EUGÈNE SUE
Votre délicieux bonjour m'arrive au moment ou j'allais vous envoyer, ou plutôt vous porter les Derniers Bretons, mon Jules aimé; votre amitié me rend heureux et fier, vos vers me ravissent au fond de l'âme ; mais vos compliments vraiment me font roug'ir, car je sens combien j'en suis peu digne.
Bonjour, flatteur chéri, malgré votre seul défaut, personne au monde ne vous aime et ne vous admire plus que moi.
Mardi matin.
CXXII L — De iî/ii« Gabrielle Soumet.
Voici ce que je vous conjure de dire à M""' de
igS l'aUDE UOilANTIQUE
Resség"uier : demain à huit heures du matin, dans les brouillards si froids de Sèvres, on dira pour Gabrielle une messe bien grande et Gabrielle espère que la prière de M""^de Rességuier sera demain un peu plus long-ne ; elle ira bien vite la remercier et l'embrasser de bonne heure dans son beau château. Mais si vous veniez vous, à huit heures du soir, rue Saint-Florentin, avec Albert et Paul, Alexandre vous dirait combien je serais heureuse de vous voir .
GABRIELLE [sOUMEt].
Mercredi.
CXX/V. ■— D'Alexandre Soumet.
J'ai fait comme le Géant de l'Arioste, mon cher Jules, j'ai oublié que j'étais mort et me voilà courant la poste après Gabrielle de Vergi que je n'ai abandonnée qu'aux premières ruches de Xarbonne. Il n'est pas de miel plus doux que le son de sa voix; mais votre amitié m'est plus douce encore et je suis honteux de mes ing-ratitudes en relisant votre dernier billet.
C'est aux pieds de M°* de Rességuier que j'irai réclamer le pardon de mes torts.
s[oumet].
Envoyez-moi la lettre d'Emile.