SECONDE LEÇON
Nous arrivons a notre troisième règle. L'action et le geste ne doivent jamais être grotesques. Cest assez clair, et je n'y ajouterai que des spécimens du genre grotesque, pour vous aider à éviter tout ce qui y ressemblerait.
De tout temps il y a eu, paraît-il. et en abondance, des gestes absurdes, car je trouve dans un vieil auteur une longue liste de bizarreries, dont quelquesunes, j'espère, ont disparu de ce monde, tandis que d'autres sont décrites en termes si forts que nous avons là sûrement des caricatures de ce qui se passait alors. Ce catalogue plairait certainement au plus vorace collectionneur en vue d'un miusée d'horreurs, mais il ne renferme pas la moitié de ce qu'on peut voir de nos jours en allant d'une réunion a une autre. De même que les eniants semblent ne pouvoir épuiser la série de leurs méchants tours, ainsi les
orateurs semblent n'être jamais à court de gestes baroques. Même les meilleurs en ont parfois.
Le premier genre d'action grotesque peut être appelé le genre raide; il est très commun. Les hommes qui exhibent cette horreur, ont l'air d'avoir un corps où rien ne saurait pHer, et les articulations enkylosées. On dirait que leurs jambes et leurs bras tournent sur des gonds de fer et sont faits d'un métal très dur. Un mannequin anatomique en bois, comme ceux dont les artistes se servent, donnerait une bonne idée de leurs membres si droits et si raides, mais on n'y verrait pas les saccades de ces membres, lorsqu'ils s'élèvent ou s'abaissent. Il n'y a rien de rond dans l'action de ces frères ; tout est anguleux, coupant, mécanique. Je n'ose pas entrer dans les détails ; cependant ces excellents hommes n'ignorent pas qu'ils ne doivent pas planter leurs jambes à la façon d'une paire d'énormes pinces, et que Jeurs bras ne doivent pas avoir la même rigidité que des tisonniers. Leurs articulations, a-t-on dit, auraient besoin d'huile ; c'est dans les membres eux-mêmes qu'il y a manque d'huile, car ils montent et descendent comme s'ils appartenaient à une machine et non à un organisme vivant. Certainement un exercice physique
quelconque remédierait à cette infirmité, qui devient presque une difformité chez quelques prédicateurs d'aujourd'hui. A la tribune d'Exeter Hall, des hommes afiligés d'une raideur qui n"est pas naturelle fournissent des sujets aux caricaturistes, et surtout ils détournent l'attention de leurs admirables discours sur leur exécrable action. Il nous est arrivé d"entendre cinq ou six remarques sur la tenue gauche du révérend docteur X..., et un ou deux éloges seulement sur son excellent speech. « On ne devrait pas s'arrêter à ces bagatelles », dit notre ami Philo ; mais les gens s'y arrêtent, que ce soit leur affaire ou non ; il faut par conséquent ne pas les pratiquer. On va m'en vouloir de ce que je dis ici. Je ne fais point de l'actiun autant de cas que Démosthène, affirmant que c'est le premier, le deuxième et le troisième point de la science du discours ; cependant il est certain que beaucoup d'excellents discours perdent de leur puissance par la tenue incorrecte de l'orateur ; aussi j'encourrai volontiers la critique de mes frères plus graves que moi, si je contribue à enrayer le mal.
Je parle très sérieusement, quoique j"aie 1 air de plaisanter, et contre ces folies, je ne vois pas de meilleure arme que les flèches légères du ridicule. Je
ne suis pas de ceux pour qui
« Toute vertu consistant dans la gravité, des symptômes de dépravation. »
Le deuxième genre de grotesque ressemble au premier ; je l'ap pellerai le genre régulier et mécanique. Ceux qui en relèvent, ont des mouvements non d'êtres vivants ayant volonté et jntelligence,maisd"auun bras, puis l'autre, d'un air assez important. Cet objet m'a fait sourire plus d'une fois, en me rappelant involontairement X..., qui lance en avant alternativement chaque bras, ou s'il en laisse un au repos, balance l'autre de haut en bas avec la même persistante cadence que communiquerait un moteur
— des sourires sont
tomates construits pour opérer, à intervalles fixes, certains mouvements réglés. Derrière le Tabernacle ( i) , un bon bourgeois a installé au faîte de sa maison une girouette ; c'est un petit soldat, qui lève d'abord
(i) Eglise ou prêchait Spurgeon
à vent ou un mouvement d'horlogerie. La main monte et descend, ne déviant ni a droite ni a gauche, ne faisant aucun autre mouvement que cette montée et cette descente monotones. Il importe peu qu'un mouvement soit irréprochable en lui-même, s'il îlnit par devenir insupportable a force d'être répété toujours de même.
