I.ÉONTIO
Je suis Corse. je ne m'en cache pas ; que m importe à présent ce qui peut m’arriver !
CATARINA
Que vous importe? a vous, c’est possible! mais à nous, c’est différent.
GÉRONIMO.
Bien parlé, ma femme; car je me sens pour notre hôte un intérêt véritable, tout Génois que je suis, entendez-vous!... Gomme les Génois ei les Corses ne vivent pas en bonne intelligence, et qu’en ce moment la populace de Gênes murmure sourdement par suite de la tolérance qu’elle prétend qu’on accorde à vos compatriotes, je crois qu’il est prudent de vous éloigner.. J’ai d'ailleurs les moyens d’assurer votre départ sans le moindre danger.
léontio. se levant
Craindre des dangers, moi ! en ce moment sur- Iqu t, mon Dieu ! mais quand je viens de perdre ma mère, comment voulez-vous qu’il y ail place dans mon cœur pour d'autres sentiments que ceux de la désolation et de la douleur?
GÉRONIMO.
C’est bon, c’est bon ; alors, c’est moi qui veillerai. Mais quel est ce bruit dans la cour? Femme, va voir.
catarina, au fond.
C'est un gentilhomme à cheval, je le reconnais, monseigneur le comte Giafferri, lieutenant criminel du gouvernement génois.
GÉRONIMO
Le comte GiafTerri ! c’est un homme dur et sévère ; il vient peut-être pour s’assurer de la qua liléde mes hôtes.. Vite, vile, mon gentilhomme, levez-vous, et suivez ma femme; elle vous fera sortir par cote chambre qui donne au-dehors par une issue dont Catarina a la rlpf.
l.ÉONTIO.
Non, laissez-moi, laissez-moi. vous dis-je!
GÉRONIMO.
Allons... mais le comte va peut-être venir'
L’AUBERGE DE LA MADONE
CAT Al IN A.
Justement, je l'entends, t’est lui!... Au nom de votre mère, venei! venei!...
• léontio.
Ms mère!... Oh! il faut vivre pour aller lui dire un dernier adieu au pied de sa tombe.
CATARINA
Allons, allons...
LÉONTIO
Je vous suis, Catarina.
gf.rommo , le poussant
Le comte! il était temps ...