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CHAPITRE IX

Avez-vous essayé d employer 1 amour ?

L'amour, comme le soleil ne voit jamais le côté sombre des choses.

Vous pouvez acheter le travail d'un homme, mais voue devez gagnez sa bonne volonté.

Plus doux que le parfum de )a rose est le pouvoir d'une nature bienveillante, charitable, dévouée, prompte à faire pour les autres tout ce qu'elle peut.

New- York, un homme, voyant une jeune fille porter un garçon estropié à travers la rue, lui offrit de l'aider en lui disant que l'enfant était trop lourd pour elle. « Oh ! non, répondit promptement la fillette, il n'est pas pesant ; c'est mon frère. »

Oh ! le merveilleux pouvoir de l'amour qui allège tous les fardeaux et aplanit toutes les routes ! Que deviendrait l'humanité sans l'amour qui adoucit le plus

dur labeur, et fait du sacrifice personnel une joie ? L'amour est la plus grande force de l'univers. Sans sa puissance transformatrice nous serions encore des barbares primitifs.

En dépit des cris des pessimistes et des sceptiques qui proclament le contraire, sa lumière conduit les hommes toujours plus haut. Quoique le rêve des pacificateurs du monde se soit évanoui, et que l'Europe soit plongée dans une guerre sans merci, il existe cependant une multitude de signes qui prouvent le règne de l'amour. Sa puissance guérissante, miséricordieuse est à l'œuvre, même sur les champs de bataille. Nous la voyons animer la grande armée des chirurgiens et des gardes- malades de la Croix- Rouge qui, sans distinctions de croyances ou de pays, de races ou de positions spéciales, traitent tous les soldats blessés comme des frères, pansant leurs blessures et les soignant pour les rendre à la santé et à la vie.

Nous constatons son influence dans les miracles qu'opère la Règle d'Or dans le monde des affaires, dans la passion pour le service social qui s'exerce dans le monde entier, dans la diminution des distinctions de classe, dans les efforts croissants pour améliorer les conditions des pauvres, dans la grande

vague de réforme qui vient baigner les murs de toutes nos institutions, nos prisons, nos pénitenciers, nos asiles, nos maisons d'aliénés. Les abus qui se commettaient dans ces institutions sont graduellement chassés par l'amour.

Dans la plupart de nos prisons, un système de traitement bienveillant et fraternel a été inauguré, qui aide réellement aux criminels à se réformer, tandis que l'ancien système pénitencier tuait les hommes, les déprimait ou les enfonçait toujours plus dans le crime, parce qu'il était incapable de les réformer. Par le moyen de l'amour, on arrivera à bannir toutes les vieilles méthodes cruelles de la prison, et même le criminel lui-même. Quand le monde sera gouverné par l'amour, quand la Règle d'Or sera pratiquée partout, le crime mourra de sa mort naturelle.

A chacun de ceux qui sont sortis du droit chemin, de n'importe quelle manière, une chance devrait être procurée, une nouvelle occasion offerte, de faire le bien, de réformer son caractère. Celui quia péché contre la société ne devrait pas être exclu des sympathies, de la bonne volonté et de la bienveillance de ses semblables. Les criminels devraient être traités comme des frères et des sœurs infortunés, qui

ont trébuché et perdu leur chemin sur la route de la vie. L'amour est le seul moyen qui pourra les aider à se relever, à rentrer dans le courant qui se dirige vers Dieu.

Les personnes qui comprennent cela, qui voient Dieu sous les ruines que les mauvaises influences ont accumulées, pourraient faire, de la grande majorité de nos prisonniers, des êtres nouveaux.

La plupart de ces pauvres misérables n'ont jamais eu de chance; ils n'ont jamais senti le magique attouchement de Tamour, jamais connu l'influence d'un heureux foyer, de parents honnêtes et aimants. La plupart d'entre eux ont fait une fausse entrée dans la vie ; ils ont été entravés dès leur naissance par l'ignorance, la maladie, un entourage vicieux. Les enfermer dans des cellules trop étroites, inconfortables, sans soleil, où personne ne vient les visiter ; leur infliger un traitement que nous ne voudrions pas qu'on infligeât aux animaux domestiques, c'est essayer d'éteindre le feu en versant de l'huile dessus. De tels traitements les rendent pires, éveillent leurs plus basses passions de vengeance, d'amertume et de haine, les poussent à s'insurger contre la société.

La société commence à se rendre compte de l'inu-

tilité des méthodes brutales. Elle commence à employer l'amour envers les classes criminelles, envers toutes les classes.

Nos hôpitaux, nos asiles de vieillards et de pauvres sont, comme nos prisons, en train de s'améliorer. Les tombés, les malades, les pauvres, les vieillards, les estropiés, les meurtris et les souffrants sont partout traités avec plus de considération, plus de bienveillance. Et nous réalisons qu'une plus grande confiance, une plus grande sympathie et un plus grand intérêt, témoignés à nos infortunés frères et sœurs, opèrent de merveilleuses transformations dans les conditions humaines.

