Iode
La présence de l’iode dans l’air a été très discutée. Annoncée par M. Chatin (1) et confirmée par Thénard, Bussy, Bouis, Marchand, elle a été contestée par Cloëz, de Luca, Mène, etc.
D’après M. Chatin, dans les régions alpines, lüode se rencontrerait en moins grande quantité qu’à Paris, où même ferait complètement défaut.
Tout récemment (2) M. Armand Gautier a repris la question et lui a consacré un important mémoire.
Ce savant a tiré de son travail les conclusions suivantes :
(I) Comptes-rendus. T. L, p. 420.
12) Comptes-rendus, 13 mars 1899. T. CXXVIII, p 643-649.
11 ue parait pas que l’iode existe dans l’air, du moins en quantité sensible, à l’état de vapeur provenant de la décomposition, expérimentalement établie, des iodures alcalins par l’oxygène en présence de l’acide carbonique (Berthelot) ou par l’ozone atmosphérique.
L’air de Paris contient en elïet moins de 1/500 de milligramme' d’iode libre ou à l’état de gaz iodés dans 4.000 litres d’air environ.
L’air de Paris, des bois, de la montagne et de la mer ellemême n’en fournit pas davantage, soit à l’état organique; soit à l’état d’acide iodhydrique, soit sous celui d’iodures alcalins ou terreux, issus de la mer ou du sol.
L’iode de l’air se trouve accumulé dans les parties les moins denses des poussières ; il ne devieut sensible qu’a près fusion à la potasse ; il est surtout abondant dans l’air de la pleine mer, où ne se rencontrent pas de poussières minérales insolubles, mais où sont emportées les spores, algues et débris du plankton : toutes ces constatations portent l’auteur à penser que la majeure partie de l’iode de l'air paraît surtout originaire d’algues microscopiques ou de spores iodées d’origine marine, sans que rien démontre toutefois que les végétaux terrestres inférieurs ne puissent fournir aussi une partie de ce métalloïde.