La mode, a la Chambre des Communes, c'est de faire perpétuellement la révérence, en même temps qu'un s:i]ut de la main, a la façon des garçons de restaurant recevant des ordres pour un diner fin : « Oui, monsieur. — Oui, monsieur. — Oui, monsieur, » avec, entre chaque réponse, une courbette. C'est absolument ce qu'on a bien dénommé le genre « bras de pompe. y> C'est très fréquent : cela consiste en une succession de coups de bras destinés, peut-être, a donner de la force au débit, mais en réalité parfaitementinutiles. Les orateurs de cette sorte nous rappellent le quolibet de Moore : « Pourquoi est-ce qu'une pompe ressemble a lord Castlereagh ? »
« Parce que c'est un mince objet en bois — qui lève et baisse gauchement son bras, — et tranquillement débite, et débite, et débite — sans cesser, un maigre et faible tilet d'eau. »
Quelquefois on voit se produire le va-et-vient d'une
5f L ATTITUDE, LES RESTES, L ACTION
scie; dans ce mouvement le bras paraît tour à tour s'allonger et se raccourcir. Il est accompli à la perfection par l'orateur qui se penche par-dessus la balustrade ou le pupitre, et gesticule de haut en bas audessus de l'auditoire, comme le scieur de long opérant du haut d'une poutre. On se demande combien de planches il scierait dans le même temps s'il travaillait réellement du bois au lieu de scier l'air. Nous avons tous beaucoup de plaisir à voir des scieurs convertis, mais nous espérons qu'ils prendront sur eux de laisser là leurs scies.
Je dirai la iTiême chose des nombreux forgerons qui travaillent parmi nous, qui pilent et frappent à tour de bras, détruisant les Bibles et faisant voler la poussière des coussins des chaires. Leur seule action consiste à marteler, à marteler, à marteler, sans rime ni raison, que leur sujet soit grave ou gai, rose ou gris. Ils décrivent les douces influences des Pléiades, et disent les tendres instances de l'amour avec accompagnement de coups de poing; et ils essaient de vous faire sentir la beauté et la délicatesse de leur sujet par les coups de leur impitoyable marteau.
Quelques-uns vont mollement à la besogne, et ce, en toute bonne conscience; ils ne tapent même pas
vigoureusement; alors la manœuvre est insupportable. On aime a entendre un bruit qui vaille la peine et
à voir un homme marteler avec énergie, s"il faut qu'il martèle ; mais le monsieur que j"ai en vue ne se met jamais -:^î:^^^ ou que rarement avec ardeur a l'œuvre : il frappe, uniquement - parce que c'est son ■ genre à lui.
^ Si on le doit, eh bien !
j^ qu'on cogne de toute son àme: mais il n'est nul besoin de piler perpétuellement. Il y a d'autres moyens pour devenir des prédicateurs frappants que d'imiter ce pasteur dont le chantre disait : « Il a déjà abîmé l'intérieur d'une Bible, et il est fort en avant avec une autre. )) On a certains vieux manuscrits de sermons latins, où des notes marginales recommandent au prédicateur à tel moment de brandir le crucifix
et de battre le pupitre « comme Satan lui-même! » C'était une recette, paraît-il, pour l'aider à rassembler ses idées; des idées rassemblées de la sorte ne devaient pas valoir une guigne. Serait-il de nos amis qui auraient vu ces manuscrits et en seraient tombés amoureux? On le dirait.
Les saccades, le mouvement de la scie et de la pompe et du pilon, tout cela pourrait être toléré et même avoir son à-propos, si Ton alternait et variait; mais la répétition incessante d'une seule de ces actions devient fatigante et inepte. Les figurines de mandarins dans les magasins de thé, qui branlent la tête sans un instant d'arrêt, ou les dames de cire qui évoluent toujours de même aux vitrines des coifleurs, ne doivent pas servir de modèles à des hommes ayant devant eux la sérieuse tâche d'attirer les âmes à la grâce et à la vertu. Vous devriez être vrais, réels, sérieux à ce point que de purs mouvements mécaniques vous deviendraient impossibles, et que tout en vous dénoterait, avec un zèle intense, la vie, l'énergie des facultés concentrées sur votre objet.
Un autre genre de grotesque peut être appelé à bon droit le genre laborieux. Certains frères sont sûrs de ne pas succomber sous le poids de leurs devoirs faute
d'exercice corporel: chaque fois qu'ils montent en chaire, ils ont l'iclce qu'ils ont une rude besogne a faire, et bientôt ils halettent et souftlent. comme s'ils étaient des ouvriers à la pièce. Ils commencent leur sermon, décidés à y aller comme à l'assaut, et a tout emporter devant eux; le royaume des cieux subit avec eux des violences, ^certes, mais non dans le sens ou l'Ecriture l'entend. « Comment votre nouveau ministre réussit-il? » demandait un ami à un auditeur de la camipagne. « Oh! fit celui-ci. il est sur de son affaire, car il tombe sur le péché comme s'il assommait un bœuf.» Parfait au figuré, mais pas en réalité.
