XCIV. — D' Alexandre Soumet
Cauterets, août 1830. Samedi.
Que devenez-vous, cher Jules ? Etes-vous infidèle à vos rendez-vous comme un électeur des 221 à la prorog^ation royale ? Je suis venu vous attendre dans ces vilaines montag^nes, qui pèsent sur moi comme un cauchemar, et je n'ai dans la têle que le bruit éternel du Gave, beaucoup moins doux que vos beaux vers.
i68 l'aube romantique
N'arrivez-vous pas,cherami,et repartirai-je sans vous voir, moi qui vous fais une visite à deux cents lieues plus aisément que dans la rue du Helder? Si les événements vous appellent à Paris, soyez assez bon pour me l'écrire, car votre détermination déciderait aussi la mienne.
Les eaux me font peu de bien; dites à Nina, en lui faisant part de mes respectueuses tendresses, que les sien nés étaient bien meilleures, bien plus douces. Adieu, bien cher ami, je vous aime et vous attends.
A. S [oUMEt].
Embrassez pour moi vos enfants, mille hommag-es à M. et à M"® de Rességuier.