PÔLE AUSTRAL
Latitudes. Eiemples. Durée du jour
le plus long.
0" (Quito) 12*' 0"
5 (Bogota) 12 17
10 (Gondar, Madras) 12 35
15 (Saint-Louis) 12 53
20 (Mexico-Bombay) 13 13
23 (Canton) 13 3%
30 (Le Caire) 13 56
35 (Alger) Id 22
40 (Madrid, Naples) U 51
kf> (Bordeaux, Turin) 15 26
50 (Dieppe, Francfort) 16 9
55 [Edimbourg, Copenhague) 17 7
60 (Pétersbourg, Christiania) 18 30
65 (Arkhangei; 21 9
66 32' (Cercle polaire) 2k 0
Durée du jour le plut court
12^ 0- II 43 11 25 Il 7 10 kl 10 26 10 4
Il en est de même dans rhémisphère austral^ naturellement. Au delà des cercles polaires , la durée du jour varie de 0 à 24 heures dans la portion de l'année pendant laquelle le soleil se lève ou se couche. Le nombre de jours pendant lequel Tastre ra* dieux reste constamment au-dessus ou constamment au-dessous de rhorizon sous les diverses latitudes^ depuis 66* 32^ jusqu'à 90*,
est donné par le tableau suivant dans lequel il est rappelé que les phénomènes sont inverses dans les deux zones glaciales :
Le soleil ne se couche pas dans Le soleil ne se lève pas dans
Latitudes.
rhèmisphère boréal,
ne se lève pas dans l'hémisphère
austral pendant environ :
l'hémisphère austral, ne se couche pas dans l'hémisphère boréal pendant environ :
Dans cette théorie des climats^ nous avons supposé le soleil réduit a son centre ; nous avons^ en outre^ négligé les phénomènes de Taurore et du crépuscule produits par la réfraction de la lumière et de la chaleur. Comme le diamètre de l'astre est de 32'^ il Êuidrait reculer de 1 6' la latitude où il disparaîtrait toutentier. La réfraction 1 élevant^ de plus^ de 33' àThorizon^ il faudrait encore éloigner de cette quantité les cercles polaires absolus. Enfin ^ la nuit n*est entière que lorsque le soleil est abaissé de 1 8^ au-dessous de rhorizon; il y aurait donc encore à tenir compte de cette circonstance, d'où il résulte que, vers les pôles, le jour absolu ne cesse que rarement, et que la nuit complète y est presque inconnue.
Les saisons sont inverses dans les deux hémisphères, comme nous Tavons dit; elles ne sont pas d'ailleurs autre chose que les intervalles de temps que la Terre emploie à parcourir les quatre parties de son orbite comprises entre les équinoxes et les solstices. A cause de l'excentricité de l'orbite terrestre et en vertu de la loi des aires, les durées des saisons sont inégales ; elles sont représentées par les nombres suivants qui montrent que le soleil reste, chaque année, environ huit jours de plus dans notre hémisphère boréal que dans l'hémisphère austral.
Automne (22 septembre-21 décembre) 89^ IS** 35*»
Hiver ,;21 décembre-21 mars) 89 0 2
Séjour du soleil dans rbémisphëre austral 178^ IS*" 37"*
ft-intemps (21 inar8-21 juin) 92 20 59
ité (21 juin-22 septembre) 93 U 13
^MH^M^H^^H^ ^mmÊÊÊÊm^^^mÊÈm^ ta^MMM^i^i^
Séjour du soleil dans Thémisphère boréal 186 11 12
Le Soleil étant actuellement la source unique de la chaleur pour
la surface de la Terre^ il en résulte que les pays les plus chauds sont ceux au-dessus desquels il reste le plus longtemps et darde ses rayons dans la direction la plus voisine de la verticale : c'est-à-dire les régions situées le long de Tcquateur^ et de chaque côté jusqu'aux tropiques. Aussi ces régions chaudes sont-elles désignées sous le nom générique de zone torride. A mesure que Ton remonte ensuite vers les pôles, on voit que le soleil s'élève moins haut, et que, pendant six mois, les nuits sont plus longues que les jours : ce sont les régions tempérées, où les saisons donnent beaucoup plus de variation aux productions de la nature, mais où la moyenne de la température annuelle va constamment en diminuant, suivant la diminution de la hauteur apparente du soleil à midi. Enfin, lorsqu'on a dépassé le 6G' degré de latitude, on entre dans la calotte polaire glaciale, sur laquelle le soleil s'élève à peine aux plus beaux jours suffisamment pour fondre les glaces éternelles de ces régions mornes et silencieuses.
Je n'ai pas besoin de dire à mes lecteurs que le pôle sud est froid comme le pôle nord, malgré l'idée qui s'attache à cette direction pour notre hémisphère. On voit encore quelques poètes voyager
«c du pôle brûlant jusqu*au pôle glaci; »
mais de telles métaphores ne devraient plus être permises avec le progrès des lumières. L'équateur est au sud de notre hémisphère et les vents qui viennent de là sont chauds. L'équateur est au nord de l'autre hémisphère, et les vents qui lui en viennent sont également chauds, quoiqu'ils viennent du nord. Pour Torientation météorologique comme pour les saisons, les habitants de TAustralie, du cap de Bonne-Espérance, du cap Horn, de Buenos-Ayres ou de Santiago sentent et parlent à l'inverse de nous.
