CHAPITRE II
Un mois plus tard, jour pour jour, juste la veille de la Saint-Louis, Rocreuse était dans |’épouvante. Les Prussiens avaient battu l’empereur et s’avancaient a marches forcées vers le village. Depuis une semaine, des gens qui passaient sur la route annongaient less Prussiens: “Ils sont 4 Lormiére, ils sont 4 Novelles”’ ; et, 4 entendre dire qu’ils se rapprochaient si vite, Rocreuse, chaque matin, croyait les voir descendre par les bois de Gagny. [Ils ne venaient point cependant, cela effrayait davantage. Bien sfir qu’ils tomberaient 10 sur le village pendant la nuit et qu’ils égorgeraient tout le monde.
La nuit précédente, un peu avant le jour, il y avait eu une alerte. Les habitants s’étaient réveillés, en entendant un grand bruit d’hommes sur la route. Les 1s femmes déja se jetaient 4 genoux et faisaient des signes de croix, lorsqu’on avait reconnu des pantalons rouges, en entr’ouvrant prudemment les fenétres. C’était un détachement francais. Le capitaine avait tout de suite demandé le maire du pays, et il était resté au moulin, 20 aprés avoir causé avec le pére Merlier.
Le soleil se levait gaiement, ce jour-la. Il ferait chaud, 4 midi. Sur les bois, une clarté blonde flottait, tandis que dans les fonds, au dessus des prairies, montaient des vapeurs blanches. Le village, propre et 25 joli, s’éveillait dans la fraicheur, et la campagne, avec
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sa riviére et ses fontaines, avait des graces mouillées de bouquet.
Mais cette belle journée ne faisait rire personne. On venait de voir le capitaine tourner autour du moulin,
sregarder les maisons voisines, passer de l’autre cété de la Morelle, et de 1a, étudier le pays avec une lorgnette; le pére Merlier, qui l’accompagnait, semblait donner des explications. Puis, le capitaine avait posté des soldats derriére des murs, derriére des arbres, dans
rodes trous. Le gros du détachement campait dans la cour du moulin. On allait donc se battre? Et quand le pére Merlier revint, on l’interrogea. Il fit un long signe de téte, sans parler. Oui, on allait se battre.
15 Francoise et Dominique étaient 14, dans la cour, qui le regardaient. I] finit par éter sa pipe de la bouche, et dit cette simple phrase :
— Ah! mes pauvres petits, ce n’est pas demain que je vous marierai!
2o Dominique, les lévres serrées, avec un pli de colére au front, se haussait parfois, restait les yeux fixés sur les bois de Gagny, comme s’il eQit voulu voir arriver les Prussiens. Francoise, trés pale, sérieuse, allait et -venait, fournissant aux soldats ce dont ils avaient
asbesoin. [Ils faisaient la soupe dans un coin de la cour, et plaisantaient, en attendant de manger.
Cependant, le capitaine paraissait ravi. Il avait visité les chambres et la grande salle du moulin donnant sur la riviére. Maintenant, assis prés du puits, il
30 causait avec le pére Merlier.
— Vous avez la une vraie forteresse, disait-il. Nous
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tiendrons bien jusqu’a ce soir... Les bandits sont en retard. Ils devraient étre ici.
Le meunier restait grave. I] voyait son moulin flamber comme une torche. Mais il ne se plaignait
pas, jugeant cela inutile. I] ouvrit seulement la bouche s pour dire:
— Vous devriez faire cacher la barque derriére la roue. I] y a la un trou ot elle tient... Peut-€tre qu’elle pourra servir.
Le capitaine donna un ordre. Ce capitaine était un 10 bel homme d’une quarantaine d’années, grand et de figure aimable. La vue de Francoise et de Dominique semblait le réjouir. Il s’occupait d’eux, comme s’il avait oublié la lutte prochaine. Il suivait Francoise des yeux, et son air disait clairement qu’il la trouvait rs charmante. Puis, se tournant vers Dominique:
— Vous n’étes donc pas a l’armée, mon garcon? lui demanda-t-il brusquement.
— Je suis étranger, répondit le jeune homme.
Le capitaine parut gofiter médiocrement cette raison. 20 Il cligna les yeux et sourit. Francoise était plus agréable 4 fréquenter que le canon. Alors, en le voyant sourire, Dominique ajouta :
— Je suis étranger, mais je loge une balle dans une pomme, 4 cing cents métres... Tenez, mon fusil de 2s chasse est la, derriére vous.
—fI] pourra vous servir, répliqua simplement le capitaine. .
