SCÈNE VI DOMIiNIQUE, FRANÇOISE
DOMINIQUE
Toi!
FRANÇOISE
Chut!... Oui, de là-haut, sous le manteau du lierre El des rosiers, par l'échelle de fer, J'ai pu furtivement descendre.
(Il veut parler, elle l'arrête.)
Attends!... Mon père A vainement tenté tout ce qui s'est oflert. l/ofiicier le rudoie et ne veut rien entendre. 11 n'isl, pour Ion salut, plus liu'iin moyen <à prendre:
11 faut fuir, mais dans un moment, Quand la nuit tombera... ..'c le dirai comment.
DO M I N I {) L' E, avec une tendresse ardente.
Ah! qu'importe, pourvu que nous soyons ensemble,
Que mon cœur balle sur ton cœur!
Heureuse est, malgré tout, l'heure qui n»us rassemble,
Dans ce coin d'ombre et de douceur!
N'écoutons que nos voix, ne pensons qu'à nous-mêmes! Aime-moi, aime-moi toujours!
FRANÇOISE
Gomme tu m'aimes!
DOMINIQUE
e le rappelles-tu "J Combien de fois, la nuit, Sous la lune aux caresses douces, Je mêlai ma chanson au bruit Du flot qui court, là, dans les mousses!
FRANÇOISE
Moi, j'accourais à ta chanson.
Et, d'un grand aii' d'iiidiiTérence, A la porte de la maison, Je venais m'asscoir en silence.
Que lu me seiiiblais fort et beau.
Si grand, là-bas, au bord de l'eau, Que Ion fronl touchait les étoiles!
Du soir tombant qui t'entourait, De loin, je dégageais les voiles, Pour emporter, sous les étoiles, Ton image dans ma forêt.