CHAPITRE XV
Commeni rester jeune.
On ne compte pas les années d'un homme, jusqu'à ce qu'il n'ait rien d'autre à compter. R.-W. Emerson.
La vieillesse commence dans le cœur. Quand le cœur se refroidit la peau vieillit, et les marques de l'âge s'impriment d'elles-mêmes sur le corps. L'intelligence s'affaiblit, l'idéal se ternit et la sève de la vie se perd.
EAUcoup de personnes considèrent la vieillesse comme un temps où, ainsi qu'un auteur l'écrivait récemment, on a «le sentiment que personne n'a plus besoin de nous, que tous ceux que nous avons élevés se sont depuis longtemps engagés dans des chemins où nous ne pouvons plus les suivre, que même le courant de la pensée coule si vite qu'il nous enserre dans un de ses remous, et nous repousse doucement,
mais sans espoir, en arrière, alors que nous essayons faiblement de remonter ce courant. »
Il existe une vieillesse de cette espèce, mais non pour ceux qui ont fait face à la vie de la bonne manière. Une fin aussi pathétique, aussi tragique, n'existe pas pour ceux qui aiment et sont aimés, parce que leur cœur reste ouvert aux joies et aux chagrins de la vie, pour ceux qui conservent un intérêt sympathique à l'égard de leurs contemporains et du progrès du monde, qui gardent leurs facultés intactes par l'usage, et dont l'intelligence, constamment éveillée, s'élargit dans l'amour, au service de l'humanité. Une vieillesse triste et inutile n'appartient qu'à ceux qui n'ont pas su vivre.
Notre accroissement en sagesse eten connaissance devrait être la seule indication que nous avançons en âge. Le professeur Metchnikoff, la plus grande autorité en ce qui concerne la vieillesse, croit qu'il est possible de prolonger la vie, tout en maintenant son maximum de vigueur et de fraîcheur jusqu'à la fin de son cycle normal. Alors, l'individu accueillera avec reconnaissance ce qui sera pour lui une délivrance bienheureuse. A ce moment, l'instinct de la mort, selon Metchnikoff, remplacera l'instinct de la vie, quand le corps s'approchera de la fin naturelle
d'un épuisement normal. Ce professeur croit que les hommes pourraient vivre et rester utiles au moins jusqu'à l'âge de cent vingt ans.
L'auteur de « La philosophie de la longévité » nous dit que l'homme pourrait vivre deux cents ans. Jean Finot dit: « Physiologiquement, le corps humain possède une solidité incomparable. Aucune des machines inventées par l'homme ne pourrait résister une seule année aux contributions incessantes que nous imposons à notre corps. Cependant, en dépit de cela, il continue à remplir ses fonctions. »
Ce qui nous fait horreur, c'est le déclin prématuré des facultés, la diminution de la force, la décadence du corps plusieurs années avant le terme de la vie. Cette crainte de la sénilité s'accroît parce que la vie devient continuellement de plus en plus intéressante. Nous sommes à la veille d'une ère nouvelle et merveilleuse, et toute l'humanité est sur le qui-vive. Jamais, auparavant, la pensée de la vieillesse, représentée par le déclin de l'activité, n'a été si répugnante à l'homme.
Mais pourquoi penser ainsi? C'est justement la crainte anticipée de la vieillesse qui nous rend vieux, séniles, inutiles.
Les forces créatrices qui sont en nous obéissent
à nos suggestions, à nos pensées, et si nous retenons constamment, dans notre conscience, des pensées de vieillesse et de décrépitude, elles se reproduiront dans notre corps.
Il y a quelques années, un jeune homme « mourut de vieillesse » à Thôpital de New- York. A l'autopsie, les chirurgiens déclarèrent que, quoiqu'il fût âgé seulement de vingt-trois ans, ses organes intérieurs en avaient quatre-vingts.
