‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 36 sur 269 · SELON LA HAUTEUR · texte numérisé non relu

SELON LA HAUTEUR

L air étant un fluide d'une certaine pesanteur^ analogue à Teau quant au principe de la pression^ mais incomparablement plus léger, comme nous Tavons vu, un instant de réflexion suffit pour faire concevoir que si l'on place dans Tair un objet plus léger que l'air lui-même, cet objet s élèvera vers les régions supérieures, de même qu'un corps plus léger que Teau, tel que le bois ou le liège, placé au fond de Teau, s élève vers la surface en raison de sa légèreté spécifique.

Si TAtmosphère formait au-dessus de la surface du globe un océan homogène, de même densité dans toute sa profondeur, et terminé comme la mer par une surface plane définie, tout corps dont la densité serait inférieure à la densité homogène de cet océan aérien, s'élèverait, lorsqu'il serait abandonné à lui-même, par la force ascensionnelle d'une poussée égale à sa différence de densité, et viendrait flotter à la surface supérieure de cette atmosphère. Cest ce qu'avaient supposé plusieurs prédécesseurs de Montgolfier, entre autres le bon P. Galien dans son fantastique projet de navigation aérienne édité en 1 755. Son fameux navire pouvait contenir « 54 fois plus de poids que l'arche de Noé » ; ses dimensions étaient celles de la ville d'Avignon, et il devait dépasser de 83 toises sa ligne de flottaison, car l'hypothèse laborieuse de cet excellent religieux déclarait que ce grand vaisseau de tôle flotterait

sur i*Atmosphère en vertu des mêmes principes qu*un vaisseau de ligne flotte sur Tocéan !

Mais la densité des couches atmosphériques diminuant à mesure qu'on s'élève, tout objet plus léger que les couches inférieures monte simplement jusqu'à la région de densité égale au poids du volume d'air qu'il déplace, ce qui ne tarde pas à se présenter, attendu que les objets les plus légers que l'on ait pu construire jusqu'aujourd'hui (aérostats gonflés à l'hydrogène pur) n'offrent avec le poids du volume d'air qu'il déplace qu'une différence égale a celle qui sépare de la densité des couches inférieures celles situées à une hauteur relativement faible (1 0 à 1 5 000 mètres au maximum, à moins d'un aérostat de dimensions colossales).

Archimède a établi pour les liquides un principe que nous pouvons exactement appliquer au fluide atmosphérique, en renonçant ainsi : Tout corps situé dans l'Atmosphère perd une partie de son poids absolu, égale au poids de l'air qu'il déplace.

On démontre cette perte réelle de poids dans l'air par une balance spéciale destinée, comme son nom l'indique, à voir le poids : le horoscope. Un bout du fléau porte une sphère de cuivre creuse; l'autre bout porte une petite masse de plomb faisant équilibre, dans Tair, à la sphère de cuivre. Si Ton place cet appareil sous une cloche de machine pneumatique, lorsqu'on a fait le vide, la balance s'incline du côté de la sphère, ce qui montre qu'c/i réalité elle pèse plus que la masse de plomb qui lui faisait équilibre dans l'air, ou en d'autres termes , qu'elle perdait dans 1 air une partie de son poids, en raison de la supériorité de son volume sur celui du morceau de plomb. Si l'on veut vérifier, à l'aide du même appareil, que cette perte est bien égale au poids de lair déplacé, on mesure le volume de la sphère ; s'il est, par exemple, d'un demi-litre, le poids d'un pareil volume d'air étant de 0'',65, on attache un poids égal au morceau de plomb^ et l'équilibre se rétablit dans le vide, pour se rompre dans l'air.

Remarquons en passant, à ce propos, que lorsqu'on pèse un objet quelconque dans une balance, ce n'est pas son poids exact que Iod obtient jamais: c'est son poids apparent. Pour avoir le poids ree

Fig. 44. — Baroscope.

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