CHAPITRE
iSotre unité avec la
le miinie.
Celui qui vit le mieux et le plus intensément est celui qui fournit à Dieu le plus d'occasions d'agir en lui. Si nous savions réellement comment avoir la vie, le mouvement et l'être en Lui, consciemment et à chaque instant, nous connaîtrions la vraie vie. Nous serions satisfaits, car alors nous nous éveillerions à sa ressemblance.
« Au plus profond de chaque cœur qui n'a pas émoussé le sens de sa vision intérieure, se trouve la croyance que nous sommes un avec quelque grand pouvoir inconnu et invisible, et que, d'une façon ou d'une autre, nous sommes inséparablement unis avec la conscience infinie. »
u commencement de la grande guerre européenne, un soldat juif se trouvant en première ligne d'un bataillon russe, engagea un combat corps à corps avec un soldat autrichien du bataillon ennemi. Dans cette rencontre désespérée, le Juif russe planta sa baïonnette dans la poitrine de son adversaire. Comme celui-ci, un Juif autrichien, tombait mortellement blessé, il murmura dans son dernier souffle la prière
hébraïque qui commence par : «Ecoute, ô Israël... » Le Russe, comprenant qu'il avait tué un frère juif, fut rempli d'horreur, et tomba sans connaissance sur le champ de bataille. Lorsqu'il revint à lui, il était fou.
Quand les hommes comprendront-ils que nous sommes tous frères, tous membres de la même grande famille humaine, enfants du même Père qui est Dieu ? Quand comprendrons-nous que, quoique des océans et des continents nous séparent, quoique nous puissions parler des langues différentes, quoique nous puissions différer de race, de couleur et de religion, nous sommes cependant si étroitement unis en pensées et en motifs, que nos intérêts les plus vitaux sont identiques.
En dépit de toutes les différences extérieures, cet invisible lien qui fait de toute l'humanité une seule et grande famille, se manifeste même sur les champs de bataille. Là, des hommes qui se sont battus et blessés deviennent amis, et apprennent à sentir leur fraternité. Combien de fois des soldats qui avaient été des ennemis acharnés dans la bataille, et avaient essayé de se tuer mutuellement, ont découvert, alors qu'ils gisaient les uns à côté des autres dans des lits d'hôpital, qu'ils étaient frères par le cœur, sans le savoir. Si ces hommes avaient pu lire dans l'âme des
autres, avant la bataille, comme ils le font maintenant à l'hôpital, jamais ils n'auraient tiré et essayé de se blesser mutuellement.
En dépit de nos erreurs, de nos fautes, de no& crimes, les nations se rapprochent les unes des autres. Les découvertes scientifiques, de merveilleuses inventions, l'usage toujours plus répandu de la vapeur et de l'électricité, la conquête de l'air, tout ceci unit et unifie les intérêts de l'humanité, et met en rapport les contrées les plus distantes du globe. L'Occident et l'Orient ne sont plus opposés. Ils commencent à se connaître et à se respecter mutuellement, à apprendre l'un de l'autre. Ils commencent à réaliser, dans son sens le plus large, la vérité émise par Kipling : « Il n'y a plus ni est, ni ouest, ni frontières, ni races, quand deux hommes se rencontrent, même s'ils viennent chacun des extrémités de la terre. »
Les savants amoncellent preuve sur preuve de l'unité, non seulement de l'humanité, mais de tout ce qui existe dans l'univers, de l'unité de toule vie. Ils démontrent qu'il n'y a qu'une substance, qu'il n'y a qu'une force éternelle ou essence dans l'univers, et que tout ce que nous voyons n'en est que l'expression variée. Tout, autour de nous, n'est qu'une modification, un changement de forme
de cette substance universelle, exactement comme l'électricité manifeste sa force sous des formes diverses, dans sa puissance déchaînée qui fend les arbres géants et détruit les plus grands bâtiments, ou dans sa puissance, maîtrisée par l'homme, qui sert à faire mouvoir les trains, à éclairer nos maisons, à fournir la chaleur ou la force pour les usages domestiques ou industriels.
La leçon suprême que nous devons retirer de tout ceci est notre union indestructible avec le Créateur de la vie, cette unité éternelle de l'esprit, cette union avec le Père que le Christ est venu nous révéler.
