‹ L'aube romantiqueChapitre 115 sur 144 · CLXX. — De Montalembert · texte numérisé non relu

CLXX. — De Montalembert

Venise, ce 25 novembre 1836.

Monsieur le comte, C'est le jour même de la fêle de sainte-Elisa-

beth que m'est arrivée la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire et j'avoue que cette circonstance me l'a rendue précieuse. C'est donc avec un vif sentiment de joie et de reconnaissance que j'ai lu les paroles si flatteuses que vous voulez bien m'adresser au sujet d'un travail où j'ai mis toute mon âme et qui a été, pendant plusieurs années, le premier intérêt de ma vie.

Les suffrages d'un écrivain distingué et renommé comme vous, monsieur le comte, sont toujours d'un bien grand prix, surtout pour un ouvrage qui n'a aucune chance de valeur littéraire. Mais vous me pardonnerez, j'en suis sûr, si je vois en vous, autre chose que l'écrivain et si je vous remercie avant tout de ces sentiments d'intérêt et de tendresse, que semble vous avoir inspirés la chère sainte Elisabeth. Vous me donnez la dIus douce récompense que je puisse désirer, en me montrant que j'ai pu réussir à lui concilier de tels sentiments dans des âmes comme la vôtre, assez élevées et assez chrétiennes pour l'apprécier et l'aimer, malgré la profonde opposition que proclame sa vie tout entière contre ce qu'on appelle la raison et le bon goût de nos jours.

Croyez donc, monsieur le comte, que votre lettre m'a été au cœur. Permettez-moi de vous en remercier avec une affectueuse sincérité, non seulement en mon nom, mais aussi en celui de cette sainte

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chérie et veuillez agréer, avec mes remerciements, l'expression de ma haute considération.

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