Récéjac, op. cit., p
sur le mysticisme va nous répondre : « Le symbole n'est ni une image directe, ni un groupe logique d'images : il ne représente pas, mais plutôt il suggère. Nous voulons dire par là que le symbole amène à l'horizon de la conscience une abondance d'images ayant entre elles un lien plus ou moins solide d'analogie et qui deviennent pour nous un objet *. »
Pour nous faire revivre l'instant de leur sensation les symbolistes, ne pouvant nous situer d'un coup dans leur propre intuition, vont nous tirer à eux doucement, au moyen d'images accumulées et, par des intégrations successives dont le rôle à chacune est d'aider de plus en plus à cette fusion entre l'âme du lecteur et celle du poète, nous identifier à leur propre émotion.
L'emploi instinctif de ce procédé d'expression est tout à l'honneur des symbolistes. Il faudrait tenter une analyse complète des métaphores et du vocabulaire de l'école contemporaine pour prouver la nouveauté de ce mode de représentation. Bien des critiques tomberaient, entre autres le reproche de manquer de précision. Gomme l'a montré Mockel, « préciser une idée, c'est la borner et c'est enlever d'avance au poème qui la contient ce frémissement àf illimité que donne le