‹ L'aube romantiqueChapitre 132 sur 144 · RESSÉGUIER · texte numérisé non relu

RESSÉGUIER

A Postdam, Grande Armée, ou bien, a3« régi, division de cava. lerie légère. M. le général Lassalle, à la Grande Armée.

Mille choses à ma tante ; en France, vous avez le beau temps et sa santé va devenir bonne ; dis-lui de ne pas venir dans ce pays-ci, car nous voilà à la fin d'avril et il fait autant de froid qu'à Toulouse au mois de janvier. Roger est maintenant du nombre de ceux que j'embrasse.

L'armée est rempUe de mes camarades ; j'en rencontre sans

l'aube romantique a83

cesse, tu peux dire à Aimé, après l'avoir embrassé pour moi, que le pauvre Friquet est fait prisonnier. Il me semble difficile de te dire ce qui fait que le premier argent n'est pas encore arrivé ; mais il y a des officiers qui, en Italie, par la poste, ont éprouvé des retards plus considérables.

J'ai passé, il y a quelques jours, à Marienverder, conduisant un détachement ; j'y ai trouvé le jeune Gajac, qui m'a traité comme un ami ; donne à sa famille de bonnes nouvelles sur son compte. J'ai vu dans la|mêmc ville un parent deM"° de Bélisson qui est aussi dans les gendarmes d'ordonnance. J'éprouve combien on est heureux d'apprendre des nouvelles des siens et je me serais repenti de ne pas avoir rouvert ma lettre pour te parler d'un compatriote qui m'a très bien reçu, puisque par là, sa famille sera peut-être heureuse si tu as le moyen de lui en faire part . Je parle déjà comme si ma lettre devait te trouver à la campagne, c'est très possible. Adieu, je t'embrasse encore et je t'aime de tout mon cœur.

La lettre que je t'ai écrite de Berlin t'a appris que nous allions directement aux avant-postes et nous sommes en attendant, tous les jours dans l'attente.

L'Empereur a passé la revue du régiment au quartier général et il va, dit-on, venir à Elbing pour passer celle de toute notre division. »

(4) A la mémoire

de mes amis et de mes maîtres les deux Alexandres languedociens Alexandre Soumet et Alexandre Guiraud, tous deux frères de cœur et de génie.

Dédicace des Essais Dramatiques par le comte Gaspard de Pons. Paris, Librairie Nouvelle, 1861, iii-12.

(5) Ed. Biré, Victor Hugo avant i83o. Paris, Librairie Académique, Didier-Perriu et C'c, 1902, in-12.

(6) Théodore de Barhoi, Eloge de M. le Comte Jules de Rességuier. Académie des Jeux Floraux. Toulouse, Imprimerie Douladoure, 18G4, in-io.

(7) Dominique-Samuel-Joseph-Philippe Bruiiet de Castelpers, vicomte de Panât, né à Toulouse en 178G, mort en 1860, Mainteneur aux Jeux Floraux en 1821, puis, plus tard, Secrétaire perpétuel de cette Académie. Le vicomte de Panât tut succès-

L Al BE ROMANIiytJE

sivement Auditeur au Conseil d' préfet et enfin député du Gers.

(8) G. du Gabé, /iéponse au R l'Eloge de Jules de Rességuierà 1 Recueil de l'Académie. 1864.

(9) Dans le ciel clair, Tandis que l'air Sur la fleur glisse Avec délice, Près du calice Au doux parfum ; Ou qu'importun Dans le ciel brun, Contre le chêne Il se déchaîne, Je lis les chants Purs et touchants Des d(>ux Deschamps, Ou de Beauchesne; Ou de Victor Qui n'a qu'un tort, C'est que sans règle Il vole en aigle, Et qu'en tout temps Il chante, il tonne, Et nous étonne Feuille d'automne.

Fleur de printemps.

C'est du délire De tout relire.

D'étudier Charles Nodier, Ou Lamartine :

Sa nef latine De Palestine Toucha le bord ; Et le Thabor, Triste et plus tendre,

Etat, secrétaire d'ambassade,

P. Caussetie, qui prononça 'Académie des Jeux Floraux.

Nous fit entendre Sa lyre d'or.

Puis Sainte-Beuve, Cœur d'autrefois.

Muse à la voix Naïve et neuve.

Et Peyronnet Que dans l'orage On reconnaît A son courage ; Esprit jetant Au loin sa ilamme ; Que j'aime tant De cœur et d'âme !

Et Belmontet :

Au ciel d'Isaure On dit encore L'air qu'il chantait.

Et ce Latouche Oui va blessant Ou caressant, EmbelUssant Tout ce qu'il touche.

L'écho chéri De ma retraite Qui me répète La voix poète De Saint- Valry.

l'aubk komantiouk

Jules Lefèvre, Qui, nuit et jour, A sur sa lèvre Un chant d'amour.

Ce jeune cygne, Alfred Musset :

Partout on sait Le vers qu'il sig:ae.

Et Saint-Félix, Qui dans l'on^'x Boit l'ambroisie De poésie

Et puis Gaspard Oui fit sa part Brillante cl belle En s'enivrant El s'inspirant D'Amour et à'Elle.

Et Mennechet Qu'aux Tuileries De lys fleuries On recherchait.

Sur toute chose F5ril[ant d'esprit Roçer qui cause Comme il écrit.

Brifaut, tr;uu]uille Aux jours d'eftVoi ; Pur dans son style, Pur dans sa foi.

Chantant son roi Que l'on exile !

Notre Berryer, Comme un guerrier Bouillant et brave ; Cœur éloquent.

Lançant sa lave Comme un volcan.

Le feu, l'image, Le mouvement De chaque page De Nettement

Et le critique Périodique Jules Janin Qui dans sa serre Saisit et serre Son adversaire.

Géant ou nain.

Eugène Sue Entre les flots Montrant l'issue Aux matelots :

Son corps se cambre Sur l'aviron ; J'aime sa chambre, Ou l'on sent l'ambre Et le goudron.

Saintine : j'aime.

J'aime ce cœur Voyant Dieu même Dans une fleur ; Fleur humble et belle Qu'il dévoila.

Et qu'on appelle Picciola.

L AI nE noMANrrouE

Mery, ses e^rèves, Les frais cailloux.

Les vers plus doux Que nos doux rères.

Ces noms cités Dans nos cités, Près de la Seine Comme en tout lieu.

Et sur la scène De Richelieu, Ceux qu'on désigne Tout haut, tout bas, Soulii', Dumas Et Delavigne.

Scribe, Ancelot, Eux qui dans l'urne Ont pris pour lot Masque, cothurne, Lyre et grelot.

La verve prompte De d'Arlincourt, Oui jaillit, monte.

Et qui parcourt Ville et faubourg.

Jules de Croze Noble Auvergnat, Luth-virtuose, Feu sombre ou rose ; Il n'est de cause Qu'il ne gagnât !

Double auréole, Walsh père et fils.

Et leur parole, Et leurs défis.

L'élan rapide De l'intrépide Du longerais ; Et puis après :

Toute la Mode Au trait hardi.

Bravant le code, Le samedi.

Ces gloires nées Sous mon ciel beau Des Pyi^nées :

Toulza, Barbot, Françis-Lacombe, Le chant qui tombe Tout inspiré Du luth doré De Saint-André.

Nugent qui garde Ses chants de barde Pour son parti ; Boula j-Paty, Et Goùt-Desmartres, Méliot de Chartres Et Turquety, Julvécourt, Bla^e, Roger Beauvoir :

Jeunesse, extase Et gai savoir !

C'est rêverie, Joie et féerie.

Quand je reçois La Bouillerie Charle ou François, Falloux, Perrière, Touchant le but A leur début Dans la carrière.

l'aube ROMANTJOUE

Barbier, sans frein.

