LES PIERRES TOMBÉES DU (HEL
circulent en si grand nombre autour du Soleil^ et comme faisant probablement partie eux-mêmes de notre système planétaire. D'ailleurSy la découverte qu'on a faite dans ces derniers temps, d'un nombre considérable de planètes de dimensions extrêmement petites, nous porte à croire qu*il en existe une multitude d'autres plus petites encore qui échappent h Tobservation.
En présence des grandes difficultés qu'on rencontrait à attribuer aux bolides une origine purement terrestre^ (m avait depuis longtemps émis l'idée qu'ils pourraient bien n'être autre chose que des pierres lancées vers la Terre par les volcans de la Lune. Cette idét* avait été reprise et développée, en 1795, par Olbers, puis au comniencement de ce siècle par Laplace, Lagrange, Poisson, Biot; mais des objections sérieuses et de plus d'un genre n'ont pas lanlé î\ se |)résenter contre cette manière de voir, et l'on a fini par labandonuer, pour adopter, d'après Chladni, le système qui ronsiste à considérer les bolides comme étant des corps cjui errent librement dans l'espace et qui tiennent do temps à autre pénélivr dans l'atmosphère de la Terre.
Quoi qu'il en soit du rôle que jouent réellement les bolides dans l'univers, la possibilité que nous avons d'examiner les fragments qu'ils nous abandonnent en passant ici, est pour nous extrêmement précieuse par les renseignements que nous pouvons en tirer sur la constitution et la nature intime des corps étrangers au globe que nous habitons. Aussi se préoccupe-t-on beaucoup, surtout depuis quelques années, de recueillir de tous cotés les pierres tombées du ciel lors des explosions des bolides; et Ion forme des collections de cette catégorie spéciale de roches auxquelles, pour les distinguer des roches tei'restres, on attribue la dénomination spéciale de météorites. Il existe, dans diverses localités, de belles et importantes collections de ce genre. Nous citerons notamment celle du Muséum d'histoire naturelle, à Paris; celle du Musée Britannique à Londres; celle du Musée minéralogique à Vienne. La collection de Paris, qui a pris un si rapide développement sous l'habile direction de il. Daubive, renferme actuellement des échantillons de 2'i^0 chutes, c'est-à dire de la presque totalité des chutes connues, car le nombre de celles qui sont représentées dans les diverses collections ne dépasse pas 25r>.
On s'explique facilement que des incendies aient été allumés par des chutes d'aérolithes, et l'on conçoit sans peine que, sur le grand nombre de chutes, plusieurs hommes aient été tués directement. On connaît 14 morts de cette nature.
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Les plus grosses [lierres lombées du ciel sont les suivantes :
L'aérolithe tombé à Juvénas (Ardëche), le 15 juin 1021 ; il pi-se 92 kilogrammeM. iiai compter les Fragments qui s'en sont détachés,
L'aérolithe trouvé au Chili, entre le Bio-Juncal et Padernal, dans la haute Cordillère d'Alacama. Il plse 10* kilogrammes, a la forme d'un cône et mesure Wceiitimèlres de long sur 20 de diamètre. Les mineurs qui l'ont rapporté sur leurs mules rayaient pris pour un bloc d'argent. On a pu l'admirer !i l'Exposition uniler-elle de 1867.
La pierre météorique de Murcie, qui appartient au musée des sciences naturelles de Madrid, pèse ll<i kilogrammes.
L'aérolithe qui tomba, en 1493, à Enaisheim (Haut-Rhin), K la vue de Maxtmi-
KiK. î)3. — .\érolilhe -te Caille, i>e*ant (,2ô kilogramme^i.
lien I", milles Romains, pi-sc 138 kilograumies. Il s'est enfoncé de cinq pieds; il (ut longtemps vénéré dans l'église comme un objet miraculeux.
L'aérolithe tomt>é le 35 décembre 1869, à Moun:ouk (latitude, 26" N.; longitude, 12* K. de l'aris), au milieu d'un groupe d'Arabes fort elTrajés, doit peser daiantage encore, car il mesure près de I métré de diamètre. On doit le transporter cette année à Constant inople, et malheureusement il a été question de le diviwf pour le transporter.
Mais aucun o'éj^ale encore ceux-ci :
L'aérolithe de Caille (Alpes-Maritimes), qui servait de banc à la purte de l'église et est maiateaant au Muséum, pt-se 625 kiloçrammes. C'est celui que représente notre figure 92. l-aéro\ithe ti>mbé en 1810, à Santa-Rosa 'Nottvelle-Greoade),