‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 135 sur 269 · LA GLACE. — LA NEIGE · texte numérisé non relu

LA GLACE. — LA NEIGE

'<en des figures de la neige conduit à des impressions non

^ sur l'existence de la géométrie, du Nombre et de la

'es œuvres de la nature. Ce ne Eont plus seulement

de glace comme les . précédentes que l'on a pu

.l'ssiner dans les flocons si légers de la neige, mais

Fig. 114. — Fleurs de la glace, dégagées par la Tusion.

plus d'un cent d'espèces différentes et toutes construites suivant ca même angle fondamental de 60 degrés. Le capitaine Scoresby, dans ses voyages aux mers polaires, en a étudié et dessiné un total de 9G, dans une planche remarquable que nous reproduisons ici. Kaëmtz ajoute à ces 9G combinaisons différentes du même angle, que pour sa part il en a rencontré au moins une vingtaine de plus.

et que les \ariétés s'élèvent probablement à plusieurs centaines. « Qui n'admirerait pas ici, s'écrie-t-il, la puissance infinie de la nature, qui a su créer tant de formes diverses dans des corps d'un si petit volume! » i Météorologie y trad. de Ch. Martins, p. 121.)

La première forme (lig. 125) est la plus fréquente; elle a ordinairement 2 millimètres de diamètre, et se produit par des températures voisines de zéro. Les hexaèdres ne dépassent pas 3 dixièmes de millimètre, et se produisent par les froids les plus intenses. Ces flocons à noyaux et à aiguilles ramifiées se produisent par des températures inférieures de plusieurs degrés seulement à zéro, et mesurent de 4 à 5 millimètres de diamètre.

Plus le froid est intense et plus la neige est fine. Dans les régions polaires, par des froids de 20 degrés, elle est à l'état de poudre. Ce fait se présente quelquefois sous nos latitudes; ainsi dans riiiver de 1829-1830, en Suisse, à Yverdun, le 1" février, celle neige dite polaire tomba par un froid de 20 degrés.

Il y a des chutes de neige d'une abondance parfois formidable. L'année 1850, entre autres, a été signalée dans l'Europe entière par la. quantité qu'elle a présentée. La neige s'éleva à i^i5 pieds sur le mont Saint-Bernard, et pour sortir de leur couvent les religieux étaient obligés de creuser un passage a travers les couches aoioncelées. Toute l'Attique en fut couverte à la hauteur d'un mètre. De mémoire d'homme, disent les relations, un pareil phénomène ne s'était produit; les montagnes de THymette, du Pentélique et de Parues ne formaient, avec la vaste plaine des Oliviers, qu'une nappe blanche ondulée. Elle tomba abondamment dans les rues de Naples, dans les Ardennes, le Luxembourg, en Corse, et à Constantinople; les communications même furent interrompues pendant plusieurs jours; ou trouva un assez grand nombre de personnes i;TJées sur les routes.

Dans les contrées boréales, en Sibérie, les tempêtes de neige sont plus effrayantes encore et plus funestes que l'intensité du froid. Ces bourans durent d'un à trois jours, dit Humboldt, l'atmosphère devient obscure par la masse de neige qui tombe ou qui est soulevée parhniolence du vent. En 1827, tous les troupeaux «le la horde intérieure des Kirghiz, entre Textrémité de l'Oural et le Volga, furent cliassés par un bouran vers Saratow. Il périt à cette occasion 280 r)00 chevaux, 30 400 l)ùles à cornes, 10 000 chameaux et plus d'un million de brel)is.

De tels malheurs^ (juoiciue moins terribles, ne sont pas inconnus dans les climats tem|)érés. Le 8 janvier 1848, un convoi du train,

voyageant d'Aumale à Alger, fui assailli sur les hauteurs de Sak- Hamoadi par une tempête de neige qui précipita les mulets dans les ravins, et, en moins d'un quart d'heure, causa la mort de 14 hommes sur 44 qui composaient l'expédition.

La neige tombe parfois en flocons si serrés que derrière les premiers plans elle Torme un voile blanc nuageux qui dérobe le paysage. Ces intenses chutes de neige se rencontrent surtout sur les plateaux élevés de l'Asie ou des Andes, ob les caraTUies les ont souvent observées, comme noire dessin le rappelle ici. Les chemins

Fig. 116. — Une chule de neige dans 1m Ande».

s'tflacenl vite sous le linceul mobile qui les recouvre, l'orientation devient difllcile, et de même que dans les chutes les plus rares de nos contrées, les voyageurs aVparent sur le Saint-Bernard ou même dans nos plaines françaises pour s'en durmir du dernier sommeil, de mCme dans ces chutes assez fréquentes des plateaui, le voya(;eur s'arrête, éperdu, s'enfonce dans les ravins s'il cherche son chemin, tombe en léthargie s'il se repose, et trop souvent n'a d'autre terme que la morl pour sortir du météore qui l'ensevelit.

Od a essa}'é de déterminer la densité de la neige; [es résultats obtenus varient. Scdileau avait trouvé que généralement la neige,

(ilO L'HIVER.

en se fondant^ se réduit à un volume cinq à six fois moindre. La Hire^ en confirmant cette observation^ ajoutait qu'en 1711 il avait observé une neige qui s'était réduite au douzième de son volume en passant à Tétat liquide. Musschenbrock assure avoir > u^ de son côté, à Utrecht, une neige de forme régulière qui était vingt fois plus légère que Teau. Depuis les recherches de ces physiciens, nous n'avons comme observations spéciales que celles de M. Quételet, desquelles il résulte que la densité de la neige peut être considérée comme étant, en moyenne, à peu près la dixième de celle de Teau; on peut, d'après cette estimation, calculer assez exactement la hauteur de la neige tombée dans les circonstances les plus remarquables.

La neige la plus forte qui ait été enregistrée à Bruxelles^ est celle des 1 6 et 1 7 février 1 843 ; Teau recueillie en 24 heures était de 18 millimètres 21 ; du 15 au 16, elle a été de 14 millimètres 13: ce qui équivaut, en 48 heures, à plus de 32 centimètres de neige. Le vent soufflait du N. E. ; le thermomètre se tenait au-dessous de zéro, et le baromètre était fort bas : 735 mill.

Dne neige très-légère se forme dans les matinées d'hiver, d'automne et de printemps, autour des branches humides des arbres et sur les tiges des plantes, lorsque la température de l'air est inférieure à zéro. C'est le givre^ que l'on pourrait nommer aussi une rosée glacée, et dont les broderies souvent merveilleuses donnent à nos paysages d'hiver ce mélange particulier de sévérité et de mélancolie qui les caractérise. Le givre se forme surtout par les matinées de brouillard, et souvent le soleil n'arrive que dans l'après-midi à fondre ces légères stalactites végétales déposées par l'humidité atmosphérique. La formation du givre ou de la geléi» blanche a pour explication la théorie de la rosée, dont nous parlerons plus loin.

Les bourrasques amènenl parfois une pluie de neige plus dense et plus fine que la neige ordinaire, le grésil. Ces gouttes d'eau glanv ne proviennent probablement pas des nuages à l'état de neig^*, mais gèlent en tombant, et ne présentent plus les formes symétriques que nous avons admirées. Peut être est-ce de la neige dispersée par des coups de \cnts brusques et chauds. On reniarquo surtout ces chutes à la fin Me l'hiver et dans les giboulées de mars. Le grésil rentre dans la classification des météores aqueux pn»- (liiits par le froid. La gnMe, qui semble être du grésil en grand, en diffère toutefois par son origine, et nous l'étudierons dans no> cliapitres spéciaux sur les pluies et les orages.

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