Dont l'art enjambe Le noble ïambe D'or ou d'airain.

Brizeux qui prie Pour sa patrie El pour Marie.

Alfred est là.

Qui révéla L'ançe Eloa, Brillant ou triste Gomme l'artiste Qui fit Manfred ; Poème, histoire, A toute gloire Répond Alfred.

Guiraud, ce frère Que jamais rien Ne peut distraire Du beau, du bien ; Touchant çénie De qui nous vient Ou Virginie Ou Flavien.

Et lui qui brille Avec sa fille Au premier rang Soumet si çrand !

Et puis bien d'autres I Parmi les nôtres.

Quelques élus "Toujours relus; Femme ou grand homm; Qu'à mon défaut La gloire nomme Et qu'il me faut.

Avec ces hôtes Aux tètes hautes Pour blanc, pour noir, De l'aube au soir, Dans ma demeure Je compte l'heure Près du foyer.

Sans m'ennujer.

Mais dans la foule Où l'on se foule, Parmi ces gens Très obligeants.

Troupe agissante Et peu pensante.

Aux beaux discours Jamais très courts ; Troupe choisie.

Sans poésie, Qui s'extasie Pour un foulard.

Et pas pour l'art Oui sur la toile Près d'une étoile Montre la voile De Velléda, Ou l'aile blanche Qu'un cygne penche Près de Léda ; Troupe dont l'àme.

Matière cncor, Reste sans flamme Au bruit du cor, Et qu'un beau livre Ne fait point vivre, Que rien n'enivre Dans l'univers.

Ni port ni dune, Blonde ni brune.

Soleil ni lune, Prose ni vers I

Avec ce monde Une seconde. . . .

Dans un salon Ah ! c'est trop long !

(40) Tableaux Poctiqnti, parle coi^te Jules de Rességuier. Paris, Allardin, libraire. Quai de l'Horloge, n» 57 ; 1827, iQ-8° ; 2 ff. n. ch. pour le litre et le faux titre 255 p., j compris la table. Quelques mois plus tard, le même volume reparaît chez Urbain Canel, rue Saint-Germain-des-Près, n^G, 1828, avec deux gravures en taille-douce hors texte : la Baijadère, placée en frontispice en face du titre; Ondint, en face de la page lo ; toutes deux sur Chine, signées à droite : le V* de Senonnes del' ; à gauche : Ad. Godefroy, sculpt. Le titre orné d'un fleuron en forme de couronne de laurier.

(H) Les Prismes Poéliffues, par le comte Jules de P»ességuier, Paris, Allardin, libraire, quai de l'Horloge, n° 57 ; 1838, in-8o ; 3 fi", n. ch.; au verso : Paris, Imprimerie des fonderies de Jules Didot l'aîné, boulevard d'Enfer, no 4 ; au recto : le titre dans un encadrement ornementé; plus 279 p. ch. dont trois pour la table ; couverture imprimée couleur vert pâle.

(12) Almaria, par le comte Jules de Rességuier. Paris, Allardin, libraire -éditeur, no 13, place Saint-André-des-Arts; 1835, in-8o, YIII f. pour le faux-titre et la préface ; plus 346 fi", dont 24 pour les notes; 2 fî'. supplémentaires pour la table des chapitres. En frontispice, en face du titre, une gravure sur bois, tirée sur papier de Chine, signée H. Brov.n, montre le duc d'Hermandarez présentant Almaria à sa famille. La 3* édition porte comme titre — le même — avec Allardin, libraire-éditeur, n* 3, rue des Poitevins, 1836.

(13) Dernières Poésies du comte Jules de Rességuier, Toulouse, Imprimerie de A. Chauvin, rue Mirepoix, no 3; 1864ia-8o ; 8 pp. le faux-titre, le titre et la préface et 203 pp. chifF. dont 3 pour la table. Couverture imprimée à double encadrement, papier glacé, gris perle

(li) Ed. Biré Victor Hugo avant i83o ; ouv. cit.

(15) Albert de Rességuier, né à Toulouse le 26 novembre 1816 ; après avoir terminé son droit à Paris, il fît un voyage d'études en Allemagne. En 1838, il publia une traduction du livre de polémique religieuse du D"" Joseph Goerres, Araire de Cologne, Athanase. Paris, Debecourt, 1838. Il collabora à de nombreuses publications littéraires et religieuses, entre autres, à la Vie des Saints de Delloye, 1845. Nommé député des Basses-Pyrénées à l'Assemblée Législative de 1848, il vota le plus ordinairement avec la droite monarchique ; il fut du nombre des représentants du peuple réunis le 2 décembre à la mairie du X« arrondissement qui signèrent le décret de déchéance du prince Louis-Napoléon. Albert de Rességuier est mort à Paris le 26 mars 1876.

De ses œuvres poétiques, contentons-nous de rappeler ce sonnet en vers monosyllabiques, paru dans la France Littéraire de 1833 et déjà cité par Eug, Asse dans les Petits Romantiques :

POPR UNK Rose :

Fort BeUe, Elle Dort.

Sort Frôle, Quelle Mort !

Rose

Close,

La

Brise

Prise.

agO L AUDE ROMANTIQUE

En plus d'Albert, Jules de Rességuier eut deux autres fils : Paul, né en 1812, et Charles, ce dernier officier de cavalerie, après être passé par l'école Saint-Cyr. On trouvera à tout instant les noms des trois fils de Jules de Rességuier dans les lettres qui forment la seconde partie de ce volume.

/" Lettre

(10) Soumet — Alexandre, — né à Castelnaudary, en 1786, mort en 184o; venu à Paris en 1808 après avoir été couronné aux Jeux Floraux, il publia en 1810 le poème de l'Incrédulité et fut nommé peu après par Napoléon auditeur au Conseil d'Etat ; à la Restauration, Louis XVIII en fit le bibliothécaire du château de Saint-Cloud ; en 1813, Soumet remporta le même jour, avec la Découverte de la vaccine et les Derniers moments de Baijard, deux prix de poésie à l'Académie française dont il fut élu membre, neuf ans plus tard, en 1824, après le succès de ses tragédies de Saiil et de Clytemnestre, représentées, à deux jours d'intervalle, en 1822. Citons encore ses pièces de Cléopâtre, 1824; Jeanne d'Arc, 1823; Une Fêle sous Néron, 1830, écrite en collaboration avec Belmontet; le Gladiateur, 1841, écrite avec sa fille Gabrielle — Mme Daltenheim. — Soumet ne se contenta pas de ses succès tragiques ; il publia deux épopées : Jeanne d'Arc et la Divine Epopée. Nous craignons qu'à part quelques morceaux descriptifs tirés de ses tragédies et de ses poèmes il ne reste guère de lui qu'une simple élégie : la Pauvre Jî lie, pleine de charme et de grâce.

(17) La place Saint-Etienne, à Toulouse, sur laquelle donne la façade de la cathédrale.

(18) Vicomte de Panât; voir note 7.

L AUBB ROMANTIQUE 29I

5* Lettre

(19) Claire-Elisabeth-Jeanne Gravier de Vergennes, née en 1780, morte en 1821, nièce du ministre de Vergennes, mariée à seize aas au comte de Rémusat successivement préfet de l'Empire, Chambellan de Napoléon et sous la Restauration, préfet de la Haute-Garonne et du Nord. M™« de Rémusat avait été Dame du palais de l'Impératrice Joséphine ; elle a laissé un Essai sur Védiication des femmes , publié par son fils en 1824 et couronné par l'Académie française en 1825.

(20) Jules de Rességuier, en 1819, prononça V Eloge de Clémence Isaure à l'Académie des Jeux Floraux.

Je Lettre.