En d'autres termes, en dépit d'apparentes contradictions, de bien des mots choquants pour nos milieux, de bien des retours en arrière et de bien des découragements, l'esprit du Christ, de la Règle d'Or, agit comme un levain dans la grande masse humaine et accomplit des miracles.

L'amour ouvre les esprits et les cœurs ; il enrichit et ennoblit la vie. Il est le lien de la société, et si l'on enseignait aux enfants à aimer l'humanité, à aimer tous les pays et leurs habitants, aussi bien qu'on leur enseigne à aimer leur propre pays et leurs compatriotes, il n'y aurait plus de guerres. La guerre

provient, en grande partie, de ce qu'on nomme le patriotisme. Et le patriotisme dans son sens le plus étroit, celui qui ne cherche que son propre bien, son propre agrandissement, aux dépens des autres pays et des autres peuples, a toujours été la malédiction de rhumanité. Quand notre amour sera assez grand pour dire : « Le monde entier est ma patrie », les guerres cesseront.

Il y a quelques jours, mon attention fut attirée par une annonce de journal disant : « Si tous les médecins vous ont abandonné, si vous n'avez trouvé nulle part de soulagement à vos souffrances, alors venez à moi. Vous êtes le genre de personnes que je guéris. » L'auteur de cet article peut n'être qu'un charlatan, mais son appel sera sans doute entendu par les désespérés, les découragés, par ceux qui ont été déclarés incurables, et il me fît réfléchir. Eh bien me disais-je, voilà le langage que tient l'amour divin. « Venez à moi, vous tous qui êtes travaillés et chargés, et je vous donnerai du repos. » Si vous n'avez pas réussi à trouver le confort, la satisfaction ou la joie, si vos amis vous ont abandonné, si vos affaires marchent mal, si vous avez commis de fatales erreurs qui ont entraîné la société à vous fermer ses portes, si tout le monde vous rejette et vous accuse.

si tout vous manque, alors venez à moi, et vous trouverez la paix et le repos.

L'amour est le souverain remède; il est le dernier ressort de ceux qui sont poussés au désespoir. Quand plus rien ne leur est laissé, quand la vie est pleine d'amertume et d'angoisse, le voleur, le meurtrier, le proscrit se tournent vers l'amour et trouvent en lui un refuge, car « l'amour ne périt jamais ».

L'amour est pour tout être humain ce que l'amour maternel est pour l'enfant égaré. Aucun fils, aucune fille ne peut jamais tomber assez bas pour être audessous de Famour de sa mère. Quand la société a tourné le dos à l'enfant prodigue, quand la porte de la prison s'est refermée sur lui, quand ses compagnons l'ont abandonné, quand la sympathie et la miséricorde se sont éteintes pour lui, et que le monde l'a oublié, la mère aime son enfant et se souvient de lui. Elle visite son garçon dans la prison, elle va chercher sa fille dans les sentines du vice. L'enfant ne peut errer si loin que l'amour maternel ne puisse le suivre. Cet amour est le plus parfait prototype de l'amour de Dieu.

Les écritures védantistes, plus anciennes de milliers d'années que l'Ancien Testament de notre Bible commandent d'aimer nos voisins comme nous-mêmes.

parce que nous sommes tous des voisins, parce qu'il n'y a qu'une vie, et que le même esprit est dans tous les êtres humains. Jusqu'à ce que nous comprenions et vivions dans une coopération consciente avec cette unité d'esprit, jusqu'à ce que le monde la voie dans tous les êtres humains, il y aura des châtiments publics, des querelles privées, de la cupidité, de l'égoïsme, de l'inhumanité de l'homme envers l'homme, de la pauvreté, du crime, toutes sortes d'infortunes et de misères. L'amour seul peut balayer tout cela. Les lois humaines, la répression, lès punitions ne le feront jamais. Le moyen qu'employait le Christ, l'amour, contient la solution de tous les problèmes de la vie.

Je parlais récemment avec un homme d'affaires calme, sérieux, influent, qui m'annonçait qu'il allait se retirer des affaires parce qu'il était fatigué, au point d'en être malade, de l'incompétence et du manque d'honnêteté de ses employés. Ceux-ci, disaitil, cherchaient toujours leur avantage et non le sien; ils le volaient, gâtaient la marchandise, faisaient des bévues, perdaient leur temps. Ils ne prenaient aucun intérêt aux affaires ; la seule chose qui les intéressait, c'est ce qu'ils trouvaient dans leur enveloppe de paye. « J'en ai assez de vivre ainsi, conclut-il, et je

ne tiens pas à continuer des affaires pour le bénéfice de mes employés. J'ai essayé tous les moyens que je connaissais pour essayer d obtenir un bon travail de ces ignorants et de ces égoïstes, mais cela n'a servi à rien, et j'abandonne la partie, car mon système nerveux est épuisé. »

— Vous dites que vous avez essayé de tous les moyens que vous connaissiez pour gouverner vos employés, mais vous est-il jamais venu à la pensée d'employer le moyen de l'amour? lui demandai-je.

