THÉORIE DES ETOILES FILANTES
observateurs^ placés en deux points éloignés Tun de Tautre^ constatent chacun le trajet d*une étoile filante parmi les constellations. La ligne n'est pas absolument la même pour tous deux^ à cause de la perspective. En calculant la différence on obtient la distance. C'est ainsi que, dès Tannée 1798, deux étudiants allemands, Brandes et Benzemberg, avaient déjà opéré. Des dernières recherches faites sur ce point par Alexandre Herschel (petit-fils du célèbre William Herschel), par le professeur Newton, de Newhaven, qui se trouve précisément à Paris au moment où j'écris ce chapitre et vient de m'apporter ces derniers résultats, et par le P. Secchi, directeur de l'Observatoire de Rome, on conclut que la hauteur moyenne d'une étoile filante est de 120 kilomètres au commencement de son apparition et de 80 kilomètres, ou 20 lieues, à la fin de son passage visible.
La vitesse varie depuis 12 jusqu'à 70 kilomètres par seconde.
Toutes les nuits de l'année ne se ressemblent pas quant au nombre des étoiles filantes. Il résulte des observations, qu'il y a dans ce nombre des périodicités annuelles, mensuelles et diurnes.
On a remarqué, dès le siècle dernier, les grands flux d'étoiles filantes. Brandes rapporte que le G décembre 1798, se rendant à Brème dans une voiture publique, il en compta 480 par l'une des ouvertures de la diligence, et il estime d'après cela qu*il avait du en paraître dans le ciel au moins 2000 pendant toute la nuit.
Au mois de novembre 1 799, dans la nuit du 1 1 au 1 2, A. de Humboldt et Bonpland assistèrent à Cumana (Amérique) à une véritable averse d'étoiles filantes. Bonpland déclare qu'il n'y avait pas dans le ciel un espace égal en étendue à trois diamètres de la lune que l'on ne vit à chaque instant rempli d'étoiles filantes. Les habitants de Cumana étaient effrayés de ce phénomène; les plus anciens se souvenaient qu'un analogue s'était présenté, en 1766, accompagné d'un tremblement de terre.
Cette pluie d'étoiles de la fin du siècle dernier était un peu oubliée, lorsqu'une nouvelle averse fut observée en Amérique le 13 novembre 1833. Le professeur Olmsted, de Newhaven, s^appuyant sur des données qui lui avaient été transmises^ porte à plus de 200 000 le nombre des étoiles filantes qui ont paru dans certains lieux pendant la nuit du 12 au 13 novembre.
Olmsted présenta le premier la remarque que la grande apparition de novembre devait être périodique et se reproduire tous les ans à la même époque. On constata, en effet, chaque année, vers les 12 et 13 novembre, un accroissement très-marqué dans
le nombre des étoiles filantes qui se montraient dans le ciel; mais cela était bien loin de reproduire le phénomène extraordinaire vu en Amérique en 1833. L'astronome Olbers écrivait à ce sujet, en Ï&37 : « Peut-êlre devrons-nous attendre jusqu'en 1867 avant de voir se renouveler le phénomène magnifique qui s'offrit à nos regards en 1799 et en 1833. » Cette prédiction hardie, nous l'avons vue entièrement réalisée un an plus tôt, en 1866.
Il résulte d'abord de l'ensemble des observations que le nombre des étoiles filantes qui paraissent habituellement dans toute l'é-
Fi|;. 90. — fluies d'étoiles lilaiilcs âea BI et 13 noTemlire 179!), 1833 et IttBG
tendue du cîel visible, pendant une heure, est en moyenne de 1 0 à 11. Or, au moment du maximum des 12 et 13 novembre, ce nombre horaire, égal à 50 en 1834, s'est abaissé progressivement d'année en année, pour se réduire à 30 en 1 839, à '^0 en i 844, à 17 en 1849; trois ou quatre ans plus tard, le maximum a disparu pour faire place à une apparition rentrant dans les condiliontt ordinaires de 10 à H par heure. Les choses sont restées dans cet état jusqu'en 18G3, où un maximum de 37 étoiles Gknles en une heure s'est présenté de nouveau à la même époque; ce tnaiimum s'est élevé l'année suivante à 74 par heure et a servi