‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 32 sur 269 · LE SON. — LES ECHOS · texte numérisé non relu

LE SON. — LES ECHOS

périté, nous réalisons ces conditions essentielles^ et Tonde ainsi confinée se propage à de grandes distances^ presque sans rien perdre de son intensité. Ainsi Biot^ observant la transmission du son dans les tuyaux vides des conduites d*eau de la ville de Paris , trouva qu*à voix basse il pouvait entretenir une conversation à la distance d*un kilomètre. Le plus faible murmure de la voix était entendu à cette distance^ et la détonation d'un pistolet à une des eiArémités du tube éteignait une bougie placée à l'autre extrémité.

Les échos dépendent en grande partie de la compressibilité et de Télasticité de Tair. L*onde sonore^ avons-nous dit^ se propage indéfiniment; et se perd enfin dans l'espace; mais rencontre-t-eile un corps capable de lui faire obstacle^ elle éprouve une réaction pareille à celle de la lumière tombant sur un corps poli; pour que 1 écho se produise avec netteté^ il faut une distance de un dixième de seconde, ou de 1 7 mètres au moins, entre TobserVateur^et la surface réfléchissante. A un trop grand rapprochement, l'écho est remplacé par une résonnance confuse qui dans certains édifices, ne permet pas d'entendre la voix des orateurs. .

Aigus ou graves, les sons ont une vitesse égale, ils parcourent yM mètres par seconde dans Tair à 16 degrés. A la moitié de cette distance, l'écho répond à quatre syllabes répétées rapidement; à un éloignement plus considérable, il peut réfléchir nettement un plus grand nombre de syllabes et des phrases entières. L'écho du parc de Woodshock, en Angleterre, répète dix-sept syllabes le jour et vingt la nuit. Suivant Pline on avait construit, à Olympie, un portique qui rendait les sons vingt fois. L'écho du château de Simonetti répétait, dit-on, quarante fois le même mot. La théorie ne diffère point pour les échos multiples; ils résultent des surfaces réfléchissantes opposées où l'onde aérienne est renvoyée plusieurs fois de l'une à l'autre, comme un rayon de lumière entre deux glaces parallèles.

Les sons perceptibles se trouvent renfermés entre les limites d'eaviron 60 et 40 000 vibrations simples par seconde, limites qui pour des oreilles exceptionnellement sensibles se reculent peutêtre des deux côtés. Les ondulations de Téther qui produit la chaleur et la lumière sont infîniment plus rapides. La chaleur obscure commence à 65 trillions de vibrations, les couleurs visibles sont comprises entre 400 etOOO trillions, les rayons chimiques atteignent déjà au quatrillon. Que deviennent les vibrations dont le champ s'étend depuis 40 000 jusqu'à 400 trillions, qui sont trop

rapides pour être sonores et trop lentes pour se faire sentir coaime

lumière?

L'organisme humaine est comparable à une harpe à deux cordes, qui sont le nerf auditif et le nerf optique. Le premier perçoit les mouvements vibratoires de la nature qui sont compris entre 60 et 40 000. Le second perçoit ceux qui sont compris entre 400 trillions et 900 trillions. Tous les autres mouvements ne rencontrent pas en nous de nerf susceptible de les sentir. D'où il résulte que nous ne connaissons, de la nature qui nous entoure, que deux ordres de faits, très-limités, et qu'il peut exister, sur la Terre même, à côté de nous, une quantité de choses qui ne pouvant être vues ni entendues, agissent ici sans que nous puissions le

savoir.

Dans Tensemble des sons perceptibles, les limites extrêmes de la voix humaine sont le dernier fa de 87 et Yui le plus élevé de 4,200 vibrations..

Le son a quatre propriétés fondamentales : la durée, la hauteur, l'intensité et le timbre. Les trois premières se définissent par les mots qui servent à les exprimer; quand au timbre, c'est cette résonnance particulière à chaque instrument, à chaque voix, qui fait que nous distinguons sans peine les sons d'un violon de ceux d'une clarinette ou d'une flûie, et que nous reconnaissons les personnes en les entendant parler ou chanter.

Le timbre des sons a longtemps été pour les physiciens et les physiologistes une énigme insoluble. Il n'y a que quelques années seulement que les belles expériences de M. Helmholtz ont démontré qu'il dépend du nombre des sons harmoniques qui se produisent en même temps que le son fondamental, et de leur intensité relative.

L'intensité des sons émis à la surface de la terre se propage de bas en haut bien plus facilement que dans toute autre direction, et se transmet sans s'éteindre jusqu'à de grandes hauteurs dans l'atmosphère. Pour en citer quelques exemples pris dans mes voyages aéronautiques, je remarquerai d'abord qu'un bruit immense, colossal, indescriptible, rèi^ne constamment à trois et

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