CHAPÎTRE XIV
Commené préparer 1 intelligence pour le sommeil.
Sor,im«m, duux suinuieil, comuient t'ai-je effntyé
SllAKLSPhAH l\.
L n'y a pas longtemps, j'entendais une jeune dame dire qu'il était impossible à toute femme d'être charmante ou agréable au moment où elle se lève, le matin. Le révérend docteur Bushnell déclarait que « l'homme qui s'éveille de mauvaise humeur tient du démon». Ce que nous éprouvons quand nous nous éveillons, le matin, dépend de ce que nous avons ressenti ou pensé en nous endormant.
Si nous nous couchons en conservant de la rancune contre un voisin, avec la résolution de « dire son affaire» à quelqu'un qui nous a offensé; si nous
avons de la haine ou de la jalousie dans le cœur; si nous sommes envieux du succès d'autrui, nous nous éveillons déprimés, fatigués, amers, pessimistes, irritables, malheureux, aussi semblables à un démon qu'il est possible à un être humain de Tétre. Le destructeur a été à l'œuvre toute la nuit, excitant les délicates cellules du cerveau et des nerfs, démolissant furieusement ce que la bienfaisante nature avait pris tant de peine à construire. Mais quand nous nous endormons avec des pensées agréables, bienveillantes, aimables, nous nous éveillons rafraîchis et heureux. Nos facultés toujours éveillées ont employé les heures de la nuit à faire leur office amical, reconstructeur et bienfaisant.
Peu de personnes pensent à préparer leur intelligence pour le sommeil, cependant cette préparation est tout aussi nécessaire que celle du corps. Nous prenons la peine de tenir celui-ci en bon état; nous nous déshabillons, prenons un bain chaud, nous nous massons le visage avec quelque baume rafraîchissant, nous nous assurons que notre chambre est bien ventilée, et que notre lit est propre et bien confortable, mais nous n'accordons pas une pensée à la préparation de notre intelligence.
Au lieu de faire travailler pour nous, pendant la
nuit, nos facultés mentales subconscientes, nous leur permettons de démolir ce que nous avions construit pendant la journée. Durant la nuit, beaucoup d'entre nous deviennent vieux, farouches et ridés, quand ce devrait être tout le contraire, la nature ayant ordonné que la nuit soit le moment du renouvellement de la vie corporelle et mentale.
Si nous préparions notre esprit au sommeil avec la même intelligence et le même soin que nous prodiguons à notre corps, si nous chassions de notre mémoire toutes les images discordantes, tous les soucis et toutes les craintes qui nous ont troublés ou rendus perplexes pendant le jour, au lieu d'avoir un cauchemar-panorama, passant et repassant devant nous pendant la nuit, nous privant du repos nécessaire et neutralisant les forces récupératrices, quelle différence cela ferait pour nos progrès, pour notre vie !
Je connais des hommes dont la vie a été transformée en adoptant l'habitude de se placer dans des conditions harmonieuses, de se mettre à l'unisson avec l'Infini avant de s'endormir. Autrefois, ils se couchaient fatigués, découragés, se faisant du souci pour toutes sortes de choses. Ils discutaient leurs mésaventures le soir avec leur femme, et s'appesan-
tissaient sur le mauvais état de leurs affaires, sur leurs erreurs et les conséquences qui pouvaient en résulter. Naturellement, ils se couchaient avec Tesprit troublé, et leurs craintes, exagérées par la tranquillité de la nuit, se gravaient toujours plus profondément dans leur cerveau, et faisaient leur funeste travail, rendant le vrai repos et le renouvellement impossible. Quand ils eurent réformé leurs habitudes, changé leurs pensées au moment d'aller au lit, leurs affaires s'améliorèrent immédiatement. Ils s'éveillèrent plus forts, plus vigoureux, rafraîchis, plus capables de lutter contre les difficultés, de faire des plans et de les réaliser.
Beaucoup de personnes me disent qu'elles ne peuvent s'empêcher de penser lorsqu'elles sont couchées. Leur cerveau est si actif, si occupé à faire le travail du lendemain qu'il ne peut se calmer avant de longues heures.