(21) M. de Rémusat quitta peu après la préfecture de la Haute-Garonne pour celle du Nord .

(22) Nina, M'"® de Rességuier.

4« Lelire.

(23) Druidas — Haute-Garonne — commune du canton de Cadours. arrondissement de Toulouse, où le comte Adrien de Rességuier possédait un château.

(24) La cantate de Zulma, de Jules de Rességuier, fut lue par lui à l'assemblée générale de l'Académie des Jeux Floraux de 1818.

(25) Melchior-Louis Bon de Margarit, marquis d'Aguilar, né en 1755 à Perpignan, mort dans la Haute-Garonne en 1838; capitaine au moment delà R.évolution, il émigra et combattit le? armées de la République à la frontière espagnole ; il rentra en France dès que les circonstances le permirent. Le marquis d'Aguilar a laissé un volume de vers et

aga l auiik romantique

une traduclion des poésies de Lope de Vega; Mainteneur aux Jeux Floraux, il a lu plusieurs éloges et poésies aux réunions de cette Académie.

(26) II ne s'agit pas de l'élection de Soumet à l'Académie française, qui n'eut lieu que le 2r3 novembre 1824 ; mais de sa nomination à l'Académie des Jeux Floraux, qui date du 31 juillet 1818. Il fut reçu le 23 juin de l'année suivante.

5c Lettre.

(27) Voir note 20.

(28) Le poème de la Somnambule, d'Alfred de Vigny, écrit en 1819, est dédié à M. Soumet, auteur de Clytemnestre et de Saiil .

(29) Victor Hugo n'avait pas encore dix-huit ans,

(30) Joseph, comte de Villèle — 1773-1854 — Ministre d'Etat sans portefeuille, en 1820.

(31) Hercule, comte de Serre — 1776-1824 — Garde des Sceaux pendant la Restauration, sous le ministère Decazes en 1818 et sous le second ministère Richelieu en 1821.

(32 1 Soumet, qui avait été Auditeur au Conseil d'Etat sous l'Empire, désirait reprendre son ancienne fonction.

(33) Guiraud, • — Pierre-Marie-Alexandre, baron — né en 1788 à Limoux, mort en 1847. Guiraud n'est pas seulement l'auteur du Petit Savoyard, mais de nombreuses tragédies dont l'une, les Macchabées, représentée à l'Odéon en 1825, lui ouvrit les portes de l'Académie française. On lui doit encore des poèmes élégiaqucs et des romans chrétiens tels : Césaire ti Flavien, ou l'Homme du désert.

6^ Lettre.

(34) Jules de Rességuier, en qualité de Mainteneur aux

l'aube romantiouk 293

Jeux Floraux, avait, en 1821, prononcé l'éloge du Secrétaire perpétuel Poitevin-Peitavi.

(35) Le Conservateur Littéraire, fondé en décembre ^819, cessa de paraître en mars 4821 ; il fut remplacé par les Annales de la Littérature et des Arts.

(36) Joseph Rocher, ami particulier de Lamartine, qui lui dédia l'ode de l'Enthousiasme, fut successivement conseiller à la Cour de Grenoble, de Lyon, secrétaire général du ministère de la Justice en 4828; maître des Requêtes en 4829; conseiller à la Cour de Cassation en 4838 ; enfin, recteur de l'Académie de Toulouse en 1856.

(37) Ni Alfred de Viij^ny, ni A. de Saint-Valry, ni Gustave de Pons ne furent couronnés au concours de 4824 des Jeux Floraux. Joseph Rocher obtint seulement les honneurs de l'impression au recueil de l'Académie de Clémence Isaure, d'un poème intitulé l'Immortalité de l'Ame et non pas les Troubles actuels de V Europe, comme l'écrit Victor Hugo.

(38) L'ode de Quiberon, qui fait partie du volume des Odes et Ballades, fut imprimée dans le recueil des Jeux Floraux de 4821 .

(39) Jean-Joseph-Thérèse Pinaud, né en 4773, mort à Toulouse en 4843, achevait ses études de Droit quand il fut enrôlé dans les armées de la République ; emprisonné bientôt après comme suspect et libéré en Thermidor, il vint alors s'inscrire au barreau de Toulouse. Sous la Piestauration il fut nommé avocat-général, puis conseiller à la Cour ; en 4824, il fut appelé à Metz en qualité de Procureur général. La Révolution de Juillet le rendit à la vie privée et le ramena à Toulouse, qu'il ne quitta plus. Du 34 juillet 4818 jusqu'au 25 février 4825, Pinaud fut secrétaire perpétuel de l'Académie des Jeux Floraux.

(40) Cet appartement occupé par Victor Hugo rue de Mézières, où la mère du poète mourut trois mois plus tard, le

294 l'aube nOMANTigUE

27 juin, coQsistalt en un rez-de-chaussée avec la jouissance d'un jardin.

78 Lettre.

(41) La Consolation d'une mère, avant de faire partie des Tableaux Poétiques, avait paru dans le recueil des Jeux- Floraux de 1822 ;;dans le tome III des Annales de la Littérature et des Arts et dans l'Almanach des Dames de 1822.

(42) Alexandre Soumet ; toutes les fois que dans les lettres suivantes on trouvera le prénom d'Alexandre, il s'agira d'A lexandre Soumet.

*e Lettre.

(43) La Harpe de Glorvina parut pour la première fois dans le recueil des Jeux Floraux de 1824, puis dans le tome III, 1821, du Conservateur Littéraire; cette pièce fait partie des Tableaux Poétiques.

(44) La Mort d'une jeune fille parut dans le recueil des Jeux Floraux de 1821, en même temps que la Harpe de Glorvina ; comme celle-ci, cette élégie fait partie des Tableaux Poétiques .

(45) Cette lettre est adressée à M. le comte de Rességuier à Lombez (Gers). Jules de Rességuier se trouvait alors dans sa propriété de Sauveterre, située à quatre kilomètres de cette sous-préfecture du Gers, qui lui venait de sa grand'mère, M'ia de Boyer, femme du président de Rességuier.

^e Lettre.

(46) Allusion aux difficultés rencontrées par Soumet auprès du gouvernement et des acteurs pour faire jouer ses tragédies de Saûl et de Clyiemnestre.

l'aube romantiquk 295

(■47) Soumet habitait alors à Auteuil l'ancienne villa de Boileau.

(48) Soumet, très frileux et d'une mauvaise santé, avait occupé à Toulouse, dans une maison de la place Saint-Etienne, un appartement sous les toits, exposé au nord et au vent d'autan.

(49) Deschamps (Emile), né le 20 février i791, à Bourges, entré vers sa vingtième année dans l'administration des Domaines, dont son père était un haut fonctionnaire; devenu souschef de bureau au ministère des Finances en 1827, décoré l'année suivante, il prit sa retraite en 1848 et se retira alors à Versailles, où il mourut le 22 mai 1871. Dès sa jeunesse Emile Deschamps s'occupa de littérature; en 1812, il composa une ode patriotique qui lui attira la bienveillance de Napoléon ; en 1818, il écrivit, en collaboration avec H. T. de Latouche, les comédies de Selmours de Florian et du Tour de faveur qui eurent plus de cent représentations; en 1829, il publia les Etudes françaises et étrancjères ; en 1839, une traduction poétique de Roméo et Jalitile: en 1844, une autre, de Macbeth. Ces deux interprétations de Shakespeare, avec la préface et les commentaires, forment le premier volume de la première édition de ses Œuvres complètes. Une édition posthume des Œuvres complètes du poète, en six volumes in-18, parut chez Alph. Lemerre en 1873. Emile Deschamps collabora aux Annales de la Littérature et des Arts, au Conservateur Littéraire et surtout à la Muse Française. Toutes les fois que, dans les lettres suivantes, on trouvera le prénom d'Emile, il s'agira d'Emile Deschamps.

