‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 241 sur 269 · LÉLECTRICITÈ SUR LA TERRE · texte numérisé non relu

LÉLECTRICITÈ SUR LA TERRE

lata. Comme il ne s'agiaauit que de porter un corps dans la région du tonnerre, c'est-à-dire à une assez grande hauteur dans les airs, Franklin imagina que ie cerf-volant, dont s'amusent les enfants, pourrait lui servir aussi bien qu'aucun clocher que ce pût être. Il prépara donc deux bâtons en croix, un mouchoir de soie, une corde d'une longueur convenable, et, profilant du premier orage, il s'en fut dans les champs tenter l'expérience. Une seule personne l'accompagnait : c'étiiit son fils. Craignant le ridicule dont on ne manque pas de couvrir les essais infructueux, comme il le dit avec ingénuité, il n'avait voulu mettre personne dans sa eonfideni*e. Le cerf-volant était lancé. Un nuage qui promettait beaucoup n'avait produit aucun efl'et, d'autres nuages s'avançaient, et l'on peut ju-

ger do l'inquiétude avec laquelle ils étaient attendus. Tout paraissait tranquille, on ne voyait aucune étincelle, aucun signe électrique; à la fin cependant quelques fdaments de la corde commençaient à se soulever comme s'ils eussent été repoussés; ud petit bruissement se fit entendre ; encouragé par ces apparences électriques, Franklin présente le doigt à l'extrémité de la corde et voit paraître à l'instant une vive étincelle qui fut bientôt suivie de plusieurs autres. Ainsi, pour la première fois, le génie de l'homme put se jouer avec la foudre et surprendre le secret de son existence.

L'expérience de Franklin eut lieu en juin 1 752, elle fut répétée dans tous les pays savants, et partout avec le même succès. Va magistrat français, de Romas, assesseur au présidial de Nérac,

ET DANS L'ATMOSPHÈRE. 7ig

profitant de la première pensée de Franklin^ qui avait été publiée en France^ avait imaginé aussi de substituer le oerf-volant aux barres élevées; et^ dès le mois de juin 1753^ avant d avoir connaissance des résultats de Franklin^ il avait obtenu des signes électriques très-énergiques^ parce qu*il avait eu Theureuse idée de mettre un fil de métal dans toute la longueur de la corde^ qui mesurait 260 mètres. Plus tard^ en 1757^ de Romas répéta de nouveau ces expériences pendant un orage^ et cette fois il obtint des étincelles d'une grandeur surprenante. « Imaginez-vous de voir^ dit-il^ des lames de feu de neuf ou dix pieds de longueur et d'un pouce de grosseur^ qui faisaient autant ou plus de bruit que des coups de pistolet. En moins d'une heure, j'eus certainement trente lames de cette dimension^ sans compter mille autres de sept pieds et au-dessous. » Un grand nombre de personnes^ des dames auxquelles Torage ne faisait pas peur, assistaient aux expériences, dont la nature faisait elle-même les frais.

Ces essais n'étaient pas sans danger^ comme on le devine fiicilement. Romas fut une fois renversé par une décharge trop forte, mais sans recevoir de blessure grave. Il n'en fut pas de même de Richmann, membre de l'Académie des sciences de Pétersbourg, qui perdit la vie dans une de ses expériences. Il avait fait descendre du toit de sa maison dans son cabinet de physique une tige de fer isolée qui lui amenait l'électricité atmosphérique, dont il mesurait chaque jour l'intensité. Le 6 août 1753, au milieu d'un violent orage, il se tenait à distance de la barre pour éviter les fortes étincelles et attendait le moment de la mesurer quand, son graveur étant entré inopinément, Richmann fit vers lui quelques pas qui l'approchèrent trop du conducteur. Un globe de feu bleuâtre, gros comme le point, vint le frapper au front et Tétendit raide mort.

Depuis cent ans l'étude de Félectricité a été doublement poursuivie par des expériences faites dans les laboratoires de physique, d'une part, et dans l'Atmosphère, d'autre part. On sait à quels splendides résultats, à quelles merveilleuses conséquences les premières sont parvenues : la télégraphie électrique, qui nous fait causer à voix basse avec nos voisins d'Amérique et porte la peu-* sée humaine et les palpitations de la vie des peuples à travers le monde civilisé tout entier ! la galvanoplastie, qui reproduit fidèlement les chefs-d'œuvre de la statuaire et de la gravure, en sont les deux plus importantes applications. Les expériences sur Télectrieité atmosphérique, consacrées à des phénomènes plus complexes

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