— Le moyen de l'amour ! répondit-il avec dédain. Que voulez-vous dire par là ? Que croyez-vous que ces gens comprennent à l'amour? Si je n'avais pas été tout le temps sur mes gardes, si je n'avais pas employé des détectives pour protéger mes intérêts, il y a longtemps que je serais ruiné.

Un jeune homme, qui avait obtenu des succès en employant la Règle d'Or, entendant ceci, demanda au négociant de lui permettre de faire un essai avant qu'il abandonne son commerce. Celui-ci accepta et engagea le jeune homme comme directeur, tout en affirmant qu'il n'avait guère confiance dans le résultat de son entreprise.

La première chose que fit le nouveau directeur entrant en charge, fut d'appeler les employés de cha-

que département, et d'avoir une conversation cordiale avec eux. Il leur dit qu'il était venu là, non seulement comme ami du patron, mais aussi comme leur ami à eux, et qu'il ferait tout ce qu'il pourrait pour faire prospérer leurs intérêts aussi bien que les affaires. La maison, leur dit-il, avait perdu beaucoup d'argent dans les dernières années, et c'était leur affaire, à eux et à lui, de changer tout cela et de rétablir l'équilibre. Il leur fit comprendre que la bonne entente et la coopération sont les bases de tout vrai succès pour un commerce et pour ses employés.

Dès le début il fut gai, sympathique, enthousiaste, encourageant. Il gagna promptement la confiance de tous les employés de l'établissement, qui se mirent à travailler avec autant de cœur au succès des affaires que si elles leur avaient appartenu en propre. Le changement fut si grand que les clients s'aperçurent du nouvel esprit qui régnait dans la maison. Les affaires prospérèrent, et en un temps remarquablement court, le commerce gagna de l'argent au lieu d'en perdre.

Cependant, à bien des égards, le nouveau directeur n'était pas la moitié aussi capable que le patron, seulement il agissait dans un tout autre esprit. Il croyait à la fraternité humaine. Il avait de la sympa-

thie, du tact, de la bonne diplomatie, et prenait un réel intérêt à tous ceux qui travaillaient sous ses ordres. Il ne les grondait jamais quand ils commettaient une erreur; il se bornait à causer avec eux comme un frère aîné, et les rendait honteux d'eux-mêmes. Il leur montrait qu'il existait un meilleur chemin, et ils le suivaient. Bref, il gagnait leur amour et leur respect, et ils auraient fait tout au monde pour lui.

La méthode de la Règle d'Or avait chassé la haine, l'égoïsme, Tavarice et les dissensions. Les intérêts de tous étaient concentrés sur le bien-être général, et tout prospérait. Quand le patron revint de l'étranger, où il avait été se reposer pendant quelques mois, il put à peine croire à la réalité de la transformation que «l'amour» avait effectué parmi ses anciens employés.

Vous qui avez été torturés pendant des années par un tempérament colérique, par le souci, la haine et la mauvaise volonté; vous qui avez déjà commis un suicide à l'égard de plusieurs des années de votre vie, pourquoi ne lourneriez-vous pas le dos à tout ceci, pour essayer du moyen de l'amour ? Jusqu'ici votre vie a été un désappointement. 11 doit y avoir une voie meilleure pour tous ceux qui portent les cicatrices de la lutte, qui ont été écrasés et

souffletés par l'ancienne manière de vivre dans laquelle il n'y avait ni repos, ni harmonie, ni douceur. Pourquoi ne pas essayer de l'amour? Revenez-y à chaque trouble, à chaque heurt et à chaque chagrin. Employez-le, vous dont la vie conjugale n'a été qu'un amer désappointement, vous maris et femmes qui vous êtes querellés, qui n'avez jamais connu la paix et le confort, essayez d'employer l'amour. Il effacera tous les mauvais plis, il mettra un nouvel esprit dans votre demeure, il fera luire une nouvelle lumière dans vos yeux, mettra l'espoir dans votre cœur et une nouvelle joie dans votre vie.