/oe Lettre.

(50) Victor Hugo ; toutes les fois que, dans les lettres suivantes, on trouvera le prénom de Victor, il s'agira de Victor Hugo.

(51) Peyronnet — Charles-Ignace, comte de — né à Bordeaux

3q6 l'aube HOUANTigUE

en 1775, mort en i 853, fils d'un père guillotliné aous la Terreur ; d'abord avocat à Bordeaux, il fut nommé Président du tribunal de cette ville par Louis XVIII, puis Procureur général à Bourges. Elu député de la Gironde en 1820, il devint ministre de la Justice en 1821 et le resta jusqu'en 1828; il fut ensuite élevé à la dignité de pair de France. Rentré aux affaires en mai 1830 comme ministre de l'Intérieur, il signa les fameuses ordonnances qui le firent mettre en accusation et condamner avec ses collègues Polignac, Chantelauze et Guernon-Ranville à la peine de mort, plus tard commuée en celle de la détention perpétuelle. Enfermé au fort de Ham, il en sortit lors de l'amnistie de 1836. On doit au comte de Peyronnet les Pensées d'an prisonnier, 1834, 2 vol. in-8», et une Histoire des Francs, 1835, i vol. in-8».

(52) Le Pèlerin parut pour la première fois dans le recueil des Jeux Floraux de 1822; puis dans les Annales de la Littérature des Arts, tome III, 1822. Il fait partie des Tableaux Poétiques .

(53) Ancelot — Jacques-Arsène Polycarpe — né en 1794, mort en 1834; sa tragédie Louis /A', jouée en 1819, obtint un succès éclatant ; membre de l'Académie française en 1841.

(54) Le morceau dont il est ici question, VOdalisqae, parut d'abord dans la Muse Française, tome 1er, 1823, puis dans les Annales de la Littérature et des Arts, 1825, avec la noie : cette élégie est tirée de la Gaule Poétique. Dans les Tableaux Poétiques, où elle a trouvé place, elle est précédée d'une épigraphe tirée de cet ouvrage : la Gaule Poétique ou l'Histoire de France considérée dans ses rapports avec la poésie, l'éloquence et les beaux arts, par Fr. Marchangy, 1813, 8 vol. in-8«.

(55) Saûl, tragédie d'Alex. Soumet, acte III, scène ii ; voir note 16.

(36) Soumet demeurait alors rue d'Enfer — aujourd'hui rue Denfert-Rochereau — n» 27, en face le jardin du Luxembourg.

12° Lettre.

(57) Abel Hugo, avec son frère Victor Hugo, un des directeurs des Annales de la Littérature et des Arts.

(58) Pichald — Michel Pichat dit, — né à Vienne en Dauphiné, en 1790, mort en d829, fit représenter au Théâtre français, le 26 novembre 1825, une tragédie de Léonidas, qui obtint un éclatant succès. Talmaet Ml'e Duchesnois y tinrent les premiers rôles.

(59) Neuvième strophe de l'ode : le Poète dans les révolutions ; Œuvres de Victor Huço ; Odes ; livre premier, ode première. Soit que Victor Hugo ait retouché sou texte primitif, soit que Soumet l'ait mal transcrit, voici le commen cément de cette strophe telle qu'elle se trouve dans la version définitive :

Que n'es-tu ne sur les rivages

Des Abbas et des Cosroës

Aux rayons d'un ciel sans nuages.

i3' Lettre.

(60) Gabrielle Soumet, née à Paris le 17 mars 1814, filld'Alexandre Soumet; dès 1818 elle publia les Nouvelles Filiales, dont on lui faisait réciter des fragments dans kmonde ; à vingt ans elle épousa Beuvain-Daltenheim. En collaboration avec son père, elle écrivit la tragédie du Gladiateur représentée sur le Théâtre français le 4 avril 1841 et

298 l'aube lVOMANTiyt:E

celle de Jeanne Gray, donnée à l'Odéon, le 29 mars 1844. On lui doit encore divers volumes^ parmi lesquels le poème de Berthe Bertha, 1843. Mme Soumet-Dallenheim est morte le 16 mai 1886. — Toutes les fois que dans les lettres suivantes on trouvera le prénom de Gabriellc, il s'agira de Mm» Gabrielle Soumet-Daltenheim.

i4'' Lettre.

(61) En 1821, Alfred de Vigny publia sans nom d'auteur sous le titre : Poèmes: Hélùna, la Somnambule, la Fille de Jepthé, la femme adultère, le Bal, la Prison, etc.

(62) C'est seulement deux ans auparavant, en 1819, que H. T. de Latouche réunit et fit paraître les Poésies d'André Chénier, encore ignorées.

(63) S'a"/; voir note 160.

/J« Lettre.

(64) Celte lettre a paru tronquée dans la Correspondance de Victor Hugo.

(65) Clytemnestre fut représentée au Théâtre français le 7 novembre 1822 ; Saiil, à l'OJéon, deux jours après, le 9 ; les deux pièces furent vivement applaudies,

(66) Le Dévouement pendant la peste fut lu à la réunion des Jeux Floraux de mai 1822.

(67) Darangel (François), né à Marseille, mort à Paris en 1879, a pris part, à diverses reprises, aux concours des Jeux Floraux sous son nom de Durand, et sous les noms de Durand de Vadrelmou, Durand de Mondurango, Halmoadurand; en 1822, avec deux odes; le Détachement de la Terre, qui fut récompensé, et l'Adieu, imprimé dans le recueil de l'année ; en 1823, avec l'ode de la Gloire, qui obtint une amarante réservée, et les deux pièces : A Victor Hugo et la

Vieille France, qui parurent dans le volume de l'année ; en 1829 et 1833, François Durangel reçoit deux nouvelles couronnes et, cette dernière année de 1833, l'Académie de Clémence Isaure lui décerne des lettres de maîtrise; enfin, en 1863, il publie un poème épique en huit chants : la Chris todie, dont le sujet est la mort et la résurrection du Christ.

776 Lettre.

(68) Le commencement de la lettre manque.

(69) Laissé libre de choisir le titre définitif de l'ode que Victor Hugo appela successivement Barcelone et le Dévouement dans la peste, Jules de Rességuier prit le dernier, qu'il simplifia en l'intitulant seulement : le Déoouement. C'est sous ce titre que la pièce parut dans le volume des Odes et Ballades, livre IV, ode iv.

(70) A. de Saint- Valry avait obtenu un lis réservé au concours des Jeux Floraux de 1822, avec une élégie intitulée : Prière d'an jeune poète à la Vierge. Voir plus loin, note 87.

(71) Dans Victor Hugo avant i83o, E. Biré nous apprend que la chambre occupée par le poète, rue du Dragon, n'avait d'autres ornements que les deux amarantes et le lis d'or obtenus aux Jeux Floraux.

i8'> Lettre.

(72) Victor Hugo corrigeait alors les épreuves de son volume Odes et Poésies diverses, qui devait paraître deux mois plus tard, en juin 1822, chez le libraire-éditeur Pelicier, Palais-Royal, 243, Paris.

(73) L'Assemblée générale de l'Académie des Jeux Floraux,, où sont distribuées les récompenses de ses concours, s'appellr la Fête des Fleurs.

3oo l'aube romantique

ig* Lettre.

(74) Jules de Rességuier venait de lire, à la séance publique du 3 mai 1823 de l'Académie des Jeux Floraux, une ode à Clémence Isaure commenrant par :

Il vient ce jeune Hugo s'essayer à corabattre. . .

(75) Celtre lettre a paru tronquée dans la Correspondance de Victor Hugo.

(76) François-Durand-Durangel habitait alors Marseille; voir note 67.