Un jour de chaleur extrême, l'un ôtera son col de chemise et sa cravate et même son habit; un autre mettra en pièces une chaise, et je tremblerai pour la table; un troisième frappera sur le plancher ou la table avec sa canne. A quoi bon ce vacarme et cette mise en scène et ces manières de lutteurs et d hercules de foire?
L'action laborieuse est souvent un reste du métier exercé jadis par le prédicateur. De même qu'un vieux chasseur ne peut jamais oublier tout à fait sa meute, notre brave homme ne peut pas complètement abandonner ses habitudes d'artisan. Un frère, qui a été
charron, prêche toujours comme s'il tournait des roues. Etes-vous expert dans Fart du charron? vous en verrez les différents procédés illustrés pendant un de ces discours, s'il s'anime un peu. Vous retrouverez l'ingénieur chez un autre ami, le tonnelier chez un troisième et l'épicier avec sa balance chez un quatrième. Un frère, qui a été bouchel% ne manquera pas de vous montrer, pour peu qu'il se inette à argumenter, comment on assomme un bœuf. En suivant le discours qui avançait « de force en force » et le prédicateur qui s'échauffait, je me disais : « Voilà la lourde hache, voici venir le bœuf gras, voila que la bète pi^imée tombe par terre ». Ces réminiscences d'occupations d'autrefois ne sont jamais très blâmables; elles sont toujours moins déplaisantes que les manque-à-toucher absolument inexcusables de messieurs qui ont habité les palais de la science dès leur jeunesse. Ils ne peinent pas moins, mais ne font penser à nul travail utile; ils battent l'air et travaillent ferme à ne rien faire. Les produits des universités sont souvent plus hideux dans leur action que les gens du commun: c'est peut-être leur éducation qui leur a ôté toute confiance en eux-mêmes et ne les a rendus que plus agités et plus gauches.
Quelques orateurs s"imaginent, m"a-t il semblé, qu'ils ont à battre des tapis, ou a appjintir des bâtons, ou à hacher de la viande pour saucisses, oa à faire du beurre, ou à fourrer leurs doigts dans les yeux de leurs auditeurs. Oh ! s'ils pouvaient seulement se voir comme les autres les voient.' Ils cesseraient bientôt d'opérer ainsi devant le public, et réserveraient leurs manipulations pour d'autres occasions.
Après tout, je préfère les manifestations laborieuses et les déploiements de vigueur physique aux airs plus dégagés et même aux airs majestueux de certains pasteurs sûrs d'eux-mêmes. Celui-ci se frotte les mains, visiblement et complètement satisfait,
i Se lavant les mains avec du savon invisible — dans une eau imperceptible ; »
cependant il n'énonce que d'incomparables platitudes de l'air d'un homme qui laisse loin derrière soi Robert Hall ou Chalmers. Un autre, arrêtant son discours promène majestueusement son regard autour de lui comme s'il venait de faire une communication d'inestimable valeur a une réunion de personnes particulièrement priA-ilegiées, et qui devraient,' si elles appréciaient leur bonheur, se lever enthou-
6o l'attitude, les gestes, l'action
siasmèes. et donner à entendre que la reconnaissance les suffoque. Il n'a rien dit qu'un écolier ne pût dire ; mais l'air de dignité, l'attitude impérieuse, l'accent, tout cela proclame sa parfaite satisfaction. Ce n'est pas là le genre laborieux, mais j'ai été amené à en parler, parce que c'en est précisément l'opposé et que c'est d'autant plus condammable. Un petit nombre de naïfs s'y laissent prendre sans doute; ils se figurent qu'un homme doit dire de grandes choses, qui se présente avec cette pompe; mais les personnes intelligentes, d'abord amusées par des manières solennelles « à la grand seigneur », n'en conçoivent ensuite que du dégoût. Un des grands avantages des études dans notre collège, c'est sans contredit que l'exagération des manières ne manque pas d'être réduite par l'aimable empressement avec lequel tous nos étudiants prennent plaisir à sauver un frère de ce péril. Plus d'une outre gonflée d'air s'est affaissée dans cette salle sous votre traitement affectueux, et ne reprendra jamais, j'espère, ses dimensions antérieures.
Mais ici n'oublions pas un autre type parmi les laborieux. Nous l'appellerons le prédicateur mouvement perpétuel. Il est tout action: il lève le doigt.
