CHAPITRE X
NÉPOMUCÈNE LEMERCIER {SUUe)
Ses échecs.
L'Odéon, qui connut des soirées orageuses^ aurait peine à trouver dans ses annales des représentations plus agitées que celles de Christophe Colomb, comédie historique en trois actes, jouée le 7 mars 1809. Le premier jour, ce furent des applaudissements frénétiques ; le second, des bordées de sifflets. Il y eut un spectateur tué, des blessés en grand nombre. Pour que la pièce gardât raffiChe jusqu'à la onzième représentation, on dut recourir à la protection des baïonnettes. Los classiques étaient déchaînés. Eh quoi ! ce Népomucène Lemercier avait osé mettre l'intérieur d'un vaisseau sur le théâtre. Il violait la règle des trois unités, en plaçant le premier acte au port de Pinos, près de Grenade, le second dans la salle du conseil, au palais de la reine Isabelle,
le troisième sur le pont du navire. Et, comme on se récriait contre ce scandaie,, le réformateur s'enhardissait jusqu'à répondre : « Il y a unité de lieu, le monde entier est le domaine de Colomb. »
La veille de la première représentation, il avait pris la peine, au demeurant superflue, de publier une Note de V auteur pour expliquer sa comédie shakespearienne et se justitîer, en plaidant non coupable : « Son ouvrage, disait-il, sort de la règle des trois unités. Le sujet qu'il traite l'a contraint d'en omettre deux, celle du lieu et celle du temps; il n'a conservé que celle de l'action... Cette particularité d'un événement et d'un caractère extraordinaire ne peut faire exemple. Il a fallu que l'auteur s'affranchît cette fois des règles reçues; règles qu'il a strictement observées dans toutes les pièces qu'il a faites pour le Théâtre- Français ; règles dont les chefs-d'œuvre des maîtres de l'art dramatique ont consacré l'excellence, et qu'on accuse faussement de rétrécir la carrière du génie. Quelle nation peut opposer à la notre des modèles qui égalent en perfection Cinna, Athalie et Tartufe'? Cette déclaration témoignera le respect que l'auteur de Colomb porte à l'opinion générale, et prouvera qu'il n'a pas la prétention d'ouvrir dos routes neuves, mais qu'il ne veut que tenter toutes celles que l'art peut offrir. »
Los deux premiers actes nous montrent Christophe Colomb en proie à l'idée fixe. Sa femme, Béatrix, indique, dès le début, le genre de mal dont il est possédé :
Asseyons-nous : parlons de ce pauvre Christophe, De mon mari; sa tête à chaque instant s'échauffe
Sur ce projet maudit d'aller je ne sais où, Et je crains tout à fait qu'il ne devienne fou.
Tel est aussi l'avis de l'aumonier Salvador et du médecin Pliarmacos. Ce dernier conseille un remède que ne désavoueraient pas Purgon et Diafoirus. Il déclare :
Que le mal de Colomb ne tient qu'à l'hypocondre,
Et que, par l'atrabile un peu trop excité.
Au système des sens l'équilibre est ôté.
Telle décoction, relâchant sa manie,
Abattrait ses vapeurs, qu'il prend pour du génie.
Bien purgé, vous verriez votre sublime époux
Suivre l'ordre commun et ressembler à tous.
Et buvant et mangeant, comme tant d'autres hommes,
lî(nnicment animal, être ce que nous sommes.
De si rassurantes paroles, un traitement si facile ne parviennent pas à calmer les angoisses de Béatrix. Elle se lamente :
Ah! que n'ai-je un mari posé, sage, tranquille, Qui près de moi se plût à vivre en son asile ! J'aurais bien moins de peine à me le conserver. Mais ni paix, ni loisir!... Dieu daigne préserver Toute femme qui veut être heureuse en sa vie l)e ces gens appelés des hommes de génie!
