IV. — D'Alexandre Soumet
Lundi.
Je ne sais où vous êtes, Jules, et je ne sais où j'en suis avec vous : êtes-vous fâché, mon ami? ou êtes-vous assez heureux pour n'avoir rien à m'écrire; j'attendais des nouvelles de la santé de Paul, je sais que vous êtes passé chez moi à Toulouse. C'est une consolation, mais elle est déjà bien éloignée. Je vous ai écrit à Druidas (aS), chez ]\|me votre sœur, n'avez-vous pas reçu ma lettre? ou n'y a-t-il que votre amitié pour moi de perdue? La dernière fois que vous m'avez écrit, vous avez accusé notre liaison d'être nouvelle; je ne le savais pas, Jules, qui vous l'a dit ? J'aimerais mieux que vous ayez parlé de notre amitié comme de Zulma :
Je connais Zulma dont. . . (24).
Ecrivez-moi bien vite et de vos deux mains, si vous voulez que je vous pardonne vos paroles et votre silence.
Nous avons ici d'Açuilar (26) avec qui nous par-
Ions de vous; iî est très souffrant, mais encore plus aimable. Adieu, Jules, adieu, mon cher ami, je n'ai rien à vous dire de mon installation ici. Nous sommes toujours dans l'eau, c'est le sort des poissons, mais nous n'avons pas encore été pris. Je ne parlerais pas ainsi si notre rivière baignait le château de M™® de Rességuier.
Adieu, je ne serai pas de retour à Toulouse avant la fin de mai, ainsi mon installation sera retardée; je suis hors d'état de faire un discours de réception (26) et presque d'écrire une prose d'Académie, vous en jugerez à mon indéchiffrable lettre.
SOUMET