‹ L'attaque du moulinChapitre 38 sur 52 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

MERLIER

Ce ne sera pas bien commode.

LE CAPITAINE, froid, ironique.

Ahl

MERLIER, bonnement.

Non!

LE CAPITAINE, lui mettant brusquement sous les yeux le couteau ramassé près de la sentinelle.

Peut-être, Regardez ce couteau, pourriez-vous le connaître?

FRANÇOISE, à part.

Oh! le couteau!

MERLIER, toujours avec bonhomie.

Mon Dieu!

Tout le monde a de ces couteaux dans nos campagnes. Oui, pareils.

LE CAPITAINE, éclatant

Si la colère me gagne, Je fais mettre le feu Dans le moulin et dans tout le village !

UN SOLDAT, accourant.

Capitaine! le prisonnier S'est échappé!

LE CAPITAINE, furieut.

Voilà I Sans chercher davantage, C'est lui ! c'est le grcdin! Il a dû s'éloigner Par ces bois qu'il connaît !

M E n L I E R} avec un cii éloulTé, à part-

Dominique!

FRANÇOISE, à demi- voix.

Mon père !

Je tremble!

Pendant ce qui précède, les soldats ont jeté un grand manteau militaire sur le corps (le la sentinelle, qu'un peloton entoure et qu'on no voit plus.)

LE CAPITAINE

Voyons! Je veux qu'on m'éclaire.

M'enlendez-vous?

MERLIER

Cerle !

LE CAPITAINE

Il faut aujourd'hui Le retrouver, ou tous demain paîront pour lui. Vous devez savoir sa retraite...

Vous la sa'.cz !

MERLIER, sans s'émouvoir, sincèrement.

Non ! sur ma tête !

D'ailleurs, comment, dans la forêt, Chercher un homme? Ce serait Chercher dans le foin une aiguille !

LE CAPITAINE

Eh ! cet homme est l'amant de votre fille! Vous l'avez fait fuir! C'est certain.

ACTb; TKOISlfcME 47

Vuus allez le livrer, sinon...

(Il rog:ii'(Jo lo pùi'c Moiiicr-, qui domoiii-c impassible, silencieux.)

Ah! la menace

Ne vous décide pas?

(.Mi'iiio silciir.c.)

Eh bien! donc, à sa place, Vous serez l'usillé!

FRANÇOISE

Dieu!

LE CAPITAINE

Dès demain malin!

MEHLIER.

Alors, c'est sérieux? Je veux bien, moi.

FRANÇOISE

Non! gcàce!

M EU LIER, à Françoise.

Laisse donc!

(Au capilniiio.

S'il vous (aul quelqu'un, absolument, Je suis prêt... Autant moi que l'autre assurément!

FRANÇOISE, ci^ai'éc, se jetant vers l'officior.

Grâce! grâce! Épargnez mon père, Soyez pour moi seule sévère, Car moi seule ai l'ait tout le mal.

Dominique est parti sur mon conseil fatal. Oui, c'est moi qui l'ai fait coupable...

(ElTrayOe de ce '(u'ellc vient do dire.)

Mais que dis-je là, misérable?

Je l'accuse. éé

MEHLIEn, à Françoise.

Pourquoi mens-tu?

(Aux aulres.)

C'est qu'elle ment!

Ma fille ne m'a pas quitté, je vous assure, Un seul moment!

FRANÇOISE, àlofficier.

Non! je dis la vérité pure.

(Lui niùiitrant le moulin.)

Regardez. C'est par là Oue je suis descendue auprès de lui. Sans peine, C'est par là qu'il a pu s'enfuir.

MERLIER, s'inlcrpûsanl et ludenienl.

Eh! capitaine, Puisqu'il vous faut un homme et puisque me voilà, I^a chose est toute claire Et ne veut pas tant de façons!

Prenez-moi, fusillez-moi, pardi! finissons!

FRANÇOISE, se précipitant.

Oh! mon père!

LE CAPITAINE, à Françoise.

Mon Dieu, si je prends votre père, C'est que je ne tiens pas l'aiilre. Mais vous pouvez Tout réparer encor, si vous le reti'ouvez!

FRANÇOISE, (Kscsp.'Tée.

C'est horrible!... Et que puis-jc l'aire? Où voulez-vous, dans la nuit, dans les bois,

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