Franooise s’était approchée, un peu tremblante. Et, sans se soucier du monde qui était 14, Dominique prit et 30 serra dans les siennes les deux mains qu’elle lui tendait,
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comme pour se mettre sous sa protection. Le capitaine avait souri de nouveau, mais il n’ajouta pas une parole. Il demeurait assis, son épée entre les jambes, les yeux perdus, paraissant réver.
s Il était déja dix heures. La chaleur devenait trés forte. Un lourd silence se faisait. Dans la cour, a l’ombre des hangars, les soldats s’étaient mis 4 manger la soupe. Aucun bruit ne venait du village, dont les habitants avaient tous barricadé leurs maisons, portes et
1ofenétres. Un chien, resté seul sur Ja route, hurlait. Des bois et des prairies voisines, pamés par la chaleur, sortait une voix lointaine, prolongée, faite de tous les souffes épars. Un coucou chanta. Puis, le silence s’élargit encore.
1s Et, dans cet air endormi, brusquement, un coup de feu éclata. Le capitaine se leva vivement, les soldats lachérent leurs assiettes de soupe, encore 4 moitié pleines. En quelques secondes, tous furent 4 leur poste de combat; de bas en haut, le moulin se trouvait
aooccupé. Cependant, le capitaine, qui s’était porté sur la route, n’avait rien vu; 4 droite, 4 gauche, la route s’étendait, vide et toute blanche. Un deuxiéme coup de feu se fit entendre, et toujours rien, pas une ombre. Mais, en se retournant, il apercut du cété de Gagny,
asentre deux arbres, un léger flocon de fumée qui s’envolait, pareil 4 un fil de la Vierge. Le bois restait profond et doux.
— Les gredins se sont jetés dans la forét, murmurat-il. Ils nous savent ici.
so Alors, la fusillade continua, de plus en plus nourrie, entre les soldats francais, postés autour dy moulin, et les
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Prussiens, cachés derriére les arbres. Les balles sifflaient au-dessus de la Morelle, sans causer de pertes ni d’un cdté ni de l’autre. Les coups étaient irréguliers, partaient de chaque buisson; et I’on n’apercevait toujours que les petites fumées, balancées mollement s par le vent.
Cela dura prés de deux heures. L’officier chantonnait d’un air indifférent. Francoise et Dominique, qui étaient restés dans la cour, se haussaient et regardaient pardessus une muraille basse. [Ils s’intéressaient surtout 10 a un petit soldat, posté au bord de la Morelle, derriére la carcasse d’un vieux bateau; il était 4 plat ventre, guettait, lichait son coup de feu, puis se laissait glisser dans un fossé, un peu en arriére, pour recharger son fusil; et ses mouvements étaient si dréles, si rusés, si rs souples, qu’on se laissait aller 4 sourire en le voyant.
Il dut apercevoir quelque téte de Prussien, car il se leva vivement et épaula; mais, avant qu’il efit tiré, il jeta un cri, tourna sur lui-méme et roula dans le fossé ou ses jambes eurent un instant le roidissement con- 20 vulsif des pattes d’un poulet qu’on égorge. Le petit soldat venait de recevoir une balle en pleine poitrine. C’était le premier mort. Instinctivement, Frangoise avait saisi la main de Dominique et la lui serrait, dans une crispation nerveuse. 25
—Ne restez pas la, dit le capitaine. Les balles viennent jusqu’ici.
En effet, un petit coup sec s’était fait entendre dans le vieil orme, et un bout de branche tombait en se balancant. Mais les deux jeunes gens ne bougérent 30 pas, cloués par l’anxiété du spectacle. A la lisiére du
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bois, un Prussien était brusquement sorti de derriére un arbre comme d’une coulisse, battant l’air de ses bras et tombant 4 la renverse. Et rien ne bougea plus, les deux morts semblaient dormir au grand soleil, on ne
svoyait toujours personne dans la campagne alourdie. Le pétillement de la fusillade lui-méme cessa. Seule, la Morelle chuchotait avec son bruit clair.
Le pére Merlier regarda le capitaine d’un air de surprise, comme pour lui demander si c’était fini.
zo — Voila le grand coup, murmura celui-ci. Méfiezvous. Ne restez pas la.
Il n’avait pas achevé qu’une décharge effroyable eut lieu. Le grand orme fut comme fauché, une volée de feuilles tournoya. Les Prussiens avaient heureusement
15 tiré trop haut. Dominique entraina, emporta presque Francoise, tandis que le pére Merlier les suivait, en criant :
— Mettez-vous dans le petit caveau, les murs sont solides.