CHEZ l'orateur 6i
il agite la main, il se frappe la paume de la main a chaque mot. Il n'est pas une seconde en repos. Il est tellement anxieux de d'jnner de rimpoi'tance a ce qu'il dit. qu'il arrive a un résultat tout contraire, car, lorsque chaque mot est souligné par le geste, plus rien n'est souligne. L'agitation continuelle de ce frère met ses auditeurs sur les épines. Dans l'action, comme ailleurs, « que votre modération soit connue de tous les hommes. «
J'ai ainsi mentionné trois genres de grotesque. — le raide, le mécanique et le laborieux, — et j'ai jeté un coup d'ceil sur le nonchalamm.ent digne. Je clos la liste en en mentionnant encore deux. Il y a le martial. qui confine suffisamment au grotesque pour être mis dans cette catégorie. On dirait de certains prédicateurs qu'ils combattent le bon combat de la foi dans chaqueprédication. Ils prennent l'attitude de bretteurs et se mettent en a-arde contre un ennemi imaa'inaire ou poussent a 1 adversaire invisible avec furie. Ils ne paraîtraient pas plus féroces à la tète d'un régiment de cavalerie, ou plus satisfaits qu'ils le sont après chaque division du discours, s'ils avaient gagné une série de Waterloos. Ils promènent triomphalement de tous côtés leurs regards qui disent : v J'ai mis en
fuite cet ennemi, nous n'entendrons plus parler de lui. »
La dernière étrangeté d'action que je mentionne ici, c'est Vaction qui retarde. Les mains ne vont pas en même temps que les lèvres. Le digne frère est un peu en retard dans son action, et toute l'affaire va de travers. Vous ne vous rendez d'abord pas compte de ce qu'il fait ; il semble hacher et cogner sans rime ni raison; mais enfin vous vous apercevez que son action présente est tout à fait appropriée à ce qu'il a dit deux ou trois secondes auparavant. L'effet est extraordinaire au premier chef. Il intrigue ceux qui n'en ont pas la clef, et, pour ceux qui se l'expliquent, il n'en est pas moins étrange.
Outre ces bizarreries, il y a une espèce d'action qui doit, pour dire le moins, être qualifiée de complètement laide. Elle nécessite d'ordinaire une plate-forme, car on ne peut se rendre aussi souverainement ridicule, quand on est caché dans une chaire. Empoigner une balustrade et s'accroupir petit à petit jusqu'à ce qu'on rase le sol, c'est tout simplement absurde. Ce peut être une excellente posture de préparation à un tour de gymnastique, mais comme moyen oratoire, c'est monstrueux; cependant j'en ai été plus d'une
fois témoin. J"ai eu de la peine a expliquer a mon dessinateur cette pose extraordinaire, mais la gravure peut aider a comprendre ce que je veux dire, et ainsi
à mettre cette attitude a l'index.
Un ou deux frères se sont mis à ma tribune dans cette position drolatique, et je leur permets de recommencer si, après s'être contemplés dans l'esquisse ci contre, ils trouvent que ce dessin a quelque chose d'imposant et d'impressif.
Quelques prédicateurs prennent une habitude de hausser les épaules, qui bientôt les t3-rannise. Il y a des hommes qui ont naturellement les épaules rondes, et il y en a plus encore qui se donnent un dos rond, en le relevant chaque fois qu'ils ont une chose importante à dire. Un excellent prédicateur de Bristol, mort récemment, levait d'abord une épaule, puis l'au-
l'attjtude, les gestes, l'action
tre, tandis que ses grandes pensées cherchaient une issue ; quand elles l'avaient enfin trouvée, il ressemblait à un bossu. Démosthène s'exerçait à parler avec un javelot suspendu au-dessus de son épaule, lequel le rappelait à l'ordre, aussitôt qu'il se livrait à un écart. C'était un remède piquant, mais il vaudrait la peine de l'employer si, au prix d'une blessure ou deux, il pouvait guérir ceux qui infligent à la forme humaine d'horribles contorsions.
J'ai vu dans un meeting un monsieur, qui -paraissait être « comme chez lui », et parlait avec un air de supériorité familière, s'aviser de mettre ses mains derrière lui sous les pans de son habit; il présentait ainsi un très curieux spectacle, surtout pour ceux qui jouissaient de son pro-
fil. A mesure qu'il s'animait, il agitait ses pans de plus en plus fréquemment, rappelant aux spectateurs la bergeronnette deau. Il faut voir cela pour s'en faire une idée, mais il suffira à un homme sensé de l'avoir vu une seule fois pour se convaincre que, malgré toute la grâce particulière à un habit a queue, il n'y a rien de solennel dans la vue des pans de ce vêtement arborés et flottant au bas du dos du prédicateur. Vous avez peutêtre vu aussi le monsieur qui met les poings sur les hanches et a l'air, soit de défier tout le monde, soit d'avoir la colique.
Cette posture sent les Halles et les marchandes de poisson bien plus que l'orateur sacré, et tient du ridicule plus que du sublime.
