voit que le poids de l'air est loin d'être insignifiant, et nous concevrons facilement plus tard les terribles ravages du vent et des ourag.ins dont nous aurons à nous entretenir.