Vous mères qui vous êtes usées, et prématurément vieillies, en essayant d'élever vos enfants par les punitions, les gronderies, les fouettées, pourquoi n'employeriez-vous pas l'amour? Vous pouvez ainsi amener vos enfants à l'obéissance et au respect beaucoup plus vite et avec de bien meilleurs résultats pour eux et pour vous-même, qu'en les corrigeant. Faites appel à leurs instincts les meilleurs et les plus nobles, et vous serez surprises de constater combien vite ils répondront à votre appel. Il y a quelque chose dans la nature humaine qui n'aime pas à être forcé, contraint. Si vous avez essayé de vous faire obéir de vos garçons et de vos filles par la force.

abandonnez ce moyen et essayez d'employer Famour. Voyez s'il ne fera pas merveille dans votre demeure. Voyez s'il ne vous délivrera pas de la tension qui vous fatigue. Mettez-le à l'épreuve.

Employez-le, vous maîtresses de maison qui aimez à gronder et à trouver vos alentours en défaut. Au lieu de vous plaindre de votre famille, de vous impatienter, de blâmer du matin jusqu'au soir, employez l'amour. Au lieu de tancer vertement la domestique devant vos hôtes quand elle casse par accident une porcelaine, mettez-vous à sa place, essayez de comprendre son embarras, et glissez gaîment sur ce contre-temps. Puis, en particulier, adressez-lui gentiment un mot d'avertissement, afin qu'elle soit plus soigneuse à l'avenir. Si votre blanchisseuse vous rapporte un vêtement déchiré, ou si son travail n'est pas aussi bien fait que les autres fois, ne la grondez pas rudement. La traiter durement ne servira qu'à la rendre maussade et malheureuse, mais vous la trouverez accessible à la bonté et aux paroles aimables.

Témoignez de la sympathie et de la bonté au lieu de gronder, et vous transformerez votre intérieur. Avec joie, vous constaterez que Tamour a changé l'atmosphère de votre famille, et détruit l'antago-

nisme qui y régnait. De temps en temps un éloge aimable, cordial, agira comme l'huile lubréfiante dans un rouage desséché, et son action réflexe agira magiquement sur vous même. /

Vous, maris, qui avez substitué l'argent et le luxe à Tamour, qui avez pensé que lorsqu'une femme a une demeure agréable, de beaux vêtements et toutes ses notes payées, elle doit être satisfaite et heureuse ; vous qui constatez que cette substitution a misérablement échoué, vous serez surpris de voir combien votre femme sera plus heureuse si vous lui témoignez un amour dévoué. Peu d'argent, une demeure très humble avec de l'amour rendra une vraie femme plus heureuse que des millions, dans une demeure princière, avec de l'indifFérence.

Essayez d'employer l'amour, vous hommes qui vous êtes posés en seigneurs et maîtres dans votre famille et avez traité votre femme et vos enfants comme des esclaves. Vous avez constaté que cette brutale manière de faire ne vous apporte ni bonheur ni satisfaction ; pourquoi n'essayeriez vous pas la nouvelle philosophie, celle de l'amour ? C'est le grand remède à tous les maux, c'est le levain du Christ qui doit pénétrer toute la pâte humaine.

Employez-le, vous qui êtes fatigués par le manque

d'harmonie et les marchandages, les difficultés et les tribulations qui vous assaillent chaque jour dans vos affaires. Vous hommes et femmes qui n'avez jamais pu vous faire aider d'une manière efficace, qui êtes désespérés par le manque de conscience et la dilapidation de vos employés ; vous qui souffrez d'une lutte constante avec la malhonnêteté et l'incapacité, vous dont les visages se sont ridés et prématurément vieillis en essayant de combattre le mal par le mal, essayez d'employer l'amour ; il créera un nouvel esprit dans votre magasin, dans votre fabrique, dans votre bureau. Quelles que soient vos affaires, quelles que soient vos épreuves et vos difficultés, l'amour adoucira les cahots de la vie et facilitera merveilleusement votre chemin. Essayez de l'amour vous tous qui avez jusqu'ici vécu dans le purgatoire parce que vous ne connaissiez pas de meilleure voie à suivre. Vous avez employé la méthode de la vengeance, de la jalousie ; vous vous êtes livrés aux soucis, à l'inquiétude, et vous avez été d'autant plus peines et torturés. Vous avez recouru aux lois et à la justice pour régler les différends qui avaient surgi entre vous et vos voisins ou associés, et vous n'avez obtenu gain de cause que pour vous faire des ennemis irréconciliables. Mais peut-être n'avez-vous jamais

Marden. — Attitude victorieuse. 11

essayé d'employer l'amour. Si vous ne l'avez encore jamais employé comme un principe, comme une philosophie, comme le grand adoucisseur de la vie, essayez maintenant. Il aplanira les chemins rocailleux et facilitera votre voyagea

Vous vous étonnez peut-être d'avoir si peu d'amis, si peu de personnes qui s'intéressent à vous. Regardez dans votre cœur et vous en trouverez la raison. Si vous répandez autour de vous l'égoïsme, la malveillance, l'indifférence, l'ingratitude, vous ne pouvez récolter de l'amitié, de l'encouragement et de l'aide. Si vous voulez avoir des amis, il faut devenir un aimant qui attire l'amour. Ce que vous donnerez vous le recevrez, et plus généreusement vous donnerez de l'amour, de la bonté, de la générosité, plus généreusement ces choses vous reviendront.