C'est pire encore de mettre ses mains dans les poches de ses pantalons, comme font les hommes
qu'on voit en France aux stations de chemins de fer ; ils fourrent là les mains, parce qu'il n'y a rien d'autre là et que la nature a horreur du vide. Personne ne vous blâmera de mettre un moment un doigt dans la poche de votre gilet, mais mettre les mains dans les poches des pantalons, c'est une énormité. Il faut, pour en arriver là, être pénétré jusqu'aux moelles du mépris de son auditoire et de son sujet. Gentlemen, parce que vous êtes des gentlemen, yousu.' aurez jamais à être mis en garde contre cet abus ; vous ne vous abaisserez pas jusque-là. Il y a des frères qui se le permettent de temps en temps, parce qu'ils peuvent se permettre beaucoup de choses; ce sont eux précisément qui ne devraient rien faire de la sorte, parce que leur exemple est paissant et qu'ils sont responsables en une certaine mesure des pauvrets qui les copient. Il y a une autre tenue, analogue à celle-là, qui n'est pas tout à fait aussi répréhensible, On la constate dans des banquets de second ordre, qui demandent un peu d'étalage extra de gilets blancs, et à des réunions d'ouvriers, où un industriel fête ses gens et répond à un toast. Ici et là elle se rencontre dans des réunions religieuses, où l'orateur est un personnage influent de l'endroit et se sent
a Le roi de tout ce qu'il voit. »
Dans ce cas, les pouces sont introduits dans les emmanchures du gilet, et l'orateur, écartant les parements de son habit, découvre et montre le bas du gilet. J'appelle cela le style pingouin, et je ne trouve
pas de meilleure comparaison. Cette attitude peut être convenable et digne pour un valet de pied ou un cocher à une soirée, ou pour un membre de ['Ordre Uni des drôles de corps ; un vénérable grand-pére peut parler dans cet appareil à ses enfants et à ses petits-
ô8 l'attitude, les gestes, l'action
enfants lors d'une fête de famille ; mais, pour quelqu'un qui parle en public, et à plus forte raison pour un ministre, c'est aussi incongru que possible.
Proche parente de cette mode est celle qui consiste à se prendre au col de son habit, comme si l'on sentait la nécessité de se bien tenir dans la main. Quelquesuns commencent par s'accrocher solidement, puis ils promènent les mains en bas, en haut, comme s'ils voulaient doubler l'habit quelque part ou allonger le collet. Ils semblent suspendus aux devants de leur habit comme à deux cordes ; on s"étonne que l'habit ne craque pas au cou. Cette manœuvre n'ajoute rien à la puissance ni à la force de pénétration du style d'un orateur, et son sens probable est celui-ci : « Je suis très à l'aise et j'ai grand plaisir à nVentendre parler. »
Comme il serait bon de stigmatiser toutes les laideurs possibles, j'en mentionnerai même d'assez rares. Je me souviens d'un ministre de talent qui avait l'habitude de regarder fixement dans la paume de sa main gauche, et avec la droite il avait l'air d'en extirper ses idées. Divisions, illustrations, traits frappants, tout paraissait pousser dans cette paume, comme autant de fleurs, et on aurait dit qu'il déra-
CHEZ l'orateur 6q
cinait soigneusement ces fleurs Tune après l'autre, pour les offrir a ses auditeurs. C'était de peu de conséquence, car ses idées étaient admirables : cependant cette action n"avait rien de gracieux.
Certain prédicateur de mérite avait l'habitude de porcer le poing a son arcade sourcilière, puis de se donner un léger coup sur le front, comme pour éveiller sa pensée • c'était plus drôle qu'expressif.
Tapoter dans la main gauche avec le doigt indicateur de l'autre main, comme si l'on y perçait de petits trous, ou se servir du dit index pour perforer l'air. est une action fantaisiste, qui a son coté amusant.
Se passer la main au-dessus des sourcils, quand la pensée va profond, et que le mot juste n'est pas facile a trouver, est un mouvement très naturel : mais il faudrait se garder de se gratter la tète, quoique ce soit peut être tout aussi naturel. J'ai vu opérer largement de cette dernière manière, mais je ne m'en suis. point épris.
Je ne puis m'empècher de mentionner une bizarrerie accidentelle, qui est très fréquente. Quelques frères ont toujours, en proposant la loi divine, la main étendue, et ils rélèvent et l'abaissent continuellement, en suivant le rythme de chaque phrase. Or^
cette action, excellente en son genre, pourvu qu'elle ne tombe pas dans la monotonie, expose malheureusement à des mésaventures. Si l'orateur, s'échauffant, continue à mouvoir perpendiculairement sa main, il court grand risque de présenter souvent l'aspect que mon artiste a reproduit. L'action frise le symbole; malheureusement ce symbole est vulgaii'e et on l'a décrit ain,':i : « Poser le ' pouce du dédain sur le nez du mépris. » Il \\ en est qui, sans s'en douter , commettent cette vulgarité par douzaines de fois pendant le cours d'un seul sermon .
Vous avez ri de ces portraits que j"ai dessinés pour votre édification ; prenez garde qu'on ne rie de vous, parce que vous y ressembleriez.
