CIRCULATION GÉNÉRALE
la nappe ascendante. Sa position moyenne dépendra de l'activité moyenne du tirage équatorial et de la hauteur à laquelle atteindra le contre-alizé. Cette hauteur elle-même est liée à la loi de décroissance de la température avec Taltitude; elle peut varier suivant les saisons et n a probablement pas été la même à tous les âges du globe.
Le circuit sud est un peu plus étendu que le circuit nord ; il empiète sur Thémisphëre boréal^ à la surface de TÂtlantique^ auquel se rapporte notre figure; en été^ cet envahissement est encore plus marqué qu'en hiver.
Une circulation^ quelque régulière qu'on la suppose^ ne peut
raeKora
Pôle Sud
FIg. 141. —Coupe de rAttnosphère montrant sa circulation générale.
s'établir au sein d'une atmosphère mobile comme la nôtre^ sans que la partie non directement comprise dans le mouvement n'en subisse le contre-coup. La décroissance de la température s'étend d ailleurs jusque vers lespôles^ et des mouvements atmosphériques en sont la conséquence obligée à ces hautes latitudes. Deux circonstances principales font sortir les courants aériens des limites embrassées par les circuits précédents et donnent naissance aux deux circuits secondaires N' et S' : ce sont la rotation de la Terre sur son axe et autour du Soleil et la distribution des terres et des mers à la surface du globe.
La Terre tourne sur elle-même dans le sens de l'ouest à l'est.
Tous ses points efTectuent une révolution complète dans une même période de 24 heures; mais dans cet intervalle de temps^ tous ne parcourent pas des chemins égaux et ne se meuvent pas avec la même vitesse. A Téquateur, la vitesse est d'environ 416 lieues par heure; elle n*est plus que de 273 lieues à la latitude de Paris ; elle descend à 231 sur le 56*" degré^ à Edimbourg par exemple; au pôle même elle est nulle.
L'air qui nous semble en repos à Paris se meut donc en réalité de l'ouest à Test avec une vitesse de 273 lieues à l'heure. Imaginons que cet air soit transporté sur le 56'' parallèle sans que rien soit changé dans sa vitesse^ il continuera de parcourir 273 lieues par heure ; mais chaque point du 56'' parallèle en parcourt seulement 231 ; l'air gagnera donc sur le sol et dans la direction de l'esl 42 lieues par heure! ce qui constitue un véritable ouragan. Un effet inverse aurait lieu si une masse d*air en repos relatif sur le 56* parallèle était subitement transporté sur le 49*. Cet air nous semblerait courir de l'est à l'ouest avec une vitesse de 42 lieues.
En réalité ces passages de masses d'air d'un parallèle à l'autre se font toujours d'une manière graduelle^ et^ pendant leur durée, des résistances de diverses natures tendent à égaliser les vitesseâ. Les différences affaiblies n'en persistent pas moins ; et comme la grandeur des parallèles diminue d'autant plus rapidement que Ton s'approche davantage des pôles, les effets signalés plus haut Font de plus en plus prononcés à mesure qu'ils se produisent à des latitudes plus élevées. Bien des tempêtes n'ont pas d'autre origine.
Voici donc l'influence de la rotation terrestre sur la direction des alizés :
Considérons d'abord l'alizé du circuit nord. Nous avons supposé qu'il marchait du nord au sud vers l'équaleur. Pendant ce mouvement, il passe graduellement sur des parallèles dont les diamètres et par conséquent les vitesses vont en croissant. Si sa vitesse absolue ne change pas, il semblera se transporter vers l'ouest, sa route apparente ira du nord-ouest au sud-est, ce qui est en effet à peu près la direction des alizés de l'hémisphère nord. Pareil résultat sera produit sur l'alizé de l'hémisphère sud, qui semblera également rétrograder vers l'ouest ; mais, comme cet alizé marche du sud vers le nord en s'approchant de l'équateur, sa direction apparente ira du sud-est vers le nord-ouest, ce qui est aussi la direction générale des alizés de l'hémisphère sud.
Lorsque la nappe ascendante, parvenue à une certaine hauteur,