La plus belle chose du monde, celle après laquelle tout être humain soupire est l'amour. Il est, comme Henry Ward Beecher le dit : « Le fleuve de vie de ce monde ». Ne croyez pas que vous le connaissez, vous qui vous arrêtez au bord du plus petit ruisseau, près de la première petite fontaine. Jusqu'à ce que vous ayez traversé les gorges rocheuses et découvert la source, jusqu'à ce que vous ayez traversé la plaine où le courant d'eau s'élargit et s'approfondit au point

que les bateaux peuvent circuler sur ses eaux ; jusqu'à ce qu'enfin vous soyez arrivé à l'insondable océan où le fleuve déverse ses eaux, vous ne savez pas ce que c'est que l'amour.

A travers toute la Bible nous trouvons des passages qui exaltent la hauteur et la profondeur, la largeur et la puissance, la nature inépuisable de l'amour. Plus nous répandons d'amour, plus nous en possédons. L'amour maintient un été perpétuel dans l'âme, et en éloigne les frimas de l'hiver. Aimer les hommes, c'est aimer Dieu, et aimer Dieu prolonge la vie.

« Je le rassasierai de longs jours, parce qu'il m'aime », déclare Jehova parla bouche du psalmiste.

L'amour c'est l'harmonie, et l'harmonie prolonge la vie comme la crainte, la jalousie, l'envie, les frottements et la discorde la raccourcissent. Ceux qui sont remplis de l'esprit d'amour, dont les sympathies ne se bornent pas à leur propre famille, mais s'étendent à chaque membre de la famille humaine, même les plus dégradés, sont mieux préservés des maux qui régnent dans l'humanité que les égoïstes et les pessimistes qui perdent la meilleure part de la vie, la joie et la force qu'on ressent lorsqu'on se donne aux autres.

Certaines natures sont si imprégnées de Tesprit d'amour, d'entr'aide, de bienveillance, que leur seule présence agit comme un baume sur Tâme meurtrie. Elles irradient l'harmonie, le soleil de l'âme. Elles possèdent un charme personnel, qui fortifie, rassure et élève.

Aucun conseil plus scientifique n'a jamais été émis sur cette terre que celui-ci: «Aimez vos ennemis. )> Rien n'enlèvera l'aiguillon de la malveillance comme la bienveillance ; rien ne désarmera la haine et la jalousie comme l'amour. Il est impossible à quelqu'un de continuer à nous haïr quand nous lui envoyons uniquement des pensées d'amour, ou d'être jaloux de nous quand nous ne lui envoyons que des pensées bienveillantes et généreuses. La haine ou le désir de vengeance ne peuvent pas mieux subsister en présence de l'amour, qu'un acide ne peut conserver ses qualités corrosives en présence d'un alcali.

Celui dont le cœur est rempli d'amour, d'amour pour tous, ne peut conserver un ennemi parce que l'amour dissipe toute inimitié, toute jalousie, et neutralise toute haine. La haine qui n'existe que d'un seul côté ne peut durer longtemps, parce que rien ne l'entretient.

11 est simplement impossible de continuer bien

longtemps à haïr une personne quand nous découvrons qu'elle n'a que des pensées de bienveillance à notre égard et qu'elle désire nous aider. Je ne me suis jamais senti si humilié de ma vie que, lorsqu'il y a bien des années, un homme que je délestais et auquel je gardais rancune, me rendit un service signalé. Son acte généreux, qui fut pour moi une aide réelle, me rendit profondément honteux de moimême. Il me fit comprendre, mieux que quoi que ce fût d'autre, combien il est mesquin, indigne, méprisable, de nourrir un sentiment de haine ou de vengeance contre son prochain.

Nous ne pouvons entretenir des pensées d'amour sans éprouver l'énergie divine, ennoblissante qu'elles répandent dans tout l'organisme. D'autre part, nous ne pouvons retenir des pensées de haine, de vengeance, de jalousie, d'envie, sans éprouver un sentiment de dépression, d'amoindrissement, de mépris, qui nous prive du respect de nous-mêmes et nous ôte les forces.