J'avoue cependant que je ne suis point aussi mal disposé à regard d'aucun de ces travers dans Faction,
ni même de tous ensemble, qu'a Tégard du style superfin^ qui est absolument méprisable et abominable. Il est pire que le vulgaire, qui court les rues, car c'est de la quintessence même de vulgaire avec un relent d'affectation et d'airs 'c comme il faut ». La grossièreté rustique repose, après qu'on a été exaspéré par un inepte maniérisme. Cicéron a raison d'exhorter les orateurs à prendre exemple sur les lutteurs ou les soldats, plutôt que Gur les danseurs et leurs jolies futilités. La virilité du maintien ne doit jamais être sacrifiée à Télégance. Des prédicateurs tirés à quatre épingles n'amèneront jamais nos classes ouvrières même à examiner la vérité du christianisme. L'ouvrier anglais admire un air mâle et aime à écouter celui qui lui parle un langage cordial et naturel : de fait, les ouvriers de tout pa3-s ressentiront plus d'attrait pour une fiére insouciance que pour le soin extravagant de la personne chez celui qui leur parle. Le trait suivant, raconté par l'abbé MuUois n'est pas, je le suppose, le seul de cette espèce.
« Un ouvrier parisien converti, un homme au tempérament
emporté, mais franc, plein d'énergie et d'ardeur, qui avait souvent pris la parole avec succès dans les clubs fréquentés par les hommes de sa classe, était questionné par le prédicateur, qur l'avait amené à Dieu, sur les causes de son étonnant retour aux choses religieuses :
« — Vous me rendrez service, lui disait le prédicateur, en me renseignant; cela me permettra d'employer, avec d'autres, les moyens qui ont été salutaires pour vous.
« — J'aimerais mieux pas, répondit l'ouvrier, car je dois vous dire que je n'aurais pas de compliments particuliers à vous faire.
« — Peu imperte ; ce ne sera pas la première fois qu'on m'aura tenu ce langage.
« — Eh bien, puisque vous le voulez, je vais vite vous dire comment cela s'est passé. Une bonne femme m'avait... pardonnez-moi l'expression, je parlais comme cela alors... m'avait embêté pour me faire lire votre petit livre. Au bout de quelques pages, je fus pris au point que j'eus un vif désir de vous voir.
« On me dit jue vous prêchiez dans telle église, et j'allai vous entendre. Votre sermon me fit encore quelque chose, mais, pour parler net, pas grand'chose; oui, relativement, rien du tout. Ce qui fit bien plus sur moi, ce furent vos manières ouvertes, simples et bonnes, et surtout votre chevelure en désordre; car f ai toujours détesté ces prêtres, dont la tcte me rappelle celle d ini garçon coiffeur, et je me dis : « Cet homme s'oublie pour nous, « donc nous devrions faire quelque chose pour lui. » Là-dessus, je me décidai à vous faire une visite, et vous mi'avez mis dans le sac. Voilà le commencement et la fin de l'affaire. »
Quelques petites écervelées en sont encore à se
pâmer cradmiration devant un cher jeune homme, dont la principale préoccupation est de sa précieuse personne: elles deviennent, il faut l'espérer, moins nombreuses de jour en jour: quant aux hommes intellig-ents et aux rudes ouvriers de nos grandes cités, ils abhorrent sans réserve k.. fatuité chez un ministre. Partout ou se ni'jntre ratïectation. vous voyez aussitôt une barrière entre l'homme qui en est frappé, et la foule au gros bon sens. Il est peu d'oreilles qui jouissent d'entendre crier des paons.
C'est une pitié que nous ne puissions pas persuader à tous les ministres cVètrc hommes, car il est difficile de comprendre cjmment, sans cela, ils pourraient être des hommes de Dieu. Toute excentricité dans l'attitude, le ton ou le vêtement est une barricade entre nous et le peuple : nous devons parler en hommes, si nous voulons gagner les hommes. Le récent réveil des modes vestimentales dans l'éc-lise ans^licane est, pour ce motif avec d'autres plus graves, un pas dans une mauvaise direction.
,11 y a cent ans, l'accoutrement des membres du clergé était a peu prés aussi voyant que de nos jours, mais il n'avait aucune signification dogma-
tique et n'était que de Textravagance. Ce goût pour de beaux atours conduisait, en chaire, à une méticuleuse correction qu'on appelait de la dignité et dont on tirait gloire. La bienséance et le décorum étaient les deux grandes préoccupations des prédicateurs: l'une et l'autre allaient de pair avec la pompe ou le doucereux, suivant les tempéraments différents de ces créatures, jusqu'à ce que les honnêtes gens se lassèrent de leurs sottes grimaces, et laissèrent la des personnages aussi guindés. Les prédicateurs étaient trop soucieux de se montrer convenables pour s'efforcer de se rendre utiles. Ils ne daignaient pas se servir des gestes qui auraient rendu leur parole un peu plus intelligible, car ils n'avaient cure des simples. Les difficiles étaientils contents ? Ces ministres ne demandaient pas d'autre récompense, et entre-temps les multitudes périssaient faute de connaissance. Dieu nous garde des belles manières et des bienséances rafîinées, si les masses doivent être détournées par là du culte public !
