LES AVALANCHES
fieant en aourda échoa dans les anfractuoaitéa des gorges : on diniil la voix de la montaij;ne elle-même.
Tous ces écroulements de neige sont, dans l'économie dea raonts, des pliénoménes non moins réguliers et normaux que l'écoulement de» pluies dans les rivières, el font partie du système
Fijf. 140. — L'avalanche.
général de la circulation des eaux dans chaque bassin. Maia par suite de la surabondance <1es neiges, d'une fonte trop rapide ou de toute autre cause métvorologique, certaines avalancbca exceptionnelles, analogues aux inondations des rivicrca débordées, produisent des elTela désastreux en ravageant les cultures des pentes in-
férieures ou même en engloutissant des villages entiers. Ces catastrophes sont^ avec les chutes de rochers^ les plus redoutables événements de la vie des montagnes.
<K Les avalanches connues sous le nom d avalanches poudreuses sont les plus redoutées des habitants dés Alpes^ ajoute É. Reclus, non-seulement à cause de leurs ravages directs^ mais aussi à cause des trombes qui les accompagnent souvent. Lorsque des couches nouvelles de flocons n*adhèrent pas encore aux neiges anciennes qu'elles recouvrent^ il suffît parfois du passage d'un chamois, de la chute d'une branche de buisson ou même d'un simple éclio, pour rompre l'équilibre instable de la nappe supérieure. Elle s'ébranle lentement en glissant sur les masses durcies, puis, là où ]a pente du sol favorise sa marche^ elle se précipite d'un mouvement de plus en plus rapide. Incessamment grossie par les autres couches de neige et par les débris, les pierres, les broussailles qu'elle entraîne, elle passe au-dessus des corniches et des couloirs, brise les arbres, rase les chalets qui se trouvent en travers de son cours, et, semblable à un pan de montagne qui s'écroule, plonge dans la vallée pour remonter sur le versant opposé. Autour de l'avalanche, la neige poudreuse s'élève en larges tourbillons; l'air mugit à droite et à gauche, en tourmentes qui secouent les rochers et déracinent les arbres. On a vu des milliers de troncs renversés par le seul vent de l'avalanche, alors que celle-ci se traçait elle-même une large route à travers des forêts entières et dévorait en passant les hameaux de la vallée. »
Les forêts qui dominent certains villages des Alpes les préservent seules contre les redoutables effets des avalanches. Aussi estil défendu, sous les peines les plus sévères, d'en abattre un seul arbre. Si ces forêts étaient détruites par une cause quelconque, les habitants des villages qu'elles protègent se verraient contraints d'aller s'établir ailleurs. Dans un grand nombre de localités moins exposées, on construit au-dessus des églises ou des maisons des espèces de bastions de pierre. Enfin, des galeries voûtées et capables de résister à un choc violent mettent les voyageurs à l'abri dans les passages les plus dangereux de quelques-unes des routes construites depuis le commencement de ce siècle sur les Alpes. 11 ne se passe pas d'année, cependant, que ces avalanches, ou les tourmentes de neige, ne coûtent la vie à quelque infortuné voyageur.