‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 173 sur 269 · RÉGIME DES VENTS EN FRANGE · texte numérisé non relu

RÉGIME DES VENTS EN FRANGE

Tel est Tensemble du régime des vents dans nos contrées. C'est en somme le courant équatorial qui domine ou la direction S. 0. Le courant polaire^ ou la direction N. E.^ vient ensuite. En glissant Tun contre lautre ou Tun sur Tautre^ ces deux courants généraux produisent des directions différentes^ amenées d'ailleurs aussi par les conditions locales et par des phénomènes atmosphériques dont nous parlerons plus loin. Si nous dressons la rose mensuelle du régime des vents à Londres^ nous constatons la domination du N. 0. sous une forme plus marquée encore qu a Paris. Le relevé des observations faites pendant vingt années consécutives (1840-1 860) à l'Observatoire deGreenwich^ que je viens de recevoir de mon célèbre correspondant^ M. Glaisher^ directeur du service météorologique de cet Observatoire^ donne les moyennes suivantes pour la fréquence relative de chaque vent :

Le vent du N. souffle en moyenne pendant 41 jours.

Jours de calme 34 —

(Koy. la fig. 157.) 365

La rose des vents de Bruxelles conduit au même résultat (voy. la fig. 1 58)^ et déjà nous avons vu la domination du courant équatorial par lensemble des observations faites sur TEurope entière.

A Berlin^ on avait commencé d'excellents travaux météorologiques qui pourraient nous être de la plus grande utilité pour une esquisse générale de la météorologie de TEurope. Mais depuis que le militarisme y domine^ depuis Tannée 1863^ où la fatalité poussa M. de Bismark au pouvoir, cette nation infortunée est complètement perdue pour la science^ complètement perdue pour la philosophie , avec laquelle elle avait été si glorieusement alliée en ses jours de paix et de bonheur.

Il paraît certain que le vent ne se propage pas seulement par impulsion, mais encore par aspiration. Ce second mode mérite attention^ parce qu*il fournit une donnée importante sur la cause du mouvement. C'est Franklin qui parait avoir le premier fait Tobservation. Il rapporte quelque part dans ses lettres qu'ayant ▼oulu observer une éclipse de lune à Philadelphie^ il en fut em-

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péché par un ouragan de nord-est^ qui se manifesta sur les sept heures du soir^ et amena ^ comme d'ordinaire, des nuages épais qui couvrirent tout le ciel. Il fut surpris, quelques jours après, d'apprendre qu a Boston, situé à environ quatre cents milles

au nord-est de Philadelphie, la tempête n avait commencé qu'à onze heures du soir, longtemps après l'observation des premières phases de l'éclipsé; et, comparant ensemble les rapports recueillis dans diverses colonies, Franklin observa constamment que cette tempête du nord-est avait eu lieu d'autant plus tard , que la station était plus septentrionale, et qu'ainsi le vent soufflait dans un sens et avançait progressivement en sens contraire.

Depuis, Ion a observé un grand nombre d'ouragans présentant ce caractère particulier dans leurs directions. Cependant, presque toujours, le vent s'avance dans la direction vers laquelle il souffle. Le terrible ouragan du S. 0. du 29 novembre 1 836 passa sur

Londres à 10 heures du matin, à la Haye à 1 heure, à' Amsterdam à 1 heure et demie, à Emden à 4 heures, à Hambourg à 6 heures, à Lubeck, Bleckede et Sakwedel à 7 heures, enfin à Stettin à 9 heures et demie du soir. Il se transportait donc dans la même direction que celle dans laquelle il soufflait , et il mit 1 0 heures à parcourir l'espace qui sépare Londres de Stettin. Sa vitesse était par conséquent de 86 mètres par seconde ou de 13 kilomètres par heure.

Peut-être le vent comm ence-t-il dans un point situé au milieu

Fig. 157.

Rose moyenne annuelle des vents à Londres.

Fig. 158.

Rose moyenne annuelle des vents à Bruxelles.

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