A la lin du second acte, Colomb, agréé par la reine Isabelle, donne les ordres pour tous les préjaratifs d'embarquement. Le rideau tombe sur ce vers qui ne pouvait manquer d'égayer le public :
Et (|uc bientôt notre œil voie un inonde de plus!
Quand la toile se relève, nous sommes en pleine mer, et Colomb se livre aux émotions du mono-
logue. Oyez cette invocation, à la mode de Delille :
0 ma chère compagne et des jours et des nuits. Ma boussole ! c'est toi qui seule me conduis... Instruis- moi, réponds- moi, me restes-tu constante? Quel écart!... Cèdes-tu toi-même à la tourmente? De ta direction pourquoi tant décliner?
En tes balancements, vas- tu m'abandonner ?
L'équipage, impatient, est prêt à se mutiner. On projette de se débarrasser de cet amiral illuminé qui, lorsque les provisions commencent à faire défaut — eau, vin, chair et biscuit — refuse de sacrifier son chimérique dessein. 11 paiera de la vie un pareil entêtement.
Bientôt du haut du pont lancé par ces coquins, Ils le feront descendre au pays des requins.
Durant les répétitions, ce distique avait alarmé l'acteur chargé du rôle. Il suggéra d'y substituer les deux rimes suivantes :
... lancé par ces brigands, Ils le feront descendre au pays des merlans.
Lemercier trouvait le requin plus noble. Le merlan était vulgaire. On ignore quelles eussent été les préférences des spectateurs. Ils auraient eu peine à choisir, plongés qu'ils étaient dans l'ahurissement par des vers de cet acabit :
Les cours ont, je le sais, plus d'écueils que les mers,
ou par cet autre, qui résume la géographie de Christophe Colomb :
J'étonne un hémisphère en lui découvrant l'autre.
Dans le feuilleton du Journal des Débats, Geoffroy traduisit l'opinion des gens de goût sur une œuvre aussi incohérente : « Diaprés l'annonce d'une pièce shakespearienne, je m'attendais à plus de fracas, à plus de folies. Ce qui me déplaît, ce n'est pas que l'ouvrage soit irrégulier, c'est qu'il est froid... S'il faut violer les lois de la raison, que ce soit pour se livrer à des écarts amusants ; car secouer le joug du bon sens et de l'art pour ne faire que des dissertations à la glace, autant vaudrait être sage et régulier. »
Les théories dramatiques qu'il esquissait dans ses préfaces et qu'il mettait médiocrement en pratique, Népomucène Lemercier eut l'occasion de les présenter, sous forme doctrinale, dans le Cours analytique de littérature générale professé à l'Athénée de Paris et publié en 1817. Les leçons de 1810 et 1811 furent consacrées à la tragédie et à la comédie; celles de 1815 et 1816, à l'épopée. Dans l'introduction, il stipule que les trois qualités nécessaires à l'écrivain sont la sensibilité, la raison, la vertu ; puis il se complaît en une réminiscence cicéronienne ; « La littérature charme les loisirs de l'homme, le suit dans ses voyages, l'accompagne en tous lieux, sert d'occupation à l'adolescence, qu'elle distrait des plaisirs funestes, devient le plaisir de la vieillesse, qui n'en goûterait plus d'autres; elle bâtit sans frais à l'indigence un édifice de magiques illusions; elle retire l'opulent du fracas qui suit sa fortune, et lui apprend loin du tumulte à jouir de ses richesses intellectuelles. Elle est la source de l'instruction, de la félicité, de la gloire dont s'enorgueillirent les mémorables nations du monde; et seule, enfin, elle développe, ainsi que je l'ai dit, la plus vaste, la plus mysté-
rieuse et la plus profonde de nos sciences, la science du cœur de Vhoninie. »
Népomucène Leniercier, qui ne sera ni classique ni romantique, préparc dans ce Cours une transition entre le dix-liuilième siècle et les nouvelles doctrines. Il permet au sens propre^ ce révolutionnaire^ d'intervenir en un domaine jusqu'alors réservé au sens général, ce conservateur. Son principal et presque son unique instrument, c'est l'analyse. « Analyser, dit-il, c'est faire sur la littérature ce que l'anatomie fait sur le corps des animaux. C'est disséquer. » De la sorte, il dissèque la tragédie, avec ses trois formes: fabuleuse, historique et inventée ; la comédie, avec ses six genres : grecque, de mœurs et de caractères, intriguée, composée de caractère et d'intrigue, épisodique ou à tiroir, facétieuse. Cette distinction établie, il passe aux règles qu'il juge impératives et inéluctables.
