LES PARFUMS
nés de coups de canon ont été échangés à cet effets dans la plaine de Satory^ par tous les temps et à toute heure du jour et de la nuit. Ces expériences n ont fait que confirmer Texactitude des chiffres donnés plus haut.
Véhicule du son^ Tair est en même temps le véhicule des odeurs et de toutes les émanations exhalées de la surface terrestre. Mais les odeurs ne sont pas seulement dues au mouvement vibratoire^ comme le son et la lumière ; Fourcroy a le premier établi que les émanations odorantes sont dues à la volatilité des végétaux et des matériaux immédiats^ que les odeurs sont constituées par de véritables molécules en suspension dans Tair, particules matérielles extrêmement ténues et volatilisées dans Tatmosphère. Mais ici la matière semble devenir insaisissable. Le chimiste peut bien extraire d*un corps Thuile essentielle qui lui donne son odeur, mais il ne peut isoler de cette huile son principe odorant, et jusqu'à présent il ne le connaît que par Timpression spéciale qu*fn reçoit le nerf olfactif.
Rien ne donne une idée plus exacte de la divisibilité de la matière que la diffusion des odeurs. 5 centigrammes de musc placés dans une chambre y développent une odeur très-forte, pendant un temps assez long, sans peirdre sensiblement de leur poids, et la boite qui les a contenus en conserve presque indéfiniment le parfum. Haller rapporte que des papiers parfumés par un grain d'ambre gris étaient encore très- odorants après quarante années. Je me souviens davoir acheté sur les quais, il y d douze ans, une brochure de Reichenbach sur TOt/, qui avait une odeur de musc très-prononcée. Elle était restée là sans doute pendant bien des mois, exposée au soleil, au vent et à la pluie. Depuis, elle est restée sur un rayon de bibliothèque exposé à Tair. Je viens par hasard de la feuilleter. Elle est aussi musquée que jamais.
Les odeurs sont transportées par Tair à des distances considérables. Un chien reconnaît de fort loin par l'odorat l'approche de son maître; et l'on assure qu'à 10 lieues des cotes de Ceylan, K* vent transporte l'odeur délicieuse de ses forêts embaumées. Ces doux parfums, comme l'harmonie et l'activité de la surface terrestre, nous les devons à la présence de l'Atmosphère.