‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 132 sur 269 · LES HIVERS UÉK0RABLE3. — LES PLUS BASSES TEMPÉRATURES OBSERVEES · texte numérisé non relu

LES HIVERS UÉK0RABLE3. — LES PLUS BASSES TEMPÉRATURES OBSERVEES

Auguste Comte avait émis l'idée de réunir toutes les forces dont le genre humain peut disposer, et d'essayer de redresser l'axe du monde. Milton raconte qu'avant la faute d'Adam (et d'Eve} l'aie de rotation du globe était perpendiculaire sur l'écliptique, si bien qu'il n'y avait pas de saisons^ et que la Terre jouissait d'uD printemps perpétuel; mais qu'après la pomme Jéhovah se fâcha et donna un coup de pied à notre pauvre planète qui, depuis ce temps-là pirouette gauchement et subit tour à tour les ardeurs de l'été ot les rigueurs de l'hiver. Sans doute, si la Terre n'avait pas ces saisons si disparates, qui donnent à l'intelligence humaine une si mauvaise hospitalité, l'ot^anisation de la nature animée aurait été faite par Jes forces moins rudes, et nous jouirions d'un état harmonique |)lu3 uniforme. Ce serait une condition d'habitabilité supérieure à la nôtre. Mais l'axe est incliné I et il l'a toujours été, et il le sera toujours, de sorte qu'il n'y a pas eu, et qu'il n'y aura pas vraiment d'âge d'or sur celte terre. Par suite de cette inclinai son. los organismes végétaux et animaux ont été successivement consltiiH's pour vivre dans le milieu ambiant, moins délicats, moins i^ensibles, moins élevés qu'ils ne l'eussent été dans une condition supérieure. Mais tels qu'ils sont, ils se trouvent par leur nature même en correspondance avec le régime terrestre, de telle

sorte que si tout d'un coup Taxe venait à se redresser^ le printemps perpétuel que nous aurions en perspective serait funeste pour la vie attribuée à la Terre^ et que nous regretterions fort nos anciennes saisons et même nos hivers.

En effets l'automne et l'hiver ne sont pas moins indispensables à la marche de la vie terrestre que le printemps et Tété. Âpres nous avoir donné ses fleurs et ses fruits^ la Terre réclame le repos, le calme^ le silence^ et son sein n'est intarissable que sous la condition d'être régénéré périodiquement. L'automne est la saison de passage entre la chaleur et le froid^ passage qui tout en s'opérant graduellement suivant l'inclinaison croissante de notre horizon jusqu'au solstice d'hiver est toutefois traversé par des chocs météorologiques provenant des bourrasques^ des vents^ des glaces formées sous les hautes latitudes^ de variations qui en déGnitive constituent les conditions de la vie de la planète. A l'époque de l'inclinaison la plus oblique du soleil et des jours les plus courts^ la Terre^ de plus en plus refroidie^ semble tomber lentement dans les glaces de la moil. Mais la surface seule subit le dépouillement et cette dispersion glaciale : nous avons vu qu'à quelques mètres de profondeur l'hiver est l'époque la plus chaude^ et que plus bas la couche terrestre jouit d'une température uniforme^ égale à la moyenne du lieu.

Fructidor^ vendémiaire^ brumaire nous présentent la nature sous son aspect sérieux et sévère. La verdure uniforme du printemps et de l'été a fait place à la diversité des nuances qui précède la chute des feuilles. Les paysages sont plus modelés^ les tons des nuages comme ceux des bois sont plus chauds et plus fixes^ comme si^ avant de s'éteindre^ la nature voulait affirmer aux yeux de l'homme sa grandeur et son éternité. On n'entend plus les joyeuses chansons de l'oiseau bâtissant son nid dans les buissons et sur les branches; on ne respire plus les parfums légers et délicats des fleurs de mai; c'est une époque solennelle qui s'annonce dans l'Atmosphère, car la Terre en s'inclinant de plus en plus sous les rayons du Soleil semble rentrer en elle-même et se recueillir dans le sentiment de son individualité personnelle. Les broderies végétales de la lumière et de la chaleur se dissolvent et tombent^ le vent souffle et emporte les feuilles^ les fruits sont cueillis^ depuis les produits du veiner créé par la civilisation jusqu'à ceux de la vigne : Pomone a remplacé Cérès et Flore^ et l'industrie humaine affirme chaque année son œuvre la plus ancienne et la plus constante en appelant l'homme dans les habitations confortables sous lesquelles

intempéries de rautomne et de Thiver^ et peut 3 rude époque au milieu des travaux de lesprît 38 grâce à Tinvention de Timprimerie; au iailiea ons de l'intérieur et de la fraternité des âmes Yimaire, pluviôse, nivôse exercent une concenur le moral de Thomme bien différente de Texlumineuses et chaudes journées du printemps ^s sur la nature terrestre, nous subissons sou- }on influence variable, laquelle devrait toujours ^antage si nous menions une vie intellectuelle iiaque saison peut donner à Tesprit comme au *e variation d'activité, et malgré les 23 degrés 'axe, cette planète pourrait être d'un séjour étions quelque peu spirituels. Mais non : au lieu iment calmes et heureux, nous passons notre e à nous battre mutuellement, par toutes les s, depuis les propos de l'envie et de la jalousie ;u canon des guerres internationales et civiles, comment l'obliquité croissante des rayons solaioidissement de notre hémisphère et forme les et d'hiver. Nous verrons plus loin comment les r office à celui de la chaleur et du vent pour 3t la rendre propre à la végétation. La terre vé- )mme les terrains géologiques, un simple prônerai : elle doit au contraire son existence au ique. L'humus qui constitue l'élément fondasable de la terre végétale est un produit de la ne combinaison de carbone, d'hydrogène, d'àtelle qu*elle ne peut pas être produite par les non organisée, parce que dans la nature morte Rallient que par la combinaison simple de deux non toutes ensemble, comme cela a lieu ici l. Chimie agricole, I, p. 371); à ces substances Lumus, il s'en joint encore quelques autres en i : du phosphore, du soufre, un peu de terre pro- [uelquefois différents sels. Comme l'humus est la vie, de même aussi il en est la condition. Il e aux corps organisés; sans lui il ne saurait y iduelle, tout au moins pour les animaux et les >arfisiit8 : ainsi la mort et la destruction sont nenlation et à la reproduction d'une nouvelle

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