La latitude, c'est-à-dire l'angle sous lequel les rayons du soleil arrivent à la surface du sol, étant la grande cause de la succession des climats de l'équateur aux pôles, la diminution serait progressive et régulière si la Terre était un globe d'une régularité parfaite, au lieu d'être partagé en terres et en eaux, et traversé de montagnes, de plateaux et de vallées. La quantité de chaeur, évaluée, par exemple, à 1000 sous l'équateur, irait en décroissant régulièrement, serait marquée par 923 sous l'un et lautre tropique, par 720 à la latitude de Paris, et par 500 sous le
cercle polaire. Mais la Terre n'est pas une sphère polie et calme ^ et des révolutions plus ou moins harmoniques s'y succèdent constamment.
Nous verrons dans le livre IV de cet ouvrage que l'Atmosphère est dans un état perpétuel de circulation^ et qu*il y a des vents (i;énéraux qui sillonnent périodiquement les différentes contrées du globe. Ces courants réguliers modîGent la distribution normale des climats. Ainsi les vents alises qui établissent un double courant entre Téquateur et les pôles, tempèrent à la fois le froid des latitudes élevées sur lesquelles ils passent et la chaleur des régions tropicales, réchauffent les premières et rafraîchissent les secondes.
Une seconde cause vient s'ajouter à celle-là, pour varier la température le long des mêmes cercles de latitude. Le globe terrestre est partagé en océans et en continents. L'eau a une capacité pîns grande que la terre pour la chaleur : il en résulte que la mer est plus froide que la terre en été, et plus chaude en hiver. Les vents qui viennent de la mer empêchent les rivages d'être aussi froids que les terres de l'intérieur. Le vent du S. 0. étant celui qui souffle le plus souvent, les côtes occidentales d'Espagne, de France, l'Ecosse et la Norvège, sont plus chaudes que les pays de l'intérieur des terres à latitude égale. Le grand courant marin du Gulf- Streani dont nous parlerons aussi s'ajoute à cette modification pour l'augmenter encore.
L'eau s'échauffe moins à sa surface que les matières terreuses, parce que celles-ci ont une chaleur spécifique très-inférieure à celle de l'eau. En sorte que la quantité de chaleur solaire nécessaire pour élever leur température de 1 0*, par exemple, est beaucoup moins considérable que celle qui peut élever du même nombre de degrés la température d'une couche liquide.
Nous devons remarquer, en outre, que les rayons solaires, qui s'absorbent dans une très-mince couche terrestre, pénètrent en partie dans l'eau à une profondeur considérable; qu'en mer, notamment, ils ne s'éteignent tout à fait qu'après avoir traversé des profondeurs d'une centaine de mètres, en sorte que la chaleur provenant de l'absorption, au lieu de se concentrer à la surface, porte sur une grande masse d'eau, et doit être d'autant moindre que cette masse est plus considérable.
L'é\aporation, cause très-intense de froid, comme nous l'avons vu, est d'autant plus forte que ce phénomène s'exerce sur une plus grande échelle. Or, là où le liquide peut fournir sans cesse à
Tévaporation^ existe une cause de refroidissement qu on ne trouve pas du tout ou quon ne trouve pas au même degré sur la terre ferme.
Il résulte de ces trois causes (chaleur spécifique^ diathermansie, évaporation), que Teau et Tatmosphère qui est en contact avec elle^ doivent être moins chaudes Tété que les portions continentales des terrains semblablement situés.
En hiver^ au contraire^ elles sont plus chaudes^ comme il est facile de le comprendre.
Nous Tavons déjàdit^ les molécules superficielles^ refroidies par leur rayonnement vers les régions froides de Tespace^ se précipitent vers le fond à cause de leur excès de pesanteur spécifique (chap. m, p. 411); en conséquence, la surface de la mer doit conserver une température supérieure à celle que présente la surface des continents, puisqu'ici les molécules superficielles refroidies ne s^enfoncent pas dans le terrain.
Ces conséquences, déduites d'un examen minutieux du mode d'action des rayons solaires sur une surface liquide et sur une surface continentale, sont confirmées par les observations.
Ainsi, à Bordeaux, la température moyenne de Thiver est de 6Vi> tandis que sous la latitude de cette ville la température de Tocéan Atlantique ne s'abaisse jamais au-dessous de 10^^7 cenligrades.
Sous le 50° degré, on n'a jamais trouvé Tocéan au-dessous de 9^ centigrades.
L'ensemble des observations qu'on a recueillies montre que, dans rhémisphère nord et dans la zone tempérée^ la température moyenne d'un îlot situé au milieu de l'océan Atlantique, serait plus élevée que la température moyenne d'un lieu semblablement placé sur le continent, et qu*on y trouverait un été moins chaud et un hiver moins froid. Des différences dans ce sens-là ont été particulièrement cohstatées à Tile de Madère.
La mer sert à égaliser les températures. De là une opposition importante entre le climat des îles ou des côtes, propre à tous les continents articulés, riches en péninsules et en golfes^ et le climat de l'int^îrieur d'une grande masse compacte de terres fermes. Dans l'intérieur de l'Asie, Tobolsk, Barnaul sur TObi et Irkoutdk ont les mêmes étés qu3 Berlin, Alunster et Cherbourg; mais à ces étés succèdent des hivers dont l'effrayante tem])érature e^t de — 18 à — 20 degrés. Pendant les mois d'été, on voit le ther momëtre se maintenir des semaines entières à 30 et 3 1 de^^rés.