Quand nous condamnons les autres, quand nous entretenons dans nos cœurs de l'amertume et de la mauvaise volonté à leur égard, nous produisons des vibrations qui font du mal à notre corps et compromettent sérieusement notre bonheur et notre effica-

cité. Un des grands bénéfices que nous retirons de la prière, de la contemplation, de la concentration de nos pensées sur les choses religieuses est que cette attitude mentale met en mouvement des vibrations qui ont une influence bienfaisante et élevante sur l'esprit et le corps. Lorsque l'amour et l'aff'ection vibrent habituellement, ils développent un équilibre et une sérénité de caractère, une douceur et une force, une paix et une satisfaction qui fortifient l'être tout entier. L'amour adoucit et fortifie; la haine déchire et aff'aiblit. Les gens qui entretiennent constamment de mauvais sentiments, qui vivent dans des milieux où la discorde, la critique, la dénonciation, les gronderies habitent perpétuellement, sont froids, sceptiques, peu aimables, égoïstes; leurs cœurs s'endurcissent. A part le vice, il n'y a rien qui déforme plus vite le caractère que de vivre dans une atmosphère de haine, de jalousie, d'envie et de vengeance.

L'amour est le grand instructeur, le grand conciliateur, le vrai pacificateur. C'est le grand baume qui agit contre tout ce qui détruit le bonheur et enfante le mécontentement, la panacée souveraine contre la malice, la vengeance et toutes les passions brutales. De même que la cruauté se fond devant la

bonté, ainsi les passions mauvaises trouvent leur antidote dans une douce charité et une affectueuse sympathie.

Une des raisons qui fait d'un foyer heureux le plus doux et le plus bel endroit de la terre, c'est que l'atmosphère d'amour qu'on y respire procure une sensation bénie de repos, de sécurité et de force. Au moment où nous entrons dans un semblable foyer, nous ressentons son influence calmante, rassurante, bienfaisante.

Dans une récente visite queje fis, dans une famille nombreuse, je fus impressionné par le pouvoir qu'avait un de ses membres de créer celte bienfaisante atmosphère. La fille cadette avait dû prendre la place de la mère qui était morte. Cette jeune fille était le centre du foyer. Ses frères n'entreprenaient rien d'important sans venir la consulter. Aucun d'eux ne quittait la maison sans l'embrasser, et elle était la première qu'ils cherchaient en y rentrant. Tous semblaient anxieux de lui confier leurs petits secrets, de lui raconter ce qu'il leur était arrivé pendant la journée, d'avoir son opinion et ses avis au sujet de toutes leurs difficultés.

Le secret de l'influence que cette jeune fille exerçait sur ses frères résidait dans l'intérêt et le grand

amour qu'elle leur portait. En causant avec ces garçons, je découvris que chacun d'eux pensait que sa sœur s'intéressait spécialement à lui et à ses affaires, et qu'il n'aurait jamais l'idée d'entreprendre ou de décider quelque chose d'important sans la consulter. Tous semblaient préférer sa compagnie à celle de toute autre jeune fille, et ils étaient tous fiers de l'escorter quand elle allait quelque part. Ces jeunes gens étaient purs, ouverts, francs et chevaleresques, et je ne pus m'empêcher de penser qu'ils le devaient à l'influence de leur sœur.

« Aimer et être aimé, dit Sydney Smith, est le plus grand bonheur de la vie. » Chacun, riche ou pauvre, cultivé on non, désire être aimé. Que ne ferait pas un homme pour gagner l'amour de celle qui personnifie son idéal, de celle chez laquelle il voit toutes les belles qualités qui lui manquent à lui! Cet amour est réellement un besoin divin de posséder ce qui ferait de lui un homme complet.

Qu'est-ce qui fait que lorsqu'un homme brutal, dissipé, tombe amoureux d'une jeune fille pure et douce, il change immédiatement son attitude, ses regards, ses pensées, devient plus raffiné, emploie un langage plus choisi, renonce à certaines compagnies, et paraît, au moins pour un temps, un homme

transformé ? Simplement ceci, c'est que ramour est un mobile plus puissant pour cet homme que la dissipation. Il abandonne cette dernière, et si son amour est vrai et durable, il ne retombera jamais dans ses habitudes vicieuses et dégradantes..

Qui n'a constaté le pouvoir magique de l'amour transformant des hommes rudes et grossiers en maris polis et dévoués ? J'ai connu des femmes qui avaient des cœurs si srrands et si aimants, et un tel charme, que les pires hommes, les caractères les plus endurcis auraient fait tout au monde pour elles, même donné leur vie pour les protéger. Ces mêmes hommes n'auraient pu être réformés par les méthodes pénitenciaires, et la malveillance et le mépris les auraient endurcis. L'amour était la seule puissance qui put les atteindre.

Je ne crois pas qu'il existe un seul être humain, si dépravé, si vil, si mauvais, qu'on ne puisse ramener par l'amour, par la bonté, par la patience. Plus d'un homme a été retenu de commettre une action criminelle par la pensée que quelqu'un Taimait, croyait en lui, se confiait en lui.

«Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige, s'ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine. »

L'amour purifie, élève, régénère. Il met sur le visage une lumière qui n'est pas de la terre.