(77) Victor Hugo changea quelque peu d'opinion plus tard.

32^ Lettre.

(78) Jules de Rességuier avait annoncé à Victor Hugo sa prochaine venue à Paris — Voir lettre précédente.

(79) Delphine Gay venait de remporter un prix extraordinaire de l'Académie française pour une pièce de vers intitulée : le Dévouement des médecins et des sœurs de Sainte- Camille dans la peste de Barcelone. Delphine Gay, née en 4804, mariée en i831 à Emile de Girardin, morte en 1855, est trop connue pour qu'il soit nécessaire de faire plus que de rappeler ses litres littéraires : ses romans et nouvelles : le Lorgnon, 1831 ; le Marquis de Fontanges, 1835; la Canne de M. de Balzac, 1836; Marguerite, 1853, ses comédies : Lady Tartufe; le Chapeau dUin horloger; la Joie fait peur, 1853; ses Chroniques du marquis de Lauzun; ses Poésies, quoique elles ne soient plus guère lues.

l'aube romantique Soi

(80) Les Macchabées, tragédie en cinq actes et en vers, par Alexandre Guiraud, jouée à l'Odéon en 1822.

(81) Joanny, - Jean-Bernard Brissebare dit — né en 1775 à Dijon, mort en 1834; engagé à seize ans dans un bataillon de volontaires ; après quatre années de service, il quitta l'armée et entra à Paris dans un bureau comme commis, puis abandonna cette place pour monter sur la scène ; après avoir joué quelque temps en province, il débuta en 1819 à l'Odéon, d'où il passa en 1823 au Théâtre- Français. Joanny prit sa retraite en 1841.

(82) Salvandy, — Narcisse- Achille de — néà Condomenl793, mort en 1836. Engagé dans les Gardes d'honneur, il fit les campagnes de Saxe et de France et, lors de la Piestauration, quitta le service ordinaire avec le grade d'adjudant major pour entrer dans la Maison militaire de Louis XVIII. Nommé Maître des requêtes au Conseil d'Etat en 1819, il abandonna cette situation, en 1821, un peu contraint forcé ; il la reconquit en 1828. C'est lui qui à un bal donné par le duc d'Orléans, en 1830, au roi de Naples, prononça la fameuse phrase : « C'est une vraie fête napolitaine, nous dansons sur un volcan. «Nous ne suivrons pas Salvandy dans sa vie politique sous la Royauté de Juillet et le second Empire d'autant plus que, seuls chez lui, l'homme de lettres et l'homme du monde nous intéressent.

(83) Salvandy, qui venait d'épouser MH^ Feray, tille de M. Feray, gendre d'Oberkampf, grand industriel et fabricant de toiles, dites de Jouy, passait la belle saison chez les parents de sa femme, dans leur propriété de Chantemerle, à Essone, commune de l'arrondissement et du canton de Corbeil . Seipeet-Oise.

U AI BE hOMANTlOUE

^4* Lettre.

(84) Vatout (Louis}, né en 1792, mort en 1848, bibliothécaire du duc d'Orléans sous la Restauration, puis, après la Révolution de Juillet, Conseiller d'Etat et bientôt député. Nommé membre de l'Académie fran(;aise en 1848, il mourut avant d'avoir pu prononcer l'éloge de son prédécesseur. Il passe pour l'auteur de la fameuse chanson du Maire d'Eu, si appréciée de Louis-Philippe,

(8.5) Le Pèlerin et non la Pèlerine ; voir note 52.

(8G) a Vous savez que notre Soumet a reçu presque toute la gloire qu'il devait avoir et qu'il avait depuis si longtemps dans nos cœurs... Venez voir Talma qui est adorable, venez voir Saiil qui est admirable... »

Alfred de Vigny au baron Guiraud ; 21 nov. 1822. — C. Douais. Lettres au baron Guirand. Montpellier, imprimerie G. Firmin et Montane, 1899, in-4.

26^ Lettre.

(87) Au commencement de l'année 1821, Victor Hugo avait été passer quelques jours chez A. de Saint- Valry, à Montfortl'Amaury. Adolphede Saint- Valry, né en 1796, mort en 1867? fut l'ami le plus intime de la jeunesse de Victor Hugo et un des directeure de la Muse Française. En dehors de ses poésies, dont certaines furent couronnées aux Jeux Floraux et dont d'autres furent publiées : la Chapelle de Noire-Dame, en 1825 et les Raines de Montforl-l' Amaury, en 1826, Adolphe de Saint- Valry est l'auteur d'un remarquable roman : Madame de Mably.

l'aube romantique 3o3

28^ Lettre.

(88) Ch. Gosselin, éditeur des Méditations Poétiques de Lamartine, de 1822, 1823 et 1825. En 1826, une nouvelle édition de ces poésies parut chez le libraire J. Bocquet, en 2 vol. in-80.

(89) Parseval-Grandmaison — François-Auguste, — né à Paris en 1759, mort en 1834; membre de l'Académie française. On lui doit les Amours épiques, poème eu six chants, 1804, et Philippe-Auguste , poème épique en douze chants, 1825, auquel il travailla plus de vingt ans, hélas ! C'est Parseval- Grandmaison, qui, à la première représentation à'Hernani, ayant protesté contre la phrase : « Vieil as de pique », qu'il avait cru entendre, au lieu de a Vieillard stupide » manqua d'être écharpé par Lassailly. Il existe un tableau peint par M™= Ancelot représentant Parceval-Grandmaison lisant Philippe-Auguste devant Lamothe-Langon, Le Maire, Gayrard et sa femme, Mely-Janin , Lemontey, Auger et sa femme, Mme de Gallemand, Casimir Bonjour, Lacretelle et sa femme, Frantin, Campenon, le duc de Raguse, Victor Hugo et sa femme, Saint-Valry, Audibert, Raoul Rochette, Saintine, Guiraud, Alfred de Vigny, Emile Deschamps, Mmo de Bawr, Mennechet et sa femme, Mlle Delphine Gay, M™* Sophie Gay, G. de Pons, de la Ville, Pichald, Michel Béer, Jules de Rességuier, Ancelot et l'auteur de la composition.

2Q^ Lettre,

(90) Alfred de Vigny, était entré, en 1823, au 55« de ligne, en garnison à Strasbourg, comme capitaine à l'ancicunelc ; du Bas-Rhin ce régiment fut envoyé dans les Basses-Pyrénées lors de la guerre d'Espagne.

(91) Le 55e de ligue, en garnison depuis son arrivée en

3o4 l'aube romantique

Béarn à Oloron et à Orthez, fut ensuite dirigé sur Pau, où il fit soa entrée dans la soirée du H juin 1824.

(92) Beauvais-Poque, né le 23 octobre 1793, à Pontacq (Basses-P^Ténées,) colonel dans les Gardes d'honneur aux journées de Juillet 1830, fut plus tard commandant du château de Pau ; véritable bretleur, quelque temps avant les échaufourées paloises, il avait été à Bayonne se battre avec un officier de la Garde.

(93) Le dimanche qui suivit l'arrivée du o5« de ligne à Pau, une altercation assez grave eut lieu entre les soldats et quelques jeunes gens de la ville, à la sortie de la dernière messe de l'église Saint- Jacques, rendez-vous de la jeunesse dorée de la ville. Voir : Paul Lafond : Alfred de Vigny en Béarn. Paris, 1897. Edition de l'Ermitage, in-18.

(94) Le comte de Fontanges, colonel du 55» régiment de ligne.

Joe Lettre.