« Moi et le Père nous sommes un. » « Je suis le cep, vous êtes les sarments. » Nous sommes aussi étroitement unis les uns aux autres, et tous unis au Père, que les sarments le sont au cep. Quand nous sommes conscients de notre union avec l'Infini^ nous ressentons une force additionnelle, exactement comme les sarments ressentent la force de la vie qui circule entre eux et le cep. Séparé du cep, le sarment se dessécherait; il découvrirait qu'il ne peut rien produire de lui-même, et au bout de peu de temps il serait mort.
Quand nous séparons une fleur de sa tige, elle commence à se faner parce qu'elle est séparée de la
source de sa vie, et elle meurt au bout de quelques heures.
Dès que nous nous séparons de la Source divine, nous commençons à dépérir, à nous ratatiner et à mourir; rien ne peut arrêter ce processus de dépérissement. Séparés de la Source de notre vie, nous sommes comme le sarment détaché du cep, comme la fleur arrachée de sa tige.
Mon expérience m'a démontré que les personnes qui, pour différentes causes, se sentent séparées de la source divine des choses, souffrent intensément de la crainte. Elles sont remplies d'une terreur vague, mais insurmontable, qui les opprime d'autant plus qu'elle dépend de l'invisible. Elles sentent obscurément que, semblables à des météores qui ont dépassé les limites que la loi de la gravitation leur imposait, elles ne sont plus que des atomes humains isolés, qui n'ont pas l'assurance d'être sous la protection d'une puissance qui les guiderait et les soutiendrait.
Les victimes de certaines maladies nerveuses sont souvent accablées par une sensation d'isolement complet, par la sensation d'être séparées de tout soutien, et elles éprouvent la même terreur qu'un enfant ayant perdu son chemin et ne sachant de quel
côté se tourner. A un moindre degré, et temporairement, les gens qui ont peur de l'orage souffrent de ce sentiment de séparation, de solitude.
Tous ceux qui souffrent de cette manière éprouveraient un grand soulagement en s'appiiyant sur des textes bibliques comme ceux-ci : « En lui, nous avons la vie, le mouvement et Têtre. » « Le Père est en moi et je suis dans le Père. » Ces passages renferment une vérité absolument scientifique. Nous ne pouvons avoir la vie, le mouvement ou l'être en dehors du Pouvoir qui nous a faits, qui nous soutient et nous supporte, et quand nous avons pris conscience de ce fait, nous éprouvons une sensation de sécurité parfaite que rien d'autre ne pourrait nous donner.
Notre force individuelle vient de la conscience de notre unité avec l'Omnipotence, tout comme notre force nationale dérive de notre union avec les autres peuples. Chaque être humain est comme une goutte d'eau dans l'océan; il n'est pas indépendant; il ne peut travailler seul. Consciemment ou inconsciemment, il est une partie des masses qui l'entourent; et son existence, son succès, dépendent largement de son union avec les autres. Si une goutte de l'océan pouvait se séparer de la masse des eaux et essayer de vivre une vie indépendante, elle cesserait bientôt
d'exister. Un homme ne peut accomplir de grandes choses tout seul. Ses succès dépendent de son union avec les autres hommes. Sa dignité et sa force sont renforcées par l'organisation ou l'association dont il est une unité, tout comme un câble est renforcé par la somme de la force de chacun de ses fils.
« La nature, a dit Humboldt, est l'unité dans la diversité de manifestations, un tout prodigieux, animé par le souffle de la vie. » Quand nous parvenons à la réalisation consciente de cette vérité que nous sommes une partie, la partie la plus importante du tout prodigieux créé par Dieu, et que nous travaillons en coopération avec lui, nous entrons en possession d'une puissance et d'une dignité qui rendent notre vie sublime.
Les grands esprits de tous les âges ont tiré leur force de la Source invisible, de leur union vitale avec la Puissance qui crée, et qui travaille pour et en chacun de nous. Ils ont cru aussi à la grande mission de l'humanité, cru au plan divin qui se déroule dans l'univers, qui travaille pour la justice, et dirige les destinées de l'humanité. Cette foi au grand courant humain se dirigeant vers Dieu a caractérisé même ceux qui ne professent pas ouvertement la foi religieuse. Leur foi dans la divinité de l'humanité a été
un des puissants facteurs de leur caractère et la source de leur puissance.