Dans la remarquable comédie intitulée: Le Passage, au troisième étage sur le derrière, nous avons une illustration frappante de la force silencieuse et subtile de l'amour. Ceux qui ont lu ou vu jouer cette pièce se souviendront comment, en réponse à un avis inséré dans un journal de Londres: « Chambre à louer au troisième étage, sur le derrière, » un homme remarquable, qui fut surnommé « L'Etranger», se présenta. Il loua cette chambre, et se trouva dans une pension bourgeoise remplie de personnes de moralité douteuse, petits voleurs, joueurs, gens ayant mené la vie à grandes guides, toutes sortes d'hommes et femmes envieux et haineux. Ils se livraient à toutes espèces de besognes peu recommandables. Une des femmes volait même des chandelles. Chacun essayait détromper les autres et était trompé en retour. La maîtresse de pension était du même type que ses locataires. Elle les pillait, et eux la pillaient aussi. Elle mettait de l'eau dans le lait et frelatait la nourriture. Puis, pour empêcher qu'on ne la volât, elle mettait tout sous clef.

La simple présence de l'Etranger sembla condamner les pratiques des pensionnaires et de l'hôtesse. Ils

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commencèrent par se moquer de lui et le tournèrent en dérision. Mais il n'y prit pas garde. Au contraire, il leur rendit bienveillance pour malveillance, amour pour haine, et un aimable sourire fut la seule réponse à leurs remarques sarcastiques et à leurs insinuations malveillantes. Graduellement, à mesure qu'il les connut mieux, il commença à leur parler d'eux-mêmes, à faire ressortir leurs bonnes qualités, à leur montrer quelles capacités ils possédaient pour certains travaux, et les belles choses qu'ils pourraient accomplir.

A l'un des jeunes gens, qui s'était égayé à ses dépens, il dit qu'il possédait un beau tempérament artistique, et qu'il y avait en lui l'étoffe d'un grand artiste. A un autre, il révéla des facultés musicales, et ainsi de suite avec chacun des membres du groupe discordant, jusqu'à ce que, finalement, chacun fut sous le-charme de son amour et de sa bonté.

La petite servante à tout faire, à laquelle on reprochait constamment d'avoir été en prison, qu'on surchargeait d'ouvrage, tout en lui déclarant qu'elle ne serait jamais bonne à rien, devint, sous l'influence de l'Etranger, une jeune personne honorable, se respectant elle-même. La maîtresse de pension, qui jusqu'alors avait traité cette jeune fille comme une

esclave, commença à la favoriser et à lui accorder des moments de sortie et de distraction pendant qu'elle-même faisait l'ouvrage. Un mari et sa femme, qui vivaient comme chien et chat, virent l'harmonie rétablie dans leur ménage. Tous les pensionnaires, même ceux qui avaient été les plus brutaux et les plus égoïstes changèrent graduellement, et devinrent attentifs, prévenants et bienveillants les uns envers les autres. Toute l'atmosphère de la maison fut changée. L'Etranger, en aidant chaque homme et chaque femme à reconnaître l'être divin qui se trouve en lui, les avait véritablement transformés.

Ainsi agit un homme simple, tranquille, qui aimait son prochain et qui trouvait sa plus grande joie à aimer les autres, à l'exemple et dans l'esprit du Christ. L'amour, en découvrant dans tous ces misérables les possibilités qu'ils renfermaient, les transforma. Voilà la manière d'agir de l'amour.

L'amour apprivoise les animaux les plus féroces. Combien vite leur expression hargneuse et sauvage est remplacée par une expression plus douce sous le traitement bienveillant de quelqu'un qui les aime et qui les regarde comme saint François d'Assise regardait (( ses petits frères et sœurs muets ». Y a-t-il dans la nature, une plus belle illustration de l'influence

qu'exercent Tamour et les bons traitements, que la transformation du loup féroce en nos chiens favoris ? Remarquez la douce expression d'une vache ou d'un cheval traités avec douceur; de semblables animaux ne feraient pas plus de mal à un enfant que nousmêmes. Nous les aimons et avons confiance en eux, et ils nous aiment et se confient en nous en retour. L'amour appelle l'amour.

Beaucoup de gens commettent l'erreur de confondre l'amour égoïste avec le vrai amour. Partout nous rencontrons cette sorte de vil substitut qui dit: « Si vous faites cela pour moi, je ferai ceci pour vous. » La femme qui dit à Thomme, dans son cœur si ce n'est avec ses lèvres : « Si vous m'entretenez et me donnez un foyer, je vous aimerai, » n'aime pas vraiment : c'est de l'égoïsme. Beaucoup de gens confondent l'amour pour la chose donnée, avec l'amour pour le donateur. Ils confondent Tamour du confort, du luxe et de la vie facile avec l'amour pour la personne qui leur accorde ces choses. C'est une contrefaçon de l'amour, car Tamour aime, tout simplement, et ne demande rien en retour. Il n'y a point d'éo-oïsme en lui. L'abus, l'amertume, l'indifférence, l'ingratitude ne peuvent changer ni détruire l'amour. Et l'amour n'est jamais perdu, même lorsqu'il n'est

pas rendu. L'amour vrai est une force toujours victorieuse. Même s'il ne reçoit rien en échange, il adoucit, élève, embellit et enrichit la vie de celui qui aime. C'est ainsi que Vamour agit.

