‹ L'auberge de la vie; proverbe en un acteChapitre 2 sur 8 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ÉCASTANDRE, PHILÉMATHÉE.

ÉCAST ANDRE. Ne vuilà-t-il pas de beaux messieurs pour me reléguer au bas bout de la table ! Je leur ferai voir qui je suis. Les insolents!

PHILEMATHEE. Monsieur, si vous ne voulez pas dîner avec les autres, on pourrait vous donner à manger dans cette chambre.

ÉCASTANDRE. C'cst une excellente idée, la belle enfant ! je mangerai ici.

PHILÉMATHÉE. Je vais mettre votre couvert ; que voulez-vous manger?

ÉCASTANDRE. Comment s'appelle le maître de cette auberge ?

PHILÉMATHÉE. Il s'appcllo Théoctistc...

Mais...

ÉCASTANDRE. Que vcut dire ce uom? Il est évidemment grec... Theos^ Dieu. — Mais ctîste; que signifie ctisle ?

PHiLÉMATHEE. Vous fericz peut-être mieux de vous occuper de votre dîner.

ÉcASTANDiiE. Demandez s'il y a un lexique grec.

PHILEMATHEE. Je ne croîs pas, monsieur ; mais il y a des côtelettes de pré-salé, des haricots de Soissons, du fromage de Brie et du dessert.

ÉcASTANDRE. Clisle!... qui pourra me dire le sens de clisle ? — Ma belle enfant, voulezvous me rendre le service d'envoyer tout de suite un garçon chez un libraire demander un lexique, un dictionnaire grec?

PHILÉMATHEE. J'y vais, mousicur ; mais, vrai, vous feriez mieux... Enfin, comme vous voudrez, — En même temps, je commanderai votre dîner. — Avez-vous décidé ce que vous mangerez ?

ÉCASTANDRE. Je voudraîs manger UHC bécasse.

PH iLÉMATHK E. Je Mc saîs s'il y en aura.

ÉCASTANDRE. S'il n'y en a pas ici, il y en a ailleurs. Qu'on en fasse chercher.

pHiLKMATHKE. Mais, moDsieur, vous oubliez...

ECASTANDRE. Nott... mon dîner me prendra un peu plus de temps; mais je dormirai plus vite, voilà tout.

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