20 Mais ils ne |]’écoutérent pas, ils entrérent dans la grande salle, ou une dizaine de soldats attendaient en silence, les volets fermés, guettant par des fentes. Le capitaine était resté seul dans la cour, accroupi derriére la petite muraille, pendant que des décharges furieuses
25continuaient. Au dehors, les soldats qu’il avait postés, ne cédaient le terrain que pied 4 pied. Pourtant, ils rentraient un 4 un en rampant, quand |’ennemi les avait délogés de leurs cachettes. Leur consigne était de gagner du temps, de ne point se montrer, pour que les
30 Prussiens ne pussent savoir quelles forces ils avaient devant eux. Une heure encore s’écoula. Et, comme
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un sergent arrivait, disant qu’il n’y avait plus dehors que deux ou trois hommes, l’officier tira sa montre, en murmurant:
— Deux heures et demie... Allons, il faut tenir quatre heures. 5 Il fit fermer le grand portail de la cour, et tout fut
préparé pour une résistance énergique. Comme les Prussiens se trouvaient de l’autre cété de la Morelle, un assaut immédiat n’était pas 4 craindre. Il y avait bien un pont 4 deux kilométres, mais ils ignoraient sans doute 10 son existence, et il était peu croyable qu’ils tenteraient de passer 4 gué la riviére. L’officier fit donc simplement surveiller la route. Tout 1l’effort allait porter du cété de la campagne.
La fusillade de nouveau avait cessé. Le moulints semblait mort sous le grand soleil. Pas un volet n’était ouvert, aucun bruit ne sortait de l’intérieur. Peu a peu, cependant, des Prussiens se montraient 4 la lisiére du bois de Gagny. [IIs allongeaient la téte, s’enhardissaient. Dans le moulin, plusieurs soldats épaulaient 20 déja; mais le capitaine cria:
— Non, non, attendez... Laissez-les s’approcher.
Ils y mirent beaucoup de prudence, regardant le moulin d’un air méfiant. Cette vieille demeure, silencieuse et morne, avec ses rideaux de lierre, les inquiétait. 25 Pourtant, ils avancaient. Quand ils furent une cinquantaine dans la prairie, en face, ]’officier dit un seul mot:
— Allez!
Un déchirement se fit entendre, des coups isolés 30 suivirent. Francoise, agitée d’un tremblement, avait
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porté malgré elle les mains 4 ses oreilles. Dominique, derriére les soldats, regardait ; et, quand la fumée se fut un peu dissipée, il apercut trois Prussiens étendus sur le dos, au milieu du pré. Les autres s’étaient jetés derriére sles saules et les peupliers. Et le siége commenca.
Pendant plus d’une heure, le moulin fut criblé de balles. Elles en fouettaient les vieux murs comme une gréle. Lorsqu’elles frappaient sur de la pierre, on les entendait s’écraser et retomber 4 l’eau. Dans le bois, roelles s’enfoncaient avec un bruit sourd. Parfois, un craquement annongait que la roue venait d’étre touchée. Les soldats, 4 ]’intérieur, ménageaient leurs coups, ne tiraient que lorsqu’ils pouvaient viser. De temps a autre, le capitaine consultait sa montre. Et, comme une balle
15 fendait un volet et allait se loger dans le plafond:
— Quatre heures, murmura-t-il. Nous ne tiendrons jamais.
Peu a peu, en effet, cette fusillade terrible ébranlait le vieux moulin. Un volet tomba 4 |’eau, troué comme 2oune dentelle, et il fallut le remplacer par un matelas. Le pére Merlier, 4 chaque instant, s’exposait pour constater les avaries de sa pauvre roue, dont les craquements lui allaient au coeur. Elle était bien finie, cette fois; jamais il ne pourrait la raccommoder.
25 Dominique avait supplié Francoise de se retirer, mais elle voulait rester avec lui; elle s’était assise derriére une grande armoire de chéne, qui la protégeait. Une balle pourtant arriva dans l’armoire, dont les flancs rendirent un son grave. Alors, Dominique se placa
30 devant Francoise. I] n’avait pas encore tiré, il tenait son fusil 4 la main, ne pouvant approcher des fenétres
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dont les soldats tenaient toute la largeur. A chaque décharge, le plancher tressaillait.
— Attention! attention! cria tout d’un coup le capitaine.
Ii venait de voir sortir du bois toute une masse 5 sombre. Aussitét s’ouvrit un formidable feu de peloton. Ce fut comme une trombe qui passa sur le moulin. Un autre volet partit, et par l’ouverture béante de la fenétre, les balles entrérent. Deux soldats roulérent sur le carreau. L’un ne remua plus; on le poussa contre le 1> mur, parce qu’il encombrait. L’autre se tordit en demandant qu’on l’achevat ; mais on ne l’écoutait point, les balles entraient toujours, chacun se garait et tachait de trouver une meurtriére pour riposter.
