‹ L'Atteinte du système nerveux central au cours de la périartérite noueuseChapitre 17 sur 22 · AQ · texte numérisé non relu

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À cette date, l'examen montre une abolition des réflexes du membre inférieur droit ; au membre supérieur droit seul l’antibrachial est trouvé. Les réflexes abdominaux ne sont pas obtenus. Il existe une légère raideur de la nuque. A la ponction lombaire le liquide est sanglant.

L'examen électrique des nerfs et des muscles, pratiqué le 6 mai 1938 par le Docteur Boudenes, montre :

R. D. complète à la cuisse droite, face antérieure ;

R. D. partielle à la cuisse droite, face postérieure ;

R. D. complète des muscles face postérieure de la jambe droite ;

R. D. partielle des muscles loge antéro-externe, à droite, avec inexcitabilité faradique des muscles, hypoexcitabilité du nerf sciatique poplité externe.

À gauche : grosse hypoexcitabilité des nerfs et des muscles aux deux modes, mais pas de R.D. complète, ni à la cuisse, ni à la jambe.

L'examen des membres supérieurs, difficile en raison de l’indocilité de l’enfant, montre qu’il n’y a pas de réaction de dégénérescence, ni aux bras, ni aux avant-bras.

La radiographie pulmonaire ne montre pas de lésions.

Il n’y a ni acétone, ni acide diacétique dans les urines.

Pendant tout le mois de mai l’examen montre toujours les mêmes paralysies.

L'enfant se cachectise, maigrit de plus en plus.

Le 23 mai, l'enfant meurt. Depuis trois jours il était dans le coma avec abolition des réactions à l’ex-

citation visuelle. La température s'était élevée, à 40°.

L'autopsie est pratiquée le 24 mai 1938 par le Docteur Muller : l’éviscération totale est facile, mais ses résultats sont à peu près entièrement négatifs. Il n’y a pas d’épanchements dans les séreuses ; les poumons ne renferment aucune lésion tuberculeuse.

La rate est de volume normal ; le cœur, le foie, les réins sont normaux. Il faut signaler la grande taille de la vésicule biliaire.

L'examen de l’encéphale ne montre que peu de chose. La surface corticale des hémisphères est normale, tout au plus légèrement congestionnée. Les méninges sont normales à ce niveau. Mais lorsque l’on coupe la tente du cervelet, il sort une quantité notable de liquide clair, légèrement sanglant, qui occupait la fosse cérébelleuse et la région péri-bulbaire. L'examen de la base du cerveau montre peut-être quelques fausses membranes très fines au niveau du chiasma optique et du tronc cérébral. Il n’y a pas de plaques de méningite basilaire, ni de poches contenant du pus. Le bulbe, la protubérance, le cervelet sont normaux extérieurement.

La moelle est prélevée. On ne voit aucune lésion macroscopique à un examen superficiel.

Moelle et encéphale sont mis dans le formol pour examen ultérieur.

Examen histologique n° 218, pratiqué par le Docteur Dechaume.

Plusieurs fragments de moelle de la région lom-

baire dorsale et cervicale et le bulbe ont été examinés,

ris

Les lésions présentent partout les mêmes caractères, avec plus ou moins d'intensité, surtout dans la région dorsale.

Il existe d’abord des lésions vasculaires au niveau de la méninge molle. L'artère du sillon antérieur, les artérioles situées dans la méninge molle sont le siège de lésions importantes, avec un épaississement de toutes les tuniques, sous la forme de réorganisations conjonctives qui augmentent l’épaisseur de l’adventice, de la mésartère et même de l’endartère, sans aboutir cependant d’une façon générale à l’oblitération. Il y a peu d’exsudats cellulaires lymphoplasmocytaires au voisinage de ces lésions vasculaires ; cependant au contact des vaisseaux lésés il existe une réaction de tissu conjonctif de la méninge molle réalisant un épaississement scléreux, une véritable méningite chronique. Par places, les veines sont le siège de thrombose récente, en voie d’organisation, avec autour d'elles des exsudats lymphoplasmocytaires et même avec quelques polynucléaires.

Ce sont ces lésions des vaisseaux de la méninge molle qui font porter le diagnostic de périartérite noueuse, car l’aspect des vaisseaux est exactement superposable à celui rencontré dans les biopsies musculaires d’autres malades.

La substance nerveuse sous-jacente est le siège de lésions non systématisées.

Dans la moelle dorsale, il existe notamment un foyer de nécrose avec destruction du tissu nerveux dont on trouve les traces et dont la résorption est signée par la présence de très nombreuses cellules

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