‹ L'aube romantiqueChapitre 112 sur 144 · CLXVII. — D'Emile Deschamps · texte numérisé non relu

CLXVII. — D'Emile Deschamps

Mercredi.

Vous savez tout, cher ami, vous savez la minute où je reviens et vous m'envo^'ez tout juste ce qui peut me faire le plus de plaisir, des nouvelles de votre ancienne et toujours jeune amitié.

Ce que j'aime le plus après vous, c'est votre talent et votre gloire et l'écho de cette gloire dans les cœurs que j'aime, voilà pourquoi je parle de nos amis dès que j'en ai la permission quelque part ; pour vous, mon ami, on m'a pressé, supplié et l'Avenir (262) est à nous, comme tout le monde le sait, excepté vous. Vous avez un grand admirateur dans le jeune vicomte de Montalembert, qui m'a tant demandé cet article que l'espace a forcé de raccourcir. Je voulais que l'on sût trois mois plus tôt que vous êtes un poète tragique de premier ordre, il y en a qui ne le sauront que trop tôt.

Je pars donc samedi, mais je vous verrai et vous embrasserai vingt fois d'ici là. Je parlerai tant de vous, en Auvergne (203), et je lirai tant de vos vers, au bruit des cascades que je ne me croirai pas

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isolé et puis, on m'ordonnera de travailler et l'on me répétera comme on Ta déjà fait :

Le bruit lointaia des flots des cascatelles...

et alors tout cela me fera repenser à la poésie que j'aime pour elle-même, comme on aime d'un amour profond et véritable. Aglaé vous embrasse et j'embrasse Nina, ce qui ne m'empêche pas de vous serrer la main bien fort.

EMILE [deschamps].

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