De nos jours, ce ridicule écœurant est, nous l'espérons, plus rare, mais il n'a pas disparu. Nous avons eu l'honneur de connaître un ministre qui ne pouvait
pas prêcher -ans ses g-ants de chevreau noirs: se trouvant un jour en chaire sans les avoir, il descendit pour aller les chercher dans la sacristie. Malheureusement un des diacres avait emporté dans son banc non son propre chapeau, mais celui du prédicateur: pendant qu"on faisait cette découverte, Tautre se mit a tempêter .et a crier : <r Je ne prêche jamais sans gants. Non, ce n'est pas possible. Je ne puis remonter en chaire, jusqu'à ce que vous m'ayez retrouve mes gants.' .. Je voudrais qu'il ne les eût jamais retrouvés, car sa place était derrière un comptoir du Bon Marché, bien plus que dans la chaire chrétienne. Un ministre doit éviter toute espèce de négligé, mais, comme ce sont les caractères mâles qui tombent plus souvent dans ce défaut que dans l'autre. défendez-vous le plus opinicàtrem.ent possible contre la pire erreur. Tous les trucs et les effets de scène sont intolérables pour la prédication du message de l'Eternel. Alieux valent un vêtement râpé et une langue inculte avec un air honnête et naturel que la fatuité cléricale. Beaucoup mieux fouler aux pieds toutes les règles de la callisthénie que d'être un acteur, un comédien consommé, un artiste sur une scène religieuse. Il y a vin^tans un caricaturiste
fcUlLl' UE SLGHli
me baptisa : Soiifre{i)^ et plaça à côté de mon portrait celui d'un récitateur au sourire béat, à qui il donna le nom de Sirop de sucre. Je fus parfaitement satisfait de mon lot, mais je n'en aurais pas dit autant, si j "avais été représenté par le portrait voisin du mien. La mélasse et autres substances sucrées me
(î) On reprochait à Spurgeon de trop parler de l'étang de feu et de soufre des pécheurs perdus. Ce croquis rappelle notre prédicateur dans sa jeunesse. (A'', du T.)
CHEZ L 0RATEI:R -y
donnent des nausées. Un petit-maître en ehaire me donne la sensation qu'eut Jehu. quand il vit le visage peint et orné de Jézabel, et s"ecria avec indignation : '( Jetez-la en bas ! »
Je serais fort peiné si quelqu'une de nos remarques sur le grotesque dans l'action donnait l'idée, ne fût ce qu'a un seul parmi vous, de se mettre a prendre des poses et a faire l'acteur; ce serait passer du mal au pire. Nous avons dit que le D-" Hamilton prit des leçons avec un maître, pour se guérir de son intirmité. mais le résultat ne fut évidemment pas très encourageant, et je crains beaucoup que les professeurs attitrés de belles manières ne créent plus de défauts qu'ils n'en tuent: peut-être ma tentative d'amateur aboutira-t-elle la aussi, mais je voudrais au moins prévenir ce malheur en vous mettant sérieusement sur vos gardes. Ne pensez pas a la manière dont vous gesticulez, quand vous prêchez, mais apprenez d'avance l'art de faire tout a propos, sans avoir à y penser sur le moment même.
Notre dernière régie résume toutes les autres : Soyez naturels dans l'action. Evitez jusqu'à l'apparence du geste étudie! L'art est froid, la nature seule a de la vie: que la grâce d'en haut vous affranchisse
de toute fiction: en toute chose, et en tout lieu, soyez vrais, dussiez vous passer pour des manants ou des malappris. Votre manière doit être bien à vous, ce ne doit jamais être un mensonge voulu : qu'est-ce que singer l'élégance, simuler la passion, feindre l'émotion ou copier le débit d'autrui, si ce n'est mentir de fait?