Il y a quelque temps, je parlais de la vieillesse avec un homme remarquable, âgé de soixante ans. La pensée des processus inévitables de la caducité l'épouvantait. Peu importe, déclarait-il, les efforts qu'il ferait pour détourner, pour retarder la décrépitude, un moment viendrait où il ne pourrait l'empêcher, et où il deviendrait inutile. « La conviction que chaque moment, chaque heure, chaque jour me rapproche de ce trou dans la terre, où aucune puissance dans le ciel et sur la terre ne peut m'empêcherde descendre, est constamment présente à mon esprit, disait-il. Cette rétrogradation progressive, continuelle, est monstrueuse. Cette vieillesse décrépite, inévitable, qui me dévisage, me dérobe mon bonheur, paralyse mes efforts, et détruit mon ambition.
— Mais pourquoi vous appesantissez-vous sur ces
choses qui vous terrifient? lui demandai-je. Pourquoi entretenez-vous des pensées de vieillesse, de décrépitude, d'afFaiblissement de vos facultés mentales ? Pourquoi ne chassez-vous pas ces pensées morbides de votre esprit ? Si vous désirez réellement retarder les processus de la vieillesse, il vous faut changer vos pensées. Effacez de votre esprit tout ce qui a rapport à la vieillesse. Dites-vous: «Dieu est ma vie. Mon esprit ne peut vieillir, et c'est la seule vieillesse que je pourrais redouter. Aussi longtemps que mon esprit reste jeune, je ne puis vieillir. »
Le malheur est que ceux qui avancent en âge se placent eux-mêmes en dehors des conditions qui les maintiendraientjeunes. La plupart des gens ayant dépassé cinquante ans commencent à éviter les enfants et la jeunesse. Ils croient qu'il ne sied pas à leur âge d'agir comme lorsqu'ils étaient jeunes, et jour après jour, ils se laissent graduellement envahir par les manières et les habitudes de la vieillesse.
Nous reproduisons dans nos vies les modèles que nous avons dans l'esprit. C'est une loi mentale. Quand vous atteignez l'âge auquel la plupart des gens se déclarent vieux, vous vous imaginez que vous devez commencer à vieillir. Vous commencez à penser que
vous avez donné votre maximum, que vous ne pouvez plus supporter ce que vous supportiez autrefois, et qu'il vous faut prendre moins d'exercice, faire moins de travail, et vous reposer beaucoup plus.
Dès que vous vous permettrez de croire que vos forces commencent à décliner, elles le feront, et votre apparence et votre état physique obéiront à votre conviction.
Si les personnes qui ont vieilli prématurément pouvaient seulement analyser les influences qui leur ont dérobé leur patrimoine de jeunesse, elles découvriraient que, pour la plupart d'entre elles, la fausse conviction qu'elles devaient vieillir à un certain âge, les soucis inutiles — et tout souci est inutile — procurés souvent par la vanité, la jalousie, ou par un tempérament colérique et toutes espèces de pensées malsaines, en sont la cause. Si elles pouvaient seulement éliminer ces influences dans leurs vies, elles rajeuniraient immédiatement. S'il nous était possible d'efl'acer toutes les cicatrices et les rides dues à nos pensées, à notre humeur et à nos passions, la plupart d'entre nous seraient si bien transformés, tellement rajeunis, que nos amis auraient peine à nous reconnaître. Les pensées de vieil-
lesse, la mauvaise humeur et les passions, font de nous des vieillards dès notre maturité.
Les lois de renouvellement, de rajeunissement sont toujours à l'œuvre en nous, et agiront efRcacement si nous ne les neutralisons pas par une fausse manière de penser. Les changements chimiques opérés dans le sang et les autres sécrétions par le souci, la crainte, les passions violentes ou quelque trouble mental déprimant, mettent en action les processus de la vieillesse.
Les convictions que nous adoptons, nous les transmettons à nos enfants, et ces convictions se perpétuent constamment à travers les siècles. Chaque enfant, dans nos pays chrétiens, naît avec la conviction que 60 ou 70 années forment la limite de la vie humaine. Cette conviction s'est cristallisée dans l'humanité, et nous nous préparons déjà à la fin, bien avant la période fixée. Aussi longtemps que nous retiendrons cette croyance, nous ne pourrons enlever de notre esprit la constante suggestion que lorsque nous aurons dépassé la cinquantaine nos forces commenceront à décliner. L'idée que nous avons atteint la limite de notre croissance, que tout espoir de nouveau progrès doit être abandonné, tend à graver toujours plus profondément dans notre esprit la con-
viction de la vieillesse, et naturellement les processus créateurs ne peuvent que reproduire le modèle que nous leur fournissons.
