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LES FEUX FOLLETS

Ces divers phénomènes sont dus uniquement à des dégagements d'électricité. II ne faut pas confondre avec les feux Saint-Elme des lueurs qui offrent avec eux la plus grande ressemblance, les feiix follets. Ceux-ci n'ont pas l'électricité pour cause.

Le feu follet est une llamme errante et légère, produite par les émanation» de gaz hydroi/hne phosphore qui s'élève dos lieux où des matières animales ou végétales se décomposent, tels que les cimetières, les voiries, les marais, el qui s'enflamment spontanément en se combinant a\e(; roxvgènc de l'air.

Ces lueurs vacillantes ont toujours frappé tristement l'espril superstitieux des populations. L'imagination effrayée lésa souvent regardées comme des âmes errantes au-dessus des ruines, et plus d'une fois elles ont lerrilié et jeté à genoux dans le silence de la nuit ceux qui les voyaient glisser entre les tombes sinistres du cimelière.

Il s'en dégage quelquefois subitement à l'ouverture des anciens sépulcres; et comme autrefois on plaçait au fond des tombeaux des lampes allumées, les esprits crédules s'imaginèrent que Jeur clarté était inextinguible. On rapporte que sous le pontificat de Paul III, élu pape le 13 bclobro 1534, on trouva dans la voie Appienne un ancien tombeau o.wc cette inscription : TulHolx filix meif. Au premier souffle d'air, le corps de la lîlie de Cicéron fut réduit en poussière, et une lampe encore allumée n'éteignit, dit-on, (i/trà avoir brûlé {ilus de quinze cents ans. Certains corps ensevelis depuis longtemps furent même trouvés (Raulin, Observ. de mnlecine, p. 393; brillant dans leur circneil d'une lumière phospliorescentc. Le criminel d'Étui Freburg ayant été condamné au gibet par suite de ses longues prévaricaliims, on vit pendant plusieurs nuits sa tète environnée d'une auréole lumineuse, et quelques Danois, trnnipés par cette sorte de prodige dont ils ne connaîssaieni pas la cause naturelle, la regardèrent comme une preuve d'innocence.

Ui Commune de Paris en 1B71, qui s'est éteinte au milieu du sang et de l'incendie en sauvant la vie de ses principaux chefs, et en faisant fusiller des milliers d'hommes du peuple, dont un grand nombre ne la soutenaient que pour donner du pain à leurs familles, a jeté dans la fosse commune bien de ces pauvres gens, moins bien enterrés que des chiens, et qui pourrirent ensemble sous l'action dissolvante de la pluie et de la chaleur de juin. Avant l'entrée des troupes du gouvernement à Paris, l'ouest de la capitale, théàti-e de tant de combats, était déjà criblé de fosses, et les ravins d'Issy et

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