Cette même foi, cette confiance indestructible dans l'Intelligence divine cosmique, a apporté un vrai réconfort, du repos d'esprit et du bonheur à de vastes multitudes d'êtres humains.
Pour être une réelle puissance constructrice dans ce monde, la force cérébrale ne suffît pas à l'homme, il lui faut le contact divin, la certitude d'être dans le courant qui se dirige vers Dieu. Sans cela nous ressentons un vide, un ardent désir de quelque chose que nous ne connaissons pas. Sans cela, même si nous sommes très bien doués physiquement et mentalement, nous ressemblons à une voiture électrique parfaitement organisée, prête pour le service, mais à laquelle manque le trolley qui la mettra en communication avec le courant électrique. La Divine Energie ne peut nous pénétrer que lorsque nous nous sommes unis à quelque chose se trouvant au delà du plan physique et mental. Nous devons mettre notre trolley en contact avec la Source infinie de la Puissance par la contemplation, la prière, l'action bonne, le service dévoué, l'effort honnête pour agir de notre mieux. Nous ne pouvons obtenir le contact divin dans un but égoïste ou cupide.
•Q-Oyg
Il est étrange que les êtres humains se séparent eux-mêmes de ce courant divin et essayent de le remplacer par leurs faibles forces propres.
Cependant, chaque fois que nous faisons le mal sciemment, chaque fois que nous nous départons de la vérité, que nous commettons une action déshonnête, indigne, nous nous séparons nous-mêmes du Pouvoir et relâchons l'étreinte omnipotente qui nous soutient. Nous rompons le contact, et nous devenons la proie de toutes sortes de craintes et de doutes.
Il a énoncé une grande vérité celui qui a dit que « lorsqu'un homme commet une mauvaise action, il se lie lui-même au chagrin ». A cause de l'unité de toute vie, il a établi une relation entre lui-même et tout le courant humain de mauvaises influences ; il s'est mis en rapport avec les forces qui, dans l'univers, conspirent pour le tirer en bas, pour l'éloigner toujours plus du Créateur et de l'Inspirateur de tout bien.
Le contraire est également vrai. Qu'un homme commette une bonne action, qu'il s'adonne à une noble tâche, et toutes les forces créatrices, bienfaisantes accourront à son aide. Ses forces seront augmentées par le pouvoir additionnel de tous ceux qui tra-
vaillent dans le même esprit, sur le même plan que lui.
Toutes les bonnes choses vibrent à l'unisson ; elles appartiennent à la même famille. De même toutes les mauvaises choses vibrent à l'unisson et forment une seule famille. Quand vous attirez l'une d'entre elles, vous attirez aussi les autres, parce qu'elles sont toutes sur le même plan.
Une disposition au découragement, à la mélancolie, par exemple, entre en rapport avec toute la famille des découragés et des mélancoliques qui viennent renforcer cette mauvaise disposition. Si nous entretenons des pensées de pauvreté, de crainte de manquer du nécessaire, nous nous unissons à toutes les vibrations de pauvreté qui sont dans l'univers, et tout ce qui a une affinité quelconque avec la pauvreté se précipite vers nous par le courant que nous avons établi.
Partant du même principe, celui qui a des pensées gaies, optimistes, celui qui s'est mis en contact avec le courant de l'opulence s'est allié avec toutes les forces créatrices et productrices de l'univers.
Autrefois, on croyait que toutes nos perceptions ou nos impressions ne pouvaient pénétrer en nous que par nos cinq sens, mais nous savons maintenant
qu'il y a bien d'autres avenues par lesquelles nous pouvons communiquer les uns avec les autres. Il y a une communication mentale, spirituelle, qui est bien plus intime, plus réelle, que celles que nous pouvons établir par le contact physique ou la parole. Nous pouvons rester assis pendant des heures à côté de ceux avec lesquels nous nous sentons en sympathie, sans les toucher, sans leur parler, sans même les regarder, et pourtant jouir de la plus douce et la plus délicieuse des relations. Nous sommes conscients que nos esprits communiquent entre eux, d'une manière plus profonde, plus subtile, plus satisfaisante qu'ils ne pourraient le faire par le contact physique ou au moyen des sens.