Beaucoup de gens ont ce qu'ils se plaisent à appeler un pressentiment qu'ils ne vivront pas au delà d'un certain âge, et cette conviction devient le point vers lequel converge toute leur vie. Cette conviction limite le nombre de leurs années.
Il n'y a pas longtemps, je rencontrai dans un banquet un homme intelligent et cultivé qui me déclara être parfaitement sûr de ne pas atteindre un âge avancé. Pour appuyer son affirmation, il me fit remarquer que, dans toute la nature, les plantes, les animaux, et toutes les formes de vie qui parviennent vite à la maturité ne vivent pas longtemps, et parce qu'il avait été pratiquement déjà adulte à quinze ans, il était convaincu qu'il mourrait jeune. Il disait qu'il était un peuplier comparé à un chêne ; le peuplier pousse vite et meurt tôt, le chêne croît lentement et vit très longtemps.
Cet homme est tellement persuadé qu'il mourra jeune qu'il ne fait rien pour augmenter la durée de sa vie. Il ne prend aucun soin de sa santé, ni les précautions nécessaires en vue du danger. « A quoi cela sert-il, dit-il, d'essayer de lutter contre les lois de la
Nature ? J'aime bien mieux jouir de la vie tant que je peux, puisque je sais que je dois mourir jeune. »
Des multitudes de gens ont leur jeunesse entravée par la conviction qu'ils sont affligés de quelque tare héréditaire, d'une prédisposition à une certaine maladie qui raccourcira probablement leur vie, et cette conviction est si fermement ancrée en eux qu'elle les empêche de se développer complètement.
Il vaut infiniment mieux croire que nous vivrons beaucoup plus longtemps même que nous ne vivrons en réalité, que de perdre de précieuses années en fixant la date de notre mort, simplement parce qu'un de nos parents ou tous les deux sont morts jeunes, oii parce que nous craignons d'avoir quelque maladie, comme le cancer, qui se développera fatalement au bout d'un certain temps.
Pensez à la pernicieuse influence qu'exerce sur l'esprit des enfants une suggestion pareille! C'est pourtant ce que nous leur inculquons jusqu'à ce qu'ils ne puissent plus s'affranchir de cette conviction. Nous célébrons les anniversaires et fixons ainsi dans notre esprit la pensée que nous sommes d'un an plus âgé. Pendant tout notre âge mûr, l'image de la mort est présente à notre esprit, et nous avons l'idée que nous devons l'attendre et nous
y préparer pour un certain âge. En vérité, la suggestion de la mort a fait plus de ravages et troublé plus de vies que toute autre chose dans l'histoire humaine. Elle est responsable de la crainte qui est notre plus grande malédiction.
Un médecin distingué a dit que si Ton parlait aux enfants moins de la mort et plus de l'immortalité, ils resteraient jeunes beaucoup plus longtemps, et atteindraient un âge beaucoup plus avancé que ce n'est maintenant le cas. Je crois que le temps viendra où la coutume de célébrer les anniversaires, d'insister ainsi sur le fait que nous sommes d'une année plus vieux, d'une année plus près du terme de notre vie, sera abandonnée. Nous nous rendrons mieux compte que l'esprit ne peut être afFecté par les années, que sa vraie essence est la jeunesse et l'immortalité. Dans notre for intérieur, nous réaliserons qu'il y a en nous un principe de vie qui ne connaît ni Tâge, ni la mort. Nous découvrirons que la vieillesse est en grande partie une question d'attitude mentale, et que nous ne devenons que ce que nous sommes convaincus de devenir.
En réalité, la longueur moyenne de la vie s'accroît parce que la science enseigne aux hommes comment ils doivent vivre pour conserver la santé et
la jeunesse. Autrefois, les hommes et les femmes vieillissaient plus vite que maintenant, et ils mouraient plus jeunes. Nous ne pensons pas autant à la mort qu'on n'avait l'habitude d'y penser au moment où notre pays (l'Amérique) fut fondé, alors que se préparer pour la vie future semblait être la principale occupation de nos ancêtres, les Puritains. Ils ne pensaient pas beaucoup à ce monde, et n'essayaient guère de jouir de la vie. Ils parlaient, priaient, et chantaient en vue de la vie à venir, tout en rendant la vie d'ici-bas sombre et repoussante. Ils oubliaient que la religion enseignée par le Christ n'exclut pas la joie, au contraire.
