‹ L'atmosphère [microform]Chapitre 7 sur 269 · IMPORTANCE DE ^ATMOSPHÈRE · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DE ^ATMOSPHÈRE

mince et légère. Des auditeurs de cours d astronomie et de conférences m'ont souvent confié qu a leur idée, avant d'être éclairés sur ce point, la Terre s'appuyait sur l'air remplissant l'espace, était portée par lui. Il n en est rien. C'est rAtmosphère, au contraire, qui est supportée par le globe. Le globe est soutenu dans l'immensité par la puissance invisible de la gravitation universelle.

La surface extérieure de l'Atmosphère est donc courbe, comme celle de la mer; car de même que l'eau, l'air tend sans cesse à elre de niveau, à égale distance du centre. Aux yeux des commençants dans la science de la géométrie, il paraît difficile de concilier l'idée de la surface sphérique de l'océan avec ce qu'on appelle communément niveau; l'idée que l'air a un niveau horizontal comme leau, et que, semblable à un océan aérien, ce niveau tend sans cesse à s'équilil)rer, semble d'abord un peu obscure» Ct*pendant, non-seulement l'air possède toqtes les propriétés d'élasticité et de mobilité, à un degré illimité, comme fluide tendant vei-s l'équilibre, mais différent de l'eau ou de la plupart des liquides, il est au plus haut degré compressible, et proportionnellenient susceptible d'une extrême expansion. — Ce sont là des faits qu'il faut avoir constamment présents à l'esprit, car ils aideront à rinteHigence d'un grand nombre de conditions atmosphériques spécifiées darts les chapitres suivants.

Maintenant, quelle est l'épaisseur de cette couclie gazeuse qui enveloppe notre globe de 3000 lieues de diamètre? C'est ce que nous allons examiner dans le chapitre suivant.

Pour connaître la hauteur à laquelle s'étend l'Atmosphère, il faudrait pouvoir calculer la densité de l'air à diverses hauteurs, abstraction faite des agitations accidentelles, et dans l'état moyen autour duquel oscillent ces perturbations. On y parvient quand on connaît la température de l'air, sa pression et la tension de la vapeur d'eau contenue. Il faudrait encore, pour avoir une valeur exacte, tenir compte : Tde la diminution delà pesanteur à mesure que Ton s'élève dans l'air, et en vertu de laquelle les particules sont altirét»s \ers la planète; 2'' de la variation de la force centrifuge suivant la latitude; mais ces deux variations, à la vérité, sont très-faibles, et affectent peu les valeurs cherchées, attendu la trèsj>etite é|>aisseur de la couche d'air relativement au rayon du globe teri-eslre. On voit par là que l'on ne peut tirer que des conclusions bornées de l'équation d'équilibre des couches atmosphériques, déduite des lois connues, quand on veut l'appliquer à la détermination de la hauteur de l'Atmosphère.

Cette hauteur est limitée^ et nous Verrons même qu'elle est peu considérable. Si lair n avait pas d élasticité^ sa limite serait située aux points où la force centrifuge ferait équilibre à la pesanteur; mais comme cette condition n'existe pas^ il est nécessaire que son élasticité soit équilibrée par une force quelconque ; cette force est le poids des couches d'air qui sont supérieures à celles que Ton considère. Mais à mesure que Ton s'élève, l'air devient plus rare, et arrivé aux dernières couches, rien ne presse sur celles-ci ; cependant l'Atmosphère étant limitée, comme le démontrent plusieurs faits dont nous parlerons , il est nécessaire que ces couches ne se perdent pas dans l'espace, et que, vu leur raréfaction et leur grand abaissement de température, leur état physique soit modifié de telle sorte que la force élastique soit nulle. Laplace a indiqué cette condition indispensable; Poisson l'a spécifiée, en montrant que l'équilibre serait encore possible avec une densité limite très-considérable, pourvu que le fluide ne fût pas expansible; enfin J. B. Biot, qui a résumé ces conditions, indique très-bien cet état des dernières couches atmosphériques non expansibles, en disant qu'elles doivent être comme un « liquide non évaporable. » — Nous allons maintenant, dans le chapitre suivant, examiner les conditions mécaniques et physiques de celte enveloppe aérienne, apprécier sa forme extérieure et mesurer sa hauteur.

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