‹ L'atmosphère terrestre. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section de physique, de chimie et de toxicologie)Chapitre 21 sur 21 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

L’ensemble des matières réunies dans les divers chapitres de cet ouvrage nous permet d’en dégager quelques considérations d’un intérêt général.

C’est ainsi que l'exposé des idées attribuées aux anciens sur la nature de l’atmosphère montre suffisamment la difficulté que présentait l’établissement de sa composition exacte et de son rôle chimique et biologique.

L’insuffisance des méthodes d’investigation, jointe au peu d’étendue des connaissances scientifiques retarda longtemps la solution du problème et ce fut seulement au commencement du siècle, que Lavoisier et ses contemporains jetèrent les bases de l’édifice actuel, dont les pierres furent apportées peu à peu par un grand nombre de savants.

Cet édifice est-il achevé aujourd'hui? Nul ne saurait l’affirmer. Les récents travaux de M. Ramsay semblent indiquer que l’atmosphère renferme dans son sein un certain nombre de substances ayant échappé aux recherches antérieures, soit à cause de leur inertie chimique, soit par suite de leur extrême dilution.

Ces découvertes sont de nature à stimuler l’activité des chimistes en quête de faits nouveaux et imprévus.

La connaissance exacte de la composition de l’atmosphère présente, outre l’intérêt théorique, de multiples avantages. Elle permet de rechercher la fonction des divers agents qui la constituent, fonctions des plus importantes, puisqu’elles sont directement liées aux phénomènes de la vie.

La nécessité de la présence dans l’air de certaines substances entraîne l’étude des moyens de conservation de ces précieuses matières. De là, l’établissement de cycles au moyen desquels on explique leur naissance, leur rôle et leur disparition.

L’invariabilité relative de con'stitution, attribuée à l’air, cesse ainsi de demeurer inexplicable, taudis que l’étude de l’atmosphère, dans son passé et dans son avenir, donne lieu aux hypothèses les plus curieuses, relativement à la transformation de sa composition sous l’influence de milliers d’années de vie organique.

D’autres corps peuvent exister dans l’air et y jouer un rôle néfaste. On conçoit tout l’intérêt que présente la recherche de ces corps et l’institution de méthodes susceptibles d’en amener la destruction.

Telles sont les grandes lignes de la question.

On voit que malgré toutes nos connaissances sur le sujet, l’étude de l’air atmosphérique mérite encore qu’on y porte quelque intérêt.

On sait aujourd’hui le rôle joué dans la nature, soit par les microorganismes, soit par les quantités infinitésimales d’une espèce chimique. Celle-ci agissant par elle-même ou par suite d’une action de présence rendant possible la réalisation d’un phénomène.

La découverte de nouvelles substances existant dans l’air, - en proportions infinitésimales, et douées de propriétés actives directes ou indirectes, peut, tout en contribuant à doter la science de données nouvelles, jeter quelque lumière sur certains faits, demeurés obscurs.

C’est ainsi que, peu à peu et par des efforts répétés, les savants réussiront à pénétrer dans l’intimité de la nature, en mettant d’accord les phénomènes dont elle est constamment le siège avec les résultats de leurs consciencieuses et patientes recherches.

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