Les plus grands adversaires delà vieillesse sont la joie, l'espoir, la bonne humeur, la gaîté, parce qu'ils sont l'incarnation de l'esprit juvénile. Si vous désirez rester jeunes, cultivez cet esprit; vivez près des jeunes, associez-vous à leur vie, à leurs jeux, à leurs ambitions.
Si vous désirez ne pas vieillir, abandonnez l'attitude et les manières de la vieillesse. Au lieu de marcher les épaules tombantes, et d'une allure traînante, redressez-vous, et mettez de l'élasticité dans votre démarche ; cessez de vous considérer comme un vieillard et de manifester des signes de décrépitude.
Souvenez-vous que l'impression que vous produisez sur les autres réagit sur vous. Si ceux qui vous entourent ont l'idée que vous descendez la colline, physiquement et mentalement, vous aurez d'autant plus de peine et d'efforts à faire pour changer celte conviction.
Des progrès ont déjà été réalisés à cet égard. Les dames âgées d'aujourd'hui ne s'habillent plus comme leurs grand'mères ; elles conservent une apparence beaucoup plus jeune. Les hommes, en vieillissant, sont moins soucieux de leur apparence. Ils portent la barbe plus longue, laissent tomber leurs épaules, traînent les pieds en marchant, et négligent leur toilette. Ils ne se donnent pas autant de peine pour conserver une apparence jeune que les femmes. Celles-ci recourent à toutes sortes d'expédients pour effacer les signes de Tâge et garder leur charme et leur attrait.
Il vieillit celui qui croit qu'il vieillit, celui qui croit qu'il est jeune reste jeune.
Nous constatons la puissance de l'influence mentale dans la façon merveilleuse avec laquelle nos actrices et nos acteurs de grand opéra conservent leur jeunesse, parce qu'ils sentent qu'il leur est indispensable de la conserver. Si Sarah Bernhardt, Ade-
lina Patti, Lily Lehmann, M"* Schumann-Heink, Lillian Russels, et bien d'autres, avaient embrassé une autre vocation, il est fort probable qu'elles auraient paru dix ou vingt ans plus âgées.
On peut citer trop d'exceptions à la croyance populaire que l'homme commence à décliner à cinquante ans, pour que qui ce soit se laisse influencer par elle. En réalité, nous devrions donner notre maximum après cinquante ans. Si le cerveau est maintenu actif et jeune, et si les cellules cérébrales ne sont pas affectées par une vie vicieuse, le souci, la crainte, l'égoïsme, ou par une maladie provenant d'une mauvaise manière de vivre et de penser, Tintelligence croîtra constamment en vigueur et en force. Les hommes et les femmes à l'intelligence vive et forte le prouvent jusqu'à quatre-vingts et même jusqu'à cent ans. Je connais bien des hommes entre soixante-dix et quatre-vingts ans qui sont aussi forts et vigoureux aujourd'hui, physiquement et mentalement, qu'ils l'étaient il y a vingt ans. Je causais récemment avec un homme d'affaires qui tomba malade de surmenage à quarante ans, mais qui est maintenant, dans sa quatre-vingtième année, plus élastique de corps et d'esprit que beaucoup d'individus de cinquante ans. Cet homme ne croit pas à
la vieillesse parce qu'il sait qu'il ne possédait pas, il y a dix ans, la moindre parcelle du corps qu'il possède aujourd'hui. « Pourquoi, dit-il, ferais-je peser mes quatre-vingts ans sur les nouvelles cellules de mon corps, quand pas une d'entre elles n'a plus du quart de cet âge ? »
Beaucoup d'entre nous ne comprennent pas ce fait biologique que la Nature nous confère elle-même un pouvoir de renouvellement perpétuel. Aucune des cellules de nos corps ne peut devenir très âgée, parce qu'elles sont toutes fréquemment renouvelées. Les physiologistes nous disent que les cellules de quelques muscles sont renouvelées en peu de mois. D'autres autorités estiment que 80 à 90 °/o des cellules du corps d'une personne d'activité moyenne sont entièrement remplacées dans l'espace d'une couple d'années.