(93) a Le ler août, des rixes suivies de batailles en règle éclatent entre civils et militaires, dans un bal champêtre, au village voisin de Jurançon, situé de l'autre côté du gave. Les Béarnais ne s'avisent-ils pas de vouloir empêcher les soldats de danser. .. les rixes continuent sur le chemin qui mène de ce village à Pau, sur le pont du gave et sont suivies de rassemblements considérables à l'entrée de la ville, au nord du château, sur la place Gramont, où les militaires sont assaillis à coups de pierres. La nuit vient mettre un terme momentané à ces luttes; mais elles recommencèrent le lendemain lundi, jour de marché, plus violentes et plus acharnées que la veille. Les officiers ne pouvaient plus sortir de chez eux sans être menacés et même frappés par la populace... » — Paul Lafond : — Alfred de Vigny en Béarn \ ouyr. cit.

l'aube ROMANTIQUli 3o5

Alfred de Vigny revient sur ces événements dans une lettre adressée quinze jours après à son ami Soulié :

« Je vous écris mystérieusement, mon cher ami,... Vous savez quels troubles ont eu lieu à i*au ; ils étaient préparés depuis longtemps contre ce régiment dont l'opinion est celle des Vendéens et de la Garde. Notre première offense fut le Domine, Saloum; la pauvre ville d'Henri IV est envahie par les libéraux que n'ont jamais osé contenir des autorités débiles ; elles ont essayé un jour de punir, tout en tremblant, un scandale dans une église par un jour de prison, et pour venger le roi des Halles, les Halles se sont armées de pierres et ont lâchement écrasé quelques soldats isolés... »

Le destinataire de cette lettre, Jean-Raptiste-Augustin Soulié, né à Castres en 1780, mort à Paris en 1845, d'abord journaliste à Bordeaux, ensuite à Paris, devint, à partir de 1820, un des principaux rédacteurs de la Quotidienne. On lui doit la fondation du Keepsake français en 1830 ; il avait été nomms par le gouvernement de la Restauration, Conservateur de la bibliothèque de l'Arsenal.

(96) Cléopàtre, tragédie d'Alexandre Soumet, jouée en 1824, avec un médiocre succès.

Si" Lettre.

(97) La Muse Française cessa de paraître en juin 1824; fondée en juillet 1823 par Victor Hugo, Alexandre Guiraud, Alexandre Soumet, A. de Saint- Valry, Emile Deschamps, etc., elle eut pour principaux rédacteurs, avec ceux-ci : Alfred de Vigny, Ch. Nodier, Pichald, Jules de Rességuier, G. de Pons, Durangel,Belmontet, Jules Lefèvre,UIric Gutlinguer, IM^^^sDes. bordes-Valmore, Amable Tastu, Sophie et Delphine Gay, etc.

La Muse Française, imprimée chez Huzard-Courcier, 12, rue du Jardinet, était éditée par Ambroise Tardieu, libraire, 12, rue du Battoir-Saint-André-des-Arts.

3o6 l'audb kohantique

32* Lettre.

(98) Aglaé Vinot, fille d'un ancien notaire royal de Vincennes, mariée à Emile Deschamps en 1817, morte à Versailles le 10 février 1855.

(99) M>"e Daclin.

(100) Dudon — Jean-Franr.ois-Pierre-Cécile, baron — fils du procureur général au Parlement de Guyenne, Dudon, guillotiné à Bordeaux en 1793 ; encore très jeune, il émig'ra en Russie, ce qui lui valut le surnom de cosaque ; à peine âgé de vingt-un ans, il fut nommé Intendant général de l'armée de Portugal ; élu député de la Gironde à la Restauration, il devint ensuite Président du Conseil d'Etat et ministre sous Charles X. Le baron Dudon avait épousé Mire de Mac-Mahon, mère de M^'e Jules de Piességuier (Nina); il mourut à Paris le 26 mai 1857.

(101) Le château du Marais, propriété de Jules de Rességuier, à Argenteuil, près de Neuilly, où mourut, en 1789, le marquis de Mirabeau, l'auteur àtVAmi des hommes, père du fameux tribun. Le château du Marais n'existe plus.

(102) Le père d'Emile Descbamps, Deschamps de Saint- Amand, était administrateur de l'Enregislrement et des Domaines ; sous l'Ancien Régime, il avait occupé la charge de directeur des Domaines et de Receveur Général de la province du Berry. M. Descharaps de Saint-Amand était un esprit très littéraire. Le jeune ménage Emile Deschamps vécut avec AL Deschamps de Saint-Amand, 7,rue Saint-Florentin, jusqu'à la mort de ce dernier, survenue en 1826.

.?.?e Lettre.

(103) Allusion à la vie retirée qu'Alex. Soumet menait à Toulouse dans le quartier Saint-Etienne, où il habitait.

(101) Sainte-Euverte, ancienne église d'Orléans, longtemps désaffectée et rendue au culte en 1857.

(105) Jeanne d'Arc, représentée avec un grand succès au Théâtre français en 1825. Voici la distribution des principaux rôles : Jeanned'Arc, i\I"* Georg-e; le duc de Bourgogne, Lig-ier ; le père de Jeanne, Joanny ; le duc de Bclfort, Prévost.

(106) Ben-Hamet, personnage du roman de Chateaubriand, les Aventures du dernier Abencerage.

34' Lettre.

(107) Soumet avait été, en 1815, nommé bibliothécaire du roi, au château de Saint-CIoud.

J5e Lettre.

(108) Jeanne d'Arc; voir note 105.

(109) Alexandre Dumas — 1802-1870.

36^ Lettre.

(110) Le Convoi d'fsabeau de Bavière, paru en plaquette chez Tastu, Paris, 1826, fait partie des Tableaux Poétiques.

38& Lettre.

(111) Un Samedi au Louvre. Septembre 1823. Exposition des produits de Tlndustrie, Comte Jules de Rességuier, la Muse Française, n' IV, octobre 1823.

3g^ Lettrée.

(112) Victor Hugo a eu quatre enfants : Léopoldine, née en 1824, noyée accidentellement à Villequier, à l'embouchure de la Seine, le 4 septembre 1843; Charles-Victor, né en 1826, mort le 13 mars 1861 ; François-Victor, né en 1828, mort le 26 décembre 1873, et Adèle, née après 1830, filleule de Sainte- Beuve, enfermée, depuis 1872 jusqu'à sa mort, dans une maison d'aliénés.

L AUBE KllSIANTIQUE

420 Lf.tlre.

(113) Rérausat — Charles-PYançois-Marie, comte de — 1797- 1862, était alors un des principaux rédacteurs du Globe.

(114) Soulié, voir note 9rJ.

(115) Mon ami Jule C'est ridicule Suis-jc un Herdile Ue la VisluleV Quand la pendule Dans la cellule Où l'on t'adule Chambre à bascule, Où l'on postule.

Chaise curule Déjà recule Au crépuscule ; Lorsque pullule Grêle ou pilule Froide globule, Moi je circule Sous vestibule Et de rotule A clavicule Je m'inocule

La Tarentule Ou, triste émule Du doux Tibule, Ou de Catulle, Sans ma capsule Ma voix module D'un bon rutule (C'est la formule,) Chanson bien nulle Pour mon Iule, Femme à scrupule, O ma cédule Très acidu'e Gomme une bulle Du prince en rulle Pour tout pécule Mes vers en ule, (Point et virijulc,) Ou si je brûle Je dissimule.

(116) Gallois (Jacques-Imbert), né à Genève en 1807, mort à Paris en 1828. M. Gide a publié une édition posthume de ses œu\Tes : Poésies de J.-J. Gallois, Paris, A, Cherbuliez, petit in-18o. A propos de Ch. Nodier, voir note 177.

43° Lettre.

(4 17) Genoude — Antoine-Eugène, — né en 1792, à Montélimart, mort en 1849, successivement maître d'études, professeur, séminariste, officier. Maître des requêtes au Conseil d'Etat, mais avant tout et surtout journaliste libéral et légitimiste ; il était alors un des directeurs de la Gazette de France.

l'aube romantique Sog

(H8)Soulié était alors rédacteur en chef delaOaotidienne ; voir note 95.