La tragédie, à l'en croire (I, 177), exige vingtsix conditions : l'^ la fable ou le fait; deux espèces, simple ou composé; 2^ la mesure de l'action; 3^ la triple unité, qui ne se trouve exactement que dans l'action simple; 4° le vraisemblable; deux espèces, naturel ou ordinaire, et extraordinaire ; 5^^ le nécessaire; deux espèces, et qui sont les mômes que celles du vraisemblable ; (>" la terreur; 7*^ la pitié; 8° le mélange de la pitié et de la terreur; 0^ l'admiration; KY^ les péripéties; trois espèces : de reconnaissances, d'événements, et de changements de volonté dans les passions; 11° la fatalité du destin; 12° la fatalité des passions; 13° le genre des passions; deux espèces, principales et accessoires, qui servent d'instruments aux premières; 14° les caractères; quatre espèces : grands, vulgaires dans les rôles subal-
ternes, pareils à oux-môines, et changeants; 15° les mœurs : Ki** l'intérêt ; quatre espèces : de passions, de politique, d'événements et de caractères ;
17*^ l'exposition: trois espèces : simple de faits, compliquée de faits, exposant des caractères et non des faits; 18° le nœud ou l'intrigue; 19° l'ordre des actes ; 20° l'ordre des scènes capitales ; 21° le dénouement; trois espèces : heureux^ malheureux, mixte : 22° le style ; deux espèces : orne dans l'exposition et dans les choses locales, simple et passionné dans l'action; 23° le dialogue ; deux espèces: soutenu et coupé; 24° les tableaux scéniqucs ou aspects des personnages; 25° la symétrie ; deux espèces : de caractères pareils ou contrastants, et de situations ou tableaux; 20° complément ou réunion de toutes ces parties.
Pour la comédie, les exigences sont mt3indres
II, 142) ; il n'y a que vingt-trois conditions, rangées dans un ordre analogue à celui qui a été suivi pour la tragédie. La plus impérieuse des prescriptions de Lemercier à l'égard de l'un et de l'autre genre, c'est l'observance des trois unités. Par contre, il constate et regrette le ton de noblesse uniforme — disons: monotone — de la tragédie moderne : il veut que les personnages s'expriment ;ivec plus d'abandon, en un langage familier, mais qui conserve sa dignité; bref, selon la remarque de M, Vauthier, il préconise, en 1811), les réformes qui seront le programme initial du romantisme : un cadre plus large, un style plus souple. Il ne s'aventure pas au delà de ce minimum de revendications.
