CLV. — D^ Emile Deschamps
Cher Jules, voilà à propos le langag^e queje tiens à T.... : Almaria paraît et paraît charmante, n'auriez-vous pas grande envie d'en parler un peu dans la Gazette Littéraire? Nous en avons si bien et si souvent parlé ensemble! Dans tous les cas et quand faut-il que Jules vous envoie sa ravissante espag-nole ? Il voudrait au moins la mettre tout de suite sous vos yeux d'ami et de poète, dussent-ils ne pas mettre vos lunettes de critique. Le Moniteur veut bien se charger d'un article de moi, je serai officiel et vous suivrai. C'est quelquefois la même chose; quand on crie pour Jules, par exemple.
Est-ce ainsi qu'il fallait dire, mon cher ami? Je
vous dirai la réponse de T que vous savez
d'avance, enfin, bien que ravi, c'est ég'al, je vous la dirai.
A propos, avez-vous vu mon annonce, dans le Moniteur? Et n'avez-vous pas vu qu'on a mis Amasia?
L'épreuve a passé sur le champ et il m'a répété
que Tarticle de fond passera aussitôt que la politique le permettra, c'est-à-dire dans très peu de jours.
Savez-vous si M. de Pejronnet saura l'article que j'ai fait mettre sur l'Histoire des Francs (200) ? C'est peu de chose pour lui; mais je ne me consolerais pas qu'il crût à mon silence.
Adieu, mon cher Jules, quand nous revoyonsnous ? Nous relisons Aglaé et moi quelque passage de votre mag-nifique/miïa^io/i de Jésus-Christ. Elle contient des baumes pour toutes les douleurs. A bientôt cependant et n'abusons pas de l'éternité par l'absence, comme je dis àT...
A vous de cœur et d'esprit, si j'en étais capable.
EMILE [deschamps].
Nina, Paul, Albert, Charles, tous les noms cliers que je ne veux pas oublier.