Naturellement, vous ne pouvez arrêter votre pensée le premier soir que vous essayez de changer vos habitudes. Mais si vous persistez, en vous faisant une loi de ne permettre à aucune inquiétude, à aucune crainte, à aucune affaire, de quelle espèce que ce soit, d'entrer dans votre chambre à coucher, vous réussirez certainement à maîtriser vos pensées.
Inscrivez cette légende sur la porte de votre chambre, ou dans une place bien en vue : « Ceci est mon lieu très saint, le lieu de la paix suprême et de la force de ma vie, d'où toute discorde est bannie. » En vous déshabillant et en vous couchant, dites-vous : « J'ai fait de mon mieux pendant la journée ; maintenant je cesse de penser, de me faire du souci, de faire des plans, et je me livre à un bon sommeil rafraîchissant qui me préparera pour le travail du lendemain. »
Prenez aussi la résolution de n'avoir aucun mauvais sentiment, aucune pensée amère envers qui que ce soit. Imaginez que les mots «Harmonie», «Paix», « Amour », « Bonne Volonté envers tous », sont inscrits en lettres de feu sur les murs de votre chambre. Répétez-les jusqu'à ce que votre subconscient soit saturé des idées qu'ils expriment, et au bout d'un moment vous vous endormirez l'esprit serein, bien équilibré, rempli de pensées heureuses, joyeuses et créatrices.
Sans doute, jusqu'à ce que la nouvelle habitude soit prise, des pensées contraires s'introduiront dans votre esprit, en dépit de votre volonté, mais vous pouvez ne pas les accueillir. Si vous persistez, vous vous endormirez bientôt comme un petit enfant,
et vous vous réveillerez comme lui, le matin, rafraîchi et heureux. Au bout de quelque temps, votre volonté subconsciente obéira à votre commandement, sans aucun effort de votre part. Le subconscient est en réalité un des agents les plus puissants qui puisse aider Thomme à accomplir ce qu'il désire. L'insomnie par exemple, qui est la malédiction de tant de personnes, peut être entièrement vaincue avec son aide.
Si vous vous couchez chaque soir avec l'idée fixe que vous ne pourrez pas dormir, vous êtes dans une grande mesure, la victime de votre croyance. La conviction que vous ne pourrez dormir, imprimée dans votre subconscient, est responsable de la continuation de votre mal.
Nous savons par expérience que nous pouvons nous convaincre nous-mêmes d'une chose en l'affirmant souvent et longtemps. Au bout de quelque temps, la constante répétition établit dans notre esprit la croyance que cette chose est vraie. Nous pouvons ainsi prendre l'habitude du sommeil aussi facilement que toute autre habitude.
Il est absolument possible, par le moyen de l'affirmation, de la répétition constante, de retrouver le sommeil normal. Dites-vous : «Tu sais qu'il n'y a aucune raison qui t'empêche à dormir. Rien dans ton
état physique ou mental ne peut te tenir éveillé. Il n'y a aucune raison pour que tu ne dormes pas profondément tant d'heures par nuit, et tu vas commencer à dormir ainsi dès ce soir. »
Faites de semblables affirmations pendant la journée. Dites-vous: «Cette insomnie n'est qu'une mauvaise habitude. Si tu étais malade physiquement ou mentalement, s'il existait quelques sérieuses défectuosités dans ton système nerveux procurant l'insomnie, ce serait différent. Mais tu n'as rien de semblable ; tu es tout simplement l'esclave d'une obsession déraisonnable, et tu vas t'en affranchir. Tu vas mieux dormir cette nuit, encore mieux demain et les jours suivants. Rien ne peut te tenir éveillé que ta crainte de ne pouvoir dormir. »
Soyez fermement persuadés que vous allez dormir facilement et naturellement; détendez vos muscles et répétez d'une voix tranquille et assoupie: «J'ai sommeil, je vais dormir. » Votre subconscient l'entendra, et obéira bientôt automatiquement à votre suggestion.
Il va sans dire que si l'insomnie est le résultat d'habitudes mauvaises et irrégulières, la victime doit changer ses habitudes avant de pouvoir s'attendre à quelque soulagement.
