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CHAPITRE m

LE VENT DANS NOS CLIMATS. — DIRECTIONS MOYENNES EN EUROPE ET EN FRANCE. — FRÉQUENCE RELATIVE DES DIFFÉRENTS VENTS. — ROSE DES VENTS SUIVANT LES LIEUX ET LES SAISONS. — VARIATION MENSUELLE ET DIURNE DE L*1NTENSITÉ.

Après avoir observé les courants réguliers et périodiques de rAtmosphère et des mers^ portons notre attention sur les vents irréguliers qui souillent dans nos climats. Ceux-ci n'ont qu'une irrégularité apparente^ car le hasard n'existe pas dans la nature, et chaque molécule d'air ne se déplace que pour obéir impitoyableuient à des lois aussi absolues que celles qui régissent les mondes dans l'espace. Nous allons essayer d'apporter quelque lumière au milieu du chaos de la multitude des vents qui se saccèdenl dans nos pays^ et de démêler les forces en action dans cette variété.

En dehors des limites changeantes où soufflent les alizés et les périodiques des deux hémisphères, les zones tempérées sont le siège des vents variables. L'Europe, par exemple, est entièrement soumise ace régime-là, les masses d'air s'écoulent tantôt dans un sens, tantôt dans un autre; parfois un seul vent règne pendant des semaines entières; parfois, au contraire, deux ou trois directions difTérentes se succèdent en quelques heures; parfois encore l'air reste calme, et la plus légère brise n'agite pas même le feuillage du mobile peuplier. Aussi Tinstrument qui montre la direction du vent dans nos climats, la girouette, est-il depuis longtemps le symbole léger et féminin de l'inconstance.

Cependant^ rinconstance même a une cause, et elle est souvent plus apparente que réelle. Les vents de nos climats^ qui nous paraissent si capricieux et si yariables^vontnous laisser apercevoir derrière eux les règles auxquelles ils obéissent.

Nous avons vu, dans le chapitre P', que l'alizé supérieur^ qui se rend de Téquateur au pôle, modifie sa direction primitive du sud au nord pour notre hémisphère, et tourne petit à petit au sudouest à mesure qu'il avance sur des latitudes plus élevées. Il perd en même temps de sa vitesse et de sa chaleur, et s'abaisse peu à peu. Vers le 30*" degré, il est déjà descendu presque à la surface du sol. Aux latitudes de la France, il est tout à fait à la surface. Ce vent du sud-ouest, en effet, domine dans toute l'Europe. Ainsi, au milieu de la variété des vents, nous en remarquons déjà un qui est régulier, puisqu'il n'est autre que l'alizé supérieur descendu jusqu'ici, et qui prend la plus grande place dans la météorologie de nos climats.

Nous avons vu, dans le chapitre ii, que le grand courant océanique, le Gulf-Stream, aborde les côtes de l'Europe dans cette même direction du sud-ouest. L'air circule dans le même sens et augmente encore l'appoint de l'alizé supérieur, ou, pour mieux dire, c'est toujours le même courant équatorial, aérien et maritime, détourné dans le sens S. 0. par la rotation de la Terre.

Pour connaître exactement la direction du vent, on compte la proportion du temps pendant lequel chaque vent a soufflé, en admettant un total arbitraire auquel tout est rapporté. Ainsi, par exemple, supposons que le vent du sud-ouest ait soufflé 90 jours pendant une année : on inscrira qu'il a régné à lui seul pendant le quart du temps. Si ce temps est marqué par le nombre arbitraire 1000, on inscrira 250 au compte du sud-ouest (en supposant qu'il ait soufflé exactement le quart du temps, c'est-à-dire, pour une année, 91 jours 7 heures). On inscrit de la sorte toutes les directions fournies par la girouette en parties proportionnelles d'un même total, et l'on a de la sorte un tableau comparatif qui peut donner le résultat moyen d'un grand nombre d'années.

C'est ainsi qu'on a procédé pour l'Europe entière depuis déjà bien des années. Voyons de suite le résultat général de toutes les observations faites. Voici un petit tableau qui résume ces observations. Il montre clairement la prédominance du vent du S. 0. pour l'ensemble du continent européen, et même pour l'Amérique du Nord.

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