Un troisiéme soldat fut blessé; celui-la ne dit pas rs une parole, il se laissa couler au bord d’une table, avec des yeux fixes et hagards. En face de ces morts, Francoise, prise d’horreur, avait repoussé machinalement sa chaise, pour s’asseoir 4 terre, contre le mur; elle se croyait la plus petite et moins en danger. Cepen- 2> dant, on était allé prendre tous les matelas de la maison, on avait rebouché 4 moitié la fenétre. La salle s’emplissait de débris, d’armes rompues, de meubles éventrés.
— Cinq heures, dit le capitaine. Tenez bon... Ils vont chercher & passer |’eau. 25
A ce moment, Francoise poussa un cri. Une balle, qui avait ricoché, venait de lui effleurer le front. Quelques gouttes de sang parurent. Dominique la regarda; puis, s’approchant de la fenétre, il lacha son premier coup de feu, et il ne s’arréta plus. Il chargeait, 30 tirait, sans s’occuper de ce qui se passait prés de lui;
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de temps a autre seulement, il jetait un coup d’ceil sur Francoise. D’ailleurs, il ne se pressait pas, visait avec soin.
Les Prussiens, longeant les peupliers, tentaient le s passage de la Morelle, comme le capitaine l’avait prévu ; mais, dés qu’un d’entre eux se hasardait, il tombait frappé 4 la téte par une balle de Dominique. Le capitaine, qui suivait ce jeu, était émerveillé. I] complimenta le jeune homme, en lui disant qu’il serait heureux 10 d’avoir beaucoup de tireurs de sa force. Dominique ne l’entendait pas. Une balle lui entama |’épaule, une autre lui contusionna le bras. Et il tirait toujours. Il y eut deux nouveaux morts. Les matelas, déchiquetés, ne bouchaient plus les fenétres. Une derniére 1s décharge semblait devoir emporter le moulin. La position n’était plus tenable. Cependant, l’officier répétait : — Tenez bon... Encore une demi-heure.
Maintenant, il comptait les minutes. I] avait promis & ses chefs d’arréter l’ennemi 14 jusqu’au soir, et il 2on’aurait pas reculé d’une semelle avant V’heure qu’il avait fixée pour la retraite. Il gardait son air aimable, souriait 4 Francoise, afin de la rassurer. Lui-méme venait de ramasser le fusil d’un soldat mort et faisait le coup de feu.
as Il n’y avait plus que quatre soldats dans la salle. Les Prussiens se montraient en masse sur ]’autre bord de la Morelle, et il était évident qu’ils allaient passer la riviére d’un moment a l’autre. Quelques minutes s’écoulérent encore. Le capitaine s’entétait, ne voulait pas donner 30l’ordre de la retraite, lorsqu’un sergent accourut, en disant :
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— Ils sont sur la route, ils vont nous prendre par derriére.
Les Prussiens devaient avoir trouvé le pont. Le capitaine tira sa montre.
— Encore cinq minutes, dit-il. Is ne seront pas ici s
‘avant cing minutes.
Puis, a six heures précises, il consentit enfin a faire sortir ses hommes par une petite porte qui donnait sur une ruelle. De 1a, ils se jetérent dans un fossé, ils gagnérent la forét de Sauval. Le capitaine avait, avant 10 de partir, salué trés poliment le pére Merlier, en s’excusant. Et il avait méme ajouté:
— Amusez-les... Nous reviendrons.
Cependant, Dominique était resté seul dans la salle. Il tirait toujours, n’entendant rien, ne comprenant rien. 15 Il n’éprouvait que le besoin de défendre Francoise. Les soldats étaient partis, sans qu’il s’en dout&4t le moins du monde. I] visait et tuait son homme 4 chaque coup. Brusquement, il y eut un grand bruit. Les Prussiens, par derriére, venaient d’envahir la cour. I] lacha un 20 dernier coup, et ils tombérent sur lui, comme son fusil fumait encore.
Quatre hommes le tenajent. D’autres vociféraient autour de lui, dans une langue effroyable. Ils faillirent Yégorger tout de suite. Francoise s’était jetée en avant, 25 suppliante. Mais un officier entra et se fit remettre le prisonnier. Aprés quelques phrases qu’il échangea en allemand avec les soldats, il se tourna vers Dominique et lui dit rudement, en trés bon francais:
— Vous serez fusillé dans deux heures. 30