L'homme est un faisceau d'habitudes. Nous accomplissons la plupart de nos fonctions vitales avec une telle régularité que cet accomplissement devient pratiquement automatique. Cette régularité est nécessaire à notre santé, à notre succès, à notre bonheur. Ceci est tout spécialement vrai en ce qui concerne le sommeil. Nous devons avoir des heures régulières, être systématique dans nos habitudes, ou notre sommeil en souffrira.
Surtout, avant de vous coucher, prenez l'habitude d'en appeler au Divin qui est en vous. Demandez-lui de vous élever, de vous améliorer, de vous développer, d'accomplir en vous ce après quoi vous soupirez et que vous ne savez comment obtenir. Cet appel, enregistré dans votre subconscient, travaillera comme un levain pendant la nuit; et au bout de quelque temps, toutes les forces constructives qui sont en vous s'uniront pour vous aider à atteindre votre but, à réaliser votre vision, quelle qu'elle puisse être.
Toute pensée gravée par le subconscient avant que nous nous endormions est une semence qui germera pendant la nuit, tandis que nous serons inconscients, et produira plus tard une riche moisson. Nous pouvons ainsi corriger nos mauvaises habitudes, nous
débarrasser de nos défauts et de nos imperfections, fortifier nos facultés, et vaincre les tendances vicieuses que notre volonté n'est pas assez forte pour corriger à elle seule pendant la journée.
Si, comme cela parait clair maintenant, le subconscient peut construire ou détruire, nous rendre heureux ou misérable suivant le modèle que nous lui donnons avant de nous endormir, s'il peut résoudre les problèmes de l'inventeur, débrouiller les affaires du commerçant, pourquoi n'en usons-nous pas davantage ? Pourquoi ne profitons-nous pas mieux de cette force puissante et mystérieuse qui peut transformer notre vie, notre caractère, nous conduire au succès et au bonheur ?
Les parents devraient enseigner à leurs enfants comment préparer leur intelligence pour le sommeil, de telle sorte que le subconscient puisse produire quelque chose de beau, au lieu des images terrifiantes qui, si souvent, terrorisent les petits enfants au moment où ils s'endorment, ou quand ils se réveillent pendant la nuit. Combien souvent nous avons remarqué l'expression troublée, craintive, du visage d'un enfant qui s'était endormi avec des pensées de colère ou de crainte, éveillées en lui par une sévère correction.
Un enfant ne devrait jamais être grondé, effrayé ou tracassé au moment du coucher. On devrait l'encourager à s'endormir heureux et plein d'amour. Alors son visage refléterait ses bonnes dispositions et il se réveillerait dans le même esprit, comme s'il s'était entretenu avec les anges pendant son sommeil.
Les enfants sont particulièrement sensibles à l'influence de nos pensées, de nos suggestions, pendant leur sommeil. Leur caractère peut être formé en grande partie, leur habileté développée, leurs défauts déracinés et leur point faible fortifié pendant le sommeil. Les suggestions qui leur sont faites à ce moment produisent même plus d'efiPet que celles que nous leur faisons pendant qu'ils sont éveillés, parce que, tandis que l'intelligence objective se disperse souvent et oublie de reproduire ce qui lui est présenté, l'intelligence subjective absorbe graduellement et reflète chaque suggestion. Bien des mères ont fait l'expérience de cette vérité, tout spécialement pour corriger de mauvaises habitudes qu'il semblait presque impossible d'atteindre pendant que les enfants étaient éveillés.
Si vous désirez que votre enfant ait un beau caractère, de bonnes dispositions, communiquez-lui de belles pensées au moment où il s'endort, parlez-lui
de belles choses pendant qu'il dort. Je crois que le temps viendra où une bonne partie de l'éducation de l'enfant se fera pendant son sommeil. Ses facultés esthétiques, l'amour de la musique, de l'art, de toutes les choses nobles et belles, des talents spéciaux et des possibilités latentes de toutes espèces seront développées par la suggestion.
C'est dans les merveilleuses forces intérieures créatrices que réside le grand secret de la vie. Béni est celui qui le trouve. Doublement béni est celui qui le trouve au début de son existence.
Marden. — Attitude Tictorieuse.
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