45e Lettre.

(119) Marie-Françoise-Sophie Michault de la Valette, née à Paris en 1776, morte en 1832 ; d'abord mariée à un agent de change, puis devenue veuve, à M . Gay, Receveur général du département de la Roër; a fait représenter au Théâtre français, en 1820, le Marquis de Pomenars ; on lui doit les libretti de laSérénade, musique deM™« Gail, du Maître de chapelle, musique de Paer; elle a publié nombre de romans dont les moins oubliés sont: Laare d'Estelle, 1808. Léonie de Montbreuse, 18l3; les Malheurs d'an amant heureux, 1818-23 ; la Duchesse de Chateaaroax, 1834. Pleine de pétulance, de hardiesse, d'esprit, M"'^ Gay se ressentait du monde du Directoire dans lequel elle avait fait ses débuts. C'est elle qui aux Tuileries eut ce dialogue épique avec Napoléon : « On vous a dit que je n'aimais pas les femmes », lui dit l'Empereur en l'abordant brusquement, — Oui, sire, mais je ne l'ai pas cru. — Vous écrivez, qu'avez-vous fait de remarquable ? — Trois enfants, sire. » Elle en eut cinq, dont quatre filles. Delphine, la dernière, devint Mme de Girardin que sa mère admirait et considérait comme son plus bel ouvrage. De 1826 à 1827,M'ne Sophie Gay et sa fille Delphine firent un voyage en Italie. C'est la Muse de la Patrie, de la Coupole de Sainte-Geneviève, que nous retrouvons ici déclamant ses vers, debout au milieu d'admirateurs enthousiastes, vêtue de blanc, dans tout l'éclat de sa resplendissante jeunesse, ses beaux cheveux blonds retombant en boucles soyeuses des deux côtés de son pur visage. Que ces triomphes fussent autant dus à sa beauté qu'à son talent, peutêtre; sa poésie a à chastes images, à intentions fines, à grâces décentes, à pudeur voilée de style t> comme l'a écrit Lamartine, était si bien l'émanation de son être charmant !

(120) Jules de Rcsscguier venait d'être père pour !a troisième fois.

(121) C'était l'époque des preux, des chevaliers, des pnçes, des troubadours, ce qui explique ce titre bien rococo aujourd'hui, donné par M°»8 Sophie Gay et sa fille, à Jules de Rességuier.

(122) Ces vers font partie de la pièce : la Perte de l'Arno; Harmonies poéticfiies et relijieascs, par M. de Lamartine, Hachette, Paris, 1859, in-12, p. 104.

Pendant mon séjour à Florence, un événement naturel, l'éboulé» ment d'un rocher à Tivoli, bouleversa la fameuse chute d'eau sous le Temple de la Sybille et dans le palais de Mécène à Tibur, près de Rome... Ce fut un deuil pour toute l'Italie et pour tous les artistes, poètes ou peintres, nationaux ou étrangers.

Commentaire à la Perte de l'Anio, — id., p. 109.

(123) Homère, en la voyant, Homère aurait chanté ; Raphaël à la toile eût appris sa beauté.

Premiers vers de la pièce Delphine, avec dédicace à MHe Delphine Gay, Tableaujc Poétiques.

(124) Le duc de Laval-Montmorency, pair de France, ambassadeur de Charles X près la Cour de Rome ; un des plus fervents et des plus fidèles adorateurs de Mme Récamier.

(125) Léon XII. — Annibal délia Genga — né à la Genga.près de Spolète, en 1760; élu pape à Rome le 27 septembre 1823; couronné le 6 octobre suivant ; mort en 1829.

(126) 3ssais Poétiques, ^3s MHe Delphine Gay, Paris, 1824. C'est dans ce volume que l'ut inséré le poème de Magdeleine-

(127) Alfred de Vigny, alors épris de Delphine Gay,raurait probablement épousée, sans l'opposition de M""- de Vigny mère.

(128) Emile Descharaps, Alfred de Vigny, Alexandre Soumet, Alexandre Guiraud.

({29) Pauline Duchambge, d'origine créole, née à la Martinique en 1778, morte en 1838; pianiste, cantatrice et surtout compositeur de musique. Ses romances, pleines de charme, de grâce et de mélancolie, jouirent, sous, la Restauration et la monarchie de Juillet, d'une grande vogue; on les trouvait sur tous les pianos, elles étaient dans toutes les mémoires. En relation avec le monde littéraire et théâtral de son époque, elle était liée avec la princesse Borghèse, la princesse de Chimay, M"* Dorval, ce qui explique peut-être les nombreuses lettres que lui adressa Alfred de Vigny; avec Mme Desbordes- Valmore, qui lui disait : a Ne sommes-nous pas les deux tomes d'un même ouvrage ? » et qui lui dédia diverses poésies, entre autres l'Idiot. Aug. Brizeux fréquentait beaucoup chez M"^ Duchambge.

(130) Hortense-Eugénie de Beauharnais, femme de Louis- Bonaparte, roi de Hollande, 1783-1837, à laquelle ce titre de duchesse de Saint-Leu avait été donné par le gouvernement Je la Reslauration,qui lui alloua en même temps une pension. La plus gracieuse et la plus distinguée des femmes, au dire de Louis XVIII.

(131) Delphine Gay fut ref;ue à Rome avec des honneurs inusités ; nommée par acclamation membre de l'Académie du Tibre, elle fut conduite en triomphe au Capitole, où elle déclama des vers au milieu de l'enthousiasme général.

4/= Lettre.

(132) Dans les Tableaux Poétiques, la pièce de Delphine est dédiée à Mlle Delphine Gay; une seconde pièce : Delphine à la coupole de Sainte-Geneviève, a été écrite en mémoire de la lecture faite par Mlle Delphine Gay elle-même de son Hymne à Sainte Geneviève, au Panthéon.

3is l'aube romantique

(133) Le nom de Mlle Delphine Gay, pas plus que celui de M™8 de Girardin, ne figure dans les registres de l'Académie des Jeux Floraux.

4g^ Lettre.

(134) Belmontet — Louis, — né en 1799 à Montauban, mort en 1879, couronné plusieurs fois par les Jeux Floraux, notamment en 1823 ; a collaboré à la Muse Française, a publié un volume de vers élégiaques : les Tristes, 1824, et le poème Un Souper chez Awjuste, 1828 ; il fit jouer à l'Odéon, le 28 décembre 1829, t/ne Féfec/ieriVeVo/i, tragédie en cinq actes écrite en collaboration aA'cc Alex. Soumet. Laissons de côté l'écrivain politique, mais, néanmoins, rappelons qu'en mars 1854, lorsque Dupin demanda au Corps Législatif l'autorisa tion de poursuivre Montalembert pour délit de presse, Belmontet, alors député, fut un des rares membres de l'Assemblée qui firent opposition à la motion.

(133) Une Fête sous Néron, jouée le 28 décembre 1829, à l'Odéon, avec le plus grand succès, eut plus de cent représentations consécutives.

(136) Jules Lefèvre-De umer, né en 1797, mort en 1867, poète et prosateur.

oo^ Lettre.

(137) Mennechet — Edouard, — né à Nantes en 1794, mort en 1845; lecteur et chef du bureau de Louis XVIII et de CharlesX; a écrit des comédies, des libretti d'opéra, des poésies diverses,des mélanges littéraires. De tout cela il ne reste qu'un bien vague souvenir. Trois vers de Mennechet servent d'épigraphe à une pièce des Tableaux Poétiques, l'Adolescence. Mennechet était petit-neveu de La Peyrouse.