Sans l'amour, ce que les mères endurent pour leurs enfants pendant des années, les tuerait ou les enverrait dans un asile d'aliénés. Il est le baume qui guérit toutes les blessures, qui allège tous les fardeaux, qui diminue la peine du service. C'est l'amour seul qui rend une mère pauvre capable de risquer sa vie pour son enfant, de traverser les terribles expériences de la lutte contre la pauvreté et la maladie pour élever ses enfants*. Un fardeau la moitié moins lourd, mais sans l'amour, la tuerait.

La même chose est vraie pour le père qui aime ses enfants, quoique son fardeau, par la nature des choses, soit rarement aussi lourd que celui de la mère. Mais il doit travailler souvent comme un esclave, pendant presque toute sa vie, pour ceux qu'il aime, et parce qu'il les aime, il ne se plaint pas. Le cœur qui aime trouve son fardeau léger^

«Je vous donne un commandement nouveau, c'est que vous vous aimiez les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. »

C'est dans raccomplissement littéral de ce commandement que réside le salut du monde. Parmi les nobles âmes de notre époque qui ont essayé de le mettre en pratique, une des plus remarquables fut le comte Léon Tolstoï. Dans un de ses captivants récits, Tolstoï montre comment chacun, sans égard à sa situation ou à sa pauvreté, peut arriver à mettre en pratique ce commandement, et à traiter tout être humain comme un membre aimé de sa propre famille, en suivant l'exemple du Maître.

Un paysan très pieux, nous raconte ce récit, avait pendant des années prié pour que le Maître vînt une fois visiter son humble demeure. Une nuit il eut une vision, dans laquelle le Maître lui apparut et lui annonça qu'il viendrait chez lui le jour suivant.

Plein de joie, le paysan s'éveilla. La vision lui sembla si réelle qu'il se leva et se mit immédiatement à l'ouvrage pour préparer sa demeure en vue de la réception de Thôte céleste.

Un terrible orage de grésil et de neige fit rage pendant la journée. Tandis qu'il accomplissait ses devoirs de maison, entassant de nouvelles bûches dans son foyer, préparant sa soupe aux choux, la nourriture journalière du paysan russe, l'homme regardait d'un air anxieux l'orage qui sévissait au

dehors. Tout à coup, il vit un pauvre colporteur à demi gelé, un paquet sur le dos, qui se dirigeait vers sa chaumière, mais qui n'avançait guère, vaincu qu'il était par les bourrasques de neige et de grésil qui s'abattaient sur lui. Le paysan s'élança dehors et ramena le voyageur dans sa hutte. Il sécha ses vêtements, le réchauffa, lui donna de sa soupe à manger, et ne le renvoya que lorsqu'il fut bien réconforté.

Un peu plus tard, il vit une pauvre vieille femme essayant avec peine de se frayer un chemin à travers la neige qui l'aveuglait. Il la fit aussi entrer chez lui, la réchauffa, la nourrit, l'enveloppa dans son propre manteau, et la renvoya fortifiée et encouragée.

Le jour s'écoulait, la nuit approchait, mais nulle trace du Maître. Espérant contre toute espérance, rhomme alla de nouveau à la porte de sa hutte, et regardant dehors, à travers Torage, il vit un petit enfant complètement incapable de poursuivre son chemin. Il le prit à demi gelé dans ses bras, l'amena chez lui, le chauffa et le nourrit, et bientôt le petit voyageur s'endormit devant le feu.

Cruellement désappointé de n'avoir pas vu apparaître le Maître, le paysan restait assis, fixant le feu, et tout en le fixant il s'endormit. Soudain, la chambre fut toute éclairée d'une lumière qui ne provenait pas

du feu, et il vit le Maître en robe blanche qui le regardait en souriant. « Ah ! Maître je t'ai attendu tout le jour et tu n'es pas venu. » Le Maître répondit: «Trois fois j'ai visité ta demeure aujourd'hui. Le pauvre colporteur que tu as secouru, réchauffé et nourri, c'était moi ; la pauvre femme à qui tu as donné ton manteau, c'était moi; et ce petit enfant que tu as sauvé de la tempête, c'est moi. En tant que vous avez fait ces choses au plus petit d'entre vos frères, vous les avez faites à moi-même. »

La vision du Christ s'évanouit. Le paysan s'éveilla. Il était seul avec l'enfant qui dormait en souriant. Mais il savait que le Maître avait visité son foyer.

Marden. — Attitude victorieuse.

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