Cependant, notre attitude mentale est ce qu'il a de plus important. Il n'y a aucune possibilité de rester jeune, lorsqu'on est convaincu qu'on doit inévitablement manifester les signes de la vieillesse. Les pensées de vieillesse s'impriment elles-mêmes dans les nouvelles cellules du corps, de telle sorte qu'elles paraissent bien vite avoir quarante, cinquante, soixante ou même soixante-dix ans.
Il est impossible aux processus de sénilité de maîtriser notre organisme ou d'opérer de sérieux changements dans notre corps, à moins que notre esprit n'y consente.
Affirmez donc constamment : « Je suis jeune parce que je me renouvelle perpétuellement ; ma vie découle à chaque instant de la Source infinie de la vie. Je suis renouvelé chaque matin, et rafraîchi chaque soir, parce que j'ai la vie, le mouvement et l'être en Celui qui est la Source de toute vie. » Affirmez ceci non seulement mentalement, mais à haute voix. Que cette image de rajeunissement perpétuel vous devienne si vivante, que vous sentiez le frémissement du renouvellement juvénile dans tout votre organisme.
Bien des personnes essayent de guérir les ravages physiques, amenés par une fausse manière de vivre et de penser, en cherchant à réparer leur corps de l'extérieur. Les « Instituts de Beauté » de nos grandes villes sont assiégés par des femmes qui essayent désespérément de conserver leur apparence jeune, sans comprendre que l'élixir de jeunesse est dans leur propre esprit, et non dans des flacons ou des boîtes. Y a-t-il rien de plus triste que de voir une vieille dame (réellement vieille parce que son cœur n'est plus jeune) avec un visage peint ou maquillé, et
habillée comme une jeune fille? Une telle femme ne trompe qu'elle-même ; les autres voient la vieille peau fanée sous le rouge, et découvrent les rides qu'elle a essayé de dissimuler. Essayer de guérir les ravages de la vieillesse, sans en enlever la cause, n'a jamais réussi et ne réussira jamais. Quand le cœur se refroidit, quand on cesse d'avoir de la sympathie et de l'intérêt pour la vie des autres et qu'on ne cherche plus à les aider, les ravages de la vieillesse apparaissent, en dépit de tous les « Instituts de Beauté » du monde.
Je connais des personnes âgées, riches et indolentes qui ne peuvent comprendre pourquoi elles vieillissent si rapidement en ayant une vie aussi facile, aussi exempte de souci que la leur. Le fait est que ces personnes sont dans un état de stagnation, et rien ne vieillit plus vite que la stagnation mentale et physique. Un travail utile, de n'importe quelle sorte, est le prix de toute croissance réelle, de toute vraie expansion. Celui ou celle qui se complait dans la paresse en paye le prix par une constante détérioration physique, mentale et morale. Un vaisseau, constamment ancré au port, pourrit et se détruit beaucoup plus vite qu'un vaisseau constamment en mer. Toutes les forces de la nature semblent se combiner
Marden. — Attitude victorieuse. 18
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pour corroder et détruire les choses inutiles, les gens paresseux.
Le travail, l'amour, la bonté, la sympathie, la bienveillance désintéressée, voilà les éternelles essences de jeunesse, qui ne vieillissent jamais, et si vous les possédez, elles agiront comme un levain dans votre vie, enrichissant votre nature, adoucissant et ennoblissant votre caractère, et prolongeant votre jeunesse, même jusqu'à la centième année.
Nous commençons à comprendre que la Fontaine de Jouvence est en nous-mêmes, dans notre propre mentalité. Un rajeunissement et un renouvellement sont possibles au moyen de la pensée juste. Nous avons l'âge que nous pensons avoir, parce que notre pensée et nos sentiments maintiennent ou changent notre apparence, dans la mesure exacte de leur persistance ou de leur variation. Il est impossible de paraître jeune et de rester jeune à moins de se sentir jeune.