‹ L'aube romantiqueChapitre 99 sur 144 · CL. —De Mffp Olivier · texte numérisé non relu

CL. —De Mffp Olivier

Monsieur le corale,

Voulez-vous me permettre de vous témoigner toute ma reconnaissance de votre ravissant Alniaria. J'avaiscraint l'effet d'une lecture enchanteresse et ma lecture à moi, froide et sans art, n'a rien enlevé à mon admiration et ne m'a pas privé non plus de répandre des larmes abondantes à des récits qui cependant m'étaient si bien connus.

Nous étions à Montivilliers (247), dans la noble famille des Nanteuil ; une pluie froide retenait tout le monde dans le salon; je pris la liberté de prendre Almaria par la main, je la présentai à des yeux avides ; elle n'avait d'autre parure que celle que lui donne sa nature, vous eussiez eu un peu d'orgueil en voyant quelle impression vous faisiez, quel enthousiasme vous excitiez, quels pleurs vous forciez à couler. J'ai lu l'ouvrage tout entier, je ne me suis pas aperçu que je n'en pouvais plus.

Laissez-moi donc vous remercier du bonheur et de la joie que vous avez apportés aux confins de la Normandie. La servante de Molière était moins habile à décider la fortune des ouvrages du prince des comiques.

Je me sauve du milieu des gens qui m'étour-

L AUBE ROMANTIQUE SIQ

dissent; ma lettre n'a pas le sens commun, mon cœur seul cause avec assez d'esprit pour vous dire que je suis le plus dévoué et le plus respectueux de vos serviteurs.

Page 1