‹ L'aube romantiqueChapitre 7 sur 144 · VIRG. RÉMUSAT · texte numérisé non relu

VIRG. RÉMUSAT

///. — De M'^^ de Rémusat.

Je suis bien touchée, monsieur, de votre aimable intérêt et j'y crois d'autant plus volontiers que j'y mets un grand prix, je vous avouerai avec ce naturel qui, de toutes vos louanges est la seule que je me trouve quelques droits d'accepter, que j'aime qiion m'aime. Il est très vrai qu'il a été question de nous transporter du midi au nord (21), que ma sœur et mes amis l'ont désiré fortement et ont agi dans ce désir presque sans nous consulter à cause du retard qu'eût apporté à leurs démarches la longue distance qui nous sépare. Mais je ne crois pas cependant que leurs soins aient aucun succès ; le Roi paraît satisfait de la conduite de M. de Rémusat dans ce pays, et il a daigné le dire à ma sœur et nous le faire écrire de la manière

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la plus honorable ; j'ajouterais presque la plus consolante. Je pense que les ministres voudront laisser un homme qu'ils estiment et qu'ils jug-ent utile, dans un poste difficile, où la ferme modération de son caractère a prévenu peut-être déjà plus d'un danger. On m'assure que le choix désig-né de quelques successeurs qu'on nous donnait semblait porter vos concitoyens à nous reg-retter. J'ai le sentiment intime que M. de Rémusat mérite d'être regretté pour lui-même et je ne doute pas qu'on n'en convienne ici quelque jour; en attendant, il faut se soumettre à son sort, suivre son devoir et l'appuyer de la conscience et de l'équité du jug-ement royal.

Quant à moi, que vous dirai-je, monsieur, faible, malade, isolée d'alFection, souvent agitée, sans doute je me fusse rapprochée volontiers de ma sœur, de mon enfant, j'aurais retrouvé avec joie les soins amis dont j'avais une si douce habitude, surtout avec l'idée que je laisserais un bien petit nombre de regrets dans une ville où cependant je n'ai, je crois, le moindre tort à me reprocher à l'égard de personne. Vous voulez bien m'assurer que vous ne m'oublierez pas ; veuillez agréer toute ma reconnaissance; la bienveillance de M™«de Rességuier et la vôtre, quelle que soit ma destinée, tiendront toujours une grande place dans mes plus doux souvenirs.

Je me porte un peu mieux et j'ai bien envie de me trouver assez forte pour aller passer quelques moments auprès de la chaise longue de votre aimable Nina (22).

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