Notre but est de retrancher les excroissances de la nature encore inculte, non de produire l'artificiel et l'affecté; nous voudrions nettoyer l'arbre, le tondre d'une certaine manière. Nous voudrions que nos étudiants s'occupasssent de l'action, pendant qu'ils sont avec nous au collège, de façon à n'avoir plus à s'en occuper ensuite. Le sujet est trop peu important pour y consacrer chaque jour du temps dans le feu de la vie pastorale: vous devez l'étudier maintenant pour en avoir fini alors. Vous n'êtes pas envoyés de Dieu pour mendier des sourires, mais poLU' gagner des âmes; votre maître n'est pas le maître de danse, mais le Saint-Esprit, et votre tenue en chaire ne réclame votre attention que parce qu'elle peut empêcher votre succès en faisant faire aux gens des remarques sur le prédicateur, tandis que vous désirez que toutes leurs pensées soient concentrées sur le sujet
de la prédication. Si l'action la meilleure avait Teffet à rebours de celui que vous voulez, je vous presserais de l'abandonner, et si les gestes les plus défectueux prévenaient ce résultat, je vous conseillerais de les adopter. Tout ce que je me propose, cest de recommander des mouvements calmes, gracieux, naturels, parce que c'est ceux qu'on remarquera le moins. J'ai une crainte et la voici : c'est que vous n'alliez sottement imiter un ministre admiré: cela vous jetterait hors du bon chemin. L'action chez chaque orateur doit s'harmoniser avec sa personne et être en rapport avec son individualité. Le genre du docteur Goliath, qui a six pieds de haut, n'ira pas à la taille de notre ami Court, qui est un Zachée parmi les prédicateurs : la manière d'un vénérable vieux théologien ne conviendra pas au jeune ApoUos qui a à peine vingt ans. J'ai entendu dire que, pendant une saison, un grand nombre de jeunes ministres congrégationalistes ont imité le pasteur de Weigh House, et ainsi il y avait partout de petits Binneys reproduisant le grand en tout, sauf dans la profondeur de sa prédication. Le bruit court qu'il y a de par le monde un ou deux Spurgeons: j'espère qu'il s'agit seulement de mes fils, à qui leur naissance
8o l'attitude, les gestes, l'action
donne un droit à mon nom. S'il en est parmi vous qui deviennent mes copistes, je vous considérerai comme des échardes dans ma chair et vous mettrai au rang de ceux que, dit Paul, « nous subissons joyeusement ». Tout commençant est d'abord un copiste, mais il doit développer son individualité. Ce serait exagérer peut-être de vous dire de ne jamais copier personne ; il vaut peut-être inieux vous exhorter à imiter la meilleure action qui se présentera à vous, afin que votre propre manière se trouve dans un moule convenable pendant sa période de formation. Faites contrepoids à l'influence d'un inodèle par un autre; toutefois créez-vous une forme personnelle. L'imitation servile est le fait d'un singe ; la sagesse d'un homme prudent consiste à ne se modeler que sur les beaux côtés d'un autre. Déplus, ne souffrez jamais que l'imitation des meilleurs maîtres de l'antiquité, ou des plus estimés parmi les modernes,vous dépouille de ce qui est chez vous une originalité naturelle.
Concluons. Ne permettez pas à mes critiques sur les positions grotesques de venir vous hanter en chaire; prenez toutes ces positions plutôt que d'avoir
peur, ce qui vous rendrait empruntes et rr.aiadroits. En avant, n'importent les maiadresses ou le contraire. Ce sera la moitié moins fâcheux d en commettre quelques-unes que d'être nerveux. Il se peut que ce qui serait excentrique chez un autre, soit à sa place chez vous: c est pourquoi ne considérez les préceptesde
personne comme appUcables à tous les cas ou au vôtre. Voyez comment John Knox est représenté dans la gravure bien con nue. Cette position est-elle gracieuser Peut être que non. Cependant n'est-elle pas ce qu'elle devait être r En quoi la trouvezvous fautive?
N est elle pas à la Knox et pleine de vier Elle ne con-
viendrait pas à un orateur sur cinquante; chez la plupart des prédicateurs elle semblerait forcée, mais chez le grand réformateur elle est caractéristique et s'harmonise avec l'œuvre de sa vie : c'était un Elisée tonnant ses reproches devant une cour qui détestait les réfonnes qu'il demandait. Soyez vous-mêmes comme il était lui-même; lors même que vous devriez être disgracieux et gauches, soyez vous-mêmes. Vos propres vêtements, quoique tissés à la maison, vous iront mieux que ceux d'un autre, quoique du meilleur drap de fabrique; vous pouvez suivre la mode de votre précepteur, si vous voulez, mais n'empruntez pas son habit, contentez-vous de porter le vôtre.
Surtout, so3-ez si riches d'idées, si fervents et si pleins de grâce, que les auditeurs ne s'occupent guère de la façon dont vous leur distribuez la bonne parole ; car, s'ils s'aperçoivent qu'elle descend du ciel bien fraîche, et qu'ils la trouvent douce et abondante, ils ne s'arrêteront que peu au panier dans lequel vous la l-eur apporterez. Laissez-les dire, si cela leur plaît, que votre « présence corporelle est faible, « mais demandez a Dieu qu'ils puissent reconnaître que votre « témoignage » est « sérieux et fort. » Rendez vous
« recommandables a toute conscience d'homme >y sous le regard de Dieu, et alors <>n vous tiendra en g-éneral quittes de '< la menthe et de l'anis » des attitudes.
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