I.KONTIO
Séparé d’elle depuis de longues années, j’étais yrutu ici attendre le moment où il lui serait per- * mis <îe me reconnaître publiquement pour sou "■ mère m’avait conçu dans le malheur,
0 «Tans ldi larmes, et sa famille, qui demeure à 0 /: quelques lieues d’ici, ne lui pardonnait pas ma uâ usance.
GÉRONIMO
Ah ! je comprends!... Eh ! mais alors, seigneur Léonlio, celle femme voilée qui venait si souvent ici vous voir, vous consoler, c’était...
LRONTIO.
C’était elle, Géronimo.. c'était ma mère!...
Oui, elle me consolait... elle m’embrassait . elle me parlait du jour où elle espérait me voir enfin i accueilli par sa famille et me faire connaître mou | père, que je n’a» jamais vu; jour prochain, di- ! sait-elle, jour de réconciliation et de bonheur. Hélas ! de quoi dépendent les choses de ce monde, mon Dieu ! La dernière fois que je vis ma mère, elle me tenait encore ce langage : mais scs riants projets ne devaient pas se réaliser, sa famille avait appris le secret de ma présence sur le territoire , génois... Une explication terrible eut lieu; on arracha à ma mère le serment de ne plus me voir, serment trop fidèlement rempli, car pendant que je me désolais ici de ne plus voir ma pauvre mère, elle succombait elle- même, loin de moi, à la douleur et au chagrin que lui causait notre séparation. Knfin, hier, ne pouvant plus vivre sans avoir de ses nouvelles, je me dirige vers In demeure de sa famille..., j’arrive, de noires tentures disposées partout me révèlent un affreux malheur... j’avance, mes genoux chancèlent, un pressentiment horrible me serre le cœur... j’in-
terroge... Oh! comment suis-je encore vivam.
moi!... ma mère, ma pauvre mère, elle n'élaii plus !
CATARINA et GÉRONIMO
Morte, grand Dieu!
LÉOKTIO.
Morte sans m'avoir révélé'le nom de mon pere: mais du moins elle n'a pas vu son pauvre (ils chassé par une famille impitoyable, qui est resiée sourde à toutes nies questions, et qui n'a eu pitié ni de mes larmes ni de mes prières . Vous voyez bien que je ne saurais demeurer ici davantage.
GÉRONIMO.
Non, non... Vous avez raison, mon gentilhomme. cela vous rappellerait de trop douloureux souvenirs; maintenant je n’entreprendrai plus de vous garder. Oui, oui, il faut que vous parliez, d’autant que l'on a su dans les environs de quel pays vous êtes.