5i' Lettre.

(138) Voir, plus loin ; note 161.

(139) S'agit-il de Jean-Franrois Michaud — 4767-1839, — l'historien des Croisades, ou de Louis-Gabriel Michaud, — 1772-1858, — son frère, l'éditeur de la ^/o^ra/j/u'e Universelle, nous n'en savons rien.

53e Lettre.

(140) Brifaut, — Charles — poèteet publiciste, né à Dijon en 1781, mort en 1857, débuta par des articles dans la Gazette de France, puis fit des tragédies : Ninus If, 181-4; Jane Gray, 1814; Charles de Navarre, 1820; célébra tour à tour l'Empire et la Restauration; plus homme du monde qu'homme de lettres; le Ponsard de 1804, comme l'a appelé un spirituel journaliste. « Brifaut, correct, régulier, soigné, élégant, » écrit Legouvé dans ses Souvenirs, « n'a guère connu que Paris, et dans Paris, le faubourg Saint-Germain. Jamais plus joli profil, physionomie plus aimable, cheveux mieux ondulés, petit zézaiement à l'ancien rés^ime. Il écrivait tous les jours trois ou quatre petits billets et ne mettait pas moins de deux ou trois heures à les composer ; autant de lettres, autant do petits chefs-d'œuvre de grâce et de calligraphie. Il y avait comme un écho de certaines lettres de Voltaire, même mélange de compliments mondains, de jugements littéraires... r Il est arrivé à la tragédie de Ninus, représentée en 1814, une aventure incroyable et pourtant vraie ; d'abord appelée Pliilippe II, roi d'Espagne, et interdite sous ce titre, l'auteur en changea, sans récriminations une vingtaine de vers; elle lut alors admise, sans difficulté, par la censure sous celte nouvelle appellation.

3l4 t'AUnS nOMANTIQUB

54' Lettre.

(141) Le Globe, fondé en septembre 1824, par P. -F. Dubois, Lachevardière et Pierre Leroux, compta bientôt au nombre de ses collaborateurs Duvergier de Hauranne, Armand Carrel, JoufFroy. Sainte-Beuve y écrivit des articles de critique et d'histoire. Le Globe était loin d'être accueillant pour les romantiques. A l'apparition, du Dernier chanide Childe Harold de Lamartine, il compara le poète des Méditations à un sot moine; Alfred de Vigny y fut toujours maltraité et son Eloa n'y rencontra que des critiques et des sarcasmes. Lors de la publication de Cromivell, sa sagacité lui fait apercevoir qu'à a mesure que la correction grammaticale et l'habileté de la rime gagnent chez M. Victor Hugo, il semble perdre du côté de l'invention et ne sait plus qu'ébaucher des conceptions».

55' Lettre.

(142) Lato uche — Hyacinthe, Thabaudde — né à la Châtre, en 1785, mort en 1851 ; à la fois auteur dramaûque, historien, romancier et journaliste, est loin d'être le premier venu ; mordant, plein d'esprit, méchant même à l'occasion, il tient une place importante dans le monde littéraire de la première moitié du xixe siècle; il est cependant bien oublié. Ses pièces de théâtre, en vers : les Projets de Sagesse, 1811 ; le Tour de Faveur , 1818, écrites en collaboration avec Emile Deschamps, ainsi que Selmoars de Florian, 1818, qui eut plus de cent représentations et inspira à Casimir Delaviscne ses Comédiens, n'appartiennent plus au répertoire : ses travaux de polémique et d'histoire : le Procès Faaldèi 1818, et la Correspondance ds Clément XIV et de Carie Bertinazci, 1827, ne sont plus consultés. Le souvenir seul reste de la verve endiablée avec laquelle, après la Révolution

l'aube romantique 3i5

de Juillet) il rédigea le Figaro et fit ainsi la réputation de cette feuille satirique. Il faut cependant reconnaître que son roman de Fragoletta, 1829, trouve encore des lecteurs. Ses plus beaux titres de g^loire restent la protection qu'il accorda aux débuts de George Sand dont il avait deviné le talent et la publication, en 1819, des Poésies d'André Chénier qui, quoi qu'en ait dit Victor Hugo, servirent d'initiation à la poésie moderne.

(143) Allusion à Toulouse, patrie de J, de Rességuier, Mainteneurà l'Acadéinie des Jeux Floraux.

(144) Principaux morceaux des Tableaux Poétiques.

(145) Le vicomte de Cormenin — 1788-1868 — alors Maître des requêtes au Conseil d'Etat, allait être nommé député d'Orléans et préluder à une vie politique des plus remplies, dont nous n'avons pas à nous occuper.

(146) « Les Bergères le soir, en chantant leurs amours Forment légèrement ces tissus, que Barèges

Colore dans ses fleurs et blanchit dans ses neiges. »

Le Schall. Tableaux poétiques, p. 120,

(147) Joséphine Fodor, fille du compositeur Joseph Fodor, née à Paris en 1793, mariée en 1812 à l'acteur Mainvielle. du Théâtre français, commença à se faire connaître à Saint-Pétersbourg, où elle débuta, en 1810, au Théâtre Impérial dans le rôle de la cantatrice Vi liane, de Fioraventi ; elle chanta ensuite à Copenhague et à Stockholm, puis en 1814, à Paris, où elle se montra, sans grand succès, à l'Opéra Comique. Elle quitta cette scène pour celle des Italiens où elle fit sensation dans Griselda, de Paer. Après être passée par la salle Favart et les Boufîes, elle entreprit une tournée à l'étranger et reparut en 1819 au Théâtre Italien, complètement réorganisé. Elle y brilla dans // Matrimonio Segreio, la Gazz'a ladra, Il Barbier e de Sévi g lia, Don Giovanni et les autres

3i6 l'auus houanti^uk

opéras du répertoire. Une maladie de gorge l'arrêta dans ses triomphes et l'obligea à aller demander sa guérison au climat d'Italie. A peu près rétablie, elle revint à Paris se mettre à la disposition de la direction des Beaux Arts pour débuter à l'Académie royale de musique, en exécution d'un traité signé avec le vicomte Sosthènes de Larochefoucauld ; malheureusement son enrouement reprit dès sa première apparition sur la scène. Elle ofirit alors à l'administration de la Maison du Roi de rompre l'engagement contracté; mais, dans l'espérance que cet enrouement disparaîtrait, celle-ci rejeta ses propositions et émit la prétention de ne pas payer les appointements de l'artiste. De là, un procès qui allait être gagné par Mme Fodor, quand la surintendance des Beaux Arts éleva 1» conflit et lit porter le débat devant le Conseil d'Etat. Le comte Jules de Rességuier, alors Maître des requêtes, avait été nommé rapporteur dans l'affaire Mainvielle-Fodor.

56e Lettre.

(148) Tastu — Sabine-Casimir-Amable Voiart, — dame — née à Metz, en 1793, morte en 1883, à l'âge de quatre-vingtdix ans, poète et prosateur, mais surtout poète. Ses premiers vers datent de 1820. Elle fit paraître en 1824, les Oiseaux du Sacre, ({m peuvent être rangésau nombre de ses meilleures productions ; en 1839, elle réunit en un volume ses Poésies complètes. La Muse de M™e Tastu est facile, élégante, d'un romantisme qui n'a rien d'audacieux, ses vers ont de la grâce, de la sensibilité, du charme, de la pondération; peutêtre manquent-ils un peu d'envolée.

(149) Un morceau des Tableaux Poétiques^ à l'envoi desquels repond ici M™3 Tastu, porte pour épigraphe les vers suivants tirés de ses œuvres :

Ah ! qu'importe le sort si ta main caressante S'appuie au gouvernail de ma nef inconstante.

l'aube nOMANTIQUE 3l7

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