‹ L'aube du théâtre romantiqueChapitre 23 sur 55 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

La mort!

Astrade est condamné, et Régine se retire dans un couvent, avec l'assentiment de l'Empereur qui ne demande qu'à liquider et à clore une vieille

aventure sentimentale. Voici les adieux de cette La Vallière des temps carlovingiens :

Je luis votre cour elle monde Et vais des saints autels chercher la paix profonde. Hugues, si jeune encore, a vu le sort des rois : Ces maîtres des humains, ces arbitres des lois, Par d'injustes erreurs sont aveuglés eux-mêmes. D3 jaloux ennemis les puissances suprêuies Habitent leurs palais, siègent dans leur conseil; Leurs jours sont sans repos, et leurs nuits sans sommeil. Des premiers des mortels si telle est la misère, Que regretterions- nous? Hugues suivra sa mère.

La première représentation de Cliarlemague fut houleuse. Népomucène Lemercier relate des mouvements tumultueux, qui empêchèrent d'entendre « les meilleurs développements historiques » du troisième acte et presque la totalité des deux derniers. 11 s'indigne, et prétend que ces mêmes morceaux, dès le second soir, furent couverts d'applaudissements. En sa personne il montre la liberté dramatique menacée et avilie. « Les voix des Cluses, dit-il, cesseront d'être écoutées au milieu des cirques transformés en une arène ouverte aux rugissements des cabales. Je parle ici plus pour le bien de l'art que pour moi-même, qui suis moins un auteur qu'un amateur exercé ; car je ne me sens pas d'entrailles de père faciles à émouvoir pour les enfants que m'ont donnés Melpomène et Thalie, et que j'abandonne, dès qu'ils se produisent dans le monde, au babil du jour présent et à leur avenir. »

La comédie allait-elle être plus propice à Népomucène Lemercier? En moins de huit mois, il fit représenter trois pièces en vers, de trois actes chacune : le Frère et la Sœur jumeaux, le 7 no-

vembre 1816, à TOdéon ; le Faux Don Homme, « tombé — dit la brochure — dès le commencement du troisième acte », au Théâtre-Français, le 25 janvier 1817; le Complot domestique ou le Maniaque supposé, le IG juin 1817, à l'Odéon. Le sujet de la première de ces comédies, le Frère et la Sœur jumeaux, avait été suggéré par Picard qui se chargea de la mettre en scène. Il y a une telle ressemblance entre Gélio, fils d'un seigneur romain, et sa sœur Gélia, déguisée en page sous le nom d'Ambrosio, qu'il pourrait en résulter quelque fâcheuse méprise, et pour le prince Albini qui aime l'une, et pour la comtesse Planginc, veuve sensible, qui raffole de l'autre. Albini la prévient charitablement, afin d'éviter toute erreur sur la personne :

Je vous déclarerai que ce page chéri

Peut devenir ma femme et non votre mari.

Préférez désormais quelque amant... qui soit homme.

La pièce finit par un quiproquo, assez leste pour attester que Népomucène Le mercier n'était pas l'ennemi d'une douce gauloiserie :

l'LANGl.NE, à Célia.

Amant cher à mon cœur.

CKLIA.

Ce n'est pas moi, madame ; C'est lui.

ALHINÎ, à CcMo.

Ma (ligne épouse...

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