En réalité, il y a dans la vie bien des choses si sacrées que la parole les profanerait plutôt qu'elle ne leur ferait du bien. Nous sentons que les mots seraient trop rudes pour dépeindre les plus exquis sentiments, trop maladroits pour exprimer notre sympathie, pour manifester l'amour de deux âmes qui se sentent à l'unisson.
L'esprit voit des beautés que nos yeux n'aperçoivent pas. L'oreille mentale perçoit des harmonies, des mélodies, que le nerf auditif ne peut entendre.
Par son étroite union avec Dieu, l'âme reçoit des
perceptions que même l'intelligence ne peut comprendre.
Par le moyen de ce contact avec le Dieu qui est en nous, nous pouvons accumuler une force qui révolutionnera nos vies. Ici même, dans notre propre être, nous pouvons libérer des courants d'énergie infiniment plus puissants que toutes les forces physiques.
L'éther cosmique ou la substance universelle est la source de toute ressource, aussi bien que de cette divine puissance que la plupart des gens excluent de leur vie, parce qu'ils ne savent pas comment s'unir avec elle. Ils ferment résolument leur intelligence au divin influx, en refusant de croire à tout ce qui n'est pas démontrable par les sens.
La plupart d'entre nous sont très sceptiques quant à la réalité de l'invisible. Nous sommes des Thomas douteurs qui ne nous laissons convaincre que par ce qui est matériel, par ce que nous pouvons voir, toucher ou sentir.
Si les enfants pouvaient être élevés dans une atmosphère difî"érente, si on pouvait leur enseigner, dès leur entrée dans la vie, à atteindre mentalement les réalités invisibles et à les utiliser, tout comme ils utilisent des choses matérielles, il y aurait comparative-
ment peu d'insuccès. Il était dans l'intention de Dieu que rhomme vive en contact perpétuel avec son Créateur, qui l'aurait maintenu à l'unisson avec tout ce qui est bon, pur, bienfaisant et vrai, mais malheureusement nous perdons constamment ce contact, et nous nous rendons nous-mêmes faibles et impuissants, quand nous pourrions être forts, puissants et créateurs. Vivre en communication constante avec le divin courant qui traverse toute la création, c'est être en contact réel avec la Divinité, et sur le chemin du succès divin.
Aucune puissance extérieure ne peut supprimer notre contact avec ce courant. Même les pires criminels, ceux qui ont été exclus de la société, peuvent toujours retrouver leur unité avec la Divinité, s'ils le veulent. Le Créateur ne les a pas retranchés, ni exclus. Ce sont eux qui ont coupé la communication. Dieu ne voudrait pas foudroyer, ni écraser de sa colère le plus misérable des êtres, même si celui-ci le maudissait de l'avoir créé. Le grand amour du Père continuerait à le soutenir, à le maintenir en vie, à le nourrir ; il permettrait au soleil de luire sur lui, aussi bien que sur le plus grand prince. Tous les bienfaits de la nature continueraient à lui être prodigués aussi librement qu'à l'adorateur le plus dévoué.
Si l'humanité pouvait seulement saisir cette suprême vérité, à savoir son unité avec le grand Principe créateur de l'univers, elle serait transformée. La crainte serait bannie. La paix et l'harmonie entreraient dans nos vies. Nous éprouverions une sécurité, une satisfaction et un bonheur inconnus jusqu'alors. Tant que nous ne réalisons pas notre unité avec Dieu et avec les autres hommes, nous ne pouvons parvenir à notre stature complète, nous ne pouvons utiliser les nombreux pouvoirs qui sont à notre commandement.
Sans cette réalisation de notre unité avec Dieu, nous ne pouvons atteindre cette virilité glorieuse, qui répond au modèle que le Créateur avait en vue en créant l'homme. Il faut que celui-ci comprenne qu'il n'a pas seulement été créé par son Dieu, mais qu'il est à jamais uni à lui, qu'il est une manifestation de la Divinité. Cette unité de l'homme avec son Créateur est le principe qui doit finalement transformer tous les êtres humains en-êtres parfaits.