A-t-il prêché d'exemple ? il 1 allinnc ; heaucouj) le nièrent. « On opposa, dit-il, ma pro[)re théorie dans ma chaire à ma pratique au théâtre, et l'on
vanta le professeur en moi, pour mieux déprimer le poète, avec une apparence de sincérité. » Résolu à dissiper toute équivoque, il proclame sa préférence radicale pour les règles traditionnelles, consacrées par le temps et par les chefs-d'œuvre des grands siècles. « Personne, s'écrio-t-il, plus que moi, peut-être, ne motiva par autant de raisons l'importance qu'on devait attacher à la condition des trois unités dont je relevai l'excellence avec Œdipe, Athalie et Tartufe... Quelles règles autres que celles des unités avais-je suivies dans Agamemnon, dans Ophis, dans Isule et Orovèse, dans Baudoin, dans Plaute et même dans Pirito? Le Théâtre- Français m'avait-il vu m'écarter de la route battue par les maîtres de l'art, depuis mon entrée dans la carrière ? Je dirai plus : le soin de n'essayer que sur un théâtre secondaire les trois actes intitulés Christophe Colomb et comédie shakespearienne, n'attestait-il pas encore mon respect des règles accoutumées, dont l'originalité d'un sujet honorable aux sciences et la rareté d'un beau caractère historique m'avaient contraint à m'affranchir une seule fois ? Cependant on affectait de me prêter des systèmes contraires à ceux que manifestaient tous mes ouvrages... N'importe! on ne s'obstina pas moins à m'appeler novateur. »
En 1810, l'Académie Française, qui avait dos velléités de libéralisme et des accès d'humeur frondeuse, élut Népomucène Lemercier en remplacement de Naigeon ; mais Merlin, procureur impérial et fonctionnaire fidèle au maître, se chargea de tancer le récipiendaire. Après quelques éloges décernés à Agamemnon, il passa sous silence Plaute et Plnto, puis reprocha vertement à
l'auteur de Christophe Colomb d'avoir transgressé la règle des unités. La mercuriale se termine par ce trait : « Si vous n'aviez récemment^ monsieur, professé dans vos leçons une doctrine réparatrice de l'exemple que vous avez donné, l'Académie n'aurait pu, malgré vos titres littéraires, vous admettre dans son sein. » Les objurgations n'étaient pas pour le détourner de la voie qu'il croyait bonne. Sa conscience, non point son intérêt, lui dictait sa conduite. En 1812, lorsque la députation de l'Institut fut reçue aux Tuileries, Napoléon posa cette question qui voulait être aimable : « Et vous, Lemercier, quand nous donnerez-vous quelque chose? — Sire, j'attends. » Il attendit sans courber l'échiné, sans s'émouvoir de cette bourrasque de gloire militaire. Ensuite il parla franc, dans le silence qui suivit l'abdication. Au captif de l'île d'Elbe il adressa une épître assez amère, mais surtout grosse de vérités. « Qu'importe? dit l'Empereur, il n'a fait qu'écrire ce qu'il m'avait déclaré en face. » Lemercier, qui s'était tenu à l'écart durant les Gent-Jours, prit à l'égard de la Restauration une attitude d'opposition irréconciliable. Il détestait la Congrégation, et l'on cite de lui ce mot qui résume sa philosophie voltairienne: (( Si quelque chose pouvait me faire douter de l'existence de Dieu, ce sont les prêtres. » Foncièrement libéral, instinctivement républicain, il demeurait, de manière irréductible, un homme de 89.
Ses cours de l'Athénée avaient obtenu un succès prodigieux et dissipé bien des préventions. Celui qu'on appelait « Népomucène le bizarre » fut un professeur aimable, un conférencier séduisant. Que dis-je ? il eut la double gloire de conquérir l'affec-
tion (le SCS auditeurs, celle surtout de ses auditrices, et d'être l'objet d'un attentat. A la sortie de l'Athénée, un individu, armé d'un pistolet, le coucha en joue ; mais l'amorce seule brûla. La semaine suivante, les acclamations tournèrent en apothéose.
Moins rude aux lettres que l'Empire^ la Restauration permit à Lemercier de vider son portefeuille et d'écouler une production dramatique accumulée, qui attendait. Ce fut, d'abord, la tragédie de Clmrleinagne, représentée au Théâtre-Français le 27 juin '181(), et qu'il regarde comme l'un de ses meilleurs ouvrages. Dans V Avertissement placé en tête de la brochure, il se plaint que, la pièce ayant fini à dix heures et demie, de longs articles malveillants aient pu être insérés par les feuilles qu'on imprime durant la nuit. « Je m'abstiens, dit-il, de répliquer aux journalistes qui ont cru condamner sans appel, dès la veille ou dès le lendemain de la représentation, une tragédie nationale, fruit d'un travaillong et pénible, et d'avance appréciée par d'illustres hommes d'Etat et par de vrais littérateurs. Espèret-on passer pour les interprètes de l'opinion publique, en la traduisant à contre-sens? pour ses organes, en la faisant mentir? Un trait de plume ne décide pas des résultats de l'étude et de la méditation. Le déchaînement précipité des critiques a plus ouvertement démasqué leur injustice que je n'aurais su le faire; perdre mon ouvrage était un parti pris. » Il indique son dessein, qui consistait à peindre l'époque la plus caractéristique du règne de Charlemagne, celle où a été conçu le projet de réunir les empires d'Orient et d'Occident. « C'est faussement, dit-il, qu'on a publié que ma tragédie resta longtemps par ordre dans mon portefeuille;
car Vordre do la faire paraître, telle qu'on l'a vue, me fut donné, il y a quinze ans; mais je refusai d'en profiter, ne voulant pas que la littérature aidât la politique au moment où le gouvernement consulaire s'érigeait en hérédité impériale. Ce sacrifice me coûta l'avantage d'être le premier à rouvrir la carrière des sujets nationaux, parmi lesquclsj'étais déjà prêt à ranger Cloins et Saint Louis. Je ne doute pas qu'alors l'éclat de la première représentation de Charlemcifjne n'eut pleinement satisfait la vanité littéraire la plus outrée, grâce à la seule faveur d'un homme qui savait protéger, lorsqu'on entrait dans ses desseins, aussi hahilement qu'il savait nuire lorsqu'on lui résistait. Les folliculaires dociles se fussent empressés à m'encoura^er par des louanges, comme ils se sont à l'envi donné le signal de me décrier aujourd'hui. »
La scène de la tragédie est au château d'Héristal, sur les bords du Wéser. Le Gharlemagne que Lemcrcier nous exhibe est un personnage dénué de scrupules. Pour épouser Irène, impératrice de Byzance, il abandonnera la sœur d'Astrade, comte de Thuringe, la belle Régine, dont il a eu un fils déjà adolescent, appelé Hugues. Le rôle do Régine était tenu par mademoiselle Georges, celui de Hugues par mademoiselle Bourgoin, et celui de Gharlemagne par Lafond.
La psychologie du grand Empereur semblait courte et rudimentaire. Enclin à immoler sa tendresse à son ambition, il analysait ainsi son état d'à me :
Ah! les peuples diraient, s'arinaiit do toutes parts : Est-ce à loi d'occuper uu tronc sur la terre? ïondjc, loi qui ne sais être ni roi ni père.
Ou bien il exposait, en ces termes confus et contournés^ le projet d'hymen qui lui était apporté au nom de l'impératrice d'Orient :
Enfant, cédant au fardeau qui l'accable, Irène, et dans ma cour est son ambassadeur, Veut, en m'offrant sa main^ affermir sa grandeur.
Cependant Astrade, irrité de l'affront fait à Régine, complote avec Gérolde, qui est à la fois son écuyer et concierge des prisons du palais, d'assassiner TEmpereur et d'abord de se débarrasser du jeune Hugues.
ASTRADE
Enfermons-le ce soir, si Charle ne succombe, Dans un lieu plus caché.
. GÉROLDE.
Quel autre lieu?
ASTRADE.
La tombe.
Charlemagne a découvert la conspiration, sans divulguer les noms des coupables. Il interroge ses ducs et pairs :
Leurs forfaits sont prouvés; quel doit être leur sort?
{à Astrade.) Vous-même prononcez, vous, Astrade.
ASTRADE.
La mort, GUARLEMAGNE, à lassemllée.
Vous tous enfin?